No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Underground Lovers: « A Left Turn »

The Underground Lovers est de retour avec son dixième album studio, le troisième depuis sa réactivation quite à une pause ayant duré près de 10 ans, comme si le combo souhaitait montrer qu’il est toujours en pleine forme ave son mélange d’indie-rock psychédélique et d’electronica et qu’il avait encore pour moteur la faculté de réunir les éléments qui faisianet sa spécificité dans une parfaite harmonie hypnotique.

Leur dernier album Staring At You Staring At Me s’était concentré sur le son de guitare du groupe, lui donnant une touche plus rock. Cette fois-ci, ils ont relancé les explorations électroniques, rapprochant ce nouvel opus du travail qu’ils avaient produit sur Cold Feeling à la fin des années 90.

Dès le début, « Bells » vise le cœur de l’esprit et, tout aussi viablement, le dancefloor. Son Krautrock bourdonnant s’étend sur plus de six merveilleuses minutes. Ils ont la capacité – comme Spiritualized et Wooden Shjips – de trouver le oint névralqique d’un groove et de le chevaucher sans fin. Hooky fait monter la barre du rock, tout en restant chaleureux avec les mélodies de la guitare de Glenn Bennie et les incantations vocales de Vincent Giarrusso. Le shoegaze a toujours été un autre pilier du son du groupe et sur « Dunes and Lusher », Philippa Nihill sonne comme une la sœur idéale d’une union entre My Bloody Valentine et Cocteau Twins. La musique scintille, brille et frémit doucement derrière elle. Le « single » « Seven Day Weekend » est un hymne de par son rythme à la batterie et ses guitares à bascule déformées et Giarrusso va voyager en mode Shaun Ryder sur cette ode à la socialisation insouciante.

En arrivant à la conclusion du disque, restera cette épopée épique de neuf minutes qu’est « Rocky Endings (A Left Turn ») avec cette sensation d’exaltation en montagnes russes soniques allant eu travers des sillage que sont les pics propulsifs et des vallées flottantes de A Left Turn. La chanson serpentrae pendant quatre minutes avant de s’envoler dans la stratosphère pour une mission spatio-rock interstellaire de guitares carillon, de basses pulsées et de percussions métronomiques qui s’étirent et s’amplifient magnifiquement. A Left Turn est un autre joyau sonore de l’une des plus belles merveilles psychédéliques née en Australie.

****

11 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The S.L.P.: « The S.L.P. »

L’ancien membre de Kasabian, Sergio Pizzorno se lance enfin en solo avec son projet annoncé à grand renfort de tweets mystérieux qu’est The S.L.P. Kasabian nous avait laissés sur notre faim en 2017 avec l’album For Crying Out Loud, qui à vouloir trop persévérer dans la mouvance dance est apparu à nos oreilles beaucoup trop désordonné, cette incartade en solitaire attire dès lors toute notre attention.
Sergio Pizzorno étant la plume et le compositeur de Kasabian, il est logique de retrouver dans ce disque l’essence même du son du groupe, un rock électro efficace qui flirte selon les titres avec le groove, le trip-hop et la pop orchestrale. Pizzorno a annoncé dans les média profiter d’une pause pour enfin se lancer dans sa propre expérimentation. En découle un album de onze titres qui propose un voyage riche en sonorités, les influences électro de Sergio Pizzornio étant naturellement exprimées.
Le disque débute avec un instrumental « Meanwhile… In Geneva » qui, dès les premières notes, nous ramène aux premiers sons de Kasabian. Le disque s’ouvre ainsi sur ce morceau qui s’écoute comme un générique de film : l’orchestration est dès le départ poussée à son paroxysme, une impression délicieuse de western spaghetti années 70 nous intronise avec le petit monde de Pizzorno.
S’ensuit une série de morceaux qui selon les cas nous rapproche plus ou moins de Kasabian. « Lockdown » et son interprétation rappelant vraiment celle de Tom Meighan aurait mérité de s’éloigner de cette ligne de chant si reconnaissable.
Certains titres sortiront tout de même du lot : « trance)) » offre une électro aux percussions et à la mélodie très douce, « The Wu » et « » sont plus primaires et font la part belles aux samples et au vocoder, avec une rythmique que l’on a tout de même déjà entendu sur des morceaux du groupe.


Un autre instrumental, « Meanwhile… At The Welcome Break » en milieu de course, se posera comme une interlude à la séance de cinéma. Cela nous redonne quelques forces pour arpenter la deuxième partie du disque qui sonne plus cohérente. On y retrouve le « single » « Favourites » avec la rappeuse Little Simz, « Nobody Else » qui délivre un tube façon dance, et « Youngest Harry « qui s’immerge encore plus dans l’électro.
Enfin, le tout se clôture sur « Meanwhile… In The Silent Nowhere » qui offre un tour de chant de toute beauté à Pizzorno et qui vient sur ces dernières notes reprendre la mélodie du titre d’ouverture, nous proposant ainsi une boucle musicale très appréciable.
The S.L.P. étant le fruit de l’âme de Kasabian, il aurait été étonnant de ne pas y retrouver la structure même de leur son. Néanmoins, chacun de ces morceaux étant libéré de ce qu’impose dans la structuration la sainte trinité guitare-basse-batterie, une place de poids est faite à la manipulation des samples, boites à rythmes et autres percussions qui définissent parfaitement Sergio Pizzorno, sa culture club étant enfin entièrement mise en valeur. The S.L.P. peut ainsi être considéré comme le pendant dance totalement assumé du groupe, un exutoire où Sergio Pizzorno s’émancipe de tous carcans imposés par le petit monde du rock anglais. De quoi booster nos oreilles pour une rentrée qui semble s’annoncer des plus remuantes musicalement parlant.

***1/2

4 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jake Shears: « Jake Shears »

Ce groupe américain a connu son heure magique avec son album Magic Hour paru en 2012. Au moment où l’avenir est incertain pour le combo, Jake Shears, tête pensante deladite formation, continue sa carrière en solo et revient avec un premier album.

Que ce soit en solo ou avec son groupe, Jake Shears reste droit dans ses bottes et cet opus en est la preuve concrète. On retrouve la glam-pop bien groovy et festive quelque peu farfelue à travers ces nouveaux morceaux comme « Good Friends » qui fait suite à une introduction instrumentale pseudo-dramatique mais également les pétillants « Creep City », « S.O.B. » et autres « Big Bushy Mustache ».

Au milieu de cette armada que nous offre le leader de Scissor Sisters, le disque arrive à montrer toute la versatilité du bonhomme sans trahir pour autant ses origines. Frôlant de très près les aspects commerciaux, Jake Shears nous offre un bon condensé de bonne humeur et d’humour sans pour autant négliger la vulnérabilité qui a fait sa force.

***

15 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ian Brown: « Ripples »

On ne présente plus cette icône de la scène rock britannique des années 90 qui a influencé bon nombre de musiciens depuis la sortie du premier album éponyme de son groupe The Stone Roses. Dix ans après son dernier effort, My Way, le « Monkey Man » revient avec un Ripples qui tente de relancer sa carrière sous les meilleurs auspices.

Pour cela, dix morceaux des plus efficaces, directs et, de ce point de vue, se voulant authentiques composent ce nouvel opus comme pour témoigner de l’intégrité sans faille de son boutefeu qui a su rester loyal à ses premières amours musicales ; des résonances dance-rock avec un œil tourné vers quelques effluves contemporains.

Tandis que « First World Problems », « The Dream and The Dreamer », « Ripples » ou encore « Black Roses » fleurent bon la scène originale de Madchester, certains titres se démarquent par leurs ambiances délicates presque vulnérables que Ian Brown habille d’une voix à la fois maîtrisée et conquérante (« From Chaos to Harmony », « It’s Raining Diamonds »).

Dans ce maelstrom de mélodies théoriquement disparates, les morceaux s’enchaînent avec une complicité assez déconcertante, passant littéralement du « chaos à l’harmonie » avec des mentions spéciales à « Blue Sky Day » d’une pureté étonnante et « Break Down The Walls (Warm Up Jams) » avec son superbe final a capella.

Éminemment fidèle à lui-même, Ian Brown délivre un septième album en solo tout en nuances comme pour soigner à la fois le velouté des roses et leurs épines.

***1/2

6 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

We Have Band: « Movements »

Movements porte parfaitement son nom et justifie de la même manière l’étiquette dance-rock qu’on accole à ce trio de Manchester et Londres.

Ses influences sont fermement ancrées dans un post-rock des années 80 caractérisé par un usage intensif des synthétiseurs et la choix de recruter Tim Goldsworthy (ex DFA) à la production n’est pas l’idée la plus saugrenue.

Son travail a toujours été un plus dans la mesure où il sait impeccablement bien resserrer les arrangements et, de cette manière, apporter un impact maximum à la musique des groupes avec qui il a collaboré.

Ce troisième album de We Have Band est imprégné de ses qualité, même si ces derniers n’ont pas eu besoin de beaucoup d’aide (leur Ternion était déjà plutôt bien construit).

Movements est vraisemblablement leur meilleur opus car il s’accompagne de beats dont on ne peut qu’épouser l’intensité, de synthétiseurs dans les pulsations sont irrésistibles si on est, bien sûr, adepte de ces déplacements mais surtout de guitares qui ne peuvent que s’infiltrer dans nos oreilles.

Les vocaux sont mixtes, comme souvent, et délivrent toujours cette atmosphère distante comme si elle voulait s’aliéner de l’énergie qui s’empare des instruments.

Movements est, en effet, de ce point de vue -là fait à 100 % pour les dance-floors mais la finesse des orchestrations le rend tout à fait audible dans d’autres circonstances comme les longs et ennuyeux voyages en voitures. Des plages midtempo comme « You Only », « Please » ou « No More Time » en sont de parfaits exemples alors que des titres uptempo comme « Modulate », « Save Myself » ou « Heart Jump » donneront, par contraste, un effet d’accélération constante.

Movements s’achèvera sur un moment plus calme, « Blue », mais il continue à véhiculer cette sensation que l’on avance de manière incessante ; ce qui donne à cet album un remarquable dosage entre avancée et pause, une chose qui manque cruellement au groupes de dance-rock d’ajourd’hui.

***1/2

5 mai 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Milagres: « Violent Light »

Le premier album de Milagres sonnait comme une copie conforme de Coldplay. Le groupe vient pourtant de Brooklyn et, sur ce troisième opus, plus rien ne semble rester de cette analogie. De par son titre, Violent Light est déjà révélateur de sa teneur techno-pop qu’il souhaite afficher. Ce qui va dominer ici ce sont les textures de synthés rappelant les années 80 ainsi qu’une ferveur à joncher ses compositions de grosses accroches pop.

Même quand le combo s’aventure dans un territoire semblable à celui de Coldplay, « Terrify On Sea » par exemple, leur leader Kyle Wilson a un timbre de voix qui élève Milagres bien au-dessus des platitudes de l’« arena rock ». Sur « The Letterbomb » son baryton fait merveille accouplé qu’il est à des accords de rock légèrement funky créant quelque chose qui rappelle furieusement ce dont Orange Juice nous gratifiaient à la fin de leur carrière.

On pourrait citer également Scritti Politti mais le problème résiderait alors dans le fait qu’il n’y a rien d’aussi brillant et accrocheur que les efforts de ces derniers.

Scintillement il y a pourtant dans l’atmosphère moins sombre de leur « debut album », Glowing Mouth, composé à l’hôpital par un Kyle Wilson ayant été victime d’un accident. Ici tout est plus focalisé, centré sur des lignes de synthés nettes et claires, des beats dansant créant cette atmosphère moins chargée. « Perenial Bulb » et « Column of Streetlight » doivent beaucoup à TV on the Radio alors que Milagres ne se prive pas non plus de pasticher Depeche Mode sur l’industriel « The Black Table » ou Bowie sur « Jeweled Cave ».

Le reproche qu’on pourra faire à Violent Light est un côté lisse, dénué du charisme qui était le leur quand ils s’exerçaient à des climats plus contrastés. Demeure un album qu’on écoute facilement, trop peut-être, et qu’on risque d’oublier avec autant d’aisance que celle qui l’a fait se glisser entre nos oreilles.

guitareguitare1/2

6 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

The Jezabels: « The Brink »

The Brink est le deuxième album de cet quatuor de dance rock venu de Sydney et il est fait de paradoxes. Quelque part sa musique est prévisible mais de manière non conventionnelle. On aurait plus attendu de The Brink qu’il soit leur premier disque dans la mesure où le précédent, Prisoner, offrait des climats sombres et renfrognés qui ne pouvaient que nous faire sourciller.

C’est un peu un monde à l’envers ici dans la mesure où cet album sophomore est plus pop et présente une collection de onze chansons vivaces et propres à stimuler notre envie de danser. C’est même un complet retour en arrière puisque leurs premières productions (en particulier leurs E.P.s) présentaient un son dont Prisoner avait penser qu’ils s’en étaient éloignés.

On retrouve néanmoins ici des éléments instantanément reconnaissables, la plupart étant liés à la voix de Hayley Mary toujours aussi extraordinaire dans cette manière qu’elle a de s’élever. On ne peut s’empêcher de le noter sure des titres comme « Time To Dance » ou le « single » « The End ». Le jeu aux claviers de Heather Shannon est également magnifique et procure une impulsion imparable sur un morceau comme « Beat To Beat » où son utilisation de synthés traditionnels excelle.

Il n’en demeure pas moins que cet album pose véritablement problème. Comment, en effet, considérer cette évolution vers un disque qui sonne moins mature ? Si c’est intentionnel, ce ne peut être qu’une volonté de ne pas prendre de risques.En même temps on ne peut reprocher à The Jezabels de sonner comme du Jezabels.

Si on raisonne en ces termes, The Brink est un album pré-adolescent qui fonctionne plutôt bien. On ne peut, toutefois, s’empêcher de penser que, à la lueur de ce dont il est capable, le groupe aurait pu ne pas se contenter d’un opus aussi bateau et convenu.

guitareguitare1/2

18 février 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire