Nathan East: « East »

Nathan East est un multi instrumentiste (piano et basse) très recherché dans les milieux du jazz et de la soul e grand publict il a d’ailleurs joué avec Clapton, Collins, Whitney ou Streisand. Il ne s’est pss pour autant cantonné dans cet univers puisque, à la demande de Daft Punk, il a assuré les lignes de basse sur neuf des plages de Random Access Memories dont le « hit » « Get Lucky ».

Cet album éponyme est donc assez éclectique avec un petit clin d’oeil au duo français sur le titre « Daft Funk ». Le disque le voit tirer également tous les avantages possibles de son talent de producteur en particulier dans une reprise instrumentale du « Sir Duke » de Stevie Wonder ou sur le « Moodance » de Van Morrison et une autre, on ne peut plus onctueuse du « Yesterday » de ceux qu’on ne présente plus.

Hormis l’épisode Daft Punk, on peut donc dire que Nathan East est avant tout destiné à ceux qui ont suivi la carrière du musicien, en particulier son travail avec le groupe de « ‘modern jazz » Fourplay. On y trouvera des invités de luxe (Michael McDonald, le saxophoniste Tom Scott et le trompettiste Chuck Findley, Bob James, Chuck Loeb). De McDonald on notera les vocaux assez âpres plus proches de Arthur Brown que de Morrison. Intelligemment, le titre qui suivra « Moondance » sera une chanson écrite par McDonald lui-même, « I Can’t Let Go Now », interprété par Sarah Bareille. On retrouvera Clapton sur une reprise du « Can’t Find My Way Home » de Blind Faith, enjolivé par des subtiles parties électroniques et les vocaux impressionnants de East.

Nathan East est comme une jam session servie par des musiciens talentueux, chez qui la dextérité ne masque jamais le plaisir de jouer. On ne peut que retrouver les mêmes sensations à son écoute.

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André Cymone: « The Stone »

Comme beaucoup de musiciens R&B créatifs des années 80, André Cymone a d’abord tenté sa chance en essayant d’émuler Prince. Cela lui a même permis d’avaoir quelques tubes mineurs comme « Libvin’ In The New Wave » ou « Dance Electric », le dernier d’ailleurs écrit par son mentor. Depuis, il s’est recyclé dans la production et l’écriture, souvent pour son épouse Jody Watley.

The Stone va en surprendre beaucoup car ce premier album depuis 1985 va à l’encontre de ceux qui attendaient un retour au son « synth funk » qui caractérisait ses production précédentes.

L’artiste d’ailleurs annonce tout de suite la couleur avec le titre d’iouverture, intitulé de manière fort appropriée « Rock And Roll », direct et cash comme il se doit d’être. Le son mettre l’emphase d’ailleurs sur une instrumentation organique : guitares et véritables percussions. On notera sur ce registre un morceau plein de groove comme « Radio » ou de graisse comme « Naked » et, d’une façon générale, une atmosphère qui doit plus au soft rock traditionnel qu’à la soul.

Cymone est un excellent chanteur mais sa voix se veut plus ici « crossover » que typée comme elle aurait pu l’être. Dans ce répertoire de « adult-oriented rock », le compositeur sait se faire nuancé ; « One Day et « It’s Alright » sont des chansons contemplatives reposant sur un nid de guitares acoustiques et le rêveur « Mary Jane » creuse profondément dans la pop des 60s tout comme le plus électrifié « If Not For You ».

En tant que vétéran du « songwriting », Cymone n’a aucune difficulté à écrire des mélodies accrocheuses et il sait également parfaitement véhiculer ce qu’il chante au travers d’une voix dans laquelle l’émotion n’est jamais absente, même sur ces « rockers » surgis du cœur que sont « American Dream » et « Let Your Sunshine In ».

The Stone n’est en rien un album issu de la mouvance rétro-futuriste, mais une renaissance créative de la plus belle eau.

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