No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Apparat : « LP5 »

Sasha Ring alias Apparat, compose depuis ses débuts, un univers qui conjugue intériorité et sensations en retenue, oeuvrant à marier pop et électronique dans un écrin de velours, qui n’est pas sans rappeler les albums solo de Thom Yorke.

Plus connu pour sa participation avec la formation Moderat, née de la collaboration aux cotés de Modeselektor, Sasha Ring reprend son travail en tant qu’Apparat pour raviver les éléments d’une musique qui aime expérimenter et faire voyager, faisant flirter instruments électroniques et organiques sur des tapis de rythmiques à l’ébullition douce mais intense.

LP5 tente de renouer avec les débuts de l’artiste, de par la diversité des sons superposés, qu’ils soient issus de machines ou de véritables instruments, des cordes en passant par les cuivres, guitare ou piano, donnant naissance à des atmosphères qui poussent plus au chill qu’au dancefloor, esquissant des titres à la quiétude reposante ou habités de soubresauts élégants, pointant discrètement du coté de l’IDM (Interlligent Dance Music), le tout survolé par sa voix androgyne.

Sans être son album le plus abouti, Apparat cherche à s’extraire de la machine dancefloor qu’était Moderat, pour revenir à des paysages plus intimes, débarrassés du superflu, plongeant vers des profondeurs gorgées de lumières suaves, bercées par des mélodies caressantes, n’oubliant pas de faire danser nos âmes sur le titre de fin « In Gravitas ».

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

!!!: « Shake The Sudder »

!!! est un étrange ensemble punk-funk dont la marque de fabrique est assez peu orthodoxe marquée qu’elle est par la notion que la « dance » et la musique indie-pop peuvent faire bon ménage.

Shake The Shudder est leur septième album et il montre le le combo a eu amplement le temps d’entériner cette démarche festive. Les lignes de basses sont comminatoires (« Dancing Is The Best Revenge »), les « grooves » souples et leurs instincts pop qppuyés comme il se doit (« The One 2 »).

Ces ressources s’étiolent pourtant dans le deuxième partie de l’album, moment où l’innovation ne semble être que la répétition d’une seule et unique « party » qui se répèterait indéfiniment. Les scratchs de guitares, les samples s’enchaînent à vau l’eau et cette tentative de crossover perd rapidement de son intérêt.

**

2 juin 2017 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Andrew Weatherall: « Convenanza »

Le producteur et DJ Andrew Weatherall a été avec Paul Oakenfold une des deux figures de l’explosion acid house à Manchester où ils aidèrent des groupes comme Happy Mondays ou Primal Scream à découvrir la « dance music ». Weatherall a ensuite développé des inclinaisons plus excentriques et est demeuré une figure culte dans le cercle de la « dance » moins commerciale.

Ses remix pour My Bloody Valentine, Saint Etienne ou Björk ainsi que ses projets électroniques ont grandement influencé les années 90. C’est un pionnier de l’electro, moins renommé pour ses disques en solo dont Convenanza est le dernier avatar.

Soniquement, l’opus distille les signatures habituelles chez lui, post-punk, dub, acid house, ambient, cosmic disco, Krautrock et psychedelic rock. On pourra évoquer Clash dans ses mouvances « dance » ou un Public Image Limited plus bluesy. le travail de guitare punk-funk fera plus penser à une disque de rock que d’electro ; on en retiendra alors une sensation , celle d’un équilibre instable entre deux univers musicaux qui peinent à fusionner ? Si on ajoute un phrasé monotone, on conclura que le niveau de bizarrerie recherché sonne plus comme un effort laborieux que comme un produit achevé.

**1/2

7 juin 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Caribou: « Our Love »

Pour ceux qui se voient comme des pionniers de l’electronica psychédélique d’avant garde, Dan Snaith ne peut jamais être pris en faute. Ça a, du moins, été le cas depuis Swim, le disque qui, en 2010, l’a fait décoller. Our Love est son follow-up (Jiaolong étant sorti en 2012 sous le nom de Daphni) et il a été indéniablement été influencé par le succès de Swim.

La majorité de l’ancien et volumineux catalogue de Snaith, sous le nom de Manitoba ou sous celui de Caribou, se concentrait sur l’atmosphère et l’introspection. Mais avec un hit comme « Sun » à son actif, il semble que le Canadien a compris qu’il avait les outils ainsi que la faculté de mettre les corps en mouvement sur le dancefloor. De longues tournées, en particulier avec Radiohead et son propre groupe, ont pavé la route pour nous délivrer un album « dance » résolu et direct.

Ce sentiment de confiance nouvellement acquise est perceptible sur les beats fracassants de « All I Ever Need », les explosions soniques colorées de « Julia Brightly » ou dans ce qui pourrait bien devenir un hymne dans les clubs, un « Mars » nerveux et agité.

Si le titre de l’album ne le dévoile pas assez, l’autre facteur d’inspiration dans Our Love est la relation humaine. Snaith est devenu père en 2011aussi « Can’t Do Without You » et la chanson titre baignent dans la tendresse et la chaleur. Le premier morceau semble s’ouvrir à la vie autour d’une accroche vocale répétitive le faisant fleuri ; « Our Love », lui, palpite avec une sonorité encrassée qui rappellera l’ère de l’Acid House.

La vois de Snaith est toujours aussi sensible et pleine de soul ; elle tisse ainsi un sens de vulnérabilité poignant qui parcourt l’album alors que « Second Chance », un titre joyeusement bancal, nous offrira la participation de sa compatriote Jessy Lanza qui s’emparera des vocaux.

Our Love sera donc vecteur d’émotion et de sensibilité lyrique mais il ne perdra jamais de vue son projet originel, faire se bouger les masses.

***1/2

11 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Clean Bandit: « New Eyes »

« So you think dance music is boring? » Ainsi commence le titre d’ouverture de New Eyes, le premier album de Clean Bandit. «  Mozart’s House  » est donc une préparation qi va définir le son du groupe, une fusion entre quatuor à cordes à la Mozart et des «  beats  » garage.

Le groupe a néanmoins déjà eu un « hit » stratosphérique « Rather Be », puis un autre, plus mélancolique, « Extraordinary » et Clean Bandit n’a pas son pareil pour marier des accords sombres au piano avec une mélodie au violon haut perchée, des « beats » approximatifs et une ligne de basse abimée comme sur « Dust Clears ».

Une recette similaire sera utilisée avec « A&E » avec un quatuor à corde endeuillé et choral qui mènera à toute une serie de bruits électro aussi contemporains qu’il est possible de l’être. Le talent vocal est, en poutre, indéniable et fait de New Eyes une impeccable combinaison fusionnelle entre l’ancien et le nouveau (le pur garage qu’est « Heart On Fire »).

Mais il n’y a pas que le Classique et la musique gagarge qui ont influencé le combo. Celui-ci se réclame aussi du hip-hop et du reggae à l’image d’une composition aussi vibrante que « Come Over » avec ses steel drums calypso, ses beats de dancehalls et ses cordes syncopées.

Le disque se terminera sur « Outro Movement III », une composition de musique électronique abstraite mais il est évident que New Eyes louche plus facilement du côté de la dance que du classique, de la pop que de l’expérimental.

Claen Bandit vient de Manchester mais il se singularise sans vraiment appartenir à une scène. Ce « debut album » est richement conçu et produit ; restera au groupe à amplifier son mpact une fois l’effet de surprise passé.

***

2 juin 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Delorean: « Apar »

Apar est le 5° album studio de Delorean, groupe espagnol dont la démarche s’inscrit dans la mouvance electro tendance hédoniste. Les synthés sont colorés, vibrants et les riffs flottants, comme pour suggérer une atmosphère de béatitude planante.

Apar est, à cet égard, un disque consistant pour qui aime l’ électronica que ce soit sur « Spirit » avec ds chorus samplés et bouillonnants et des batteries électroniques impeccablement produites ou avec un « Destitute Time » dont le boursouflement est débridé et se présente comme un exemple d’optimisme.

Tout comme sur leur précédent opus, on retrouve ces climats kaléidoscopiques et incurvés, cette rêverie limite déjantée et ces vocaux convolant avec le vertige. On retrouve ici cette tendance « dance floor qui les apparente aux Londoniens de Disclosure, sans doute une tentative d’ouvrir leur musique à des influences moins issues des Baléares.

Restent néanmoins des titres qui demeurent puissants même si moins évanescents : « Dominion » en est une démonstration et « Your Face » est capable de greffer un vernis brillant même si, au total,Apar se révèle comme un album plutôt bancal dans son utilisation de ladite électronique.

Ces restrictions mises à part, l’album, qui s’adresse à ceux pour qui jeunesse et ambiance de fête sont les moteurs principaux, satisfera sa cible dans so, insatiabilité à se nourrir de soleil et de rythmes incessants.

★★½☆☆

31 octobre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Crystal Fighters: « Cave Rave »

Le premier album des Crystal Fighters, Star Of Love, avait quelque chose d’unique dans la mesure où il mêlait musique basque, électronique et dub. Avec Cave Rave ils accentuent la sensation qu’ils vivent dans un univers confirmant le 2° terme titrant ce nouveau disque ; il y fait éternellement beau et les DJs n’y sont jamais fatigués.

« Wave » ouvre la danse et, immédiatement, il fait déjà plus chaud. Chaque titre va ainsi aller directement à la jugulaire, « Separator » et « Are We One » évoquant les moments les plus dubs de Star Of Love avec des percussions stimulant la peau tant elles fusionnent musique espagnole et beats dance. Ils sonnent écrasants, comme si le but était d’amener une plage de sable dans une salle de concerts et un morceau comme « Love Natural » virera presque à l’insignifiance tant il semblera fêter l’inconstance et le manque de profondeur lyrique.

« Bridge of Bones » sera un effort parodique à composer une « pop song » avec ses changements d’accors et son « fade out » et c’est sans doute, subliminalement, l’essence de ce qui motive Crystal Fighters.

Derrière son côté inconsistant, il y a une volonté de ne pas se prendre au sérieux. Celle-ci est étayée par des riffs tous plus accrocheurs les uns que les autres. Ils n’ont pas ambition à la durée et se contentent de ce que l’aspect transitoire des choses peut révéler. Au fond, Crystal Fighters ne sont pas dupes de ce qu’ils véhiculent. Leurs textes basiques sont suffisamment un caricaturaux pour être révélateurs que même le soleil se couche parfois. Et c’est quand ils abandonnent cet apparat pour faire scintiller de manière sous-jacente des chatoiements acoustiques qu’ils s’élèvent au-dessus du vulgaire groupe de « synth pop ».

★★★☆☆

12 juin 2013 Posted by | Quickies | , , | Un commentaire

Pere Ubu: « Lady from Shanghai »

Tente-cinq ans après ses débuts, le groupe de Chris Thomas continue sa trajectoire sans compromis, plus subversive que celle affichée à l’époque par les punks. Dès le début Thomas vitupère sur fond de déluge sonre et électronique : « Vous pouvez tous aller en Enfer ! » Le ton est donné et cette densité restera rémanente tout au long de l’album.

Comme à l’accoutumée la construction du dique semblera irrationnelle mais elle n’est qu’une nouvelle façon de réactualiser le surréalisme. L’arbitraire n’a pas de place dans ce qui apparaît comme une logique structurée autour de ce qu’il pourrait être vu comme l’équivalent aural de la parole automatique. Le mode choisi sera celui de la dance qui lie les titres de façon cohérente. Le post-punk est alors poussé jusqu’au bout par, qui un bourdonnement de guêpes emprisonnées dans un pot(« Mandy »), qui une version dérangeante de « Mary Had a Litthe Lamb » sous la forme d’un «  Feuksley Ma’am, The Hearing » azimuthé ou la crachotement d’un CD rayé culminant sur un chaos de guitares qui seraient broyées par le son qu’elles émettent.

On trouvera ici traces d’un groupe comme The Fall, seul combo qui a toujours eu grâce aux yeux de Thomas dans la manière dont le rock est astucieusement subverti.

Le coté arty de Lady From Shanghai demeure volontairement obscur ce qui nécessitera(it) écoutes répétées et attentives. Une fois de plus Pere Ubu explore à la fois les clichés du rock et ceux du rock expérimental pour mieux les exposer et les faire exploser. Que ceci puisse encore fonctionner sera cependant une interrogation qui court depuis plusieurs albums : Pere Ubu n’est-il pas, à son tour, atteint par son propre formalisme ?

★★½☆☆

9 janvier 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Dent May: « Do Things »

Il avait sorti un premier album, The Good Feeling Music of Dent May & His Magnificent Ukulele, dont la particularité était une utilisation assez prononcée de l’instrument cité dans son titre. Puis Dent May s’était approché de la « dance music » sans son instrument de prédilection et avait sorti quelques titres sur Internet sous le nom de Dent Sweat.

Dent May est désormais de retour avec avec une approche qui cumule synthés, atmosphère « dance floor », guitares délicatement grattés (mais plis d’ukulélé) et des vocaux emprunts d’une nostalgie plaisante et aérée. On retrouvera donc sur Do Things cette bonne humeur et ce côté laid-back dont il ne semble jamais se départir mais avec un son beaucoup plus massif et dansant.

« Rent Money » et « Don’t Wait Too Long » s’enrichissent ainsi d’un groove mid-tempo et « Best Friends » nous offre une disco très « glitter ». Mais Dent May sait encore ne pas s’éloigner de ressources musicales plus organiques (un reggae bondissant, « Home Groan ») et surtout des chansons ou des ballades beaucoup plus pop comme « Tell Her » ou « Do Things » avec une production à la Beach Boys ou, mieux encore, des refrains enlevés comme « Weddind Day » et « Fun ».

Do Things est un exercice de style léger et séduisant où les synthés servent de toile de fond à des chansons apprêtées sans les envahir, leur apportant cette épaisseur qui manquait peut-être au premier album. Voilà un album cool, peuplé de chansons pop charmeuses et addictives ; un véritable disque de « good time music » en somme…

★★★½☆

3 janvier 2013 Posted by | Quickies | , , , , , | Laisser un commentaire

Poolside: « Pacific Standard Time »

Un album connoté « dance » ou « techno » ici ? Petite explication de texte… Un duo « electronica » qui vient du Danemark et qui est basé à Los Angeles d’abord. Ensuite un nom qui indique un lien avec le titre de l’album. Pacific Standard Time est, en effet, ainsi que les Américains font référence àau fuseau horaire de la Côte Ouest. Il suffit de faire le lien avec la Californie, la pochette de l’album où un rebord de piscine très évocateur de certaines toiles de David Hockney, autre expatrié ayant choisi Los Angeles. Qu’obtient-on alors ? Une musique qui, toute électronique qu’elle soit, ne se situerait ni dans les « raves », ni dans les discothèques mais plutôt en ces endroits paresseux qu’on imagine fort bien sis au bord d’une piscine, sous le soleil clair californien lors d’une « barbecue party ».

Nos deux DJs définissent ainsi leur production, de la « daytime disco », c’est à dire des mélodies chatoyantes et des tonalités ensoleillées qui sont parfaitement en phase avec l’esthétique de L.A ., une transe sonique que l’on imagine « blissed out » (pleine de félicité) plutôt que « chilled out ». Glamour donc mais sous une lumière qui sera tout sauf artificielle et qui réchauffera plutôt qu’elle ne flashera comme ces néons dans les virées nocturnes.

Ainsi, « Take Me Home » vous introduit dans un univers estival fait de rythmes accrocheurs et de vocaux aériens et « Without You » est construit sur des « samples » imitant les vagues de l’océan menant, graduellement, à des harmonies vocales délicates chatouillant l’oreille de façon presque subliminale. « California Sunset » étend cette sensation tout comme un « Can’t Get You Off My Mind », morceau sur fond de guitare acoustique et de vagues qui semblent s’écraser sur une plage comme pour ponctuer ce lent cheminement en son long que le rythme paresseux imprime.

« Kiss You Forever » sera, quant à elle, une appropriation de classiques de Bee Gees datant des années 70 remise, c’est la cas de le dire au goût du jour et non pas de la nuit de même que « Harvest Moon » qui, elle, sera une expérimentation à partir d’un morceau de Neil Young.

On le voit donc, Pacific Standard Time sera une variation un thème particulier, schéma répétitif propre à la « dance music » exporté dans un univers plus existentiel (dans le sens ou il est pétri dans le quotidien en non dans le « fun »). Dans un autre domaine, la scène rock le qualifierait de « concept album » dont la faculté serait d’être écouté en ces moments de farniente ou au sortir d’un somme d’après-midi.

8 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , , | Laisser un commentaire