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Veil Of Light: « Inflict »

L’atmosphère grise, la voix lointaine et l’aspect rêche de la musique des débuts du combo se sont peu à peu éloignés pour laisser place à davantage de couleurs et de lumière. La meilleure illustration de ce changement en est ans aucun doute la pochette qui contraste de manière drastique avec le gris des premiers efforts de ce duo emmené par M, énigmatique tête pensante. Pour autant, les Suisses n’ont pas basculé dans la synth-pop et ont conservé le côté sombre et dépressif inhérent à leur musique. Inflict poursuit dans cette lignée et le titre en soi de l’album laisse présager que l’album ne sera pas des plus joyeux.
Le ton est donné dès le titre « So hard », qui, grâce un beat entêtant et une voix pleine de réverb, donne une furieuse envie de découvrir la suite. L’ambiance dancefloor EBM est toujours présente sur « You
Done me Wrong » avec un refrain efficace, sans fioritures. Quant au premier » single », « Fact2019 », il s’agit clairement d’un des meilleurs morceaux de l’année dans le genre

Pourtant, après cet excellent démarrage, l’album retombe un peu. Il faut dire que la voix assez monotone de M peut être rapidement lassante. Il faudra attendre le très beau « Inflict » et le dantesque titre final « Nothing Left » pour que le disque décolle à nouveau. Ce quatrième opus semble être la combinaison parfaite entre les débuts post-punk/dark wave du groupe et leur évolution plus électronique. En mettant en avant ses tourments, M donne à Inflict l’aspect émotionnel qui manquait à Front Teeth avec un thème du changement omniprésent. Qu’il soit personnel ou bien qu’il soit attendu de quelqu’un d’autre, avant de faire l’amer constat que finalement rien ne change vraiment sur le dernier morceau. Un disque qui laisse entrevoir les failles, et c’est finalement cela qui fait la force de Veil Of Light.

***1/2

18 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Apoptygma Berzerk: « SDGXXV »

Il y a un peu plus de vingt-cinq ans sortait Soli Deo Gloria, premier album d’Apoptygma Berzerk : encore marquée par de fortes influences EBM, la musique composée par Stephane Groth représentait alors un premier pas vers quelque chose de plus clair, plus dansant, que l’on appellera plus tard future pop. SDGXXV est donc un album anniversaire, qui se veut commémorer les débuts d’une formation devenue mythique depuis.
Il est vrai qu’en un quart de siècle, beaucoup de choses ont changé et après une réécoute à froid de
Soli Deo Gloria, le constat est quand même assez net : tout cela n’a pas forcément bien vieilli, certains synthétiseurs affichent leur âge, et la production manque d’ampleur…  SDGXXV offre dix-huit remixes rendant non seulement hommage à l’œuvre originale, mais qui permettent en plus de lui redonner une forme d’actualité. « Sacrilège » diront certains, mais le résultat mérite pourtant largement d’y prêter l’oreille.
Dans « Like Blood From The Beloved (Part 1) », Steven R Sellick donne ainsi au morceau une profondeur sans précédent, débarrassé de l’ambiance Bontempi d’il y a vingt-cinq ans, déployant une ambiance nettement plus futuriste que l’original.  Cette remise à neuf se fait d’autant plus sentir sur « Burning Heretic », avec des beats d’une ampleur qui manquent clairement dans la production d’époque, et un parti pris très EBM. On retrouve globalement cette excellente production sur la globalité de cette collection, ce qui lève un jour nouveau sur ce
Soli Deo Gloria, qui fut quand même un très bon album.

« Backdraft » nous est proposé dans deux alternatives, une première assez fidèle mais modernisée en provenance de « The Invicible Sprit »,  et une version plus dancefloor, un brin répétitive, remixée par Codex Empire. Tandis que « Stitch » est présent trois fois sur l’album, carrément, dans une version très dark electro par Crono Titan, puis dans une interprétation assez fidèle et minimaliste par Clock DVA, et enfin une version lourde et industrielle par Patched & Processed. Il est du coup étonnant de ne trouver qu’un seul remix de « Bitch », hante le dancefloor dans toutes les bonnes soirées dark, mais peut-être est-ce tout simplement que le morceau d’origine n’a guère besoin de replâtrage. Substaat s’y essaye ici avec une certaine réussite, sans vraiment s’éloigner de l’original… Et c’est au final ce qui ressort de l’ensemble : rien de bouleversant, on est en terrain connu d’un bout à l’autre.

Comme annoncé plus haut, cet album se veut un hommage, pas une révolution. En ce sens, SDGXXV s’adresse aux fans, qui écouteront avec plaisir ces excellentes réinterprétations de leurs morceaux favoris, tandis que la remise au goût du jour des sons pourra peut-être aussi attirer de nouveaux auditeurs rebutés par l’âge de l’œuvre originale.

***1/2

14 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire