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Yohuna: « Mirroring »

Yohuna est une chenteuse de Brooklyn dont le premier album nommé Patientness produit par le prodigieux Owen Pallett et s’est imposé comme fermet du renouveau de la scène bedroom-pop

Son successeur nommé Mirroring est auto-produit avec l’aide précieuse d’Eric Littman, et Johanne Swanson, de son vrai nom, continue tenter de nous faire voyager ses pensées et son univers vers de contrées oniriques et inconnues. Moins centré sur les claviers et plus vers des instruments plus organiques, Mirroring se laisse écouter comme une légère brise avec des morceaux éthérés à l’image du titre d’introduction nommé « Knowing U » qui est suivi de « Fades To Blue » soutenus par des arrangements à cordes discrets.

Quittant les aspects lo-fi pour des ambiances on ne peut plus maximalistes et baroques, elle ne néglige pas pour autant ce côté bedroom-pop poétique. Que ce soit sur « See Me » ou des ambiances que ne renieront pas d’autres actes comme Hovvdy et Elvis Depressedly avec « Waiting » et « Dead To Me », Yohuna (accompagné de ses acolytes musiciens comme Emily Yacina, Felix Walworth de Told Slant, Mike Caridi de feu LVL UP ou encore Warren Hildebrand de Foxes In Fiction) nous envoûte comme il se doit.

Elle le fait avec des arrangements si somptueux et si précieux avec un solo de violoncelle en prime sur « Stranger » ou une harpe sur les voix réverbérées de « Find A Quiet Place ».

Après les dernières notes de la ballade acoustique planante et larmoyante nommée « So Free », on a cette sensation de se sentir pousser des ailes grâce à cette poésie qui nous hante tant. Yohuna continue à sortir de ses gonds avec ce Mirroring délicieux, charmant et complètement renversant la montrant à l’aise dans des ambiances on ne peut plus baroques.

***1/2

13 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wy: « Softie »

Duo originaire de Malmö et couple dans la vie, Ebba et Michel ont formé Wy en 2015 et sorti en 2017 un premier album intitulé « Okay » sur fond de guitares éthérées. La Pop rêveuse du groupe prend aujourd’hui son envol grâce à ce second album de haute tenue qui reprend les mêmes ingrédients mais bénéficie de refrains plus marquant.

On remarquera notamment le « single » « Pavements » au parfum 80’s, les très shoegaze « Tired II » et « Have You Ever Been In Love », sans oublier l’impeccable Pop New Wave du titre qui donne son nom à ce disque, « Softie ».

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12 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Jo Passed: « Their Prime »

Jo Passed a fait parler de lui à travers une poignée d’EPs. Il aura suffi que sa musique teintée de dream-pop, art-rock et pop psychédélique fasse parler de lui pour être signé sur un label réputé, Sub Pop, et qortir son premier album, Their Prime.

Ce qui fait l’originalité de Jo Passed est tout simplement une capacité d’alterner les climats et les ambiances de chaque morceau sans jamais se perdre dans le fil de ses idées. Passant du calme à la tempête selon les morceaux, le groupe de Vancouver convoque tantôt XTC tantôt Sonic Youth voire même Neu ! sur des perles insaisissables comme « Left » qui ouvre le bal mais également « MDM », « Glass » ou « Repair ».

Cette fusion musicale que concocte Jo Passed vaut absolument le détour notamment à l’écoute de « R.I.P. », « Millenial Trash Blues » ou bien même de « Sold » allant du shoegaze à la jangle-pop en passant par le krautrock. Tandis que l’on pensait avoir tout entendu, voilà que le quatuor de Vancouver délivre un titre-phare pièce de six minutes intitulé « Places Please » faisant montre d’une écriture pointilleuse servie par des ambitions musicales plus que justifiées.

***1/2

12 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Japanese House: « Good At Falling »

Ce premier album est né du projet solo d’Amber Bain qui, après plusieurs E.P.S, a franchi le pas avec un Good At Falling où elle nous délivre isi ses plus belles rêverie.

Révélé sur le devant de la scène par les éloges de Matty Healy (The 1975), The Japanese House ne vogue pas pour autant sur les mêmes pas que les tendances éditoriales, rock et indé mêlés à un moule synthétique, du label, Dirty Hit, que les deux formations partagent.

Amber Bain a depuis toujours ses propres idées en tête ; celles de rendre à la musique ses envolées les plus vertigineuses. Good At Falling est un parfait condensé des précédentes compositions dévoilées au compte-goutte par The Japanese House depuis 2015. Presque quatre années de maturation, de voyages et de tournées, qui ont façonné un « debut album » qui se présente sous en forme d’un grand voyage vers le monde si particulièrement neurasthénique de la vocaliste.

Produit par George Daniel (batteur de The 1975) et BJ Burton (connu pour ses collaborations avec James Blake et Justin Vernon, alias,Bon Iver), est une véritable aventure de 45 minutes ; d’emblée passionnante et sans cesse mélancolique (« Maybe You’re the Reason », « We Talk all the Time », « You Seemed so Happy »), parfois expérimentale (« somethingfartogoodtofeel », « Marika Is Sleeping ») et souvent élégiaque (la magnifique « f a r a w a y » ou « Lilo »).

C’est, en fait et surtout,  un carnet de route incroyablement bien ficelé (chaque titre suit et complète l’autre) et mixé avec talent. Sans doute un disque de dreampop qui restera comme un classique.

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10 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Methyl Ethel: « Triages »

Pour trouver l’eldorado pop, il faut aller loin parfois ; mais quand celui-ci se présente sous la forme de Methyl Ethel et qu’il est situé en Australie on est prêt à faire le voyage aux Antipodes d’autant qu’on a déjà remarqué les deux premiers albums du combo : Oh Inhuman Spectacle (2015) et Everything is forgotten  (2017) et que le petit dernier s’annonce sihné et plein de maturité.

En effet, il est question ici de mélange pop-électro-rock dense, retenu et dosé. Tout semble avoir été soigneusement préparé pour rendre leur ouvrage énigmatique, sophistiqué et concentré. Dans le tube à essai c’est d’abord une voix, nous rappelant Anna Calvi, qui n’est autre que la voix androgyne de celle de Jake Webb, leader du trio.

Vient s’ajouter au dosage la production scintillante, engageante et précise élaborée par Marta Salogni (Bjork, The XX, Goldfrapp) qui nous remémore les beats romantiques de feu Wild Beast. Cette préparation à la formule originale prend toute sa consistance et sa force de séduction avec l’apport diffus de cette mélancolie contemporaine qui traverse tout l’album. Une sorte de balade urbaine où entre les buildings on aperçoit des bouleaux frémissants, des ondes magiques de lumières éclatantes et ce souffle de vent, ce souffle de voix qui nous transporte dans un vibrant moment d’écoute et de vie plus intense, plus cérébral. Un peu comme la pochette Unconventional de leur album signée du peintre Loribelle Spirovski.

Le voyage s’ouvre sur une double entrée en matière, avec les efficaces « Ruiner » et « Scream Whole » qui nous engagent comme dans une rythmique punchy et revitalisante mais toujours condensée et appliquée.  On retiendra également « Hip Horror » mélange qui pourrait le concentré d’une formule savoureuse qui porterait le nom de « lyrico punchy pop »  qui se doit d’être consommée sans modération.

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9 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Elva: « Winter Sun »

Les opposés s’attirent et sont faits pour se rencontrer, dit-on. Winter Sun, le premier album d’Elva, groupe à deux têtes bien faites et bien pleines, en est une preuve.
Le duo, d’abord. Elizabeth Morris, déjà bien connue pour avoir fait partie des Allo Darlin’, dont l’album Europe notamment avait déjà été repéré par les radars de la pop, est australienne d’origine et son compagnon Olla Innset, a œuvré au sein de quelques groupes norvégiens. L’Australie / La Norvège, le nord / le sud, le chaud / le froid…
Le titre de l’album, ensuite. Winter Sun, ce serait presque un oxymore mais sont en fait deux termes que rien n’oppose mais qui, au contraire, rapprochent les esprits… et les oreilles.
La pochette, enfin. On retrouve, là encore, cette dualité dans l’illustration de l’album avec la verdure, la luxuriance de la nature qui enserre tel un écrin une bulle glacée de blancheur hivernale.

Et la musique, dans tout cela ? L’album a été enregistré à l’automne 2018 dans un studio en pleine forêt suédoise. On peut penser que la quiétude des lieux a dû grandement favoriser l’énergie créatrice du couple qui se partage le micro. Les arrangements vocaux sont cristallins comme l’eau d’un ruisseau de montagne. D’ailleurs, en Norvégien, « Elva » signifie fleuve.

C’est vrai, à l’écoute des dix morceaux qui composent cet opus, on est en terrain connu. On pense à Belle and Sebastian ou encore à Camera Obscura, entre autres. On pourrait dire que c’est du folk à la sauce norvégienne mais cela serait très réducteur. Car confort ne signifie pas facilité. Les paroles sont belles, intelligentes, profondes et empreintes parfois de mélancolie. Le couple est bien dans son époque, enjoignant l’auditeur à vivre le moment présent et à lâcher des yeux les écrans (« Dreaming With Our Feet) ». L’atmosphère se fait tantôt sereine comme sur le morceau « Harbour in the Storm », tantôt plus agressive avec la présence de guitares distordues qui apportent ce qu’il faut de punch à la mélodie très accrocheuse de « Airport Town. »

Winter Sun est album très plaisant à qui donne envie de se laisser porter par le délicieux flot de sa rivière quitte à en être submergé.

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3 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Lowly: « Hifalutin »

En 2017, Lowly s’est fait un nom d’emblée avec son premier album Heba. Le groupe danois a réussi à imposers on indie pop teinté d’un trip-hop fleurant les contrées nordiques à coups de compositions audacieuses. Deux ans plus tard, Heba a trouvé un successeur : Hifalutin.

Pau de changements sur ce nouvel opus ; nous voici embarqués dans un terrain plutôt connu avec des titres atmosphériques comme un morceau d’ouverture, « go for a walk », affichant ses climats ambient, suivi par l’hommage au regretté astrophysicien « stephen » étonnament groovy. On peut penser Radiohead période The King of Limbs ou à ces artistes islandaises reconnues que sont Bjork et Susanne Sundfør sur des perles plus électroniques comme « baglaens » où l’interprétation de Nanna Schannong nous laisse sans voix ou, enfin, « in the hearts » qui voit l’Auto-Tune est utilisé à bon escient.

Entrecoupés d’interludes (« i », « ii », « iii »), Hifalutin continue de nous offrir des compositions aussi bien glaciales que gracieuses. Que ce soit sur « out beyond », « delicate delegates » ou sur « selver » qui passent sous la barre des trois minutes ou bien même avec des moments épiques comme « children » doté d’un crescendo magistral ou les allures dignes de Beach House sur « 12:36 », on continue d’apprécier l’alchimie entre Nanna Schannong et Soffie Viemose.

Arrivant à concilier instruments organiques et électroniques sous fond de trip-hop et indie pop onirique, le sommet est atteint avec la conclusion nommée « wonder » où le climax est à son zénith.

Hifalutin confirme tout le bien que l’on pensait du combo. Ce second opus continue de prolonger la rêverie des débuts avec plus d’aisance et plus d’ambition tout en restant charismatique avec ses aventures soniques inattendues.

***1/2

2 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Golden Daze: « Simpatico »

Golden Daze formé en 2013 est un duo américain originaire de Los Angeles constitué de Ben Schwab et de Jacob Loeb. Pour d’emblée tenter d’aiguiller sur le genre de leur univers pop, on pourrait citer cite Ultimate Painting, Jon Brion, The Clientele et comme adjectif élégant, intime, sucré et éthéré. Le premier album paru en 2016 est suivi de ce Simpatico, cousu d’or harmonique et mélodique. Leurs deux voix à l’unisson touchent, leurs guitares mariées à la basse et la batterie, marquent un tempo chaleureux qui met dans le mille. Le mélange est somptueux, homogène et fichtrement limpide à l’oreille. L’album déploie ses mélopées de manière brillante, voire astrale. Les cordes de violons et la peau du tambourin s’invitent parfois, discrètement pour effleurer les arpèges de guitares et le chant cristallin montrant que les deux artistes sont doués pour non seulement la création mais aussi l’instrumentation et l’interprétation. Quand ce cocktail est réussi, il reste sur la platine une petite tuerie pop.

Ce qui éduit, à la première écoute, c’est la basse qui swingue, offre de l’ampleur aux guitares et se promène sur tout le disque en le portant avec gaillardise à bout de chevalet. Les mélopées s’ouvrent sur « Blue Bell » qui sonne le glas de la délicatesse et du temps qui passe, plantant un décor doré de notes romantiques et de voix duveteuses.

« Amber » enchainera sans blanc maintenant cette sensation de matière avec ses métaphores saisonnières impeccables. La chanson remplit l’attention dès l’arrivée de la basse grandiose pour évoquer une relation vibrante doans laqulle « Flowers » va créer une continuité forte et efficace. Le titre au groove subtil se fait plus insistant et persistant sur une ritournelle en guise de bouquet de fleurs, puis sentimentale sur « Took a Fall » où la distance amplifie l’amitié ou la fraternité. Les images physiques, géographiques, en mouvement se foront langoureuses sur « Lynard Bassman » avec sa mélodie pleine de fulgurance et ses arrangements enrichis de cordes. « Wayward Tide » avancera sa majesté sur ses accords et arpèges de guitares fins où l’on entend tout le travail de sculpteurs de Ben et de Jacob, idem pour l’excellent « Within » qui croise divinement l’art de la composition à celui de l’interprétation.

« Sentimental Mind » avec son tempo indie solide poursuit l’ambiance ballades pop soyeuses, qui avancent en s’encastrant et se répondant parfaitement faisant perdre la notion du temps quand un « Drift » sautillant et rythmé par le tambourin et les cymbales ajoute à l’intelligence et à la musicalité une envoutante dose d’optimisme. Arrivera ansuite cla perle du disque un formidable Where « You Wanna Be ». « Simpatico », le morceau-titre de l’album est, pour terminer l’écoute, la chanson phare, par son sens et sa construction. Folk, lo-fi, indie pop alternative, tous les éléments sont là et bien malaxés pour créer un titre brillant. Le travail effectué sur les deux voix reflètent la complicité de Ben Schwab et de Jacob Loeb, ce qui est voulu et recherché. Le résultat élégant est atypique parce qu’il est rare de pouvoir savourer une telle pépite pop écrite à quatre mains traitant du thème de l’amitié. Golden Daze signe un Simpatico beau, musclé d’harmonies, lumineux de fraternité et équilibré de sentiments positifs.

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20 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Debrider: « Gift Horse »

Que voilà un disque joliment paradoxal. Avec sa couverture pastel et bucolique, la voix très pure Lia Pisa-Relli ainsi que sa musique portant toutes les caractéristiques de la dream-pop, on s’attend à une petite douceur sans conséquence. Et on se prend de plein fouet la dureté des paroles et la complexité mouvementée des mélodies. Avec ses six titres on se dit que Gift Horse n’est guère plus qu’un EP. ; on ressort de son écoute aussi éprouvé que s’il en faisait le double ou le triple. « Eprouvé » dans le bon sens du terme.

Gift Horse est-il seulement un album de dream-pop ? S’il en a une partie des sonorités, il lui manque ce que l’on retrouve immanquablement chez tous les émules de Mazzy Star : le côté vaporeux. Ethéré. Alangui. Rien de tout cela ici, le chant comme la musique étant toujours fermes et décidés, secs et rythmés, presque un peu groovy par moment. Cela ne veut pas dire que Debrider fait dans le rock and roll, juste que le trio américain a compris que calme et soyeux ne veut pas dire chiant et cotonneux et que le rêve souvent se transforme en cauchemar…

 

Gift Horse est par contre définitivement pop. Chacune des cinq chansons originales (la reprise du « Billie Holliday » de Warpaint, de fort bonne facture, est accrocheuse et mémorable, parfaitement structurée pour mettre en valeur aussi bien le chant que le texte ou l’instrumentation. Mais il va piocher aussi bien dans le répertoire dream-pop, shoegaze que post-rock ou indie-rock l’habillage qui va lui permettre d’être le plus efficace pour faire passer sa mélancolie douce-amère… En cela Debrider n’est pas très éloigné de groupes comme Basement Revolver ou Alvvays.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Two Medicine: « Astropsychosis »

Two Medecine n’est ni plus ni moins que le projet de Paul Alexander, bassiste de Midlake, et ce disque se situe sensiblement dans la même veine, à savoir une folk pop légèrement progressifve très posée et faisant preuve d’une douceur et d’une mélancolie qui confine à la magie. D’ailleurs, plusieurs membres participent à cet opus qui ressemble presque à un side-project commun.

Le disque est sorti il y a quelques mois maintenant et il est splendide. Les influences psychédéliques et pop jouent un rôle particulier et on peut aisément y percevoir l’ombre des Beach Boys et du Floyd.

Concrètement pourtant, la musique de Two Medicine ne prend racine que dans son propre langage ; une voix caressante, une guitare sèche, des choeurs en écho, des claviers qui jouent l’emphase, une rythmique discrète, sèche mais pas trop percussive, et un format assez pop, qui ne va pas trop chercher dans l’expérimental et le psyché.

Astropsychosis est assez accessible, et peut s’adresser aux amateurs de Midlake dernière période comme à ceux que la pop sixties pas trop mainstream n’effraie pas. Quand on saura enfin que « Two Medicine » fait référence à une région du Montana, dont les montagnes, forêts et lacs auront probablement inspiré ce disque bucolique on saura tout et on écoutera Astropsychosis avec l’état d’esprit qui a résidé à sa conception.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire