The Grief: « Horizon’s Fall »

15 février 2021

On pourait craindre qu’un sentiment de fierté et de partialité ne se glisse dans la critique d’un album d’un groupe originaire de la ville de Cork, en Irlande tant ce pays, à juste titre, bénéficie d’une certaine aura.

The Grief, puisque c’est d’eux dont il s’agit, est le fruit d’une rencontre entre des musiciens incroyablement talentueux de la scène metal irlandais, Corr Mhóna et For Ruin, deux combos très respectés et ont sorti du matériel de qualité entre eux. Cependant, en 2016, leur amour nostalgique et profondément enraciné pour tout ce qui est heavy, sombre et gothique a forgé la création dedudit ensemble associée à un album qui s’est manifesté à partir de deux EPs sortis en 2020, Ascent en février et Descentqui a suivi en octobre. Ces deux opus d’une grande beauté et inspirés par le thème du destin, sont les ingrédients de Horizon’s Fall.

« To a New Dawn » ouvre les débats avec quelques accroches et riffs sentimentaux et mélodiques. Des guitares doubles luxuriantes remplissent l’air, permettant au chant clair de Stephen Quinn d’élever la chanson à un autre niveau. Ceux d’entre vous qui sont d’un certain millésime reconnaîtront et se réjouiront de sa splendeur inspirée de Paradise Lost. Le gothique et le doom metal des années 90 sont toujours présents dans cet album et c’est une joie d’entendre quand il est aussi bien fait.

Le titre suivant est l’herculéen et impeccable un « In Defiance »  qui est cristallin dans sonphrasé, avec des harmonies vocales claires et des tons doux pour commencer. Cependant, le vent tourne sans cérémonie et la chanson prend une tournure plus sinistre avec le chant guttural qui s’ensuit. L’étendue de la voix est une joie à entendre, mais dans ce duel bruyant, les voix claires l’emportent et atteignent des sommets vraiment élevés avant que les deux guitares principales ne voient le morceau.

Des moments plus durs et plus agressifs se retrouvent sur des morceaux comme « sunder ». Sa prestation sombre et poignante lui confère une présence énorme et la promesse d’un morceau classique en live. On peut entendre des échos de Mourning Beloveth gronder au loin à travers les sections denses et aériennes de ce morceau. Avec cette sortie, ils ont réussi à capturer toute l’atmosphère et le théâtre qui font la réputation du genre « doom metal ».

Le flux et le reflux de cet album sont bien ancrés et sont méticuleusement entretenus par la batterie de John Murphy (avec Con Doyle qui prend maintenant les baguettes) et le tout aussi talentueux Kieran O Leary à la basse. C’est une sortie aussi diverse que l’on peut s’y attendre dans un genre qui se nourrit de tempos sombres et lents et de contraintes lourdes.

Chacun des neuf titres a un impact réel et offre à la fois mélodie et menace. Des titres comme « The Ascent », avec son accroche de plomb est contagieuse, et son chant feutré est une félicitésuivi qu’il est d’un « Den of Thieves », qui est tout aussi raffiné et mémorable.

Le talent et la confiance dans le travail de guitare de cet album est vraiment quelque chose à voir. Des riffs lourds et oppressants aux grands airs de grandeur, le son est riche et plein, mais il a toujours cette présence lourde et imposante. Il est juste de dire que Paul Quinn et John Murphy sont de véritables artisans et constituent une véritable force motrice.

Pour résumer, « Horizon’s Fall » est un morceau de Gothic Doom » bien conçu et bien produit, qui peut se mesurer à tout ce qui existe aujourd’hui. J’irais même jusqu’à dire qu’elle n’aurait pas été mal placée non plus dans les années 90. Des comparaisons seront faites avec des aristes comme My Dying Bride, Katatonia et Paradise Lost, et c’est une reconnaissance justifiée du talent que ces garçons de Cork ont en abondance. Même l’artwork que Slava Gerj a produit pour l’album et les Eps est un triomphe. Une pochette d’album peut faire beaucoup pour créer une ambiance et donner à la musique plus de sens et de respect.

***1/2