No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Hozier: « Wasteland ,Baby! »

Hozier n’est pas l’auteur de Take Me To Church pour rien. L’homme chante comme d’autres prieraient. avec ferveur, transport et passion comme ce duo Nina Cried Power », avec Mavis Staples.
Le « single » « Almost (Sweet Music) » et sa rythmique tout en contretemps perpétuent ce même registre avec sat sa rythmique tout en contretemps rendraiet fou un métronome. C’est un nouveau succès, porté par des orgues gras et des chœurs. Un morceau qui confirme que l’inspiration de Hozier, loin de s’être tarie, semble s’être régénérée en puisant directement à la source du blues, du jazz et de la pop. Bien lui en a pris, de prendre un temps de quatre ans  et d’éviter de s’afadir.
La ballade « Movement » affichera une subtilité renversante ; démarrant comme une ballade au beat R&B lourd, elle explosera dans un final à faire pleurer. La très réussie « No Plan » et son riff quasi-stoner évoqueront des Arctic Monkeys qui se seraient acoquinés avec des schémas groove.

Plus loin, on retrouvera ce goût pour un blues lourd avec « Talk », l’épuré et gospel sur un « To Noise Making (Sing) » à l’élévation quaisment mystique.

Ailleurs, ce seront des ballades acoustiques en accords ouverts, la cinématographie avec « As It Was », « Shrike », » Would That I » et « Wasteland, Baby! », qui emprunteront au folk anglais et sonnerontt comme du John Martyn ou un Bert Jansch sous stéroïdes. Le tout semble joué par un groupe de soul mutant et est produit avec bon goût et une puissance sonique indispensable capables de déchirer toutes les étiquettes.
Le talent de Hozier est de proposer une musique complexe sans jamais être cérébrale, généreuse sans jamais être outrancière, référencée mais qui n’oublie jamais d’être originale. Il confirme, avec « Wasteland, Baby! « qu’on a affaire avec lui à un oiseau rare, chanteur à l’organe grand comme un orgue polyphonique et songwriter intelligent et idiosyncratique. Si l’ensemble est plus convaincant que son premier album, peut-être aurait-il fallu laisser de côté deux ou trois chansons un léger cran en dessous (« Nobody, Be », « Dinner & Diatribes ») pour ne pas casser le momentum de la deuxième partie d’un album par ailleurs franchement réussi.

****1/2

10 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Loudon Wainwright III: « Haven’t Got the Blues (Yet) »

Quand, sur le 26° album d’un artiste, figure un titre guilleret façon Randy Newman intitulé « The Morgue », il est aisé de comprendre que l’humour va être utilisé pour contrebalancer le poids de l’expérience.

Après un Older Than My Old Man Now en 2012 qui traitait directement des problèmes liés au fait de vieillir et, par conséquent, abordait le thème de la mortalité de cette manière candide si propre à Wainwright, Haven’t Got the Blues (Yet) continue à explorer ces problématiques sombres en narrant quelques expériences autobiographiques, certaines prosaïques, d’autres ayant transformé son existence, le tout avec une approche pleine d’esprit et une musique le plus souvent suffisamment légère pour en remontrer à certains « songwriters » plus jeunes dont on peut se demander s’il seraient capables de composer d’une telle manière. Il n’est que de l’entendre chanter sur la chanson-titre « Should I choose to get dressed » avec un ton désinvolte et ironique pour comprendre que nous avons affaire à un artiste content de sa carrière et à l’aise avec son héritage musical.

En dépit d’un « Depression Blues » précédent « The Morgue » sur le « tracklisting », les couleurs de Haven’t Got the Blues (Yet) sont variées ce qui n’est pas inattendu venant d’un vieux de la vieille qui a vécu une existence plus que riche. « Brand New Dance » ouvre l’album sur une note rockabilly et nourrie d’une section de cuivres tapageuse et s’inscrira en contraste direct avec la lamentation folk 60’s qu’est « In A Hurry » ainsi que le duo country blues ‘Harlan County » où Aoife O’Donovan apporte ses harmonies. Inévitablement un membre du « clan Wainwright » sera présent, il s’agira de Martha apparaissant sur le doux amer « I Knew Your Mother ».

Loudon Winwright affichera également le deuil de son chien sur « Man & Dog » et il y aura même une sorte de chanson de Noël rock avec « Looking At The Calendar ». Celle-ci mènera sur une composition qui aurait pu être chantée à la même époque si ce n’est le fait qu’elle examine la politique américain en matière de port d’armes (« I’ll Be Killing You This Christmas »).

Avec tant de choses à dire encore, et une si intelligente économie de moyens, il ne nous restera donc plus qu’à attendre avec impatience un 27° album de Loudon Wainwright III.

****

12 octobre 2014 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Robert Plant: « lullaby and… The Ceaseless Roar »

Excentrique mystique, prince pastoral ou Béhémoth du rock, Robert Plant a transcendé les multiples niveaux de la renommée et du respect et, à ce titre, il lui serait facile de se reposer sur les lauriers posés sur sa tête léonine.

À la place de cela, il continue d’enregistrer inlassablement du métériel dont la plus grande partie est engageante (ce qui est d’ailleurs un euphémisme). lullaby and… The Ceaseless Roar voit notre protagoniste aborder une nouvelle route faite d’exploration et d’expérimentation qui le voit réaliser ici un de ses meilleurs albums solos.

Il s’ouvre sur une reprise digitale et au banjo de « Little Maggie », terrifiante car l’instrument ne fera que vous mettre dans l’inconfort, un peu comme si Led Zep avait souhaité composer la bande original de Délivrance. L’électronique qui le sous-tend est une pure merveille et lui donne un étrange parfum d’avant-garde.

« Rainbow » suivra, autre alliage déroutant entre Tom Waits et des percussions à la Neubauten s’infiltrant dans une tendre ballade où le tintement des guitares se mélange aux lamentations du chanteur. Le titre véhicule un climat de désolation, proche de Cure ou de Low dont il a récemment fait des reprises mais demeurera paisible néanmoins grâce à la densité atmosphérique qu’il dilue. On est loin ici du vocaliste de rock ou de blues acrobatique et plus en phase avec le révolutionnaire sonique qu’il aspire à être.

Malgré ses nombres de disque en solo, parviendra encore à nous surprendre, en particulier dans, et c’est une première, il aborde la pop sur un « Pocketful of Golden » kaléidoscope psychédélique encadré par le murmure séducteur émanant de sa voix.

Toujours dans le même registre « cosmopolite » une ballad tendre et trouble, « A Stolen Kiss » précèderai une incursion dans l’Americana sur « Somebody There » montrant à quel point Plant sait transformer une forme d’expression pour l’ajuster à sa propre expérience. Le « Poor Howard » de Lead Billy en est preuve supplémentaire tant si le violon était remplacé par une guitare on pourrait penser à au Led Zeppelin période Presence.

En fait, chaque morceau semble être une interpolation avec un genre passé à la propre moulinette de Plant. Il peut aussi bien apaiser sur un « House of Love » légèrement gothique ou, a contrario, dérouler un climat scintillant sur « Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur) », travaillant avec aisance sur les contrastes, ou sa tendance à alterner tendresse et sauvagerie.

Le dernier morceau de l’album, « Arbaden (Maggie’s Babby) » sera un écho de la première plage avec une intensification de ce qui a été précédemment suscité, une menace véhiculée par de l’electronica façon Moroder.

On peut féliciter l’inspiration mais on peut également louer l’interprétation (Justin Adams, Skin Tyson, John Baggot, Billy Fuller, Dave Smith et Juldeh Camara) ainsi que les arrangements (Tchad Blake) ; tout concourt à ce que lullaby and… The Ceaseless Roar soit un disque fascinant, berceuse et rugissement à la fois, une manière un fois de plus exemplaire la world music au rock (à moins que ce ne soit le contraire) un Houses of the Holy à lui tout seul, bref une fragiilté émotive couplée d’une endurance vocale (ceaseless roar) qui sait faire fi du temps qui passe et que, comparaison extrême, on pourrait assimiler à la vulnérabilité dont Bowie a fait preuve dans son dernier album.

****1/2

4 octobre 2014 Posted by | Chroniques du Coeur | , , , , | Laisser un commentaire