Matt Christensen: « Constant Green »

22 septembre 2021

Ayant grandi à Chicago dans les années 1970, M. Christensen se souvient avec émotion du bourdonnement constant du country rock diffusé par les autoradios. Des compositions sans nom et oubliées depuis longtemps se fondaient les unes dans les autres alors qu’il conduisait – sans ceinture de sécurité – à travers le Midwest américain. Constant Green est sa tentative de transposer cette ambiance en 2021, en la filtrant à travers le catalogue d’influences qu’il explore à la fois dans Zelienople et en tant qu’artiste solo depuis des décennies. En ajoutant des éléments de dream pop, d’ambient et de post rock, sa concoction résultante est sombre, persistante et romantique, et elle est bien plus séduisante qu’une simple nostalgie vide.

Le premier titre, « I Listen To Country Songs « , expose le message de Christensen avec une clarté absolue. La guitare slide de Brian Harding, de Zelienople, et le clavier d’Eric Eleazer sont assis sous une guitare faiblement grattée et la voix familière de Christensen. Mais l’environnement sonore que Christensen crée en studio ressemble davantage à « Spirit of Eden » de Talk Talk, « World of Echo » d’Arthur Russell ou « Souvlaki » de Slowdive. C’est de la musique country, en quelque sorte, mais saupoudrée des subtils procédés électroniques dont Tim Friese-Greene a fait sa carte de visite.

Une ambiance luxuriante et stratifiée se construit lentement sur  » »I Had A Vision That I Could Move Anywhere « , comme une sirène de police lointaine ;  » »Tenement Square » utilisera l’espace négatif comme un autre instrument, permettant aux mots de résonner comme une voiture qui passe ; Constant Green est beau et sobre, avec une distorsion suggérant le rock mais tournant l’ampli à -1. C’est une musique ineffablement charmante, qui construit un récit non sentimental enraciné dans le Midwest américain, avec tous ses défauts. 

***1/2


George Ducas: « Yellow Rose Motel »

3 janvier 2021

En 1994, George Ducas a sorti son premier album éponyme sur Liberty Records. C’était un mélange de country traditionnel et contemporain, et il a été produit par l’un des producteurs les plus intéressants de l’époque, Richard Bennett (qui a participé à l’album Guitar Town de Steve Earle). Il s’est bien vendu, mais pas en masse. Le « single » « Lipstick Promises » est, à cet égard,le morceau de plus notable du disque. Deux ans plus tard, un deuxième album est sorti ; Where I Stand, qui a été à nouveau produit par Bennett avec le même mélange d’influences. C’était un son qui était actuel à l’époque, avec juste ce qu’il fallait de nervosité pour le rendre intéressant sans perdre de vue sa base country.

Quelque dix-sept ans plus tard, l’album numéro trois est sorti. 4340 avait plus ou moins repris là où il s’était arrêté, mais avec quelques ajustements du son global pour suivre une progression naturelle, et peut-être aussi pour gagner un peu de place à la radio. Il a été produit par Ducas et Matt McClure, avec des acteurs élus à bord pour obtenir le meilleur son possible. Il vient de sortir un quatrième album et coproduit à nouveau avec McClure, en faisant appel à une équipe de joueurs de premier plan comme Mike Johnson à la pedal steel et à un ensemble de guitaristes dont Kenny Greenberg, Jeff King et le joueur de session de premier plan J.T. Corenflos, récemment décédé. Comme c’est la norme pour Ducas, les crédits d’écriture sont partagés avec des personnes comme Jacob Lyda, Jeremy Crady, Trent Sumner, Neal Coty et d’autres. Les chansons explorent les thèmes éternels de l’amour – perdu, trouvé ou égaré.

Ce nouvel opus s’ouvre avec le son de la guitare à 12 cordes qui sous-tend « Don’t Leave Her Lonely ». Il vous amène tout de suite à un son qui a été son stock de chansons dans toutes ses sorties musicales. Il est robuste mais mélodique et est renforcé par la voix expressive de Ducas. Ce n’est cependant pas exactement un son que les « hard core honky-tonkers » peuvent totalement adopter et qui a une certaine résonance avec certains de ceux qui ont une perspective plus large. Non pas qu’il puisse être classé comme pop-country ou imprégné de rap. En fait, le deuxième morceau, « Country Badass », s’en prendra à ceux qui assument le manteau de la country sans jamais être vraiment convaincus.

À partire de là, lestitres peuvent comporter des cuivres ou des guitares et une batterie à haut indice d’octane. Sur « Eastwood », l’acteur et le réalisateur sont utilisés comme une métaphore de la recherche de ce que l’on veut dans la vie. D’autres fois, Ducas réfléchit à la vie d’une ville plus petite, dans l’ombre, comme dans la ballade « Old Timers », où il voit que les expériences et les attitudes du quotidien rendent les anciens plus durs et dignes d’être écoutés pour la sagesse qu’ils peuvent transmettre. « Unlove You » a un joli riff de guitare pour souligner le regret de la fin d’une relation et des réflexions sur notre mode de vie sont abordées dans « I Got This et Cold Bud ». « Preachers and Pushers » affichera un rythme solide qui pousse le message de la chanson sur ceux qui « vendent le seul chemin vers le paradis et le seul chemin vers l’enfer » (sell the one way to heaven and one way to hell) un long chemin sur lequelil affirme s’engager avec sa partenaire.

La dernière chanson, la chanson-titre, est un blues lent qui s’enclenche à plus de 6 minutes et clôt l’album dans une ambiance différente des chansons précédentes. Elle place les protagonistes dans une chambre du Yellow Rose Motel, la chambre 29 pour être précis. Dans cette chambre, il y a un peu d’amour, mais cela tourne à la colère et finalement au meurtre, et à l’incarcération dans une chambre très différente. Tout cela place Ducas non pas comme un artiste dont l’époque remonte aux années 90, mais plutôt comme un artiste dont l’avenir pourrait bien être devant lui et dont on espère que les cartes lui seront un jour favorables.

***


Neil Young & Crazy Horse: « Return To Greendale »

22 novembre 2020

Après des années de retard dans le projet Archives, il semblerait que le confinementa donné à Young le temps de faire avancer les choses à un tel rythme qu’il devient difficile de le suivre. Il ne se passe guère de mois sans que l’on ne libère un jeune de 74 ans, actuellement agité. Moins de deux mois après le E.P.Times et quelques semaines avant le très attendu Archives Vol. 2 (sans parler de la prochaine réédition du 50ème anniversaire d’After The Gold Rush), il est à nouveau retourné dans la crypte des performances « live » pour nous apporter Return To Greendale,un show datant de 2003 qui présentait Young interprétant Greendale en entier avec Crazy Horse – le tout étant accompagné d’un film du spectacle dans lequel l’album concept a été joué sur scène en salle tandis que le groupe jouait devant et que les écrans montraient des extraits de Greendale The Movie. Il s’agit, dans un sens assez littéral, d’un opéra rock.

Il serait juste de dire que Greendale – dans lequel Young explore ses préoccupations croissantes pour l’environnement au moyen d’une suite de chansons se déroulant dans une ville californienne fictive du bord de mer. Ce 25e album studio de Young a fait l’objet d’une tournée intensive avant sa sortie, mais beaucoup de fans se sont retrouvés à réclamer les tubes plutôt que d’essayer d’absorber un concept album tentaculaire.

Au fil du temps, le disque a fait l’objet de plusieurs réévaluations, notamment parce que les questions qu’il aborde prennent de plus en plus d’importance. Greendale était une vision ambitieuse – elle s’est même accompagnée d’un roman graphique – pleinement réalisée. Sur scène, Young donne le spectacle avec passion, soutenu par le groove caractéristique du Crazy Horse – une combinaison contagieuse qui soutient le décor pendant les 90 minutes qu’il dure. 

Young sort et réédite de la musique à un rythme tel que même les fans les plus engagés pourraient avoir besoin de commencer à être sélectifs. Face à After The Gold Rush et à un volume des Archives consacré à ce qui est sans doute la période la plus productive de sa carrière de compositeur, Return To Greendale ne figure peut-être pas en tête de trop nombreuses listes de souhaits, mais ce set prouve que – quoi qu’en aient pensé ses critiques à l’époque – Young était très certainement sur la bonne voie. Le message du disque n’est pas moins urgent aujourd’hui qu’en 2003, et il s’avère que le voyage de retour en vaut la peine. 

***1/2


Tennessee Jet: « The Country »

7 novembre 2020

Pour son troisième effort, The Country, Tennessee Jet présente une collection de compositions fortement inspirées de l’Americana/Outlaw Country- qui ont juste assez de mordant pour vous faire savoir qu’il a probablement beaucoup de disques punk dans sa collection. Le clin d’œil le plus évident à Nirvana se manifeste sur « Johnny », avec ses guitares déformées cette mouvance les Pixies/Nirvana : quiet, loud, quiet crescendo et crash. C’est cette hésitation entre la country et le rock qui rendra ce disque si satisfaisant. Tout aussi facilement qu’il se pavane dans un hard rock authentique, il livre une belle chanson country comme « The Raven & The Dove », dont les paroles ressemblent à une chanson perdue de Kris Kristofferson. 

L’album de 10 titres comprend deux reprises fantastiques : une reprise de « Poncho & Lefty » de Townes Van Zandt, qui est presque aussi bonne que la reprise classique de Willie Nelson et une solide réimpression de « She Talks To Angels » »des Black Crowes. La première comprend les chœurs de Cody Jinks et d’Elizabeth Cook.

Aussi intéressants qu’elles soient, ce seront ses chansons originales qui ressortent le plus ici, tout comme « The Raven & the Dove ». Noton également l’introspective « Off To War » etsur un registre opposé, le bruyant bar-room stomp qu’est « Hands On You ».

Sur ses deux premiers albums, Tennessee Jet a joué de concert avec Billy Corgan et il a jutilisé tous les instruments lui-même, mais, sur The Country, en plus de faire appel à des gens comme Jinks et Cook pour les chœurs, il a enregistré avec le groupe de tournée de Dwight Yoakam. Le résultat est son disque le plus convaincant à ce jour, un album qui parvient à être aussi intime que ses efforts précédents sur des morceaux comme la chanson titre, mais qui sonne aussi comme un groupe bien étoffé prêt àmettre le feu là où convient qu’il soit mis.

***1/2


Jeremy Ivey: « Waiting Out the Storm »

18 octobre 2020

Quand nous a été présentée la femme de Jeremy Ivey, Margo Price, on a pu évoquer la bataille d’Ivey contre COVID-19 et la peur que le couple a eue lorsque la tornade a ravagé East Nashville ce printemps. Voici la réponse musicale d’Ivey à ces événements et, dans un sens plus large, à notre monde en 2020 avec Waiting Out the Storm.

Ivey s’y met tout de suite sur le morceau d’ouverture, « Tomorrow People », par cette demande : «  « Hey tomorrow people / comment vous senstez-vous là-bas ? / Comment vous voyez-vous et comment vous comparez-vous ? » (Hey tomorrow people / how do you like it there? / How do you see yourself / and how does now compare?) Ayant survécu au virus, Ivey est un homme qui sait ce que ça fait d’émerger de l’autre côté après avoir été dans l’état où les lendemains n’étaient pas garantis : « C’était dur. J’ai dû faire face à ma mortalité d’une manière que je n’avais pas encore fait. Mais je profite un peu plus de ma vie maintenant. J’apprécie davantage ma santé. Parfois, il faut regarder la mort en face pour en arriver là ». Nous ferions mieux d’écouter. Ivey a beaucoup à dire sur ce formidable album de rock n’ roll.

Avec son groupe de rock solide, mi- Crazy Horse mi- Heartbreakers, The Extraterrestrials, Ivey ne se contente pas d’élargir le son de son The Dream and the Dreamer de l’année dernière, mais il apporte aussi un sens passionné de l’urgence.  Il a décidé d’être politique mais pas de manière unilatérale pour aborder des thèmes lyriques de l’album. « Certaines de ces chansons parlent de choses qui sont d’actualité, mais elles pourraient aussi être vraies dans 30 ans » explique-t-il. En effet, il est impossible d’entendre des titres comme le très énergique « Things Could Get Much Worse » ou le furieux et presque fou hymne anti-autoritaire « Hands Down in Your Pockets » et de ne pas sentir que ces chansons sont universellement applicables à presque toutes les époques, peut-être même à celles qui sont à venir. Qui aurait, d’ailleurs, pu prédire ce monde de 2020 de toute façon ?

Ivey a sûrement étudié les artistes classiques dans la formulation de son apprche sonique. C’est Dylan qui fait le plus d’écho (considérez que ces paroles rappellent celles de Blonde on Blonde de Dylan dans « Paradise Alley »- « (Les assassins en travesti lancent des roses/Pour les artistes de rue/Dans l’empire en faillite/ Là où le maire se cache/Dans les coins » (Assassins in drag are throwing roses/To street performer/In the bankrupt empire/where the mayor hides/Out in the corners) ou encore celles de « How It Has to Be » – « Pocahontas, Walt Disney et Al Capone / Ils ramassent la poussière pour la pierre tombale / Tous les pleureurs dans leurs voiles noirs chantent et gémissent » (They don’t make movies like they used to/They don’t write those stories anymore/They don’t make heroes out of celluloid like before/they don’t make heroes out of celluloid anymore). Pourtant, on retrouve aussi Neil Young, Tom Petty, et même des souches des Beatles dans divers titres. Ivey fait un travail louable pour les fusionner, mais il est parfois difficile de se défaire de l’idée qu’on l’a déjà entendue. Cela dit, l’aspect dérivé n’entraîne pas l’album vers le bas parce que les paroles d’Ivey, et dans certains cas, son ton sont engageants. 

Par exemple, il y a le premier « single » « Someone Else’s Problem », qui touche aux thèmes universels de la compassion mutuelle dans la société et de ce qui se passe quand elle commence à s’estomper.. Apparemment, la chanson parle du changement climatique, mais Ivey évoque l’injustice raciale et le problème des sans-abris, le tout en mettant l’accent sur la notion fugace de coopération. C’est captivant.

Des tensions provocatrices sont présentes tout au long dell’album, comme par exemple dans le dernier refrain de « Movies » – « Ils ne font plus de films comme avant / Ils n’écrivent plus ces histoires / Ils ne font plus de héros en celluloïd comme avant / Ils ne font plus de héros en celluloïd ). Mais « Hands Down In Your Pockets » est une pure rage sur fond de Crazy Horse. « White Shadow » est une attaque cinglante contre l’administration actuelle ou peut-être même contre la structure du pouvoir en général : « Tu nous as nourri de balles, tu as sculpté nos idoles, tu as mâché des mensonges et craché des bibles, tu as fait du paradis un ghetto, tu as traité les femmes comme de la marchandise » ( You fed us bullets, carve our idols/Chewed up lies and spit out bibles/You made a ghetto out of paradise/Treated women like merchandise) et « Ces médicaments nous ont rendu malades, tu cours avec les bolcheviques, qui a ton royaume, moi, la poche, dont les yeux et la bouche sont pleins de vomi » (Your medicine just made us sick/You’re running with the Bolshevik/Who’s got your kingdom I the pocket/Who’s eyes and mouth are full of vomit).  Cela semble aller à l’encontre du commentaire précédent d’Ivey, qui disait que « ce n’est pas si fortement unilatéral » . « Loser Town » se moque de notre triste situation actuelle avec des guitares brûlantes et le refrain Beatlesque de type « Yeah, yeah, yeah »- » sur une bande-son qui ressemble à celle de Heartbreakers. 

Les médias et nos organes d’information unilatéraux ne manquent pas d’observations acerbes dans « What’s the Matter Esther » et dans le « How It Has to Be » de clôture.  Rares sont les artistes actuels qui ont su marier aussi efficacement un rock n’ roll brûlant à un lyrisme aussi mordant. Jason Isbell, Will Hoge et Steve Earle me viennent à l’esprit.  Pourtant, le talent d’Ivey pour patauger dans ce sombre paysage est sa capacité à faire des observations et à soulever des questions plutôt qu’à prêcher.  Et une fois de plus, son groupe fait tourner ces morceaux à plein régime, ce qui en fait un candidat de choix pour l’un des meilleurs de l’année.

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Malin Pettersen: « Wildhorse »

16 octobre 2020

Serein et sublime, Wildhorse est le son d’un voyage à travers la campagne par une fraîche après-midi d’automne. Il y a une aura nostalgique mais libérée, comme si Pettersen nous invitait à voyager avec elle à travers un collage de souvenirs. Les pianos classiques scintillent irrésistiblement comme les cloches d’une église qui égayent une ville industrielle par ailleurs grise, tandis que les guitares glissent avec un ton rustique et sans effort qui nous entraîne à travers les collines adjacentes et sinueuses. L’acoustique légèrement timbrée éclabousse l’arrière-plan comme des vagues qui s’écrasent sur le rivage par un après-midi ensoleillé – assez pour offrir un paysage placide sans détourner l’attention du paysage encore plus grandiose. La voix de Malin plane au-dessus de tout cela, lisse et majestueuse – un aigle qui tourne en rond au-dessus des labyrinthes jaunes de maïs et des cimes d’arbres vertes/oranges en patchwork. Wildhorse est, de l’avis même de Malin, un album sur « le voyage, le mouvement, l’envie, la découverte et l’émerveillement » – et c’est un thème qui peut être immédiatement ressenti ici.

Sur le plan stylistique, Malin Pettersen s’inspire de ce qui se fait de mieux dans les pays modernes. Wildhorse a été enregistré avec des musiciens qui ont joué aux côtés de Kacey Musgraves et Colter Wall, et le magnétisme étrange que ces artistes dégagent régulièrement se retrouve dans les débuts de Pettersen. C’est un album dont l’atmosphère plonge dans l’éthéré tandis que les paroles candides et narratives gardent les pieds dans la terre. Ceux qui ont suivi la country/folk/Americana tout au long de la pandémie pourraient le comparer à Sorceress de Jess Williamson – un disque d’une variété instrumentale similaire qui vous envahit comme un rêve éveillé.

L’opus est à son meilleur lorsque son éther de l’autre monde s’épanouit : « Particles » pourrait ainsi être la bande sonore d’un bateau qui navigue lentement au coucher du soleil avec son balancement tropical paresseux, « Holding Lonely’s cascading piano outro » sonne comme une ascension dans les nuages tout en regardant les mille diamants chatoyants de la surface de l’océan, et « Mr. Memory » devient la transformation d’une chansonnette rurale en une ambiance à couper le souffle qui serait comme quitter la ferme pour s’aventurer dans une forêt mystique. Une grande partie de l’esthétique de Wildhorse ne se fait pas en noir ou en blanc mais dans des nuances de gris – la zone entre la Terre et le ciel. C’est un espace magnifique à occuper, et il élève l’esthétique souvent unidimensionnelle du pays vers de nouveaux sommets.

Même lorsque les chansons de Pettersen sont ancrées et plus traditionnelles, elle s’en sort comme un vétéran chevronné du genre. Les violons rustiques de « I Don’t Care » sonnent comme un frère ou une sœur du « Graceland Too » de Phoebe Bridgers, tandis que « Let’s Go Out » reprend le tempo et entre dans un espace sonore country-rock plus conventionnel. Mais quelle que soit la direction que prennent les caprices de Malin, l’exécution est toujours superbe grâce à l’équilibre entre une écriture créative et patiente et une production impeccable. Le flux est très régulier, même si Pettersen mélange un country/folk plus roots avec des influences plus ambiantes et non traditionnelles qui semblent provenir de Golden Hour ou de Starmaker. Cela n’ouvre pas tout à fait la voie à une musique aussi brillante ou originale, mais Wildhorse est toujours aussi charmant et raffiné – une force avec laquelle il faut compter dans une année qui a déjà vu la musique country moderne faire un bond en avant.

***1/2