Buxton: « Half A Native »

9 mars 2015

Buxton est un groupe emblématique, non pas tant par son répertoire country alternative mais par une histoire qui échoit à une myriade de groupes : une « fanbase » locale, un contrat avec un label, un premier disque solide, un déménagement géographique pour travailler avec un nouveau producteur moins conventionnel et un son plus novateur sans que ce qui les a menés vers ce résultat ne soit oublié.

En 2012, Buxton sortit un excellent Nothing Seems Strange nourri de concerts mémorables. Ils décidèrent alors de collaborer avec le renommé Thom Monahan dans le but de diversifier leur répertoire et de lui donner des accents rock, folk et même habités de distorsion.

Sur Half A Native, la tonalité du disque est immédiatement mise en branle avec un « What I’d Do » avec un son americana cosmique délivré à une cadence qui ne dépasserait pas celle d’un pas lent. Place est donnée ainsi pour permettre à la composition, en particulier les textes de de Sergio Trevino, suffisamment d’espace pour respirer et marquer le titre de cette atmosphère. Les suites d’accords y sont singulièrement détendues et plaisantes ce qui ne peut pas ne pas nous rappeler My Morning Jacket.

« Miss Catalina 1992 » est le morceau le plus rock d’autan,t que le groupe l’a enregistré à Los Angeles. Le solo de guitare (Jason Willis) est coupant et exemplaire ; une parfaite démonstration de la façon dont comment un groupe peut développer un son sans perdre de vue leurs racines. « Pool Hall » sera un « closer » qui empruntera l’allure d’une valse country ; une très belle manière de construire la tension sur une chanson en crescendo.

Half A Native est un album honnête et bien fichu. On pourrait considérer qu’il est prometteur, ce qui est à la fois un encouragement et une interrogation sur le fait, qu’après deux disques, le combo a peut-être joué toutes ses billes.

***


The Mavericks: « Mono »

23 février 2015

Le slogan « back to mono » est généralement attribué à Phil Spector car il avait cette capacité à faire sortir, grâce à des arrangements, son fameux et énorme « wall of sound » sur des petits transistors dont la taille est toujours resté minuscule. The Mavericks prennent le producteur au mot et, après leur retour en 2013 avec In Time, ils vont capturer ce même esprit en lui donnant sa tonalité enjouée habituelle et en l’enregistrant en mono. C’est une approche assez rare et courageuse aujourd’hui mais elle fonctionne parfaitement avec le style du groupe, rétro mais sans être frelaté.

The Mavericks étaient, au départ, considérés comme un ensemble country mais ils se sont montrés si éclectiques et divers créativement pour qu’on puisse les mettre dans une seule catégorie. Ils ont désormais supprimé presque toute trace de C&W traditionnel et les éléments les plus présents sont les touches latines, R&B, rockabilly, Tex-Mex et cubaines qui soulignent à merveille la voix mélodieuse de Raul Malo qui s’inspire toujours des vocaux de Roy Orbison. Pour Mono, ils ont également ajouté quelques couches de ska et de reggae qui apportent une touche nerveuse à l’album ; le résultat en est un disque mousseux et vif, idéal pour une « party » étayé qu’il est par une section de cuivres et des rythmiques soul qui ne peuvent que nous inciter à nous bouger.

Malo s’accroche néanmoins toujours à ses ballades qui sont ici au nombre de trois : une « Fascinate Me » conduit à l’accordéon proche de Johnny Mathis, « Let It Rain » où l’on retrouve la tonalité Orbison et un slox traditionnel sur lequel danser, « Pardon Me ». Le reste sera consacreé à la piste de danse, avec des titres enjoués infectés de pop 60’s, de blues (« Do You Want Me To ») et un « closer » qui sera un clin d’oeil à une de leurs plus importantes influences, Doug Sahm, dint ils reprennent le « Nitty Gritty ».

Il n’y a pratiquement aucun overdub sur cet enregistrement mono ce qui donne un résultat compact et exubérant ; le feeling est « old-school » tout en ne sonnant pas daté. C’est un joyeux retour à une audio tendue, nerveuse et surtout festive.

***1/2


Justin Townes Earle: « Absent Fathers »

13 janvier 2015

Sorti juste après le disque précédent de Justin Townes Earle, Single Mothers, Absent Fathers ne peut qu’être comparé au précédent (pochettes similaires par exemple, thématique commune) et ce d’autant plus que le toute était, à l’origine, destiné à être un double album.

Si le projet a avorté c’est qu’il était tout simplement difficile de l’écouter dans son intégralité et qu’il a paru nécessaire de le séparer en deux entités différentes.

Absent Fathers s’ouvre sur un titre country pleine d’une amertume qui ne peut que vous tordre le ventre, « Farther From Me » qui introduit ainsi le contenu, le style et l’humeur de tout l’album. Âge aidant, le songwriting de Earle semble s’être amélioré et devenir plus « propre ». Des titres comme « Call Ya Momma » ou « Slow Monday » figurent parmi les meilleurs qu’il ait jamais enregistrés même s’il est évident, qu’à l’écoute, une autre personne nommée également Earle vient à l’esprit.

Justin a toujours évolué autour de la alt-country, Absent Fathers utilise suffisamment de steel guitar et de balais en lieu de baguettes aux percussions pour que l’album ne s’avère pas un pur exemple de country. Il n’est que d’écouter le sublime « When the One You Love Loses Faith » pour ne pas vouloir apporter la contradiction.

En arrivant au « closer », « Looking for a Place to Land » (À la recherche d’un endroit où atterrir) on aura la sensation que la quête existentielle de JTE n’est pas terminée ce qui ne fera que renforcer la perspective profonde, et parfois pesante, du disque. Il faudra une écoute plus qu’attentive pour s’imprégner du sujet mas qui le fera ressentira le même élan de fierté que Justin Townes Earle qui arbore de cette manière le nom d’un géniteur qui n’a plus rien à prouver.

***1/2


The New Basement Tapes: « Lost On The River »

7 décembre 2014

Des poids lourds du folk rock qui sont réunis pour chanter du Dylan, c’est un peu l’histoire de ce Lost On The River, puisqu’il s’agit d’un album produit par T Bone Burnett, chargé de superviser des compositions issues de textes perdus du chanteur datant de 1967.

Burnett a réuni une sacrée distribution (Elvis Costello, Marcus Mumford, Jim James (My Morning Jacket), Rhiannon Giddens (Carolina Chocolate Drops) et Taylor Goldsmith (Dawes) pour interpréter des titres avec la garantie que ceux-ci seront traduits avec intensité, chaleur et honnêteté.

De ce point de vue, Lost on the River: The New Basement Tapes ne manque pas de répondre à cette attente. Avec un tel effectif, il est miraculeux que chacun des contributeurs parvienne à se retrouver sous les feux de la rampe sans que le tout sonne comme un projet parallèle.

Mumford est particulièrement bon pour mettre en avant un « Get My Hands » pourtant souple et furtif et Rhiannon Gidden dégage une impressionnante aura sur le travail bluegrass qu’est « Duncan and Jimmy ». Jim James, lui, dominera le tout, du moins à chaque fois qu’il s’emparera du micro. Ainsi, « Quick Like A Flashe » est, à bon escient, plus heavy qu’il ne devrait l’être et « Nothing To It » bondira de manière joyeuse et étincelante.

On pourrait, à cet égard, facilement oublier que les textes viennent d’un icône comme Dylan mais des interprétations de « Married to My Hack » « t « Stranger » pourraient être des classiques du Zim tant ils sont pleins de désir, d’humour et de ces émotions que n’importe quel être humain peut traverser.

De ce point de vue là, et même si on ne prend pas en compte le reste, cet album restera une célébration de l’incroyable spectre émotif que Dylan était capable d’évoquer. À quand un Lost on the River #2 ?

***1/2


Ruby Fray: « Grackle »

7 novembre 2014

Le plus bizarre dans la musique de Ruby Fray est la façon dont Emily Beanblossom, la musicienne derrière ce projet, la cécrit : elle parle de chamber-pop, de vague psychédélique et de folk-rock pop ; le tout assorti du terme d’« ensorcelant » .

Beanblossom est passée d’une existence dans une ferme à la vie en ville de nombreuses fois et de projets en projets avant de s’installer à Austin où son « sophomore album », Grackle , a été conçu.

Quand on l’écoute, on comprend très vite la description qu’elle en fait est si variée. Chacune des mentions est parfaitement ajustée à ce qu’elle en dit : vocaux dynamiques et charmants allant d’étranges chuchotements à des hurlements sans retenue, synthétiseurs étincelants, mélodies qui vous hantent et riff de guitare du rock le plus pur. Parfois on se trouve transplanté dans un endroit sombre et fantomatique, à d’autres moments le disque véhicule une vibe brillante, légère et éthérée.

Le titre d’ouverture, « You Should Go », est doux et pétillant et il se termine sur une mélodie fredonnée féérique. De façon surprenane n’y figurent que des vocaux et des synthés. « Carry Me Down » commencera par des douces mélodies, un rbeat qui fera penser à un cœur qui bat, des vocaux étouffés et seterminera sur des percussions et des hymnes vocaux grandioses et une guitare funky. Le premier « single », « Barbara », est enlevé avec des textes qui sont portés par un ton de réprimande, puis l’album se fera plus psychédélique avec « It’s Mine » : ligne de guitare groovy, puis ligne vocale élégante avant que le trio guitare, basse, batterie n’explose le tempo avant de revenir à sa vitesse initiale. Ce processus se produira plusieurs fois dans le morceau qui s’achèvera sur une bien jolie note frappée servant de point d’orgue.

On le voit, le style de Ruby Fray est une concoction de différents éléments avant que ceux-ci ne parviennent à se mêler ensemble. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Beanblossom évoque la sorcellerie pour parler de sa musique ; les tonalités sont sombres et mystiques et, quelque part, envoûtantes comme un brouet de saveurs qu’aurait soigneusement préparé une sorcière. Entre enchantement et fascination, voilà un deuxième album qui saura, de touts manières, nous happer.

***1/2

 


Hiss Golden Messenger: « Lateness of Strangers »

14 octobre 2014

À suivre la carrière de Hiss Golden Messenger jusqu’à ce cinquième album on n’a pu que constater que le « road trip » country folk qu’il nous propose a été satisfaisant. Chaque nouveau disque semble avoir poussé un peu plus haut la qualité de celui qui a précédé en termes de compositions ce qui montre à quel point MC Taylor le leader du groupe acquis sophistication et confiance.

Haw qui a précédé ce Lateness of Dancers avait déjà été remarqué, ce nouvel opus ne pourra que renforcer l’impact que HGM peut avoir sur un public qui écoute plus volontiers la National Public Radio que les antennes commerciales.

Ceci vaut d’être remarqué pour comprendre à quel point Taylor se situe hors de la scène musicale habituelle. Musicalement déjà, ses partenaires clefs Taylor et Scott Hirsch n’ont pas leur pareil pour creuser un sillon de folk rock électrique parfaitement équilibré entre construction immaculée et énergie entraînante, une recette efficace pour que les mélodies se nichent insidieusement dans notre esprit pour qu’il soit, ensuite, impossible de les en déloger.

Les tribulations et les joies de la paternité sont abordées sur un « Mahogany Dread » , un titre roots rock particulièrement sophistiqué alors que la chanson titre montrera un aspect plus plaintif et douloureux qui n’est pas éloigné de Jackson Browne.

On trouve également d’autres rechapages comme le folk-blues « Lucia »qui ouvre l’album et qui rappelle Count & Spark l’ancien groupe de Taylor tout comme le dernier morceau, le purement country « Drum » qui était déjà apparu sur disque.

« Saturday’s Song », lui, se caractérisera par un piano martelé et une accroche énorme alors que la cadence s’apaisera sur un « Black Dog Wind (Rose of Roses) » qui reprend le ton conversationnel propre au musicien.

Lateness of Strangers montre à quel point Taylor suit une progression incrémentielle d’un disque à l’autre. Se demander jusqu’où il arrivera est un exercice vain, tout au plus peut-on espérer que sa qualité devienne encore plus insurpassable qu’elle ne l’est aujourd’hui.

****


Justin Townes Earle: « Single Mothers »

12 octobre 2014

Sur la chanson titre de son nouvel album, Single Mothers, JustinTownes Earle évqoue ce père absent, qui ne donne jamais d’argent à sa femme et semble être indifférent aux devoirs qu’il est censé remplir. Ce sont des paroles d’autant plus fortes qu’elle viennent du fils d’un artiste fameux, le légendaire Steve Earle.

Celui-ci avait quitté sa femme alors que Justin avait deux ans, chose qui va ne pas lui valoir des fans supplémentaires dans les mouvements féministes mais là n’est pas le propos prioritaire du fils.

Ce titre est, certes, autobiographique, tout comme la plupart des autres compositions, mais, au-delà de l’intime, ce sont surtout, comme sur ses quatre précédents disques, les résonances universelles qu’elles peuvent avoir qui importent.

Ce qui donne son universalité ici a à voir avec la grâce souple et confortable qui enveloppe Single Mothers. Celle-ci est très bien introduite par une « vibe » très R&B sixties, « Worried ‘Bout The Weather » où Otis Redding semblerait s’être dirigé vers Nashville pour nous délivrer une chanson où la timonerie dominante serait du « classic country ». « My Baby Drives », lui, possède ce « twang » nasillard propre au honky-tonk qui aurait très bien pu être composé par un jeune Dwight Yoakam et « Time Shows Fools » virera du côté du Elvis Costello country, période Almost Blue.

N’oublions pas, non plus, la voix de Earle, qui transperce les sons comme une balise le ferait dans le brouillard avec son timbre voilé et enfumé mais aussi fort et tourmenté comme sur « Burning Pictures » où il demande combien de fois le cœur de l’autre a été brûlé par l’amour. Le fait que ce soit le morceau le plus enlevé du disque ne fera, de ce fait, qu’attiser la blessure.

On peut louer cette constance mais on peut y voir aussi un travers.au travers de cette quête délicate de l’empathie son ton ne varie pas beaucoup. Les titres les plus poignants seront ainsi ceux où l’énergie est contenue (« It’s Cold In This House » où sa voix est un chuchotement sur fond de pedal steel). Au bout du compte on sera moins affecté pas ses compositions plus rock car elles semblent ne pas vouloir creuser les thèmes abordés. Reste la gravité d’un passé qui est aussi une libération, en particulier du nom de son père ; si tel était le but avéré, le résultat est concluant même si un certain engourdissement ne pointe parfois au fil des plages.

***1/2


Glen Campbell: « See You There »

13 septembre 2013

Depuis l’annonce qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer, Glen Campbell, 77 ans, a reçu maints hommages de la scène musicale, pas uniquement country d’ailleurs. Récompensé par un Award et un Grammy, il a même effectué une tournée qu’on peut considérer comme étant un adieu personnel. See You There est clairement son dernier album et il est, une fois de plus, une invocation religieuse de la foi qui a guidé Campbell depuis qu’il s’est détourné de la drogue et de la boission suite à son divorce.

En 2011, en même temps que Ghosts on the Canvas, il avait ré-enregistré quelques parties vocales de quelques unes de ses meilleurs compositions. Sur cet ultime opus, les producteurs Dave Kaplan et Dave Darling leur ont donné un nouveau coup de pinceau et, même si le parfum country est toujours présent et imprégné de nostalgie (sur « Wichita Lineman » ou l’instrumental à la slide guitar qu’est « True Grit » par exemple), de nombreux changements sont perceptibles, teintés pour la plupart d’une aura crossover country propre aux années 70.

La décision la plus importante a été de supprimer toute trace des cordes qui orchestraient les versions originales, donnant à l’ensemble une tonalité plus intime et dépouillée qui n’est pas sans évoquer les ultimes enregistrements de Johnny Cash si on peut oser cet apparentement avec deux personnalités si différentes. « Rhinestone Cowboy » est ainsi accompagné par une guitare acoustique frappée délicatement avec une légère section rythmique qui revisite cet vieil hymne et le transforme en une aria country. « By The Time I Get To Phoenix » est dépecé de toute enjolivure pour ressembler à du Burt Bacharach et les arpèges rapides de « Gentle on My MInd » ont été remplacés par des discrets accords de guitare électrique.

Fondamentalement, ce qui importera est également la façon dont la voix de Campbell a muté : au temps jadis il était un ténor, aujourd’hui il sonne beaucoup plus comme un baryton. Cette métamorphose donne aux morceaux une tonalité plus empirique et réelle et apporte plus de poids à ce qui pourrait être son épitaphe quand il annonce sur « Galveston » : « I ‘m so afraid of dying ». C’est désormais un vieil homme qui chante et il nous offre ici un magnifique adieu dont les jeunes musiciens feraient bien cas de s’inspirer.

★★★★☆

Patty Griffin: « American Kid »

23 mai 2013

Il est certain qu’être la partenaire vocale de Robert Plant dans son projet Band of Joy pour que sa visibilité soit stimulée. Ledit ensemble ayant tourné court, la crédibilité de Patty Griffin ne repose désormais que sur elle-même bien que la chanteuse n’ait jamis eu au fond besoin de cela.

American Kid la voit revenir à un sujet plus intime puisque ce huitième album est consacré à la mort de son père. Elle y joue même le rôle du protagoniste mâle dans certaines compositions, un « Irish Boy » construit et mené par le piano, un ‘Get Ready Marie » au tempo de valso et un « Not A Bad Man » empli d’introspection.

La production, partagée avec Craig Ross, laisse énormement de place pour que la voix secrète de Griffin trouve espace dans un mixage acoustique lui permettant de passer du chuchoté à des inflexions dans lesquelles les envolées lyriques sont plus présentes.

Les percussions sont réduites au minimum syndical, mais on les retrouve sur « Ohio », chanté en duo avec Robert Plant et elles donnent à la composition un effet mystérieux et hantant. « Highway Song » reprendra la même formule et une atmosphère identique et la ballade « That Kind Of Lonely » sera un des points d’orgue du disque avec sa basse et sa guitare acoustique.

Une reprise simplement dans cet album, le « Mom & dad Waltz » de Lefty Frizzell dont on ne peut que reconnaître à quel point le choix est approprié tant est touchante cette chanson d’amour dédiée à ses parents. Au total un disque hommage discret et poignant aussi bien dans son interprétation que dans son élaboration.

★★★☆☆

Kim Richey: « Thorn in my Heart »

22 avril 2013

Il n’est pas habituel de parler ici de country mais Kim Richey n’est pas une artiste ordinaire ne serait-ce que par ses compositions pour Brooks & Dunn, Patty Loveless ou Trisha Yearwood.

Thorn in my Heart est produit par Neilson Hubbard et nous offre un bel éventail de 12 titres doucement chamarrés, servis par le alto délicat et vulnérable de Richey. L’atmosphère en sera franche car directe mais mélancolique car fragile et centrée sur un thème central : l’évasion.

Mais, même s’il s’agit d’une problématique traditionnelle à la country, Richey a le mérite d’essayer de l’enjoliver en lui donnant une patte plus actuelle. Même si on n’est pas dans le alt-country, on ne peut qu’être séduit par la chanson-titre qui s’accompagne de Carl Broemel ‘(My Morning Jacket) à la pedal steel et de Pat Sasone (Wilco) aux harmonies et à la guitare acoustique.

« Angels’ Share » la verra transformer une « guitar ballad » infusant lentement pour se transformer en en frémissement nerveux ce qui, à nouveau, permettra l’album à s’échapper du registre « roots country ». On appréciera le discet saxophone de « London Town », une basse qui ne présage rien de bon sur « I Will Wait », l’énergie électrique de la guitare sur « Come On » ou le climat hanté qui épouse un « Breakaway Speed » enjolivé par les harmonies de Yearwood et Jason Isbell.

Sans doute le fait que Richay ait quitté Nashville pour Londres puis y soit retournée explique cette liberté prise avec son style initial. Thorn in my Heart est presque ainsi un album « crossover » parcouru, qui plus est, de compositions admirables.

★★★½☆