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Purl: « Violante (Lost in a Dream) »

Le prolifique producteur suédois Purl propose une nouvelle déclinaison de ses musiques mêlant ambient,  dub et techno.

Nourri des sons de la nature depuis toujours, Ludvig Cimbrelius qui officie sous le nom de Purl vient de sortir son nouvel album et c’est encore une fois un très beau moment dédié à la méditation… mais pas seulement.
Comme le dit son auteur, le son de Purl est étroitement lié à la nature organique, profonde et vivante.

Cela s’avère flagrant dans une production où les field recordings, parfois, peu reconnaissables, s’entremêlent délicatement avec les nappes ambient.
Sur la fin de l’album, des morceaux aux beat techno légers font leur apparition mais tout en gardant ce côté très deep dans les ambiances.
Pour clôturer le tout, trois variations seron t judicieusement proposées pour donner parure au titre éponyme, « Violante ».

***1/2

7 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Angel-Ho: « Death Becomes Her »

Artiste trans originaire du Cap en Afrique du Sud, co-fondatrice du collectif NON Worlwide aux cotés de Chino Amobi et Nkisi, Angel-Ho sort un premier album ébouriffant, Death Becomes Her, sur le très pointu label Hyperdub.

La musique expérimentale déployée par Angel-Ho, impose une personnalité hors-norme, qui confronte le hip hop et la post-pop avec une brutalité sans détour, faisant voler en éclat la poésie tordue d’un Arca, agrémenté de r’n’b glamour et enrobé du dancefloor avant-gardiste d’une Sophie.

La voix prend ici une dimension particulière, portant fièrement les mots d’une Diva en quête de reconnaissance, ne fuyant pas les extrêmes et cherchant à provoquer chez l’auditeur le questionnement de l’identité dans l’Art aujourd’hui.

Death Becomes Her s’affranchit des codes et fait tomber les barrières de par sa volonté et son exigence, s’extirpant brillamment des pièges de la provenance, pour sonner comme un opus aux frontières internationalistes, au corps élastique et à la plastique provocante. Un must.

****

7 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Damien Jurado: « Brothers and Sisters of the Eternal Son »

Beaucoup de signifiants indiquent que Damien Jurado s’est éloigné de son répertoire indiefolk traditionnel depuis un certain temps. Ses trois derniers albums sont produits par Richard Swift (The Shins) lui permettant de s’éloigner du lo-fi qui le caractérisait et de devenir un auteur-compositeur s’affranchissant des barrières musicales. Il est même apparu sur le dernier album de Moby, Innocents, et si encore un doute était permis quant à son évolution, la couverture de Brothers and Sisters of the Eternal Son nous délivrera de toute ambiguïté.

Une pochette qui évoque un climat étrange et surréaliste, à mi-chemin de la science-fiction et du fantastique, pour ce qui se veut un « concept-album » parlant d’un homme qui part à la découverte de soi et ne revient jamais, voyage initiatique dont l’imagerie se centrera sur divers symboles « new age » comme des amulettes ou des signes zodiacaux. Il se situe donc dans la lignée du précédent album Maraqopa dont le lyrisme se singularisait pas son intensité.

Il en est de même soniquement, bien que ce serait plutôt du côté du Beck de Sea Change qu’il faudrait regarder. Musicalement, en effet, les tonalités se caractérisent par des atmosphères qui font la part belle au reggae et au dub, non pas tant en termes de genre mais plutôt dans la façon dont Jurado s’emploie à explorer et à aller jusqu’au bout d’un son.

Le titre d’ouverture en est un exemple parfait, dans la mesure où « Magic Number » s’équilibre entre voix de crooner et une instrumentation somptueuse n’hésitant pas à appeler en elle des échos à la Phil Spector. On pourrait croire à l’enfouissement des vocaux, mais ceux-ci sont enregistrés en double et même triple tracking offrant une synthèse merveilleusement balancée entre son, ton et texte.

On trouvera, bien sûr, des éléments plus traditionnels comme un « Metallic Cloud » très Laurel Canyon ou des « Silver Machine » et « Silver Joy » classiques compositions « country » mais le plus intéressant se situera indubitablement dans des climats « funky » s’étalant sur plus de six minutes  Silver Donna »).

Brothers and Sisters of The Eternal Son est un fascinant mélange de tempos « downbeats » et d’orchestrations proches de Milton Nascimento ou… Gainsbourg. Il ne justifiera peut-être pas le voyage existentiel qui lui sert de trame, mais il remplira aisément son rôle en matière de pérégrination musicale.

★★★½☆

21 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Dean Blunt: « The Redeemer »

Le monde de Dean Blunt, l’ancienne moitié de Hype Williams, est fait de flou et de confusion, que ce soit au niveau d’une vision assez sombre de la vie mais aussi de ses deux précédentes productions sous ce nom dans lesquelles son ragoût de dub et de dance, brumeux et heurté, se faisait le miroir de la façon obscure dont il envisageait sa vie personnelle et professionnelle. Sa musique était comme un brouillard impénétrable, avec des samples négligés, des grands éclairs de « reverb » dont les couleurs éclataient devant les yeux mais auxquelles on n’arrivait pas à donner forme.

The Redeemer (Le Rédempteur, sic!) est, comparativement, beaucoup plus focalisé. Esthétiquement et thématiquement on voit, en effet, Blunt se débarrasser de ces éléments parasites et se décider à réaliser un disque « pop », même si celui-ci passait par sa visions plutôt tordue de la pop.

Les compositions ont ainsi des structures traditionnelles mais l’artiste n’a pas abandonne ses excentricités « arty ». Sur « Demon » ses vocaux sans aucun vernis, rugueux et minimalistes, mais le morceau est ponctué de voix désincarnées et de fracas de verre brisé. De la même manière la slide légèrement désaccordée et le baryton craquelé de Blunt sur « Walls of Jericho » apportent humanité à la fragilité que dégagent les cordes « samplées ». Chaque moment le voit parvenir à trouver immédiateté et intimité contrastant avec son instrumentation plus sèche et clairsemée.

Sur The Redeeemer, Blunt a délaissé ses tendances à l’expérimentation gratuite pour trouver plus grande sincérité en lui-même. Celle-ci baignait auparavant derrière de la « reverb » ou des plaisanteries incompréhensibles qui suggéraient que la beauté se trouver dans la confusion ; cette fois-ci il a compris que celle-ci pouvait également ne pas s’embarrasser de piteux et artificiels oripeaux.

★★★½☆

19 décembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire