No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Francis Rossi & Hannah Rickard: « We Talk Too Much »

En 2014, Status Quo livrait un 31eme effort baptisé Acoustic (Stripped Bare) (suivi d’un II 2 ans plus tard). Lors de ce premier opus de reprises acoustiques des plus grands hits de son groupe, le cofondateur, guitariste et vocaliste Francis Rossi travailla avec enthousiasme avec Hannah Rickard (qui officiait aux choeurs et au violon). Fort de cette rencontre artistique, Rossi décida de pousser plus avant la collaboration avec la chanteuse de The Relatives. We Talk Too Much est donc le fruit de ce rapprochement musical.
Les 12 chansons ont donc été écrits par nos deux protagonistes avec le concours de Robert Young (ami de longue date et « 
5eme membre » du Quo en tant que compositeur, harmoniciste et manager) sur 4 pistes.

Les voix de Rickard et de Rossi se mélangent et se complètent à merveille. Tous ces duos (car il s’agit bien de morceaux chantés à deux ou presque) se veulent d’inspiration country et l‘humeur y est des plus festive (l’« opener » bien accrocheur « I’ll Take You Home »). Les pistes plutôt énergiques s’enchaînent (« I’ve Tried Letting It Go », « Oughta Know By Now »). A l’évidence les deux artistes ont pris un énorme plaisir à nous concocter des mélodies qui rentrent directes dans nos têtes (l’endiablé « But I Just Said Goodbye », l’entraînant » « ‘m Only Happy », l’excellent et groovy « I Talk Too Much » dont le titre sert également de nom à l’autobiographie de Rossi à paraître ces jours-ci).
L’alchimie entre deux complices est palpable
et, malgré des moment plus posés « Waiting For Jesus », « Good Times Bad Times ») ces 40 minutes filent tranquillement. On se laissera embarquer par ce souffle country rock, ces rythmes enjoués et la joie communicative du binôme (« Rearrange » et son léger coté Beatles, « Heartbreaker » et ses accents folk).
Visiblement, Francis Rossi & Hannah Rickard ont mis tout leurs coeurs dans ce country boogie sans prétention.
We Talk Too Much est un disque léger, frais et plaisant qui n’agressera pas vos tympans et les couvriront  plutôt de miel.

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22 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Cass McCombs: « Tip of the Sphere »

Cass McCombs est l’un des songwriters américains parmi les plus mésestimés qui soient. Préférant les chemins de traverse aux écueils de la popularité, McCombs s’évertue depuis plus de 15 ans à écrire des chansons mélangeant habilement le psychédélisme, le soft-rock et plus récemment la country.

C’est en 2011, avec l’album Wit’s End, que le compositeur a pointé le bout de son nez hors des cercles d’initiés. En 2013, il a fait paraître l’ambitieux Big Wheels and Others ; un disque d’une durée de 95 minutes qui demandait un effort d’écoute de tous les instants et qui ne permettait pas d’apprécier le travail du musicien à sa juste valeur. Trois ans plus tard, McCombs récidivait avec le très sensuel Mangy Love qui s’éloignait du rock ténébreux auquel il nous avait habitués.

L’artiste est de retour avec un 9e album : Tip of the Sphere. Réalisé par Sam Owens, alias Sam Evian (meneur de la formation Celestial Shore), cette production a été enregistrée au réputé studio new-yorkais Figure 8. Et ses fidèles accompagnateurs font bien sûr partie de l’aventure : Dan Horne (basse), Otto Hauser (batterie) et Frank LoCrasto (piano, orgue, synthés, etc.).

Cette fois-ci, McCombs plonge dans une sorte soft-rock feutré et indolent, aux influences americana, qui remémorent parfois les Grateful Dead. Tip of the Sphere est un disque plus cohérent que Mangy Love, même si en fin de parcours le bonhomme nous surprend avec « American Canyon Sutra », un spoken-word étrange dans lequel il y enchasse des petites perles littéraires.

Avec Mangy Love, le créateur nous a prouvé qu’il faisait partie du groupe réduitt de compositeurs de talent ; sur Tip of the Sphere, il confirme hors de tout doute que son relatif anonymat pourrait tirer à sa fin. L’Américain nous propose un album intemporel qui vise la durée plutôt que l’esbroufe et l’effet de toge. McCombs crée et joue selon ses propres règles, présentant des chansons calmes et sereines en apparence, mais renferment quelques critiques sociales bien tournées, comme sur le premier « single » tiré de l’album, « Sleeping Volcanoes ».

Même si Tip of the Sphere ne contient aucune surprise majeure, la facilité déconcertante avec laquelle ces petits bijoux de chansons sont interprétés font de ce disque une totale réussite, décapante et intemprelle comme Neil Young et son Crazy Horse pouvaient s’en rendre coupables.

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9 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Jimmy Rankin: « Moving East »

Célébrée, essentielle est la famille Rankin dans le paysage folk). Être un Rankin tient du privilège et du devoir de mémoire. Pas facile quand la famille nous y rappelle tout le temps. C’est le lot de Jimmy Rankin, qui a trimé dur pour s’établir à Nashville, sans pour autant rompre les liens du sang et de la tradition. Cela s’entend sur ce disque, le septième du fils Jimmy depuis 2001.

Entre la 12-cordes électrique façon Byrds de « Thin Ice » et le violon dansant du « Cape Breton Fiddle », il y a des années de chemin parcouru dans les deux sens, une longue valse-hésitation. Ce qui s’entend plus fort, c’est que le cinquantenaire a fini par trouver sa bonne place : son country-folk urbain, dans l’air salin, sert mieux que jamais les histoires des h

19 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ben Harper & Charlie Musselwhite : « No Mercy In This Land »

Inutile de rappeler qui est Ben Harper et encore moins qui est Charlie Musselwhite. Juste rappeler que les deux bonhommes se sont retrouvés en 2013 avec un premier album intitulé Get Up! où le chanteur et guitariste et le joueur d’harmonica nous ont épaté avec leur blues vintage et voyageur. Cinq ans plus tard, ils remettent le couvert avec No Mercy In This Land.

Voici donc dix nouveaux morceaux où Ben Harper & Charlie Musselwhite continuent leurs escapades au fin fond de l’Amérique avec leurs sonorités blues, country-folk et rock’n’roll et leur alchimie fonctionne une fois de plus avec l’introduction « When I Go » qui donne le ton à ce voyage musical.

La voix si charismatique et reconnaissable entre mille de Ben Harper se mêle bien aux guitares rugueuses et des solos d’harmonica de Charlie Musselwhite qui donnent une certaine profondeur sur des morceaux comme « Love And Trust », « Found The One » et le plus mélancolique « When Love Is Not Enough ».

Tantôt rythmé (« Trust You To Dig My Grave ») tantôt dansant (« The Bottle Wins Again »), le tandem nous délivre une énergie beaucoup moins rock qu’auparavant mais reste toujours entraînant comme il se doit. Le morceau-titre ira retrouver nos deux compères tous les deux au micro pour prouver qu’ils sont au top de leur forme. No Mercy In This Land ne révolutionnera pas grand chose dans la grande discographie de Ben Harper mais nous réservera une petite surprise en forme de parenthèse bien agréable.

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8 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Chris Stapleton: « From A Room: Vol. 1 »

From A Room: Vol. 1 est le premier des deux albums prévus en 2017 par Chris Stapleton qui a bien raison de vouloir capitaliser sur sa récompense aux Grammy Awards obtenue pour son premier disque, Traveller.

Celui-ci avait était construit sur un judicieux mélange de compositions bâties sur le mode country et interprétées avec un engagement à l’intensité soul, éloigné de l’interprétation distanciée qui peut parfois caractériser le genre

C’est ce dernier élément qui se fait à nouveau jour dans la voix de Stapleton, un phrasé traînant et écorché et sur lequel chaque titre semble être le véhicule à un cri de souffrance.

Le chorus de « Either Way » en est la représentation emblématique si tant est su’on s’intéresse aux affres que peuvent susciter la prise en compte qu’une relation affective est en train de s’écrouler.

Quand l’interprétation est moins accentuée, l’emphase porte alors sur un sentiment de lassitude comme sur « Up To No Good Livin’ » où Stapleton prend conscience que, de révolté, il est désormais en proie à cune solitude à laquelle il est irrémédiablement condamné.

Musicalement on passera d’un country rock haletant mais solide (« Second One To Know ») à une stylisation plus « Southern rock » sur « I Was Wrong » et à des ruminations funéraires avec « Death Row ».

From A Room: Vol. 1 se terminera sur cette image signifiante, celle d’un destin porteur d’infortune tout droit sorti d’un manuel dont Tony Joe White aurait été l’initiateur.

***1/2

12 mai 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Iron And Wine & Ben Bridwell: « Sing Into My Mouth »

Sign Into My Mouth c’est comme une discussion de deux vieux copains. Sauf que les copains sont des musiciens se connaissant et s’appréciant (Sam Beam de Iron & Wine et Ben Bridwell de Band of Horses) et que, plutôt que de refaire le monde ils refont la musique puisque cet album est un disque de covers et que, à l’instar des conversations qui peuvent tourner autour de tous les sujets, les artistes repris (Pete Seeger, Sade, Spiritualized, Talking Heads, etc.) sont de tous les horizons.

Le climat y est détendu et convivial, sur fond de bières !à l’image des deux bouteilles qui figurent sur la pochette) et, si le choix est surprenant, l’enregistrement, lui, ne l’est pas.

Les sons qui dominent sont la steel guitar, le piano ; un country-rock mâtiné de lo-fi du plus bel effet. On sent que les esprits des deux potes sont en phase et que la volonté de nous livrer un album sympathique et sans prétention est un stimulant assez puissant pour que les interprétations ne souffrent aucun heurt.

Sign Into My Mouth est peut-être un album dans lequel les deux compères se font plaisir, mais on sent que, si on souhaitait les rejoindre au coin d’un bar, on y serait cordialement convié. Santé !

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16 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Buxton: « Half A Native »

Buxton est un groupe emblématique, non pas tant par son répertoire country alternative mais par une histoire qui échoit à une myriade de groupes : une « fanbase » locale, un contrat avec un label, un premier disque solide, un déménagement géographique pour travailler avec un nouveau producteur moins conventionnel et un son plus novateur sans que ce qui les a menés vers ce résultat ne soit oublié.

En 2012, Buxton sortit un excellent Nothing Seems Strange nourri de concerts mémorables. Ils décidèrent alors de collaborer avec le renommé Thom Monahan dans le but de diversifier leur répertoire et de lui donner des accents rock, folk et même habités de distorsion.

Sur Half A Native, la tonalité du disque est immédiatement mise en branle avec un « What I’d Do » avec un son americana cosmique délivré à une cadence qui ne dépasserait pas celle d’un pas lent. Place est donnée ainsi pour permettre à la composition, en particulier les textes de de Sergio Trevino, suffisamment d’espace pour respirer et marquer le titre de cette atmosphère. Les suites d’accords y sont singulièrement détendues et plaisantes ce qui ne peut pas ne pas nous rappeler My Morning Jacket.

« Miss Catalina 1992 » est le morceau le plus rock d’autan,t que le groupe l’a enregistré à Los Angeles. Le solo de guitare (Jason Willis) est coupant et exemplaire ; une parfaite démonstration de la façon dont comment un groupe peut développer un son sans perdre de vue leurs racines. « Pool Hall » sera un « closer » qui empruntera l’allure d’une valse country ; une très belle manière de construire la tension sur une chanson en crescendo.

Half A Native est un album honnête et bien fichu. On pourrait considérer qu’il est prometteur, ce qui est à la fois un encouragement et une interrogation sur le fait, qu’après deux disques, le combo a peut-être joué toutes ses billes.

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9 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Mavericks: « Mono »

Le slogan « back to mono » est généralement attribué à Phil Spector car il avait cette capacité à faire sortir, grâce à des arrangements, son fameux et énorme « wall of sound » sur des petits transistors dont la taille est toujours resté minuscule. The Mavericks prennent le producteur au mot et, après leur retour en 2013 avec In Time, ils vont capturer ce même esprit en lui donnant sa tonalité enjouée habituelle et en l’enregistrant en mono. C’est une approche assez rare et courageuse aujourd’hui mais elle fonctionne parfaitement avec le style du groupe, rétro mais sans être frelaté.

The Mavericks étaient, au départ, considérés comme un ensemble country mais ils se sont montrés si éclectiques et divers créativement pour qu’on puisse les mettre dans une seule catégorie. Ils ont désormais supprimé presque toute trace de C&W traditionnel et les éléments les plus présents sont les touches latines, R&B, rockabilly, Tex-Mex et cubaines qui soulignent à merveille la voix mélodieuse de Raul Malo qui s’inspire toujours des vocaux de Roy Orbison. Pour Mono, ils ont également ajouté quelques couches de ska et de reggae qui apportent une touche nerveuse à l’album ; le résultat en est un disque mousseux et vif, idéal pour une « party » étayé qu’il est par une section de cuivres et des rythmiques soul qui ne peuvent que nous inciter à nous bouger.

Malo s’accroche néanmoins toujours à ses ballades qui sont ici au nombre de trois : une « Fascinate Me » conduit à l’accordéon proche de Johnny Mathis, « Let It Rain » où l’on retrouve la tonalité Orbison et un slox traditionnel sur lequel danser, « Pardon Me ». Le reste sera consacreé à la piste de danse, avec des titres enjoués infectés de pop 60’s, de blues (« Do You Want Me To ») et un « closer » qui sera un clin d’oeil à une de leurs plus importantes influences, Doug Sahm, dint ils reprennent le « Nitty Gritty ».

Il n’y a pratiquement aucun overdub sur cet enregistrement mono ce qui donne un résultat compact et exubérant ; le feeling est « old-school » tout en ne sonnant pas daté. C’est un joyeux retour à une audio tendue, nerveuse et surtout festive.

***1/2

23 février 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Justin Townes Earle: « Absent Fathers »

Sorti juste après le disque précédent de Justin Townes Earle, Single Mothers, Absent Fathers ne peut qu’être comparé au précédent (pochettes similaires par exemple, thématique commune) et ce d’autant plus que le toute était, à l’origine, destiné à être un double album.

Si le projet a avorté c’est qu’il était tout simplement difficile de l’écouter dans son intégralité et qu’il a paru nécessaire de le séparer en deux entités différentes.

Absent Fathers s’ouvre sur un titre country pleine d’une amertume qui ne peut que vous tordre le ventre, « Farther From Me » qui introduit ainsi le contenu, le style et l’humeur de tout l’album. Âge aidant, le songwriting de Earle semble s’être amélioré et devenir plus « propre ». Des titres comme « Call Ya Momma » ou « Slow Monday » figurent parmi les meilleurs qu’il ait jamais enregistrés même s’il est évident, qu’à l’écoute, une autre personne nommée également Earle vient à l’esprit.

Justin a toujours évolué autour de la alt-country, Absent Fathers utilise suffisamment de steel guitar et de balais en lieu de baguettes aux percussions pour que l’album ne s’avère pas un pur exemple de country. Il n’est que d’écouter le sublime « When the One You Love Loses Faith » pour ne pas vouloir apporter la contradiction.

En arrivant au « closer », « Looking for a Place to Land » (À la recherche d’un endroit où atterrir) on aura la sensation que la quête existentielle de JTE n’est pas terminée ce qui ne fera que renforcer la perspective profonde, et parfois pesante, du disque. Il faudra une écoute plus qu’attentive pour s’imprégner du sujet mas qui le fera ressentira le même élan de fierté que Justin Townes Earle qui arbore de cette manière le nom d’un géniteur qui n’a plus rien à prouver.

***1/2

13 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The New Basement Tapes: « Lost On The River »

Des poids lourds du folk rock qui sont réunis pour chanter du Dylan, c’est un peu l’histoire de ce Lost On The River, puisqu’il s’agit d’un album produit par T Bone Burnett, chargé de superviser des compositions issues de textes perdus du chanteur datant de 1967.

Burnett a réuni une sacrée distribution (Elvis Costello, Marcus Mumford, Jim James (My Morning Jacket), Rhiannon Giddens (Carolina Chocolate Drops) et Taylor Goldsmith (Dawes) pour interpréter des titres avec la garantie que ceux-ci seront traduits avec intensité, chaleur et honnêteté.

De ce point de vue, Lost on the River: The New Basement Tapes ne manque pas de répondre à cette attente. Avec un tel effectif, il est miraculeux que chacun des contributeurs parvienne à se retrouver sous les feux de la rampe sans que le tout sonne comme un projet parallèle.

Mumford est particulièrement bon pour mettre en avant un « Get My Hands » pourtant souple et furtif et Rhiannon Gidden dégage une impressionnante aura sur le travail bluegrass qu’est « Duncan and Jimmy ». Jim James, lui, dominera le tout, du moins à chaque fois qu’il s’emparera du micro. Ainsi, « Quick Like A Flashe » est, à bon escient, plus heavy qu’il ne devrait l’être et « Nothing To It » bondira de manière joyeuse et étincelante.

On pourrait, à cet égard, facilement oublier que les textes viennent d’un icône comme Dylan mais des interprétations de « Married to My Hack » « t « Stranger » pourraient être des classiques du Zim tant ils sont pleins de désir, d’humour et de ces émotions que n’importe quel être humain peut traverser.

De ce point de vue là, et même si on ne prend pas en compte le reste, cet album restera une célébration de l’incroyable spectre émotif que Dylan était capable d’évoquer. À quand un Lost on the River #2 ?

***1/2

7 décembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire