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Blankenberge: « More »

Blankenberge est un groupe russe de St Petersbourg, sans prétention aucune et oeuvrant dans le silence le plus absolu. Du moins presque absolu car, mine de rien, le combo est en train de ressusciter un genre qu’on pensait mort. Précision, double ; un genre ne meurt jamais comme ça et il se réinvente si tant est qu’on y croit. More n’a peut-être pas écrit avec cet objectif en tête, il remplit quand même cette fonction de ressourcement. Il est vrai qu’on n’avait pas encore atteint ce niveau dans le genre, tout simplement; chant féminin diaphane emprunt de fragilité, une batterie bien présente qui vient rythmer une basse copine avec deux guitares brumeuses. La musique plane au dessus du lot, vraiment sereinement. 

On passe d’un titre comme « More » propice à l’introspection à un « Go » qui roule lourdement avec ses accents grunge. C’est le talent de ces cinq russes, d’avoir gardé une colonne vertébrale typiquement shoegaze et dream pop et d’y avoir greffé d’autre genres. Le mélange brise la monotonie dans l’œuf. On sera surpris au détours d’une chanson, par un saxophone, ou bien par les accent carrément post rock d’une piste comme « Wave » qui monte lentement avant de se libérer dans un final qui brûle les yeux sur la piste suivante « Until The Sun Shine » qui déploie un mur de saturation du plus bel effet.

Un album lumineux et bourré de talent, qui mérite vraiment qu’on y passe un peu plus qu’un de temps et qu’on ne peut que recommander vivement.

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15 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Ruby Haunt: « The Middle Of Nowhere »

Déjà quatre albums et tout autant d’EPs au compteur des américains de Ruby Haunt, et pourtant il semblerait bien que ce duo de Los Angeles, composé de Wyatt Ininns et Victor Pakpour, reste encore un secret bien gardé. Sans doute que le choix de l’autoproduction y est pour quelque chose, car lorsque l’on prend le temps d’écouter leur musique, il paraît aberrant qu’aucun label ne se soit précipité pour les signer !

Deux amis d’enfance qui officient depuis 2015, difficile d’en savoir plus sur leur travail, alors dans ce cas-là il ne reste que la musique pour en parler, et c’est déjà pas mal. Après un album parfait en tous points, en l’espèce un Blue Hour qui était un condensé de dream pop à tendance cold wave, même s’ils aiment a priori qualifier leur musique de soft punk. Les dénominations étant souvent un véritable casse-tête, au final nous retiendrons des nappes de synthés éthérées, une boîte à rythme bien balancée, une basse ronde et omniprésente, et des touches de guitare en forme d’écho, des arrangements minimalistes rehaussés par une voix mélancolique à souhait.

Pour ce nouvel album, The Middle Of Nowhere, rien de neuf sous le soleil, et c’est justement ce qui peut servir de balise dans leur musique, le minimalisme, la nostalgie qui se dégage de chaque morceau, comme une bande son introspective, dans laquelle il est parfois nécessaire de se réfugier. Une douce froideur venue pourtant du soleil, le paradoxe est réjouissant, et le temps de ces neuf titres, les amateurs de Beach House, Cigarettes After Sex, Fog Lake, Cemeteries finiront bien par les remarquer.

***1/2

4 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Long Beard : « Means To Me »

Voilà qutare ans, une jeune musicienne s’était lancée dans la scène rock avec un premier album intitulé Sleepwalking. Il s’agissait de Long Beard qui est le projet de la native du New Jersey Leslie Bear qui avait séduit avec sa fusion entre indie rock et bedroom-pop des plus attachantes. Cette année, elle effectue son grand retour avec son second opus, Means To Me.

Dix nouvelles compositions où Long Beard (qui est accompagné du musicien Craig Hendrix) repousse les limites. Cela se fait à coup de morceaux planants et mélodiques que la musicienne de New Brunswick arrive à envoûter son auditeur avec, entre autres, le titre introductif nommé « Countless » qui annonce la couleur. Celle-ci est placée sous le signe de la sérénité et de la nostalgie comme l’affichent des titres à l’image de « Getting By », « Sweetheart » et de « In The Morning » où chaque accord de guitare lumineux et chaque rythme chaloupé arrivent à se conjuguer avec l’interprétation toujours aussi somptueuse de la jeune femme

Avec une production plus pointue que sur Sleepwalking, Long Beard parvient à mettre de plus en plus en avant un sens du songwriting particulièrement solide. Means To Me regroupera aussi des morceaux chaleureux comme « Forever » et « Monarch » où on se laisse guider par les instrumentations lumineuses et aériennes sur lesquelles il est impératif de souligner le travail titanesque de Leslie Bear et de son acolyte Craig Hendrix. A mille lieues de son prédécesseur, ce second opus se laisse écouter les yeux fermés, des yeux permettant de penser que la native du New Brunswick a de beaux jours devant elle.

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16 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Rose Dorn: « Days You Were Leaving »

Dans les nouveaux venus de la scène indie pop californienne, on peut citer le groupe Rose Dorn. Bien que peu connuss, ils possèdent toutes les caractéristiques pour impressionner le public. Le trio composé de Jamie Coster, Joey Dalla Belta et de Scarlet Knight peut faire parler de luisi on tient compte, ici, de son premier album, Days You Were Leaving.

Sa particulité esr d’allier indie pop, surf, slowcore, shoegaze et dream-pop pour un résultat plutôt impressionnant. Dès les premières minutes lancinantes de l’introductive « Big Thunder, Rose Dorn lance la machine et nous envoûte comme il se doit lorsqu’ils nous apprennent à comment relativiser lorsque notre vie s’avère chaotique.

On appréciera également la fluidité de ce Days You Were Leaving où l’on passe du calme à la tempête selon les différents morceaux. Entre allures surf de « Shaking » et influences slowcore sur « Genius » et « Champ », Rose Dorn marque le pas avec ses reverbs de guitare et ses rythmiques bien tendues et complexes. Après l’enchaînement de « LRP » et de « HYC », les californiens font preuve d’une incroyable maîtrise et les derniers morceaux possèdent une allure plus rustique avec l’arrivée de l’harmonica sur « Heaven II » et « Wish » . Au total, ce « debut album », offre un voyage bien complexe et saisissant dans un univers où le chaos et l’harmonie cohabitent afin de ne former qu’un.

***1/2

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Ride: « This Is Not A Safe Place »

Ride semble explorer de nouveaux horizons. Weather Diaries avait été un album on ne peut plus roboratif mais le combo n’a pas l’intention de se reposer sur ses lauriers. Ici, il semble peaufiner un peu plus sa musicalité passant de shoegaze, à jangle (« Future Love ») ou versant onirique de la dream-pop  (« Clouds of Saint Marie »).

Cette nouvelle face se précisera sur « Kill SWitch » menaçant comme un nid de bourdons et, avec d’autres titres affichant la même nature comme « Eternal Recurrence » ou « Jump » qui approfondissent ce panorama et lui donnent plus grande ampleur.

This Is Not A Safe Place se conclura sur un morceau d’anthologie, « In This Room » qui, en dépit de son titre, ouvrira la porte sur autre chose qu’un sentiment de claustrophobie. Ride continue d’exister, et  c’est pour le meilleur.

***1/2

13 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Graduation: « Back When I Was Pretty »

Un peu de tendresse vintage, douce et vapareuse, pour ce petit album qui vous taquine gentiment d’une manière qui n’est pas sans rappeler Tame Impala pour l’utilisation de ces sonorité anciennes, vieux claviers remis aux gouts du jour et crépuscules encore ensileillés.

Un album qui fleure bon le temps qui passe lentement et paresseusement, qui oscille entre ballade  pop et chansons rock psych/électro mais le fait sans jamais hausser le ton.

Pour qui aime les climats « chill out » ou « blissful » dans le plus grand des calmes avec l’oreille penchée façon revival 60’s, et ces temps où la pop était bienheureuse.

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11 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Steady Holiday: « Nobody’s Watching »

Il a deux années de cela, Dre Babinski officiait sous le pseudonyme Steady Holiday. La musicienne californienne avait publié un premier album intitulé Under The Influence qui fut plutôt bien accueilli. C’est dans cette optique qu’elle effectue son retour avec son successeur intitulé Nobody’s Watching.

Comme beaucoup d’entre nous, Steady Holiday est choquée par l’état actuel du monde dans lequel nous vivons. Nobody’s Watching tente de tirer la sonnette d’alarme de façon très douce comme elle a l’habitude de faire avec sa dream-pop plutôt cinématographique qui habille des titres comme « Flying Colors » qui ouvre le bal mais encore « Mothers » qui suit avec ses arrangements de cordes frémissantes et « All Aboard ».

Plus on avancera dans l’album, plus on se laissera submerger par un flot d’émotions qui nous inonde petit à petit. Steady Holiday a cette capacité de nous faire frissonner avec ces arrangements musicaux glaciaux dont seul elle a le secret notamment avec « Who’s Gonna Stop Us », « Eastern Comfort » ou bien même « Exit Season ». Nobody’s Watching se veut alarmiste tout au long et arrive à éveiller inconsciemment l’auditeur grâce à un songwriting bien percutant.

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7 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Still Corners: « Slow Air »

Depuis 2011, Still Corners sait nous fasciner avec leur dream-pop stratosphérique. Le duo anglais marche sur les pas de Mazzy Star avec une musique toujours aussi mystique mais qui a malheureusement perdu de son éclat d’album en album. Après un Dead Blue en demi-teinte, il était temps pour le guitariste Greg Hugues et la chanteuse et claviériste Tessa Murray de se remettre en selle avec leur quatrième album intitulé Slow Air.

Pour ce faire, Still Corners est revenu aux sources. Le duo est à son apogée lorsqu’il nous propose des compositions oniriques mais teintées de sensualité et de religiosité comme le montre le titre introductif « In The Middle Of The Night » qui va lorgner du côté de Beach House avant de repartir vers des allures dignes de Mazzy Star surdes titres magiques comme « The Message » et « Sad Movies » où la voix de Tessa Murray aura de quoi nous émouvoir.

Enregistré à Austin, ce quatrième opus de Still Corners a de quoi rappeler la période caniculaire bien étouffante grâce à ses arrangements à la fois éthérées et étouffantes. Ainsi, le duo britannique nous offre des moments bien élégants comme « Black Lagoon », « Dreamlands » ou bien « Fade Out » sentant le naturel. Toutefois, avec le sombre « Whisper » et le soyeux et intimiste « The Photograph » rappelant Chromatics, Murray/Hugues semble vouloir renaître de ses cendres en clôturant le disque avec composition instrumentale éthérée nommée « Long Goodbyes ». Slow Air est une parfaite bande-son pour nous servir une bouffée d’air frais qu’on aurait tort de refuser.

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14 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Outer Spaces: « Gazing Globe »

A Shredding Snake d’Outer Spaces a fait fait partie des albums passés sous silence malgré leurs qualités. Quoi qu’il en soit, le projet musical de Cara Beth Satalino reste tout de même envoûtant et agréable à l’écoute et elle le confirme avec la sortie de ce second opus intitulé Gazing Globe.

Avec son indie folk teinté de doux soupçons de power-pop et indie pop, Outer Spaces nous ouvre grand les portes de son jardin secret. Et sur Gazing Globe, elle ne fait pas les choses à moitié tant on se laisse bercer par les douces mélopées des morceaux envoûtants à l’image du titre d’ouverture nommé « I See Her Face » mais également « Truck Song » et le rêveur « YWLGOML ».

Avec ses arrangements cotonneux riches en riffs jangly et claviers sucrés, Cara Beth Satalino ouvre son journal intime où la native de Baltimore détaille ses moments d’anxiété et ses éternelles remises en question avec tant de sincérité. Et cela se ressent sur de splendides compositions telles que le morceau-titre mais également « TV Screen » avec ses synthés lumineux et un solo à la clé sans oublier le plus dynamique et robuste « Album For Ghosts ».

Gazing Globe verra Outer Spaces partir à la rencontre de la sagesse et l’introspection sur les allures slowcore de « I Slowly Close My Eyes » et la conclusion plus positive nommée « Teapot #2 ». Ceci définit parfaitement la musicienne de Baltimore à la recherche d’une paix intérieure tant on l’imagine errer dans un désert à travers ses compositions incroyablement mélodiques et rayonnantes.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Hatchie: « Keepsake »

Il aura suffi d’un premier EP nommé Sugar & Spice pour que Hatchie puisse passer au rang des grandes révélations de ces dernières années. La chanteuse et bassiste australienne a baigné dans les disques de The Sundays et de The Cocteau Twins tellement sa musique dream-pop nostalgique se fait énormément ressentir sur son premier disque tant attendu nommé Keepsake.

Ceux qui ont en tête des tubes comme « Sure » et « Sleep » seront ravis d’apprendre que Hatchie reste dans sa zone de confort. Harriette Pilbeam nous offre un nouveau condensé de shoegaze et de dream-pop à travers des morceaux sucrés et doucement nostalgiques allant de « Not That Kind » à « Stay With Me » en passant par les planants « Without A Blush », « Obsessed » et « Unwanted Guest » à coup de synthés fiévreux et d’interprétations somptueuses qui n’en finissent pas de résonner.

En dix morceaux, Hatchie nous ramène deux décennies en arrière où ce courant musical régnait mais avec un soupçon de pop moderne ceci dit. On y décèle des influences non dissimulés de la Canadienne Carly Rae Jepsen sur certains morceaux. Keepsake sent la rêverie et le romantisme à plein nez surtout sur des morceaux entraînants comme « Secret » et « Kiss The Stars ». Et justement on a des étoiles dans les yeux tellement ce premier disque de la native de Brisbane étincelle tout au long jusqu’à cet assaut final nommé « Keep ».

Consistant et envoûtant de bout en bout, le premier album de Hatchie nous rappelle que l’âge d’or de la dream-pop n’est jamais révolue. Avec un soupçon pop jamais déplaisant et en rendant hommage à ses pairs, l’Australienne continue son ascension vers les étoiles.

***1/2

27 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire