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Lightning Bug: « October Song »

A l’autre extrémité du spectre de rayonnement, Lightning Bug propose une musique chaude, cotonneuse, cosy même. Quelque chose de lent et tiède qui vous englobe. C’est aussi agréable que de regarder tomber la neige depuis son fauteuil bien au chaud, avec son corollaire contemplatif et parfois triste. A l’image de « The Luminous Plane »  piste sans vitesse enregistré, semble t-il, avec un vieux truc à cassette qui crépite, piste mélancolique par excellence. « The Roundness Of Days » , à la structure plus classique, avec sa guitare sèche en boucle, se noie dans une vague de synthés à la fin du morceau.

 

Il y à deux forces dans cet album, celle de la voix de la chanteuse, d’une douceur et d’une fragilité abyssal, souvent ténue et derrière l’instrumentation, mais qui résonne comme du cristal, et l’autre vient clairement de la structures des morceaux eux même. Exit les codes, exit le rythmes, chaque chansons vie selon son tempo. Peu ou pas de batterie, sauf sur des titres comme « Visions Scraps » ou « The Lotus Eater » qui flirt » du coté du shoegaze et du grunge. C’est un très beau disque pop, fragile, et qui prend son temps, sans prétentions, ce qui le rend encore plus agréable et s’impose comme forcément écoutable.

***1/2

4 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Malihini: « Hopefully, Again »

Ce duo italien est composé de Giampaolo Speziale et de Federica Caiozzo et il nous embarque dans une dream-pop lo-fi riche en textures en tous genres comme le montre leur premier album intitulé Hopefully, Again.

Composé de dix titres, Malihini compte sortir de la norme avec leur univers musical nous emportant très loin. C’est à coup de synthés venus d’ailleurs que le duo compte imposer son territoire que ce soit sur l’introduction nommée « A House On A Boat » et son ambiance quelque peu inquiétante mais également « Delusional Boy » et les influences 80’s du claustrophobe « Nefertiti ».

Cet atmosphère changeante contraste tout de même avec l’interprétation voluptueuse de Federica Caiozzo notamment sur les hypnotiques « Giving Up On Me » qui a de quoi rappeler Tame Impala par moments mais aussi « If U Call » et « The Afterdays ». Hopefully, Again, par ses courtes compositions (dépassant rarement les 4 minutes), arrive à nous toucher grâce à la patte personnelle de Malihini qui n’hésite pas à s’ouvrir sur sa vulnérabilité devant son auditoire.

***

28 novembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Turnover: « Altogether »

Le premier morceau du nouvel album deTurnover, « Still In Motion », fait penser penser à un croisement entre Peripheral Vision et Good Nature, deux superbes albums et deux ambiances complètement opposées, l’uen automnale, l’autre bien plus ensoleillé.Cette intro ne peut que plaire. Pourtant, les morceaux présentés en amont de la sortie de Altogether laissait présager d’un album encore plus apaisé, chill, et beaucoup moins évident au niveau de l’immédiateté des morceaux.

Malheureusement, c’est bien là que le bât blesse car c’est finalement le seul titre de l’album qui permet à l’auditeur de se raccrocher au passé deu groupe. Ce n’est pas grave, peut-on se dire. Le combo n’est-il pas, à l’image du titre de ce nouvel opus, en constante évolution ?

Si « Much After Feeling » »(avec son groove et sa basse bondissante), « Parties » (et ses guitares lancinantes) ou encore « Number On The Gate » (avec son refrain) arrivent à nous faire un peu dodeliner de la tête, on arrive très vite à lassitude voire ennui. On sent quee groupe na peut ou ne veut pas se concentrer, au final, sur un son et qu’il s’évertue à chercher ailleurs ce qui n’y est pas.

Ainsi, « Ceramic Sky » et son saxophone fleurera les années 80 et Turnover ne fera que ralentir le tempo avec des morceaux comme « Valley Moon » ou encore l’insipde « Temporary Love »,. Les chansons ne sont même pas mauvaises mais il ne s’y passe rien et, passée la moitié de l’album, on s’englue dans des expérimentations jazzy, dansantes, groovy à souhait certes, mais pas d’accroche au niveau des refrains, pas de frissons. Altogether est une franche déception pour un album aussi attendu. Pas bon, pas mauvais non plus, juste dans la moyenne, et pour un groupe ayant sorti trois superbes disques, on va dire que c’est le droit à l’erreur. Altogether est un disque vers lequel on ne revient pas, sauf pour quelques morceaux.

**1/2

26 novembre 2019 Posted by | Chroniques qui gueulent | | Laisser un commentaire

Animal Ghosts: « Animal Ghosts »

Il fait nuit si tôt, c’est un délicieux mélange de mélancolie et de tristesse. L’humidité fait ressortir les odeur d’humus et de terres humides, tandis que le cœur est saisit de langueur dans la contemplation de ce ciel tout en nuance de gris. La nuit, les lumière orange de la ville forme des halos dans le brouillard qui tombe, et la ville n’est plus qu’une rumeur lointaine et incertaine.

Des murs de guitares fantomatiques, une batterie aussi discrète qu’un battement de cœur et une voix élusive, douce forme la structure de cet très bel album  qui navigue entre dream pop et rock shoegaze. Non pas qu’il soit tout à fait indispensable, il existe moult disques du même acabit, mais ma sensibilité penche vers celui ci, qui capte l’essence même de cette fin d’année. Il s’accorde avec pensées et émotions et plonge dans une torpeur tiède l’auditeur qui risquerait de s’y perdre. Un disque qui s’évapore comme la buée d’une bouche un matin d’hiver.

***1/2

26 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Brightness: « Brightness »

Brightness est un nouvel album éponyme de Alex Knight qui regorge de neuf titres d’une dream pop qui n’ose pas dire son nom. Ce n’est pas du tout, en effet, opus de danse flashy, mais les lignes de basse lentes et rythmées de Brightness vous feront toutefois danser. Bien que la tonalité de la plupart des morceaux varie, ils conservent tous une sensation similaire et se complètent bien les uns les autres.

Knight joue avec une variété d’instruments tout au long de cet album – bien que la guitare soit assez fade, la batterie et la basse se distinguent vraiment. Il est clair que c’est le rythme qui fait l’expertise de Knight. 

Les premiers morceaux, en particulier « Dallas » et « Old Crow », sont assez enjoués, alors que certains des derniers sont presque inquiétants. La voix unique de Knight, qui s’étire et gratte sur les notes, ajoutant un sentiment brut et intime à ses chansons, le met encore plus en valeur. Des morceaux comme « Feathers, » dont les paroles ne sont pas écrasées par la voix rauque de Knight, mettent vraiment en valeur de brillantes compositions.

***

12 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Foxes In Fiction: « Trillium Killer »

De nombreuses années se sont écoulées depuis que Foxes In Fiction a publié son second album. Depuis, le musicien originaire de Toronto et basé à Brookly était porté disparu sans que l’on sache réellement pourquoi. Patience aura sans doute suffi puisque Warren Hildebrand revient avec son troisième album intitulé Trillium Killer.

En dix compositions, Foxes In Fiction nous entraîne dans un univers onirique qui lui est propre S’ouvrant sur un « Ontario Sunshine », le musicien va  privilégier la sensibilité et les arrangements lumineux. Il suffira, par exemple, de fermer les yeux et de se laisser emporter par tant de beauté qui habille des titres cristallins comme « A Softer World »mais également  « Extinguisher » et « Say Yes To Violence ».

Durant ces cinq dernières années, on perçoit ici que Foxes In Fiction avait connu une véritable traversée du désert et cela s’entend sur des morceaux plus que touchants comme « Rush to Spark » et « Antibody » faisant état de son anxiété actuelle. Le musicien est bien entouré d’Emily Reo, Emily Yacina ou encore d’Eric Littman et Oliver Hill et arrive à en ressortir une symphonie baroque et audacieuse qui habille l’ambitieux « Summer Of The Gun » ou bien même la conclusion nommée « Second Chances / Vantablack ». Avec Trillium Killer, Warren Hildebrand effectue un retour en grâce avec ce troisième opus épique et incroyablement touchant.

***1/2

1 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Japanese Wallpaper: « Glow »

ll y a beaucoup de bonne musique pop en ce moment mais il se trouve que presque rien de ce qui sort n’a le privilège d’être diffusé sur les radios commercieles. Il faut donc regarder plus loin pour en dénicher de véritables joyaux. Mais si on regarde assez loin, on ne pourra pas ne pas tomber sur cette petite merveille australienne.

Pour les non-initiés, Japanese Wallpaper est essentiellement un jeune homme, Gabriel Strum. Son premier album, Glow, nous introduit une dream-pop décalée, accrocheuse et aérienne, bien qu’un peu plus langoureuse parfois en matière de ton (« Ready/Waiting », « Cocoon »). Mais c’est cette juxtaposition qui va donner à ce disque une ambiance dynamique et multidimensionnelle.

Le disque sera pourtant à son meilleur lorsqu’il évoluera en mode up-tempo (« Caving In », « Imaginary Friends »). Dans ces moments-là, l’album ne peut que nous faire sourire intérieurement et vous rendre heureux d’être en vie. Dans ses moments les plus sombres, il berce l’auditeur dans une rêverie douce et mélancolique, en particulier la chanson-titre, qui clôt également les débats.

Des groupes comme celui-ci prouvent qu’entre de bonnes mains, la musique pop peut être intéressante et immersive et nous prodiguer des moments de grâce qui restent avec et en nous pour de longs moments après que les dernières notes se soient évaporées.

Dans un monde parfait, c’est ce qui serait en rotation rapide sur les radios grand public du monde entier.

***1/2

27 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Blankenberge: « More »

Blankenberge est un groupe russe de St Petersbourg, sans prétention aucune et oeuvrant dans le silence le plus absolu. Du moins presque absolu car, mine de rien, le combo est en train de ressusciter un genre qu’on pensait mort. Précision, double ; un genre ne meurt jamais comme ça et il se réinvente si tant est qu’on y croit. More n’a peut-être pas écrit avec cet objectif en tête, il remplit quand même cette fonction de ressourcement. Il est vrai qu’on n’avait pas encore atteint ce niveau dans le genre, tout simplement; chant féminin diaphane emprunt de fragilité, une batterie bien présente qui vient rythmer une basse copine avec deux guitares brumeuses. La musique plane au dessus du lot, vraiment sereinement. 

On passe d’un titre comme « More » propice à l’introspection à un « Go » qui roule lourdement avec ses accents grunge. C’est le talent de ces cinq russes, d’avoir gardé une colonne vertébrale typiquement shoegaze et dream pop et d’y avoir greffé d’autre genres. Le mélange brise la monotonie dans l’œuf. On sera surpris au détours d’une chanson, par un saxophone, ou bien par les accent carrément post rock d’une piste comme « Wave » qui monte lentement avant de se libérer dans un final qui brûle les yeux sur la piste suivante « Until The Sun Shine » qui déploie un mur de saturation du plus bel effet.

Un album lumineux et bourré de talent, qui mérite vraiment qu’on y passe un peu plus qu’un de temps et qu’on ne peut que recommander vivement.

****

15 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Ruby Haunt: « The Middle Of Nowhere »

Déjà quatre albums et tout autant d’EPs au compteur des américains de Ruby Haunt, et pourtant il semblerait bien que ce duo de Los Angeles, composé de Wyatt Ininns et Victor Pakpour, reste encore un secret bien gardé. Sans doute que le choix de l’autoproduction y est pour quelque chose, car lorsque l’on prend le temps d’écouter leur musique, il paraît aberrant qu’aucun label ne se soit précipité pour les signer !

Deux amis d’enfance qui officient depuis 2015, difficile d’en savoir plus sur leur travail, alors dans ce cas-là il ne reste que la musique pour en parler, et c’est déjà pas mal. Après un album parfait en tous points, en l’espèce un Blue Hour qui était un condensé de dream pop à tendance cold wave, même s’ils aiment a priori qualifier leur musique de soft punk. Les dénominations étant souvent un véritable casse-tête, au final nous retiendrons des nappes de synthés éthérées, une boîte à rythme bien balancée, une basse ronde et omniprésente, et des touches de guitare en forme d’écho, des arrangements minimalistes rehaussés par une voix mélancolique à souhait.

Pour ce nouvel album, The Middle Of Nowhere, rien de neuf sous le soleil, et c’est justement ce qui peut servir de balise dans leur musique, le minimalisme, la nostalgie qui se dégage de chaque morceau, comme une bande son introspective, dans laquelle il est parfois nécessaire de se réfugier. Une douce froideur venue pourtant du soleil, le paradoxe est réjouissant, et le temps de ces neuf titres, les amateurs de Beach House, Cigarettes After Sex, Fog Lake, Cemeteries finiront bien par les remarquer.

***1/2

4 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Long Beard : « Means To Me »

Voilà qutare ans, une jeune musicienne s’était lancée dans la scène rock avec un premier album intitulé Sleepwalking. Il s’agissait de Long Beard qui est le projet de la native du New Jersey Leslie Bear qui avait séduit avec sa fusion entre indie rock et bedroom-pop des plus attachantes. Cette année, elle effectue son grand retour avec son second opus, Means To Me.

Dix nouvelles compositions où Long Beard (qui est accompagné du musicien Craig Hendrix) repousse les limites. Cela se fait à coup de morceaux planants et mélodiques que la musicienne de New Brunswick arrive à envoûter son auditeur avec, entre autres, le titre introductif nommé « Countless » qui annonce la couleur. Celle-ci est placée sous le signe de la sérénité et de la nostalgie comme l’affichent des titres à l’image de « Getting By », « Sweetheart » et de « In The Morning » où chaque accord de guitare lumineux et chaque rythme chaloupé arrivent à se conjuguer avec l’interprétation toujours aussi somptueuse de la jeune femme

Avec une production plus pointue que sur Sleepwalking, Long Beard parvient à mettre de plus en plus en avant un sens du songwriting particulièrement solide. Means To Me regroupera aussi des morceaux chaleureux comme « Forever » et « Monarch » où on se laisse guider par les instrumentations lumineuses et aériennes sur lesquelles il est impératif de souligner le travail titanesque de Leslie Bear et de son acolyte Craig Hendrix. A mille lieues de son prédécesseur, ce second opus se laisse écouter les yeux fermés, des yeux permettant de penser que la native du New Brunswick a de beaux jours devant elle.

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16 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire