No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Erin Durant: « Islands »

Erin Durant est ce genre de pianiste qui n’hésite pas à transporter dans New York son propre piano pour éviter d’avoir à jouer sur un simple clavier. Cette fantaisie révèle le coeur (dans tous les sens du terme) de sa manière : le besoin de résonance, des instruments comme des mélodies. D’une production plus léchée, ce deuxième album exprime un fin dialogue entre dit et non-dit, surtout sur la sourde « Winterlude. »

Avec sa voix de tête diffuse et douce, la musicienne originaire de La Nouvelle-Orléans dévoile des histoires de solitude avec une franchise désarmante, sans jamais se départir d’une tristesse malgré des atours parfois gais (« Highway Blues »). Ses airs, structurés au piano avec un certain abandon, intègrent maintenant avec élégance des vents, des cuivres, des percussions. Seul bémol : le rythme inégal des morceaux, longs et souvent coupés par une pause, qui finit par diluer l’émotion florissante de leur début. Mais dans un tissage aussi sensible, ce pas de côté est déjà pardonné.

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3 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Amanda Shires: « To The Sunset »

Amanda Shires est, au même titre que Kacey Musgraves, dans les circuits country-folk depuis un certain temps et elle revient ici avec un septième album nommé To The Sunset. Le disque est produit par Jason Isbell, soit le mari de la principale concernée. Amanda Shires a décid, cette fois-ci, de monter un peu son niveau avec ses compositions country teintées d’Americana.

On en sentira tout de suite la différence à l’écoute des morceaux comme « Parking Lot Pirouette » qui ouvre le bal mais encore les riffs dignes du college rock des années 1980 de « Leave It Alone » ou le plus rock’n’roll « Break Out The Champagne ».

Sa récente maternité lui a fait ouvrir les yeux et de nouvelles perspectives sur To The Sunset et Amanda Shires s’y sent plus revigorée que jamais. Cela s’entendra sur le méditatif « Charms » joué au ukulélé mais encore « Take On The Dark » et « White Feather ». Ce septième disque est celui d’une transition qui lui ouvre d’autres d’horizons sur son avenir.

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12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jaye Jayle: « No Trail and Other Unholy Paths »

Révélé fin 2013 avec It’s Jayle Time!, Jaye Jayle est bien parti pour faire parler de lui. Le projet musical mené par le chanteur et guitariste Evan Patterson a de quoi impressionner son auditeur avec sa musique hallucinée. On en veut pour preuve son dernier album en date nommé No Trail and Other Unholy Paths.

Le frontman du groupe noise Young Widows continue dans sa lencée entre épopées indie rock et country-follk avec un soupçon de krautrock et de blues. Et ce No Trail and Other Unholy Paths qui convie sa principale source d’inspiration Emma Ruth Rundle à plusieurs reprises en fait légion. Il en résulte des morceaux pesants à la rythmique écrasante comme « No Trail », « Ode to Betsy » et autres « Accepting » qui ont de quoi faire penser tantôt à du Mark Lanegan tantôt à du Nick Cave.

Le nouvel album de Jaye Jayle est la représentation de sa Louisiane natale selon les dires de son auteur. Avec ses allures de roman noir et son odeur de souffre et d’huile de moteur qui aurait tourné au vinaigre, des morceaux arrivent à illustrer cette ambiance avec « As Soon as sight » et « Cemetery Rain ». Il ne manque plus qu’un duo avec sa muse pour une rencontre au sommet nommée « Marry Us » avant de repartir de plus belle avec « Low Again Street » en guise de conclusion. Pour faire un tour vers l’Amérique profonde, voilà un disque qui ne se discute pas.

***1/2

18 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Spencer Radcliffe & Everyone Else: « Hot Spring »

Spencer Radcliffe avait remporté la mise avec son virage country-folk en 2017 et son album Enjoy The Great Outdoors. Accompagné de son groupe Everyone Else, le musicien qui nous vient tout droit de Chicago semble avoir trouvé une nouvelle inspiration comme le montre son nouvel album intitulé Hot Spring.

Avec ses dix nouvelles compositions, Spencer Radcliffe & Everyone Else trace sa route vers la rêverie. Les pensées du musicien voyagent et les nôtres avec, comme l’atteste des titres paisibles non dénués de mélancolie que sont  « The Birds » qui ouvre le bal mais également « True Love’s Territory » et « Here Comes The Show » entre autres.

Mystérieux et mystique en même temps, ce Hot Spring nous fait traverser les époques et les ambiances sans retenue. Que ce soit sur l’audacieux « Clocktower » ou bien encore d’autres morceaux de la même envergure comme l’instrumental brumeux de « Thick Fog », « Floss For The Future » et autres « No Money », Spencer Radcliffe & Everyone Else ne laissera personne indifférent avec ce second opus qui fera voyager encore plus loin.

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16 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Travis Linville: « Up Ahead »

Bien que relativement peu connu aux USA, Travis Linville est une figure importante de la scène musicale en Oklahoma. En tant que « singer songwriter » cela plus de dix ans qu’il y enseigne, tourne, y écrit et y compose Up Ahead est son plus récent album et on retrouve ici toute son expérience à nous proposer une compilation de chansons country simples et décontractés véhiculant une atmosphère tranquille et faite de « vibes » dont le réalisme quotidien se veut prosaïque mais, avant tout, apaisant.

« Flowers in Your Hair »,” ouvre le disque, composition alerte où description est faite de l’innocence et de l’émoi qui transparaissent à l’évocation d’un premier amour. Les textes sont courts et sans fard dans une tonalité qui se veut, à l’image de tout l’album, optimiste et ouverte à l’éclat qui anime la succession des jours qui passent.

Cette essence basique se retrouve en matière d’instrumentation dans la mesure où Linville s’attache à une production naturelle et élémentaire. Loin d’être facilité, cette démarche est avant tout preuve du talent qu’il a à faire fonctionner des titres où généralité se conjugue à douceur.

On retrouve ici la joie qui peut se résumer à déguster une bonne bière, à être entouré de ses amis ou à écouter de bons petits morceaux country et folk comme ceux de Up Ahead.

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2 avril 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Waifs: « Beautiful You »

Beautiful You est le septième album de ce combo habitué des festivals blues et roots. Il faut dire que The Waifs correspondent très bien à la définition mainstream qui est faite de la country/folk par Harlan Howard : « Trois accords et la vérité. »

Quand Vicky Thorn prend le micro, par exemple sur « February », l’impression qui est donnée est celle d’un train se frayant un long chemin sans hâte au travers de vastes étendues ; c’est peut-être ce qui charme avec The Waifs mais c’est aussi, sans doute, ce qui rend l’écoute de l’album rapidement fastidieuse.

Beautiful You est un disque à qui il manque terriblement la notion d’urgence. Les textes, littéraires et soignées, amplifient encore cette impulsion d’album que l’on écoute mais sur lequel on n’éprouve nul besoin de fredonner.

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18 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Good Graces: « Close to the Sun »

L’ancienne directrice du label Eskimo Kiss, également ex percussioniste de Pacer, Kim Wire est la force derrière ce collectif folk dont Close to the Sun est le troisième album. Tout comme sur Drawn to You en 2013, elle est accompagnée d’une armada de musiciens assez efficace, dont les deux ingénieurs du son de ses deux précédents disques, Jay Manley et Rob Dyson qui assurent une instrumentation inventive.

Même si ce nouvel opus conserve certaines caractéristiques du précédent, Close to the Sun parvient à l’éclipser grâce à une production pleine d’entrain et des arrangements plus diversifiés. Hormis la berceuse fragmentée qu’est «  A Gain, Again » et un « Shear » miroitant proche de Lz Phair, chaque composition est ponctuée par des percussions comme sur un « Cold in California » et son souffle country à l’harmonica proche de Johnny Cash, l’agité et perçant « Standing in Line » qui se distingue par une atmosphère proche du noise-rock et le presque chuchoté « Parts > Sum » et son climat torride de western spaghetti qui rendrait heureux Ennio Morricone.

Comme d’habitude Ware peaufine son parallèle entre peine de coeur et honnêteté ou espoir. Elle se montre perplexe quant aux relations humaines avec des partenaires incompatibles et pourtant aspire à des changements qui lui semblent hors d’atteinte. Cet élusif désir de changement se manifeste sur le titre d’ouverture rêveur et apaisant, « I Don’t Know Where To Start », mais il se révèle rempli d’amertume sur un « Curb Appeal » qui dresse l’histoire d’une romance devenue délétère.

De ces états d’âme émergera une constante musicale ; un ton country nasillard délicieux rappelant Juliane Hatfield. Comme su ses précédentes sorties, Ware parvient ainsi à marier désillusions amoureuses et encouragements à ne pas céder au découragement. Ce sera, au fond, le propre de la résilience que de s’exemplifier ici dans ce joli album.

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21 décembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Robert Plant: « lullaby and… The Ceaseless Roar »

Excentrique mystique, prince pastoral ou Béhémoth du rock, Robert Plant a transcendé les multiples niveaux de la renommée et du respect et, à ce titre, il lui serait facile de se reposer sur les lauriers posés sur sa tête léonine.

À la place de cela, il continue d’enregistrer inlassablement du métériel dont la plus grande partie est engageante (ce qui est d’ailleurs un euphémisme). lullaby and… The Ceaseless Roar voit notre protagoniste aborder une nouvelle route faite d’exploration et d’expérimentation qui le voit réaliser ici un de ses meilleurs albums solos.

Il s’ouvre sur une reprise digitale et au banjo de « Little Maggie », terrifiante car l’instrument ne fera que vous mettre dans l’inconfort, un peu comme si Led Zep avait souhaité composer la bande original de Délivrance. L’électronique qui le sous-tend est une pure merveille et lui donne un étrange parfum d’avant-garde.

« Rainbow » suivra, autre alliage déroutant entre Tom Waits et des percussions à la Neubauten s’infiltrant dans une tendre ballade où le tintement des guitares se mélange aux lamentations du chanteur. Le titre véhicule un climat de désolation, proche de Cure ou de Low dont il a récemment fait des reprises mais demeurera paisible néanmoins grâce à la densité atmosphérique qu’il dilue. On est loin ici du vocaliste de rock ou de blues acrobatique et plus en phase avec le révolutionnaire sonique qu’il aspire à être.

Malgré ses nombres de disque en solo, parviendra encore à nous surprendre, en particulier dans, et c’est une première, il aborde la pop sur un « Pocketful of Golden » kaléidoscope psychédélique encadré par le murmure séducteur émanant de sa voix.

Toujours dans le même registre « cosmopolite » une ballad tendre et trouble, « A Stolen Kiss » précèderai une incursion dans l’Americana sur « Somebody There » montrant à quel point Plant sait transformer une forme d’expression pour l’ajuster à sa propre expérience. Le « Poor Howard » de Lead Billy en est preuve supplémentaire tant si le violon était remplacé par une guitare on pourrait penser à au Led Zeppelin période Presence.

En fait, chaque morceau semble être une interpolation avec un genre passé à la propre moulinette de Plant. Il peut aussi bien apaiser sur un « House of Love » légèrement gothique ou, a contrario, dérouler un climat scintillant sur « Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur) », travaillant avec aisance sur les contrastes, ou sa tendance à alterner tendresse et sauvagerie.

Le dernier morceau de l’album, « Arbaden (Maggie’s Babby) » sera un écho de la première plage avec une intensification de ce qui a été précédemment suscité, une menace véhiculée par de l’electronica façon Moroder.

On peut féliciter l’inspiration mais on peut également louer l’interprétation (Justin Adams, Skin Tyson, John Baggot, Billy Fuller, Dave Smith et Juldeh Camara) ainsi que les arrangements (Tchad Blake) ; tout concourt à ce que lullaby and… The Ceaseless Roar soit un disque fascinant, berceuse et rugissement à la fois, une manière un fois de plus exemplaire la world music au rock (à moins que ce ne soit le contraire) un Houses of the Holy à lui tout seul, bref une fragiilté émotive couplée d’une endurance vocale (ceaseless roar) qui sait faire fi du temps qui passe et que, comparaison extrême, on pourrait assimiler à la vulnérabilité dont Bowie a fait preuve dans son dernier album.

****1/2

4 octobre 2014 Posted by | Chroniques du Coeur | , , , , | Laisser un commentaire

Billie Joe + Norah: « Foreverly »

Que le leader de Green Day, Billie Joe Armstrong, s’acoquine avec Norah Jones pour ré-enregistrer des chansons originales datant de 58 des Everly Brothers ne peut que soulever certaines questions. La première serait : Comment se sont-ils connus ? Réponse : En ayant boss avec Stevie Wonder. Armstrong n’est-il pas un punk ? Pas vraiment. Finalement : Pourquoi ? Ce dernier a toujours aimé le disque a a voulu le recréer.

Réponses simples finalement qui surmontent les réticences initiale et qui donnent un résultat charmant et digne de l’hommage que The Everly Brothers avaient enregistré comme hommage à la folk traditionnelle sous le nom de Songs Our Daddy Taught Us.

Mis en place et mixé en seulement neuf jours, le disque est solide ; un retour en arrière efficace vers une période où régnaient harmonies simples et instrumentation dépouillée.

Armstong et Jones s’approprient avec talent des standards comme « Long Time Gone » (une chanson rendue fameuse par Tex Twitter) ou « Who’s Gonna Shoe Your Pretty Little Feet ? » Les harmonies du duo s’imbriquent parfaitement sans que l’un des artistes ne prenne le pas sur l’autre et certains titres, comme le morceau d’ouverture « Roving Gambler » utilisent à merveille ce format de chant et contre chant dans ce récit de deux parents demandant à leur fille de ne pas partir avec un joueur. « Lightning Express », lui, mettra en valeur les textes plutôt que les harmonies grâce aux arrangements tout simples et plaintifs d’une pedal-steel.

Le disque va pourtant traîner un peu en longueur vers la fin, ceci étant du au tempo similaire des morceaux. Même s’il n’est pas ouvertement long (12 titres) chaque composition se fait un peu laborieuse. Ceci dit, si Jones et Armstrong avaient fait des efforts pour les accélérer, les résultats auraient sans doute été désastreux et n’auraient pas rendu service à l’orginal.

Tel qu’il est, Foreverly est un disque hommage charmant et intelligent. Il peut sonner aux antipodes de ce que Jones et Armstrong ont fait de plus « rootsy » mais on ne peut s’empêcher de penser que leur travail n’a pas été exécuté à contre-emploi.

★★★☆☆

2 décembre 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Candles: « La Candeleria »

Un bref coup d’oeil au C.V. de Josh Lattanzi, leader des new-yorkais The Candles révèle une histoire impressionnante :sur les dix dernières années il a joué de la basse pour The Lemonheads, Ben Kweller et Albert Hammond Jr., et avec The Candles, il faisait partie de l’ensemble « live » de Norah Jones.

Malgré ces, relatifs, seconds rôles, ce second album, La Candeleria, (nommé d’après un faubourg de Bogota) il lui a pas semblé difficile d’entrer dans le rôle d’auteur-compositeur et, surtout, de la faire avec la confiance et l’habileté d’une artiste émérite. Le disque se compose de dix plages nimbées dans des mélodies power pop chatoyantes et riches d’arrangements qui, plutôt de s’ancrer dans le fracas de « power riffs » à la guitare, font à la part belle à un schéma « Americana » judicieusement divisé entre The Byrds et Big Star.

« Hello Blue » est ainsi construit sur de foisonnantes couches de guitares électriques aux tonalités carillonnantes et un clavier Rhodes, alors qu’un morceau comme « Blind Light » va, lui, présenter d’épais strates de percussions caressantes, de slide guitar et de piano. Le titre phare sera « As Far As I Know », il le sera autant pour sa qualité mélodique que pour la manière dont il opère une transition fluide entre une ballade acoustique dépouillée bâtie sur de légers arpèges de six cordes au climat tapageur d’un groupe de country-rock lancé à pleine allure.

On pourrait au chapitre des influences Wilco, Jackson Browne ou The Grateful Dead, mais The Candles ont le mérite de bien s’en habiller et de nous livrer avec The Candeleria un album ficelé de sa propre personnalité et plein de surprises.

★★★½☆

29 juillet 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire