No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Golden Daze: « Simpatico »

Golden Daze formé en 2013 est un duo américain originaire de Los Angeles constitué de Ben Schwab et de Jacob Loeb. Pour d’emblée tenter d’aiguiller sur le genre de leur univers pop, on pourrait citer cite Ultimate Painting, Jon Brion, The Clientele et comme adjectif élégant, intime, sucré et éthéré. Le premier album paru en 2016 est suivi de ce Simpatico, cousu d’or harmonique et mélodique. Leurs deux voix à l’unisson touchent, leurs guitares mariées à la basse et la batterie, marquent un tempo chaleureux qui met dans le mille. Le mélange est somptueux, homogène et fichtrement limpide à l’oreille. L’album déploie ses mélopées de manière brillante, voire astrale. Les cordes de violons et la peau du tambourin s’invitent parfois, discrètement pour effleurer les arpèges de guitares et le chant cristallin montrant que les deux artistes sont doués pour non seulement la création mais aussi l’instrumentation et l’interprétation. Quand ce cocktail est réussi, il reste sur la platine une petite tuerie pop.

Ce qui éduit, à la première écoute, c’est la basse qui swingue, offre de l’ampleur aux guitares et se promène sur tout le disque en le portant avec gaillardise à bout de chevalet. Les mélopées s’ouvrent sur « Blue Bell » qui sonne le glas de la délicatesse et du temps qui passe, plantant un décor doré de notes romantiques et de voix duveteuses.

« Amber » enchainera sans blanc maintenant cette sensation de matière avec ses métaphores saisonnières impeccables. La chanson remplit l’attention dès l’arrivée de la basse grandiose pour évoquer une relation vibrante doans laqulle « Flowers » va créer une continuité forte et efficace. Le titre au groove subtil se fait plus insistant et persistant sur une ritournelle en guise de bouquet de fleurs, puis sentimentale sur « Took a Fall » où la distance amplifie l’amitié ou la fraternité. Les images physiques, géographiques, en mouvement se foront langoureuses sur « Lynard Bassman » avec sa mélodie pleine de fulgurance et ses arrangements enrichis de cordes. « Wayward Tide » avancera sa majesté sur ses accords et arpèges de guitares fins où l’on entend tout le travail de sculpteurs de Ben et de Jacob, idem pour l’excellent « Within » qui croise divinement l’art de la composition à celui de l’interprétation.

« Sentimental Mind » avec son tempo indie solide poursuit l’ambiance ballades pop soyeuses, qui avancent en s’encastrant et se répondant parfaitement faisant perdre la notion du temps quand un « Drift » sautillant et rythmé par le tambourin et les cymbales ajoute à l’intelligence et à la musicalité une envoutante dose d’optimisme. Arrivera ansuite cla perle du disque un formidable Where « You Wanna Be ». « Simpatico », le morceau-titre de l’album est, pour terminer l’écoute, la chanson phare, par son sens et sa construction. Folk, lo-fi, indie pop alternative, tous les éléments sont là et bien malaxés pour créer un titre brillant. Le travail effectué sur les deux voix reflètent la complicité de Ben Schwab et de Jacob Loeb, ce qui est voulu et recherché. Le résultat élégant est atypique parce qu’il est rare de pouvoir savourer une telle pépite pop écrite à quatre mains traitant du thème de l’amitié. Golden Daze signe un Simpatico beau, musclé d’harmonies, lumineux de fraternité et équilibré de sentiments positifs.

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20 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Debrider: « Gift Horse »

Que voilà un disque joliment paradoxal. Avec sa couverture pastel et bucolique, la voix très pure Lia Pisa-Relli ainsi que sa musique portant toutes les caractéristiques de la dream-pop, on s’attend à une petite douceur sans conséquence. Et on se prend de plein fouet la dureté des paroles et la complexité mouvementée des mélodies. Avec ses six titres on se dit que Gift Horse n’est guère plus qu’un EP. ; on ressort de son écoute aussi éprouvé que s’il en faisait le double ou le triple. « Eprouvé » dans le bon sens du terme.

Gift Horse est-il seulement un album de dream-pop ? S’il en a une partie des sonorités, il lui manque ce que l’on retrouve immanquablement chez tous les émules de Mazzy Star : le côté vaporeux. Ethéré. Alangui. Rien de tout cela ici, le chant comme la musique étant toujours fermes et décidés, secs et rythmés, presque un peu groovy par moment. Cela ne veut pas dire que Debrider fait dans le rock and roll, juste que le trio américain a compris que calme et soyeux ne veut pas dire chiant et cotonneux et que le rêve souvent se transforme en cauchemar…

 

Gift Horse est par contre définitivement pop. Chacune des cinq chansons originales (la reprise du « Billie Holliday » de Warpaint, de fort bonne facture, est accrocheuse et mémorable, parfaitement structurée pour mettre en valeur aussi bien le chant que le texte ou l’instrumentation. Mais il va piocher aussi bien dans le répertoire dream-pop, shoegaze que post-rock ou indie-rock l’habillage qui va lui permettre d’être le plus efficace pour faire passer sa mélancolie douce-amère… En cela Debrider n’est pas très éloigné de groupes comme Basement Revolver ou Alvvays.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Two Medicine: « Astropsychosis »

Two Medecine n’est ni plus ni moins que le projet de Paul Alexander, bassiste de Midlake, et ce disque se situe sensiblement dans la même veine, à savoir une folk pop légèrement progressifve très posée et faisant preuve d’une douceur et d’une mélancolie qui confine à la magie. D’ailleurs, plusieurs membres participent à cet opus qui ressemble presque à un side-project commun.

Le disque est sorti il y a quelques mois maintenant et il est splendide. Les influences psychédéliques et pop jouent un rôle particulier et on peut aisément y percevoir l’ombre des Beach Boys et du Floyd.

Concrètement pourtant, la musique de Two Medicine ne prend racine que dans son propre langage ; une voix caressante, une guitare sèche, des choeurs en écho, des claviers qui jouent l’emphase, une rythmique discrète, sèche mais pas trop percussive, et un format assez pop, qui ne va pas trop chercher dans l’expérimental et le psyché.

Astropsychosis est assez accessible, et peut s’adresser aux amateurs de Midlake dernière période comme à ceux que la pop sixties pas trop mainstream n’effraie pas. Quand on saura enfin que « Two Medicine » fait référence à une région du Montana, dont les montagnes, forêts et lacs auront probablement inspiré ce disque bucolique on saura tout et on écoutera Astropsychosis avec l’état d’esprit qui a résidé à sa conception.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Mini Dresses: « Heaven Sent »

Mini Dresses avait connu un mini duccès d’estime avac son premier album mais cela n’a pa refroidi les ce trio de Boston de tenter, sur cette récidive, de se ré-insérer dans la scène

Avec Heaven Sent et, une fois de plus, une approche DIY, Mini Dresses continue de nous offrir un parfait condensé de dream-pop et de bedroom-pop à travers des morceaux aussi bien fantasmagoriques qu’implacables.

À nouveau, la somptueuse voix de Lira Mondal ira habiller les textures onctueuses de « I’d Notice » à « Good Eye » en passant par le tentaculaire « Rank & File » ou bien même les rythmes entêtants de « Dark One » rappelant quelque peu Mac DeMarco.

Avec toujours cet esthétique lo-fi qui baigne sur « Open Mind » et sur les airs post-punk de « Once Or Twice », Mini Dresses continue de nous charmer de la plus belle des manières sur un Heaven Sent qui porte plutôt bien son nom ; celui de la bedroom-pop onirique venue du ciel et à deux doigts de nous installer sur un petit nuage.

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28 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Tamaryn: « Dreaming The Dark »

C’était en 2015 que Tamaryn avait atteint les sommets avec son troisième album Cranekiss. L’artiste néo-zélandaise a prouvé qu’elle réussissait bien dans le registre shoegaze et dream-pop. Mais de l’eau a coulé sous les ponts depuis et elle est déterminée à passer à l’étape supérieure sur son quatrième disque nommé Dreaming The Dark.

Pour ce nouvel opus, fini les influences dignes de Cocteau Twins et de My Bloody Valentine. Tamaryn a décidé de s’aventurer vers des terrains plus synthpop digne des années 1980.Ce changement s’opère sur les premières notes de « Angels Of Sweat » où l’interprétation de la néo-zélandaise a de quoi surprendre tout comme sur les titres suivants que sont « Path To Love » et « Fits of Rage ». 

Dreaming The Dark chasse tout l’esprit goth auquel l »artiste a baigné pour des moments beaucoup plus sucrés qu’à l’accoutumée. Il est clair que Tamaryn a beaucoup écouté du Tears For Fears et penche son versant vers le mélodramatique sur « Paranoia IV » et sur « Victim Complex » ce qui peut lui porter préjudice. Envolmées ont disparu, remplacées par des titres plus domestiqués et en demi-teinte comme « You’re Adored » et « The Jealous Kind ».

Retour plus nuancé, donc ? Tamaryn a choisi de naviguer vers des contrées plus lumineuses ; espérons qu’elle ne s’’y noiera pas au point de perdre de sa singularité.

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25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Nanami Ozone: « No »

En 2016, Nanami Ozone imprima sa patte sur l’underground américain avec un premier album Desire. Le quatuor composé du tandem vocal Sophie Opich et Corson Miller est du genre à mêler grunge et dream-pop au plus bel effet. Depuis , le groupe de Phoenix revient mettre les choses au clair avec leur second album intitulé No.

Nanami Ozone se veut être un croisement entre Dinosaur Jr. et My Bloody Valentine et ils réussissent plutôt bien dans cette voie. Entre les riffs fuzzy et distorsions grungy qui contrastent avec les interprétations atmosphériques, le quatuor arrive à concilier ces deux univers différents avec des morceaux efficaces comme l’introduction « Sidewalks » qui pose les bases de façon solide mais également « Alone Too » et « Affection ». On pourra en dire la même chose en matière d’intensité avec « Something To You » et « The Art Of Sleeping In ».

Le seul reproche que l’on peut faire sur ce No, c’est tout simplement les voix du duo Opich/Miller qui se perdent parmi tout ce capharnaüm musical. Le résultat est flagrant sur des moments bien noisy comme « 3 Mile Drive » par exemple. Toujours est-il que Nanami Ozone possède une bonne alchimie et le crescendo de « Make It All Right (Damage) » en est la preuve concrète. Avec ce second opus, le groupe de Phoenix sait mêler douceur et violence, l’atmosphérique et l’étouffant, l’harmonieux et le noisy ; ce sera donc un « yes » plutôt qu’un « no ».

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24 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Unloved: « Heartbreak »

Le trio Unloved avait fait ses premiers pas avec un « debut album » intitulé Guilty of Love était passé inaperçu . La chanteuse Jade Vincent ainsi que ses deux compères David Holmes et Keefus Ciancia y proposaient une musique cinématographique, et c’est dans cette même optique que le groupe mi-californien mi-irlandais fait son retour avec Heartbreak.

Entretemps, David Holmes et Keefus Ciancia ont composé pas mal de musique pour la crème de la crème dans le monde du 7ème art et c’est dans ce climat que l’on plongera ici avec un univers atmosphérique où leur pop psychédélique cinématique étonne à travers des morceaux à l’image de « Love », le mélancolique « Bill » et « Lee ». Avec la voix de velours de Jade Vincent proche de celle de Lana del Khey qui chante les chagrins d’amour sous toutes ses formes, le groupe semble avoir tout appris de la part de Portishead, MacAlmont and Butler ou bien même Hillary Woods sur des ambiances dramatiques de « (Sigh) », « Devils Angels » mais également de « Love Lost ».

Etienne Daho a craqué pour le groupe, à tel point qu’il pose sa voix sur « Remember » avec son intro quasi hip-hop avant de plonger dans des ambiances 60’s à la Burt Bacharach et on retrouvera également Barry Woolnough sur les accents 80’s de « Danger ». Pour le reste, Unloved se singularisera par ses cordes frémissantes et les chorales fantomatiques qui feront frissonner l’auditeur sur « Crash Boom Bang » et « Boy and Girl ».

S’achevant sur un poignant « If », le trio tire son épingle du jeu avec une sens de la démesure excetionnel, cinématisant avec précision sa musique bien immersive propre à nous faire remettre de nos hagrins d’amour.

***1/2

10 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Exitmusic: « The Recognitions »

En 2012, Exitmusic était sorti des sentiers battus avec son album Passage qui fut, à l’époque comparé, à des groupes qui battaient le haut du pavé, Beach House par exemple. Suite à cela, le duo formé d’Aleksa Palladino (chant) et de Devon Church (instruments, production) s’est séparé pendant un petit moment. De l’eau ayant coulé sous les ponts et ayant renoué, ils reviennent avec un nouvel opus The Recognitions.

Fort heureusement, ils n’ont rien perdu de leur alchimie car ils nous offrent un condensé de dream-pop hanté et dense à travers ces neuf nouveaux titres.

S’ouvrant sur un « Crawl » des plus impressionnants, la voix d’Aleksa Palladino se fait tantôt douce tantôt rugueuse mais toujours aussi émouvante. Dès lors, l’atmosphère prend une teneur toujours aussi pesante sur des morceaux allant de « Iowa » à « Criminal » en passant par « Closer » qui prend de l’ampleur ou encore « To The Depths » et le plus lourd « I’ll Never Know » menant l’auditeur dans des contrées plus sombres.

Exitmusic se sont retouvés comme musiciens et on pourra même se hasarder à dire qu’ils se sont reconnus ; constatationt plus qu’adéquate si on considère le titre de leur album.

***1/2

7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wyldest: « Dream Chaos »

Wyldest est un trio londonien qui, après avoir écumé la scène de la capitale et sorti quelques EPs, se lance aujourd’hui dans le grand bain avec leur premier album, Dream Chaos.
Zoe Mead (chant / guitare), Mariin Kallikorm (basse) et Jack Gooderham (batterie) proposent un disque de pop atmosphérique, empli de positivité et de lumière. Des morceaux tels que « Upside Down » et « Barefoot » sont le parfait exemple d’une inspiration qui semble s’aventurer dans un imaginaire façon Beach House.

Le groupe ne rechigne pas, néanmoins, à prendre à contre-pied son auditeur en agrémentant sa dream pop d’apparence classique de rythmiques et mélodies plus entraînantes, à l’image d’un « Mind Over Body » qui, après une longue intro éthérée, dévie sur une pop plus enjouée, allant jusqu’à faire hurler l’électricité en toute fin.


Il en ira de même sur la traditionnelle balade de mi-album, « Lightweight », qui flirtera avec le post-rock, notamment grâce à sa ligne de basse entêtante et l’electro ne sera pas, lui non plus, avec un « Quiet Violet » et sa synthpop vaporeuse ou « Reverse Tide » inspiré, de son côté, par la new wave.
Sans transcender le genre, Wyldest se trouvent au final être un bon substitut à Warpaint et Cocteau Twins, offrant un son eighties remis au goût du jour. Dream Chaos est un disque qu’on a le sentiment d’avoir déjà entendu mais qui parvient tout de même à atteindre son objectif : être accessible, bien fichu et agréable à écouter.

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24 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Anemone: « Beat My Distance »

Anemone, c’est un projet musical venu tout droit de Montréal mené par la pétillante Chloé Soldevila qui avait fait forte impression avec leur premier EP Baby Only You & I avec leur dream-pop psychédélique envoûtante et renversante.Leur premier album, longtemps attendu, répond au nom de Beat My Distance.

Sans surprise, on retrouve tout ce qui a fait la recette du succès d’Anemone avec ces influences lorgnant du côté de Broadcast à Melody’s Echo Chamber. Très vite, on sentait que Chloé Soldevila et ses compères veulent sortir un gros disque et on ne s’est pas trompé ; en effet, dès les premières notes de « On Your Own », n est accueilli par leur pop digne des années 1960 aux guitares carillonnantes, aux claviers scintillants et à la rythmique chaloupée. Les montréalais impressionnent d’emblée avec leur sens de la mélodie et leurs influences peu équivoques sur des titres sucrés allant de « Daffodils » à « Endless Dive » en passant par les virées pachydermiques de « Memory Lane » et de « Vanilla (Here We Go Again) ».

Entre l’interprétation somptueuse de Chloé Soldevila et ses morceaux gentiment audacieux et ensoleillés, il n’y a qu’un pas. L’ambition d’Anemone s’affiche clairement: celle de se démarquer de la concurrence et nous offre des moments que l’on n’hésite pas à se repasser en boucle comme « Sunshine (Back To The Start) » mais encore les splendides « She’s The One » et « Segue ». Alors que l’on pensait atteindre le summum et bien on n’est pas au bout de nos surprises car voilà qu’ils ramènent l’artillerie lourde qu’est la conclusion de 6 minutes intitulée « Only You » qui est à l’image de ce premier opus: lumineux, psychédélique et attachant. Avec Beat My Distance, Anemone parvient sans peine à se distancer des autres.

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21 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire