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Loretta Lynn: « Full Circle »

Full Circle est le premier album de Loretta Lynn depuis une bonne dizaine d’années et, comme l’indique son titre, il présente la chanteuse faisant le un point sur sa vie et sa carrière avec des versions de certains classiques,« Fist City » ou «  Everybody Wants To Go To Heaven », quelques reprises et des duos avec Willie Nelson et Elvis Costello.

La voix de Lynn demeure étonnamment sonore si on considère son âge (plus de 80 ans) et elle est encore capable d’atteindre des notes haut-perchées et ces tonalités vertueuses à même d’évoquer les douleurs les plus intimes. À cet titre, il s’agit ici d’un exercice dans lequel elle tire sa révérence et d’une manière on ne peut plus gracieuse de dire au revoir à ses fans et à la musique country.

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12 juin 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ashley Monroe: « The Blade »

Il existe toute une pléthore de musiciennes qui on renouvelé la country mainstream en portant leur focus sur ses racines et en s’efforçant de la nourrir de textes plus ptofonds qu’à l’origine.

Après Like A Rose, ce deuxième album de Ashley Monroe prouve qu’elle est capable de générer des melodies variées et néanmoins une musique qui soit honnête. Elle est aidée pour cela par une voix bien cadencée mais c’est avant tout son écriture farouche et indépendante qui la rend si différente avec sa peinture de personnages vivaces et forts un répertoire qui va du bluegrass à des tonalités plus contemporaines.
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La chanson titre s’empare de la tradition sonique au moyen d’un violon, elle s’en échappe sur « Sixie » ou le honlie-tonk nostalgique de « If The Devil Don’t Want Me » et le merveilleusement léger « Wildflowers ».

On pourrait apparenter Monroe à Dolly Parton ; elle reprend sa vivacité et son excentricité et aux côtés de Angaleena Presley elle revivifie une country qui sort enfin de son moule conventionnel.

26 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Kacey Musgraves: « Pageant Material »

Il est emblématique que les premières lignes du cinquième album de Kacey Musgraves soient les suivantes : « It’s high time to slow my roll / let the grass just grow / and lean way back. »

Ici est une introduction vers un retour à la country classique avec des cordes, une petite vibe Tex-Mex et une tonalité estivale et détendue. C’est aussi une manière d’indiquer une attitude et, même si Pageant Material n’atteint pas les sommets de Same Trailer Different Park en 2013, il le fait en toute connaissance de cause ; évitant la pompe du disque précédent et lui préférant un son plus mature qu’excitant.

Le résultat fonctionne partiellement. « Dime Store Cowgirl » est une douce ode à ses racines, « Good Ol’ Boys Club » s’en prend au machisme de l’industrie du disque et « Die Fun » est une adresse assez rebattue à son audience de vivre vite et d’aimer fort.

On ne pourra prendre Musgraves en défaut d’habileté en termes de textes et elle sonne même beaucoup plus futée qu’auparavant ; reste qu’elle donne la sensation de moins savoir où elle va et de ne tirer que des maigres fruits de son expérience

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1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Dale Watson: « Call Me Insane »

Dale Watson est un artiste qui a le cran de jouer encore la musique qui lui parle ; dans son cas un son country estampillé années 70 avec le look qui va avec, à savoir chemises de cow boy, vestes en cuir et surtout coupe de cheveux permanentée à la limite de la caricature.

Le pire, ou le mieux, de tout ça est qu’il n’y a chez lui aucune ironie ou second degré et que le son qui est issu de son répertoire est, tout bonnement, énorme au point de faire oublier son image, à moins qu’il ne la rende encore plus jouissive.

Call Me Insane est un titre qui résume bien la philosophie du bonhomme et c’est aussi sa plus grande compilation. On y trouve, bien sûr, des roads sogs pour routiers (« day At A Time ») mais aussi des shuffles country, du honky-tonk, du rockabilly et du western swing. Son registre a été qualifié d’« Ameripolitan » et c’est un adjectif qui lui colle judicieusement à la peau depuis plusieurs décennies.

On pourrait ajouter, par rapport à sa faconde insubmersible, du « outlaw country » peut-être la meilleure appréhension d’un type pour qui deux mesures suffisent pour nous entrainer dans le bar le plus proche ou, mimétisme aidant, aller chez un coiffeur réclamer la même coupe de douilles.

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10 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jeff Austin: « The Simple Truth »

Le joueur de mandoline du Yonder Mountain String Band. 2, Jeff Austin fait, ici, cavalier seul avec la sotie de son « debut album », The Simple Truth. Dès les premières note, sur « What The Night Brings », le musicien affirme que ce disque n’est pas un « remake » de YSMB.2. Nous avons droit à une guitare électrique vivace qui rappelle le Springsteen de la période Born In The USA et dans laquelle la profession de foi de Austin est claire : « Je ne suis pas certain de comment je suis arrivé ici, mais j’y suis parvenu pour de bon ». Ayant passé 15 ans avec le même combo, l’observation prend toute sa valeur.

Il va, par conséquent, essayer de bâtir sa propre identité musicale en s’aventurant au-dela du « progressive bluegrass » de son précédent groupe même si il en garde des traces sur un « Fiddling Around » (Bidouillant à gauche et à droite) judicieusement ainsi intitulé. Ce vagabondage le mènera vers l’incorporation de schémas pop, rock, country et même funk.

Austin est avant tout un instrumentiste aussi sa voix manque de puissance rocailleuse mais il utilise ses nuances vulnérables et émotives pour donner profondeur à des ballades comme « Scrapbook Pages », « Falling Stars » ou « Over and Over » aux accents de tendresse fort harmonieusement exprimés.

Mais c’est avant tout quand il décide de s’emparer de modèles plus vifs que sa musique prend de l’ampleur ; des titres comme « 15 Steps », « Shake Me Up » ou ‘The Simple Truth » combienent avec succès racines bluegrass et rythmes funk et nous surprend même en délivrant un savoureux hybride « mash-up » de Bill Monroe et James Brown. Avec une section de cuivres et du banjo, on aura quelque chose qui rappellera le Little Feat de Lowell George ce qui n’est pas une mince référence.

The Simple Truth porte ainsi son titre ; il n’est pas si simpliste que ça mais il est évident que Austin nous livre ici une part de sa vérité.

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16 février 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Gretchen Peters: « Blackbirds »

La pochette du dernier album de Gretchen Peters, Blackbirds, voit la chanteuse ses bras dressés recouverts de noir au-dessus d’un paysage à l’atmosphère morne qui complémente très bien la musique qu’elle nous y offre. Entourée de certains des plus réputés musiciens de Nashville, elle semble, ici, s’imposer comme l’héritière désignée de Lucinda Williams.

Le riff de guitare presque libidineux du morceau titre d’ouverte introduit à merveille la tonalité du disque accompagné qu’il est de la voix country-soul de Peters, elle même soulignée par un orgue Hammond morose. Suit un « Pretty Things » adouci avec un chorus mélodieux et un solo de piano qui préfigure un crescendo de plus en plus rugueux.

« When All You Got Is A Hammer » débutera, lui, sur une guitare en feedback, une référence à la Bible et se poursuivra sur un récit de la vie dans l’Ouest sauvage qui pourrait très bien trouver pertinence aujourd’hui. « Everything Falls Away » voit le retour d’un piano mélancolique accompagné d’un fiddle et d’une guitare électrique puissante et nous fait assister à une démonstration éblouissante du spectre vocal de Peters. La country tradionnelle se reconnaîtra dans « When You Comin’ Home » tout comme sur un « Jubilee » rappelant le « Desperado » des Eagles.

Dans l’ensemble, l’album véhicule une humeur douloureusement intime : « Hashville » et une évocation de son foyer adoptif sur fond de berceuse et « The Cure for the Pain » qui clôturera Blackbirds sur cette note nous rappelant que « le remède à la douleur est la douleur elle-même ».

Le disque se veut honnête dans la mesure où il se méfie des faux espoirs et reste ancré dans la dure réalité de la vie. Tout comme chez Leonard Cohen, il s’articule sur ce parfait assemblage de mots et de sons ; il sera recommandé pour qui partage cette sensibilité.

***1/2

11 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Angaleena Presley: « American Middle Class »

Aux côtés de Miranda Lambert et de Ashley Monroe, Angaleena Presley est membre des Pistol Annies, un super-groupe country qui est pour l’instant en stand by. Elles sont connues pour une attitude franche et directe donnant un sérieux ravalement à un genre formaliste et, aujourd’hui, Presley est la dernière à sortir un album solo après ses consoeurs.

Le titre American Middle Class  représente assez bien l’objectif de la chanteuse, et on pourrait même le considérer comme un « concept album » dans la mesure où ses douze plages adhèrent à la même thématique , celle des temps difficiles et des horizons bouchés, du trvail inlassable et usant ne vous permettant pas d’avoir un quelconque espoir.

La chanson titre en est d’ailleurs un exemple parfait puisqu’elle est un hommage à l’éducation difficile qu’elle a reçue en tant que fille d’un mineur dans le Kentucky.

Elle évoquera donc avec une ironie désabusée la manière dont une communauté va réagir à divers problèmes : la drogue (« Pain Pills ») solution illusoire à l’ennui qu’est la vie dans une petite ville (« Dry City Blues »), le tout sous une enveloppe musicale country traditionnelle.

Sur « Grocery Store », elle se joue dans la tête toutes les hypothèses d’une existence autre, favec une vigilance réaliste qu’elle combine avec l’empathie qu’on peut éprouver. Les compositions sont solides et perspicaces et Presley qui a co-produit le disque avec Jordan Powell sait présenter ces vignettes sur le Rêve Américain avec ferveur et véracité.

Bien sûr, on n’échappera pas à certains clichés mais son phrasé vocale demeure agréable et chaleureux. American Middle Class étant un« debut album », on y retrouvera des échos de sa participation aux Pistol Annies (« Knocked Up » ou « Surrender ») ; mais il s’agissait avant tout pour elle de faire preuve d’identité et, en cela, c’est mission accomplie.

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21 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Jenny Lewis: « The Voyager »

Bien qu’elle soit avant tout connue pour sa participation dans le combo pop-rock Rilo Kiley, Jenny Lewis a produit ses meilleures oeuvres en tant qu’artiste solo et The Voyager confirme cette tendance. Il s’agit de son troisième album depuis Acid Tongue en 2008, une collection de chansons éventées et désinvoltes dans lesquelles elle abordait des évènement tumultueux à propos de sa santé et de ses problèmes relationnels.

The Voyager est une sorte de road album émotionnel, dans lequel elle chronique une existence qui part de son enfance et qui traite de mauvais choix, d’occasions manquées et de de relations qui sont autant d’échecs.

Musicalement, la « vibe » est indiscutablement californienne, plus précisément celle des 70’s; des compositions qui sont aussi des aveux sur fond de mélodies teintées de country comme héritées de l’époque Laurel Canyon et mêlées au pop-rock de Fleetwwod Mac dont le brillant ne masquait pas le côté torturé.

La voix immaculée et parfois trompeusement enfantine sert de ligne conductrice contrôlant des évènements décrits comme bouleversants.  « Head Underwater » est le récit d’une fêlure narrée sur un mode dynamique soutenu par des « backing vocals » sans mots. Les textes véhiculent un sentiment d’espoir même si celui-ci a un prix élevé.

Enregistré avec des amis comme Beck, The Watson Twins et Benmont Tench et produit en grande partie par Ryan Adams, les morceaux s’équilibrent entre textures luxuriantes et arrangement plus organiques qui mettent en évidence la voix et les mélodies de Watson. Rien n’est, en effet, trop appuyé et le disque s’écoule avec suffisamment de fluidité pour que, malgré ses thématiques, il puisses s’écouter comme une musique d’arrière-fond.

Il est vrai que sous l’atmosphère de yacht-rock douceâtre se tapit une sérieuse dose de psychanalyse (« The New You », « You Can’t Outrun ‘Em » » qui flirte avec l’occulte). La chanteuse fait le point sur une vie qui jusqu’à présent ne lui a pas permis d’avoir d’enfants (« Just One Of The Guys ») et rumine sur les cette échappée de l’enfer qu’est « Aloha & The Three Johns », que ce soit la crise du lmilieu de la vie ou la fin de la civilisation.

Même si les choses restent sombres, Lewis ne s’appesantit pas réellement sur elle et ne la fait pas trop remonter à la surface et la musique se fait le porte-parole pleine de grâce d’une rédemption. La chanson titre est le reflet de cette ligne déchiquetée qui mène à la récupération véhiculée par un voix on ne peut plus vulnérable. Ses compositions et elle gagnent ainsi une force de plus en plus forte dans le déroulé de l’album, illuminé qu’il est par moments par de jolis arrangements de cordes qui le font voisiner de plus en plus vers cette lumière qui peut nous faire penser que l’existence se vit aujourd’hui et sans penser, qu’un jour, autre chose puisse la rattraper

***1/2

26 juillet 2014 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sean Watkins: « All I Do Is Lie »

Outre le fait d’être membre de Nickel Creek, Sean Watkins est un musicien passablement occupé. En addition au dernier opus de ce groupe, Watkins sort ici son quatrième album solo et, alors qu’il était plutôt connu pour son « fingerpicking » blugrass, son répertoire s’est élargi pour incorporer des éléments de folk, e pop acoustique et d’un indie rock toujours néanmoins axé sur ce même instruments.

Son jeu à la six cordes, tout au long de All I Do Is Lie, est superbe comme par exemple la chanson titre qui en est un brillant témoignage, il ne s’agit pas pour autant d’un disque sur lequel on veut prouver à celui qui l’écoute que c’est un album de démonstration technique virtuose censée vous en mettre plein la vue. Les riffs sont, bien au contraire, utilisés pour mettre en valeur les compositions et même le seul instrumental du disque, un « Meredith » à la beauté douloureuse, bénéficie d’orchestrations dépouillées et épurées.

Enregistré sur une durée d’un an, dans des studios et des chambres d’hôtels allant de la Californie au Michigan, l’album est une collection de morceaux mélancoliques et lents, tous composés par Watkins. On y retrouve des thèmes chargés ; « The God You Save », une rebuffade osée de la religion qui ne propose que les feux de l’Enfer ou la damnation ou « Made For TV Movie », émouvante narration d’une romance à l’issue de laquelle est est invité à ne garder qu’un vague souvenir. La sœur de Watkins, Sara également membre de Nickel Creek, apporte violon et vocaux sur un bon nombre de morceaux alors que la pedal steel de Greg Leisz et les parties hamoniques de Gillian Welch brilleront de tous leurs éclats sur « This Will End In Tears ». Cette composition nous rappellera les plus beaux passages du After The Gold Rush de Neil Young ; ne serait-ce que pour cette plage mémorable, mais pas que pour elle, All I Do Is Lie mérite plus que notre intérêt.

***1/2

8 juillet 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Robert Ellis: « The Lights From the Chemical Plant »

Sur son précédent album, Photographs, Robert Ellis s’était fait le chantre involontaire de ce qu’on pourrait nommer de la country style troubadour. The Lights From the Chemical Plant, son troisième opus, montre qu’il a d’autres tours dans son sac.

Dès le début, l’artiste semble en faire une profession de foi : le titre d’ouverture, « TV Show », est un morceau qu’on pourrait qualifier de joueur tant il s’inscrit dans la tradition des novelty songs absurdes et comiques de la country. Ellis, néanmoins, est suffisamment madré pour s »abstraire des tropes propres à ce genre et pour ajuster à ses problématiques. Sentimentalisme et nostalgie ne manquent jamais à l’appel mais il est capable de citer Netty Draper de Mad Men pour s’assurer de votre complète attention. « Chemical Plant » sera un portrait banal et évocateur de le vie et de la mort d’un couple issu d’une petite bourgade avec la particularité d’être empaqueté dans des arrangements cinématographiques amopulés dont est responsable le fameux producteur de Nashville.

Tout au long de l’album, Ellis s’amusera à déboulonner la tradition avant de l’embrasser au morceau suivant. Les orchestrations à cordes seront toujours du plus bon goût et apportent un poids non négligeable à des vocaux, nasillards et pris sur le mode ténor, qui sont mis en valeurs par une pedal steel omnidirectionnelle. Ainsi le « Still Crazy After All These Years » de Paul Simon sera retravaillé et acquérirra une nouvelle vie bien nécessaire à ce type de classiques grâce à un solo du guitare somptueux.

Le plus poignant, troubadour oblige, restera pourtant la narrativité toujours poignante. « Houston » esr une ode douce amère à cette ville qui est le berceau natal de Ellis et le titre confession qui termine l’album, « Tour Song », le voit faire preuve d’une vulnérabilité qui fait partie de ces « road ballads » exemplaires et mémorables.

Ellis ne semble pas figé dans une trajectoire directe ; The Lights From the Chemical Plant le prouve. Avec un tel talent son itinéraire semble plutôt sans limites.

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24 février 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire