Cypecore: « The Alliance »

Un monde post-apocalyptique, une musique à la Fear Factary et une ambiance façon Shaârghot, Cybercore donne dans le death industriel et pas content de se cantonner à leur Allemagne natale, le quintette passe la vitesse supérieure à l’occasion de leur quatrième album pour conquérir le monde., du moins le sien, un futur dystopique ou The Alliance est la seule solution pour survivre.

Entre riffing en distorsion et explosions létales, chant grommelé et scandé, ils ne choisissent pas et apaisent même l’atmosphère avec quelques temps calmes et mélodies musclées (et pas seulement sur la très belle « Outro ») et si tout cela se retrouve sur le même morceau alors on obtient un gros gros tube en puissance (« Dissatisfactory » ou « Remembrance »). Il est pourtant difficile de sortir un morceau de cet ensemble massif et homogène où, si rien n’est franchement nouveau, tout est sacrément bien ficelé, que ce soit l’utilisation des effets, la gestion de la dynamique ou le choix des samples. Tout est parfaitement millimétré et foncièrement dantesque.

***1/2

Sulphur Aeon: « The Scythe of Cosmic Chaos »

De quintette passé à trio, Sulphur Aeon a profité de cette mutation pour ajouter des vocaux lumineux à son arsenal ,Le résultat en est un registre plus clair et contemporain. ce qui a pour effet de donner un côté encore plus contemporain à ses titres.

Succès aidant, les moyens de production sont plus conséquents, chose qui se vérifie sur leur dernier opus du combo, un The Scythe of Cosmic Chaos qui démarre avec  Cult of starry wisdom » sur une atmopshère post-metal, un riff mélodique et puissant de cette puissance qui a nom retenue et qui s’avère d’autant plus anvoûtante qu’elle ne se veut pas effrénée.

Le riff introductif de « Yuggothian spell » nous terrasse d’entrée de jeu emais le chant s’y fait clair déclamatoire et proche de l’épique. « The Summoning of Nyarlathotep »mid-tempo et malfaisant s’ajustera sur du Behemoth tout comme « Veneration of the Lunar Orb ».

« Sinister Sea Sabbath » confirmera cette forte inclinaison pour les titres brutaux d’autant plus retors que la rythmique n’est pas trop speed et que priorité est donnée à l’effort mélodique de l’attaque de la la guitare et à un solo irréprochable.

La suite sera du même acabit avec une grandiloquence qui refera surface. Les bilan restera alors mitigé et on ne pourra qu’être songeur voire réservé et sceptique sur les capacités du groupe et sa tendance à faire des choix pas toujours indiscutables.

***

Aevangelist: « Matricide in the Temple of Omega »

Aevangelist est un duo s’y connaît pour ce qui est de faire fuir le quidam et de produire une musique entre death, black et post metal, avec juste ce qu’il faut d’indus, d’ambiant et beaucoup de chaos. Matricide in the Temple of Omega ne s’adresse pourtant pas aux fans de black, de death, de musique per se. Est avant tout un signal lancé à ceux dont l’équilibre personnel passe par une glorification de la douleur morale, par des passages de conscience alternée, par un peu plus qu’un rapide coup d’oeil du côté sombre de sa psyché.

S’infliger ce disque est un choix ; que l’on croît en avoir besoin ou qu’on pense le mériter. Le binôme n’a pas son pareil pour, sur ses long titres, vous amener ux confins de l’aliénation et aux portes de la folie. Écouter ce disque se doit d’être fait en connaissance de cause ; chose comprise, il ne reste plus qu’a l’assumer.. dans les tympans et dans l’esprit.

***1/2

Obliteration: « Cenotaph Obscure »

Obliteration est un groupe de death-metal plutôt « old school » et dont Cenotaph Obscure est le quatrième album studio. Des bons disques de ce genre ne courent pas les rues et, à cet égard, le combo a eu, à juste titre et habilement, l’idée de jouer la carte de la nostalgie.

On peut être, de prime abord, désarçonné mais, ici, la modernité n’a pas véritablement droit de cité et le combo prend les choses à coeur en faisant montre d’une certaine irréductibilité et d’une exécution sans failles..

Cenotaph Obscure se révèle un opus tranchants aux riffs affutés. La travail oscille entre passages plus « doom metal » et ambiances plus diversifiées. La sauce est liée par des rythmiques mid-tempo et des vocaux écorchés. Rien ne sera épargné en matière de clichés dont certains ne sont pas, toutefois, toujours éculés (« Detestation Rite »).

Cenotaph Obscure ne bouleversera pas la face du monde mais il permettra, death metal oblige, de hurler à la lune en attentant des éclipses plus lumineuses.

**1/2

Behemoth: « The Satanist »

Behemoth sont un groupe de métal extrême polonais dont The Satanist est le 10° album. Double ironie, des textes très anti-religieux vu leur pays d’origine et leur nom signifiant la propagation de la parole de Dieu.

Evangelion, leur disque précédent, était sans compromis et rebelle, enfoui sous un mur de sons jusqu’auboutistes et résolument anti commercial.

Leur leader, Adam « Nergal » Deski, s’est retrouvé atteint par la leucémie en 2010, ce qui a toujours donné la sensation que le groupe possédait une perception singulière des choses de la vie et de la place que Behemoth avait dans la culture populaire.

https://api.soundcloud.com/tracks/128097729

Cela n’a pas empêché au combo, tout en gardant sa singularité, de percer dans un certain mainstream, Deski étant capable de parsemer ses textes d’un humour astucieux et d’un sens du commerce non négligeable.

Cela a fait de The Satanist un des disques de « metal » les plus attendus et celui-ci se distingue, dès l’abord, par un son radicalement différent. Deski relativise déjà sa maladie et ne s’entoure pas d’auto apitoiement, le résultat en est que le disque sonne comme celui de quelqu’un qui a plongé dans les abysses, en est ressorti et s’emploie à façonner une musique aussi peaufinée qu’il l’est possible.

Evangelion était donc dense et suffoquant, le titre d’ouverture de ce nouvel opus, « Blow Your Trumpets Gabriel » possède des nappes spacieuses où chaque instrument se distingue de l’autre avec une clarté tout cristalline.

Le mixage apporte une sensation de profondeur, un peu comme diverses couches sur la tableau d’un peintre, donnant ainsi un plus grand impact à la musique. Tout l’album possède alors un climat détendu en contrepoint de la thématique plutôt lourde. « Ora Pro Nobis Lucifer » est une chanson punk « laidback » (enfin relativement) et d’autres titres se font mémorables comme « In The Absence ov Light », l’incrotale « Ben Sahar » ou l’épique « O Father O Satan O Sun! ».

Il est évident que The Satanist est plus accessible sans pourtant céder à la facilité. Darski parvient à capturer l’intangibilité de notre condition, que celles-ci se fassent dans le chaos ou dans des compositions plus domestiquées mais tout aussi provocantes.

★★★½☆

Kvelertak: « Meir »

Derrière la terminologie « heavy metal » se cachent diverses appellations réservées aux spécialistes ; le mérite du groupe norvégien Kvelertak est d’arriver à les faire fusionner ensemble.

Meir est le deuxième album de ce combo de six membres et se traduit par « plus ». Et, si on peut considérer que ça n’est pas un disque novateur par rapport au premier, il apporte toujours la touche de singularité de son prédécesseur.

Les textes restent inspirés par le black metal hardcore et, sans vraiment les comprendre, le phrasé de Erlend Hjelvikest suffisamment significatif pour évoquer la Mythologie nordique.

Le titre d’ouverture, «  Åpenbaring », versera tout de suite dans la frénésie avec un riff black metal, un « beat » fanfaron et un rugissement en terme de vocaux. Suivront « Spring Fa Livet », « Trepan » puis « Nekrokosmos » qui parviendront à étoffer le son du groupe de manière toujours aussi familière mais avec une versatilité inédite dans ce spectre l’idiome « heavy metal » conjugué sur un seul album.

Ainsi, la formule pénétrante et rock and roll du « single » « Bruane Brenn » sera maintenue tout au long de Meir mais les variations autour de ce thème et les embellissements sont précis et arrivent exactement au bon moment pour assurer individualité à chaque morceau.

On peut, à juste titre, regretter que la nouvelle musique soit aussi peu inspirée c’est pourquoi on doit se réjouir qu’un groupe semble aussi à l’aise dans une identité qu’il s’est forgé. La dernière composition porte leur nom de manière révélatrice et affirmée : « Kvelertak » est, non seulement un hymne ; il est le leur et il représente donc aussi leur son !

★★★½☆