Andrew Bird: « Things Are Really Great Here, Sort of… »

15 juin 2014

Andrew Bird fait partie de ces artistes pour qui la musique est une nécessité. Il a été éduqué avec la méthode Suzuki (une philosophie de l’apprentissage , ici de la musique, basée sur le principe que tout le monde peut apprendre en s’immergeant dans un milieu musical) dès qu’il a été en âge de tenir un violon. Le résultat en est qu’il est devenu un interprète prolifique qui est apparu sur de nombreux disques chaque année depuis le milieu des années 90. Outre ses albums solos, notons ses collaborations avec Bowl of Fire and The Suqirrel Nut Zippers, Dosh, les Muppets (sic!) et tout artiste ayant besoin d’apporter un peu plus de soul dans ses enregistrements.

Son dernier projet, Things Are Really Great Here, Sort Of…, est un album composé de reprises de The Handsome Family, un groupe alt-country qui a pratiquement sorti un disque par an depuis 1993.

Le violon de Bird avait déjà apporté sa grâce sur quelques plages de leur In The Air en 2000 et il a également repris leur « Don’t Be Scared » sur le premier disque des Righteous Babe Weather Systems en 2003. Sa connaissance de HF est donc assez profonde preuve en est donnée dans la façon dont il reprend à nouveau « Don’t Be Scared » et appoorte une perspective toute nouvelle sur un morceau comme « Far From Any Road » le différenciant totalement de la version qui sert de bande-son à la série de HBO True Detective.

Le disque est réalisé avec l’aide de ses musiciens favoris, The Hands of Glory, et les arrangements sur Things Are Really Great Here, Sort Of… sont réfléchis et bénéficient d’un ornement particulièrement soigné. Ils mettent en valeur les excellentes compositions americana dont The Handsome Family s’est rendu responsable mais aussi l’exécution douce et pleine de soul que Bird et ses musiciens en font. Le résultat est un album qui sonne naturel et qui, si vous ignoriez qu’il ne s’agit pas de ses propres compositions, passerait aisément pour un nouveau et véritable album solo.

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Clean Bandit: « New Eyes »

2 juin 2014

« So you think dance music is boring? » Ainsi commence le titre d’ouverture de New Eyes, le premier album de Clean Bandit. «  Mozart’s House  » est donc une préparation qi va définir le son du groupe, une fusion entre quatuor à cordes à la Mozart et des «  beats  » garage.

Le groupe a néanmoins déjà eu un « hit » stratosphérique « Rather Be », puis un autre, plus mélancolique, « Extraordinary » et Clean Bandit n’a pas son pareil pour marier des accords sombres au piano avec une mélodie au violon haut perchée, des « beats » approximatifs et une ligne de basse abimée comme sur « Dust Clears ».

Une recette similaire sera utilisée avec « A&E » avec un quatuor à corde endeuillé et choral qui mènera à toute une serie de bruits électro aussi contemporains qu’il est possible de l’être. Le talent vocal est, en poutre, indéniable et fait de New Eyes une impeccable combinaison fusionnelle entre l’ancien et le nouveau (le pur garage qu’est « Heart On Fire »).

Mais il n’y a pas que le Classique et la musique gagarge qui ont influencé le combo. Celui-ci se réclame aussi du hip-hop et du reggae à l’image d’une composition aussi vibrante que « Come Over » avec ses steel drums calypso, ses beats de dancehalls et ses cordes syncopées.

Le disque se terminera sur « Outro Movement III », une composition de musique électronique abstraite mais il est évident que New Eyes louche plus facilement du côté de la dance que du classique, de la pop que de l’expérimental.

Claen Bandit vient de Manchester mais il se singularise sans vraiment appartenir à une scène. Ce « debut album » est richement conçu et produit ; restera au groupe à amplifier son mpact une fois l’effet de surprise passé.

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