No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Arthur Buck: « Arthur Buck »

R.E.M. n’étant plus là depuis 2011, son guitariste Peter Buck poursuit ses activités extra-musicales. Également membre du supergroupe Filthy Friends avec Corin Tucker de Sleater-Kinney et inventeur de l’oversampling, il décide de se lancer en solo pour la première fois avec un album en compagnie de Joseph Arthur pour un tandem nommé Arthur Buck.

Entre les prouesses guitaristiques de Peter Buck et les talents de compositeur de Joseph Arthur, le ta,dem était prometteur. Le duo nous fournit en effet des morceaux sympathiques mais loin d’être mémorables en marticulier le manque de relief de titres comme« Are You Electrified ? », « If You Wake Up In Time » et « American Century ».

Les guitares fusent avec les éléments électroniques pour en donner quelque chose de bancal et peu surprenant sur « Forever Falling » et « Before Your Love Is Gone » qui sonnent plus Joseph Arthur que Peter Buck. On peut citer quelques moments plutôt « originaux » avec le titre d’ouverture « I Am The Moment » mais encore « Forever Waiting » et « Can’t Make It Without You ». C’est à peu près tout pour un Arthur Buck qui ne donne rien de vraiment spécial et sonne trop souvent comme du déjà entendu.

**1/2

14 juin 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Game Theory: « Lolita Nation »

Dans les années 80, et sous la direction de son leader Scott Miller, Game Theory sortit un double album chose courante à l’époque, nomme Lolita Nation. Comme beaucoup d’oeuvres il fera partie de ces opus encensés par les critiques mais passés inaperçus pour le public.

Ajoutons qu’il est resté indisponible assez longtemps et cela lui a permis de devenir un des ces albums cultes et légendaires sont le rock raffole. La réécoute ne décevra pas : riffs bien balancés et entraînants derrière une ambition dans la conceptualisation, talent démesuré à composer des morceaux qui aguichent et des paroles qui frappent et superbe maniement du contraste entre envolées ensoleillées et accessibles et réflexions plus sombres et matures.

Sur Real Nighttime et The Big Shot Chronicles, ses deux précédents albums, il examinait les petites faiblesses de ce qu’était la vie d’un jeune homme dans l’Amérique des années post-Reagan, Lolita Nation va se monter plus personnel et évoquer les occasions ratées de la vie, les échecs et la résignation qui en découle. Les textes vont devenir plus explicites tout en ménageant une poésie qui pourrait se référer à la psychedelia ou à R.E.M. (« We Love You », «  The Waist and the Knees ») en particulier avec des collages sonores qui avaient été mis en valeur dans le « college rock ».

Les allusions littéraires y sont également fréquentes (Alice, Joyce) et Miller eut même droit une mention dans les cours du philosophe René Girard à l’Université de Stanford. Dans un registre plus proche du sien, notons une collaboration avec Ken Stringfellow et Aimée Mann autres péripéties d’un artiste qui est mort au moment où sa création commençait enfin à prendre de l’ampleur.

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5 mai 2016 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

They Might Be Giants: « Glean »

They Might Be Giants sont peut-être le combo le plus aventureux à être issu des années 90, une décennie réputée pour ses recherches expérimentales en termes de musique. Depuis 30 ans, le fil conducteur de leur approche a été, au travers d’enregistrements, de projets comme « Dial A Phone » où l’on pouvait téléphoner pour entendre une nouvelle chanson, de pousser toujours un peu plus loin les choses en matière esthétique.

Glean est une compilation de 15 titres faisant partie de « Dial A Song » aujourd’hui ressuscité par le duo. Musicalement le groupe n’a pas changé dans son approche humour noir faite de refrains enjoués et de textes sombres. Cela ne l’empêche pas de parsemer ses œuvres de quelques petites compositions « radio friendly » (ici « Good To Be Alive » et « Answer ») même si, orchestrées de manière traditionnelle, ne manquent pas de cette exubérance provocante qui se débrouille toujours pour vous narguer quelque part.

Le plus intéressant réside en revanche dans les compositions où le groupe prend un virage totalement biscornu. «  Music Jail Pt. 1 & 2 » est une délicieuse tranche de pop baroque, à la fois drôle et « fun », et le fastueux clinquant de « All The Lazy Bofriends » ne eput que ravir et impressionner.

Les vocaux de John Flansburgh gardent leur tonalité distinctive et claire rendant les compositions toujours aussi expressives même quand les textes sont de nature saugrenue. L meilleur exemple en est « End Of The Rope » et son atmosphère Broadway dans les« roaring twenties » , titre qui ne véhicule aucun climat « novelty » ou l’original « Let Me Tell You About My Operation » et son humour désabusé.

Glean, comme tout ce que fait TMBG, est impossible à définir et à résumer mais l’émotion qui en ressort à la fin de son écoute est immanquablement celle d’une joie portée par l’intelligence du propos du groupe. Mais même si on n’en saisit pas toutes subtilités, on ne pourra qu’être séduit par cet délicieuses chansons pop qu’ils ont le mérite de confectionner sans fausses notes depuis 33 ans.

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26 avril 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Speedy Ortiz: « Major Arcana »

Fans de Taylor Swift, réjouissez-vous, un groupe du Massachusetts, Speedy Ortiz semble vouloir marcher sur des traces similaires  !

Un premier «  single  » avait créé un «  buzz  » avec son mélange crépitant d’accords de guitares mariés aux vocaux cryptiques de Sadie Dupuis, accrocheurs en diable, suffisamment en tous cas pour captiver et capturer l’attention de la gente issue de la pop. Quelques autres «  singles  » avaient suivi et Major Arcana sort enfin, album peut-être pas majeur, mais suffisamment charmeur pour se placer directement dans la lignée du «  college rock  » le plus assumé.

Les voisins bostoniens comme Helium, Blake Babies et Belly sont indubitablement leurs prédécesseurs mélodiques tout comme le fait d’enregistrer avec le fameux ingénieur de son du studio Fort Apache, Paul Q. Kolderie et Justin Pizzoferrato (Sonci Youth). Ici la cnovenance géographique rejoint avec à-propos l’héritage pop-rock de Speedy Ortiz.

Celui-ci est, à ce sujet, complexe, à l’image de l’intrication des compositions et de la façon dont les guitares de Dupuis et de Matt Robidoux s’entrelacent en rythmes flexibles, montant et descendants, et constants contrepieds. Le résultat est parfois hanté (un «  Casper (1995) » aux textes dramatiques), nuancé comme le nostalgique « No Below » mais la cohabitation avec des exercices de hargne adolescente comme « Plough » fonctionne à merveille.

Major Arcana est un disque séduisante et plutôt enchanteur. Il fonctionne parfaitement dans son mix de chansons « radio friendly » et de culture de l’excentricité. Il conviendra indubitablement à l’audience à laquelle il s’adresse référencée plus haut.

★★★☆☆

26 juillet 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire