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Beat Movement: « Black Gardenia Vol.1 »

Formé par Mattia Prete et Simone Scardino, le duo Beat Movement offre un opus, Black Gardenia Vol.1, qui conjugue subtilement, électronique expérimentale et touches jazz, invitant le saxophoniste Giani Mimmo sur « Silent Rain » et la formation Gamapawa sur « Untitled Reconstruction », à venir étoffer les salves sombres de leur techno poisseuse, aux rythmiques denses et profondes.

Les titres forment un ensemble aux mouvements continus, dont la montée en puissance prend effet avec le remix de « Silent Rain » par Sunil Sharpe, plongeant l’auditeur dans un dancefloor étouffant aux kicks binaires flirtant parfois avec l’indus.

Les ambiances composées par Beat Movement sont chargées de tensions électriques et de sources grésillantes, offrant l’espace nécessaire pour que puissent s’exprimer les artistes invités. Black Gardenia Vol.1 revient aux origines d’une techno qui aime marier les genres tout en déviances et en bascules atmosphériques, où boucles électroniques et décharges instrumentales, débroussaillent jusqu’à l’usure la membrane de nos enceintes. Très fortement recommandé.

***1/2

14 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Död: « Arbetets Ära »

Statue conçue par l’artiste Axel Ebbe et placée au centre de Malmö, Arbetets Ära est aussi le titre qu’a choisi le duo Död pour leur nouvel album, en forme d’hommage à la troisième ville suédoise.

Les titres forment un ensemble compact dévoilant les facettes changeantes de cette bourgade, entre atmosphères ambient chargées de noirceur latente et envolées technoïdes enrobées de plaintes industrielles.

Död développe un univers dense aux couches multiples, qui laisse à l’auditeur le loisir de s’immerger dans les rues et les artères d’une géographie nordique aux palpitations urbaines, habillées d’histoire et de mixité. A découvrir.

***

2 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Henrik Munkeby Nørstebø/Daniel Lercher/Julie Rokseth: « Off The Coast »

Le duo Henrik Munkeby Nørstebø et Daniel Lercher, s’est adjoint les services de la harpiste Julie Rokseth pour un Off The Coast plein à craquer d’infra basses enveloppantes, de field recordings évocateurs et de dépaysements sonores affolants.

Les quatre titres font souffler l’air dans des tubes thoraciques aux battements oniriques. Ici l’organique et l’électronique fusionnent en sous-sol, préparant un breuvage auditif qui fait appel aux sensations champêtres que l’on éprouve à la sortie d’un long séjour urbain.

Les stridences vrillent les neurones, perturbant et parasitant notre navigation dans l’espace, nous aidant ainsi à mieux nous focaliser sur ce qui circule autour de nous, de manière imperceptible. Off The Coast nous plonge dans un état de concentration extrême, regard intérieur vers des instants de transversalité éparpillés. Palpitant.

***1/2

3 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Emanuele Errante: « The Evanescence Of A Thousand Colors »

Quelques semaines après le disque publié en trio avec Dakota Suite et Dag Rosenqvist, Emanuele Errante reste fidèle à Karaoke Kalk pour son album solo. Poursuivant ses travaux ambient assez minimalistes, l’Italien y livre un disque courtmais empreint d’une beauté fragile, tenant par la minceur des contours mélodiques convoqués, comme par la vulnérabilité des composantes utilisées. Dans une démarche quasi-électroacoustique, Errante sollicite ainsi des apports dont on peine parfois à déterminer s’ils sont électroniques ou réels (le clavier et les cordes de « Shiver », par exemple). Cette indécision ne s’avère toutefois pas perturbante, en tant qu’elle participe du climat qu’entend mettre en place le Transalpin, jouant sur les rencontres et les mélanges, en écho aux visuels de pochette où des pigments de poudres colorées sont prêts à être amalgamés.

 

De petites granulosités ou perturbations grésillantes peuvent également venir bouleverser un peu l’ensemble, comme un nouveau composant chimique viendrait mettre du trouble dans une préparation trop lisse (« Comhaltas »). Dans un autre registre, un propos plus politique s’invite dans la musique d’Emanuele Errante avec un extrait de discours de l’universitaire Pratyusha Pilla, dans lequel la jeune femme traite de la discrimination fondée sur la couleur de peau (« Beauty »). Plus loin, c’est par une instrumentation plus riche et plus scintillante qu’un morceau peut se distinguer (« Komorebi »).

Quel que soit le vecteur choisi par le musicien, demeure pourtant une constante : le caractère chaleureux et accueillant de ses compositions, parfois peut-être un peu trop ressemblantes lorsque les spécificités précitées ne sont pas présentes, mais assurément réconfortantes.

****1/2

7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire