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Tant qu'il y aura du Rock!

Santilli: « Surface »

Surface est le premier album de Santilli, un musicien australien basé à Sydney qui livre ici un opus baigné de rythmes et d’ambiances exotiques. Pour cet opus, le multi-instrumentiste associe des notes de guitare acoustique à des synthés et à des sons de percussions divers. Un ensemble musical qui ressemble à un bien agréable voyage au cœur d’une nature foisonnante et tranquille, où l’on irait à la rencontre de tribus indigènes perdues au milieu d’un vaste océan de verdure.

Tous ces morceaux aux tonalités baléariques sont issus de travaux d’enregistrements réalisés entre 2016 et 2018 et qui ont été retravaillés pour cet album inspiré notamment par le style des guitaristes Steve Tibbetts, Miguel Herrero ou encore Steve Hillage.

Pour ses vertus relaxantes et ses délicates harmonies ce disque de « chill out music »méritera plusieurs écoutes qui ne manqueront pas, dans ce cas, de se révéler gratifiantes et apaisantes.

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27 septembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Emotional Indulgence: « Emotional Indulgence »

Le code couleur de cet album, entre rose et violet, laisse croire à un album d’influence vaporwave ou whillwave après la lettre. Et c’est par endroits le cas, même si Daniel Hill et Juliana Dieterich revendiquent l’esprit et la tonalité musicale d’un genre à vocation thérapeutique appelé « healing » ou curatif outre-atlantique : ils évoquent dans les notes le symbolisme de ces couleurs : l’intuition, la sensibilité, la compassion et une propension à faciliter la guérison / réparation psychique.

Malgré des flutes lénifiantes à ascendance new age, des nappes de synthé réverbérées et traversée par les belles envolées vocales de Juliana Dieterich, Emotional Indulgence reprend les samples ralentis (« Decide », « JadeDragonz7) », les percussions et sonorités de fairlight des années 80, qui caractérisent – entre autres, le courant vaporwave.

L’ensemble est percussif, rythmé, séduisant, riche d’évolutions inattendues (« Chrysalis », « Powdery Blue », « Beyond in a Blue Feel »), davantage propice à susciter des états de conscience sous psychotropes : une réparation psychique si on en accepte la proposition.

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5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Vega INTL. Night School: « Neon Indian »

Voici la dernière production de Alan Palomo avec cet album nommé Neon Indian. Ils ‘agit d’un opus toujours aussi engageant mais avec une plongée vers la claustrophobie liée sans doute à l’installation de notre Texan à Brooklyn. Rythmes et textures visent à nous désorienter, à mettre encore plus le sentiment de confusion que le déménagement vers une nouvelle ville peut inspirer.
Nous sommes ici dans le domaine de l’étrange et du surréaliste, rappelant le After Hours de Scorcese, avec un son aux synthés évocateur des années 80 qui frise le pastiche. On retrouve aussi des influences Toro Y Moi ou Ariel Pink. Si on considère que Palomo apparient au courant de la chillwave, on ne peut qu’apprécier la manière dont il parvient à la rendre plus gaillarde.
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28 mars 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Part Time: « Virgo’s Maze »

Ce groupe de San Franciso divertit les fans de musique depuis déjà plusieurs années. Leur répertoire est lo-fi, sans prétention mais parfois excentrique et bizarre avec toujours cette petite touche désinvolte qui les rend charmants.

Virgo’s Maze, leur dernier opus, est double mais il est avant tout constitué d’enregistrements inédits réalisés par le combo depuis cinq ans. C’est, plus précisément ; le travail de leur leader, David Loca, qui est mis en avant.

Celui-ci se manifeste surtout par une approche impeccable de la synth-pop kitsch (par exemple sur « My Jamey ») ce dernier élément se retrouvant dans sur le yacht rock aéré ou les ballades de nightclubs un peu salaces comme on en écoutait dans les années 80.

Virgo’s Maze est difficile à appréhender car c’est une espèce de compilation dans laquelle on ne peut percevoir ce à quoi Loca souhaite aboutir. Bien sûr on pourra retenir cet aplomb à nous gratifier de refrains « codéinés » (« Ganz Wien ») mais sa versatilité lui fait trop se saisir de styles de plusieurs combos (Pet Shop Boys voisinant avec The Flaming Lips) pour qu’on y voit plus que l’agréable aparté d’un artiste se faisant plaisir à lui-même.

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23 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Blackbird Blackbird: « Tangerine Sky »

Sur son premier album en 2011, Summer Heart, Mikey Maramag, natif d’Hawaï basé à San Francisco, a percé quelques trous dans les murs qui cloisonnaient l’électronique en y apportant un peu de dance de soul, de pop et de rock.

Longtemps attendu, Tangerine Sky s’ouvre sur les notes de synthés tourbillonnantes de la chanson, titre. ,Elles cédent très vite la place à une rythmique disco sauf que le « beat » a un côté « new age » presque organique permettant de mettre en valeur une voix emplie de soul. « Love Unlimited » semble nous annoncer l’aube d’un nouveau jour avec ses percussions, ses claviers et des vocaux, comme dans tout l’album, magnifiques.

On trouvera même un léger pincé country de la guitare sur ‘Darlin Dear », titre rock énervé avec une stucture répétitive de synthés bondissants. Cet alliage ne tombe jamais dans la complaisance tout comme « There Is Number » qui marie à merveille soul et blues.

« Treehouse » offrira des notes scintillantes éclairent un paysage sonique légèrement rap créant ainsi un climat Euro Dance un peu rétro et des percussions latines apporteront à « Summers Almost Here » un effet d’élévation assez incroyable avant qu’il ne retombe dans un groove trip-hop.

On retrouvera la même complexité instrumentale tout au long de Tangerine Sky, par exemple sur le mélange d’électronique et de percussions orientales de « Polaris »,  un rave-up façon 80’s sur « Rare Candy » et même du jazz qui sectionne le couleur electro de « Beasts ».

L’album se terminera sur un « Grow Old With Me (Don’t Let Go) » de toute beauté avec la voix en harmonie plaintive de Maragan, apportant une touche velouté à un album qui ne peut que  nous donner un sentiment d’impatience à la pensée du hiatus qui suivra son prochain disque.

***1/2

12 juin 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Washed Out: « Macrocosm »

Si un artiste peut être représentatif de la scène « chillwave », c’est bien de Ernest Green, AKA Washed Out, qu’il s’agit. Cest ce même musicien qui semble capable d’échapper à ses pièges comme Paracosm son nouvel album semble y pointer. De toutes les personnes qui adhèrent strictement à ce sous-genre (paysages sonores s’évanouissant sous des réflexions oniriques et instrumentation anachronique censée reproduire la substance analogique des jam sessions languides de la fin des années 70) le Géorgien est celui qui a le plus de bon sens.

Ses débuts montraient déjà que ses visées étaient plus transcendantales que le shoegaze rétro et Paracosm va encore plus loin dans ce voyage imaginaire qui va plus loin que ce que la « bedroom music » apporte généralement en y apportant quelque chose de moins familier.

S’inspirant peut-être du Pala de Friendly Fires, Greene orne son disque de bruits organiques, ceux d’une jengle étouffante, de percussions s’apparentant à des cliquetis d’insectes, de chorus semblables à des bruissements d’arbres et de pépiements d’oiseaux. Cette palette décolorée apporte un contraste saisissant avecWithin and Without, en se débarrassant de tonalités sépias pour favoriser une explosion kaléidoscopique : « Don’t Give Up » est un titre funk évoquant une rave disco et un carnaaaavla brésilien, « Parocosm » est un arc-en-ciel psychédélique de harpes et de guitares hawaïennes qui semblent se tordre toutes les 30 secondes invoquant ainsi le charme d’un disque gondolé.

Greene est parvenu à sortir ici la « bedroom music » de son espace confiné, tempérant ainsi son inhérente mélancolie antisociale. Le ton est même parfois presque celui d’une célébration avec un « It All Feels Right », véritable manifeste d’affirmation en terme de textes tout comme par ses reverb soyeuses accompagnant une sensation de catharsis subtile.

Paracosm nous voit transportés ici dans un espace où la nature est exposée dans toute sa vibrance et il ne peut qu’inviter l’auditeur à la savourer.

★★★½☆

10 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Teen Daze: « The Inner Mansions »

La chillwave est, de nos jours, surnommée « sleep-tronica » par sa tendance à nous assoupir plutôt qu’à affuter nos sens. C’est une arme à double tranchant puisque, poussée jusqu’au bout, la logique en sera que la meilleure musique sera celle que nous percevrons quand nous serons inconscients.

C’est un peu la réflexion qui vient à l’écoute de cet Inner Mansions du producteur canadien Jamieson connu sous le nom de Teen Daze. Il crée en effet des paysages sonores propres à inciter au rêve dont la plupart se trouvent dans la première partie du disque comme s’il savait que l’aufiteur ne sera plus éveillé au bout de 20 minutes.

« New Life » fournira une très belle ouverture avec son mélange de soft rock et de trip hop, de falsetto à la Bee Gees et de batteries silencieuses. « Divided Loyalties » offrira ce même registre de saveurs suaves tout comme un « Discipleship » long morceau scintillant et confortable percutant pourtant parfois d’interludes abstraits qui préfigurent échappée vers la distortion. Celle-ci arrivera de manière incongrue sur « Union » qui, dans le contexte de l’album, est comme une resucée un peu pute dérobée aux années 80 et anticipe sur les rythmes et faux départs de « Garden 2 » et « The Heart of Gold ». Le résultat en est un album anti-climatique au possible, et, quand Inner Mansions se termine sur une reprise de Brian Eno, « Always Returning », on peut supposer que l’auditeur le plus attentif sera, depuis un certain temps, tombé dans le sommeil.

★★☆☆☆

4 janvier 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Hortlax Cobra: « 1984 »

Tout amateur de Rock connaît 1984 ceci sans être nécessairement fan de Van Halen. C’est en tous cas le premier album qu’acheta John Eriksson alors qu’il était enfant. Depuis, devenu musicien, il s’est converti à la synth pop, tendance chillwave et, sur son deuxième disque, il a décidé de reprendre les morceaux de la bande à Eddie Van Halen et de les réinterpréter à sa manière.Disons-le tout de suite, tous les titres sont méconnaissables, d’autant plus qu’on ne peut même pas se rattacher à des textes puisque l’option retenue a été, fort logiquement , de faire une nouvelle mouture instrumentale.Rien à comparer donc, pendre peut-être acte d’un hommage, et considérer ce 1984 comme une recréation avant tout. Évacuée est l’atmosphère « stadium rock », nous avons plutôt à faire à un disque de la cold wave la plus pure ; synthés, boîtes à rythmes et une utilisation occasionnelle du vocoder. Van Halen était un groupe qui avait une vision quelque peu hédoniste de la musique (et de la vie), ici Hotlex Cobra en explore plutôt les tréfonds glacés et sombres.Demeurent néanmoins une démarche affirmée qui, à l’usage, révèle une certaine intimité dans laquelle on pourrait se fondre et une aisance surprenante à rendre mélodique un opus qui se veut avant tout disque d’atmosphère. Les titres sont mélodieux, voire même accrocheurs  même s’il est difficile d’imaginer ce que le groupe pourrait en penser. Il permet néanmoins d’échafauder certains ponts entre des genres en apparence antinomiques, ce n’est pas son atout le moins négligeable. Après tout n’est-ce pas le propre du cobra que de parvenir à nous fasciner malgré nos réticences ?
★★★☆☆

2 janvier 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire