No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Giorgio Tuma: « This Life Denied Me Your Love »

Auteur d’un merveilleux album de « chamber pop » (In The Morning We’ll Meet), Gogio Tuma s’était mis à expérimenter au moyen de « singles », de diverses collaborations et d’incursions dans le cabaret et le reggae.

This Life Denied Me Your Love voit l’Italien renouer avec les tonalités rtiches de la chamber pop. Comme à l’origine on retrouve un son hérité des High Llamas et de Broadcast et évocateur de ces randonnées en solitaire la nuit dans les rues de Rome.

Si on ajoute un peu de soft rock («  Foxes Don’t Lie ») et une production plutôt vaporeuse aux confins de la dream pop on obtiendra un opus qui parvient toutefois à déchirer le voile qui l’enrobait grâce à des plages de « reverb » donnant à l’ensemble un son plus brouillé qu’éthéré. La ballade country, « Mountain Elia K » aura ainsi un climat cinématographique et « Maude Hope », lui, nous rappellera des groupes comme Stereolab.

Le résultat est un bel album fait de sophistication pour amateurs de bonne « easy listening ».

***1/2

 

18 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ra Ra Riot: « Need Your Light »

L’énergie de Ra Ra Riot a toujours été indéniable ; elle l’est encore plus sur ce quatrième album. Précédemment, elle se voulait porteuse d’impacts (les titres de Beta Love ne dépassaient pas 4 minutes), sur Need Your Light , le combo éprouve le besoin de s’étendre un peu plus dans l’electronica tout en conservant une approche chamber ou baroque pop.

Cette nouvelle approche n’est pourtant pas prédominante, Need Tour Light se veut un « partry album » mais elle n’est qu’un des éléments de l’équation.

S’il y a des synthés, ils sont constitués de riffs qui louchent vers la mouvance « heavy » et le groove qui aurait pu être « dance » va plutôt voir du côté du honky-tonk que de l’electro. Le résultat en est un opus qui balance mais qui va plutôt voir dans ce qui se faisait il y a une dizaine d’années que d’une échappée sans retour.

Le travail rythmique est, ici, fondamental et le « single, » « Water », exemplifie à merveille la fusion de tous ces styles pour atteindre un sommet « symphonico électronique » et célébratoire.

***

5 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

The Sun Harmonic: « After We Fly »

Kales Nathaniel Hikele a choisi un pseudo assez judicieux, The Sun Harmonic, pour nous délivrer une musique élégiaque, légère et endeuillée.

Pour cela il semble avoir puisé dans les plus belles ballades des Beatles pour y trouver inspiration, chose relativement aisé pour un jeune homme qui a pris des cours de paino classique depuis l’âge de cinq ans.

After We Fly est pétri de ces jolis maniérismes que l’on trouve dans la chamber pop sous-entendant un extérieur pastoral et traversé par les lueurs d’un soleil couchant.

 

Tout est donc dans la tempérance et la délicatesse, même quand, de-ci de-là, une instrumentation discrète encadre les morceaux mais ce sera surtout quand il parvient à joindre cette délicatesse à une véritable intimité (« As I Go Away », « Where Your Beauty Lies ») qu’il est le plus impérial.

Avoir commencé comme chanteur punk mène à tout ; Hikele s’en est sorti avec majesté.

***1/2

20 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Granite Shore: « Once More From The Top »

Il aura fallu attendre cinq ans et deux « singles » (dont un fantastique « Flood of Fortune ») pour que Nick Halliwell ne sorte, toujours sous le nom de The Granite Shore, son premier album Once More From The Top.

Du granit, le disque n’a bi la pesanteur ni la masse ; pour cet opus Halliwell a su s’entourer de ce qui se fait de plus beau en matière de pop anglaise tendance baroque. On aura donc droit àaux participations de Phil Wilson (June Brides), Mike Kellie (Only Ones), Steve Perrin et Mike Finney (Distractions) et Martin Bramah (Blue Orchids, The Fall).

Ce qui sera de mise sera par conséquent cette légèreté sans âge qui évoquera The Divine Comedy, Shack (les membres de Pale Fountains qui ont servi de backing-band à Arthur Lee) ou Wild Swans qui ont participé au premier « single » de Halliwell.

On ne feindra pas d’oublier une influence primordiale celle de Eric Matthews qui semble avoir été ici responsable des arrangements étincelants et chamarrés (les trompettes par exemple) accompagnant les guitares éthérées de cette pop arcboutée à la douce brise d’un vent délicat.

Les vocaux sont comme des caresses de crooners et les compositions de véritables tours de force même si le disque aurait pu utiliser des titres plus enlevés de la tremp ede « Windows and Orphans » ou « Flood ».

Si on ajoute que Once More From The Top est une sorte de concept album relatant la vie et la carrière d’un groupe, face publique puis face cachée respectivement sur un microsillon numéroté 1 et 2, on pourra sans exagérer placer cet opus aux côtés du légendaire Odessey & Oracle des Zombies autre figure tutélaire de cette pop aussi éternelle que peut l’être la beauté interprétée par des musiciens habités par cet amour obstiné de la musique qui gouverne la trame de l’album.

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20 juin 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Chilly Gonzales: « Chambers »

Après le succès de Solo Piano II en 2012, John Beck, plus connu sous le nom de Chilly Gonzales, est de retour avec  Chambers. Ce natif de Montréal traîne une réputation d’enfante terrible et de personnage arrogant (ne dit-il pas de lui qu’il est un génie?) mais on ne peut nier son jeu de piano inventif et, ici, une addition bienvenue, celle d’un quatuor à cordes.

Son approche demeure, à sa décharge, teintée d’humour et elle permet de rendre accessible à beaucouo une forme d’art, ici la musique de chambre de la période romantique, réputée difficile. Sous ses doigts habiles il est capable de mettre en valeur son intimité chaleureuse et ses mélodies doucement flottantes ; c’est à cet exercice que Chambers s‘attelle et avec un certain succès.

Soutenu par le Kaiser Quartett de Hambourg les compositions se succèdent de façon harmonieuse (« Green’s Leaves », «  Freudian Slippers » par exemple, certaines même comme « Switchcraft » nous proposent des incursions plus sombres dans des mouvements alternant passages furtifs et élémets plus spacieux. Comme pour touts ces compositions, Gonzales a le chic pour nous ramener au motif initial et à son léger et tintant frappé de touches.

La rythmique n’est pas absente, « Solitaire » se veut même désinvolte tout comme l’élan qui dictera l’urgence véhiculée par les cordes sur « Sample This ». Enfin, le sens du jeu n’est pas non plus négligé avec « Cello Gonzales », une conversation entre le pianiste et son violoncelliste ou « Myth Me » calembour sur « miss me » (me manquer) et son faux statut d’artiste mythique .

Artiste, Gonzales l’est absolument ; il n’est que de de considérer son va et vient entre modes mineurs et majeurs sur « Advantae Points » ou la fluidité de « Burden This » ; capable ainsi de donner une tournure évocatrice à ses compositions, il nous offre un pont inattendu entre le sérieux du classique et l’enthousiasme de la pop.

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6 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Belle & Sebastien: « Girls In Peacetime Want To Dance « 

Avec la sortie, attrayante et calmement aventureuse, de ce disque, toute crainte qu’on aurait pu avoir que Belle & Sebastien aient perdu leur élan en raison des distractions de Stuart Murdoch générées par le projet God Help the Girl ainsi que par l’enregistrement de seulement deux albums en neuf ans, doit être aujourd’hui évacuée. Si le groupe n’a pas percé comme leurs disques des années 90 auraient pu le faire espérer, il ne s’est pas non plus séparé et la faconde créative de ce nouvel opus suggère , au contraire, qu’un processus de jouvence est à l’oeuvre ici.

Les compositions sont subtiles, modernes dans la mesure où elles ménagent un mélange générique de ce qui se fait de nos jours mais lui apportent une touche artisanale old school aussi bien dans la musique que dans les textes. De ce fait, le spectre des chansons est plus large que ce à quoi les fans peuvent être habitués et avec l’érudition et le poli qui émanent des paroles on a droit à un équilibre efficace entre humour et réflexions sentencieuses. « Nobody’s Empire » est ainsi une exploration à la première personne des expériences du narrateur, combinant résilience et vulnérabilité, et riche de détails. « Enter Sylvia Plath » et « Play For Today » sont atteints de changements d’humeur et ponctués d’une synth disco alerte, anthémique et enlevée qui dément le sujet de ces deux drames issus de la BBC.

« Everlasting Muse » affichera un parfum gitan plein de swing et le tout sera enrobé dans un son cristallin du plus bel effet que l’on peut sans doute attribuer au producteur Ben Allen. Celui-ci parvient on ne peut mieux à mettre en évidence la pureté vocale de Sarah Martin en particulier quand elle chante en harmonie dans des duos et qu’elle est épaulée par une délicate reverb lustrée.

Belle & Sebastien valent mieux que le rock respectable et feutré dans lequel ils ont été enfermés. Si on cherche quelque chose d’hédoniste ou de psychotique, Girls In Peacetime Want To Dance sera trop aimable pour vous. En revanche , quand on aime que la musique soit mélodiques pleine d’esprit, diverse et dansante, il sera difficile de déceler une faille dans une écoute qui prodiguera joies et découvertes.

***1/2

15 janvier 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Alexander Von Mehren : « Aéropop Revisited »

Voilà environ un an, Alexander Von Mehren a sorti un « debut album » de chamber pop et d’indie pop formidablement construit, Aéropop. Il y chantait, en avait composé les titres et l’avait, bien sûr, produit.

Aujourd’hui il a décidé de nous le présenter à nouveau sous forme de remixes, Aéropop Revisited, avec un concept tout simple : faire parvenir le résultat de six ans de travail méticuleux à des artistes ayant le même esprit avec l’espàoir qu’ils traiteraient ses bien jolis joyaux pop avec le respect qui leur était dû.

Il n’aurait sans doute pas pu choisir des artistes aussi dans le ton que Sean O’ Hagen des High Llamas, Any Ramsey et Joe Watson (tous deux anciens de Streolab) ou le musicien de « chamber pop » français, Orwell.

Chacun d’entre eux va donner aux compositions originales deVon Mehren une petite et douce tournure spacey qui vont enjoliver les morceaux de la plus belle manière. Le groupe norvégien Young Dreams, Dave LeBleu (Mercury Program) et le producteur « downtempo » Crookram traitent ce répertoire avec des gants et, si certains, remixes s’éloignent quelque peu des originaux ils n’en trahissent pas le climat. Young Dreams par exemple élargissent les « vibes » laid back de la musique de Von Merhen, LeBleu, lui, va aller jusqu’au bout des jams post-rock et Crookram plongera un doigt dans la mare du hip-hop.

Alors que de nombreux projets de cette nature se terminent sur une note chaotique, Aéropop Revisited reste fidèle à l’éthique perfectionniste de Von Mehren. En ce sens cet album n’est pas un doublon mais un compagnon à un original qui montre ainsi à quel point il était vecteur de richesse.

***1/2

3 décembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Jenn Ghetto, ancien membre de Clarrisa’s Wierd, a eu relation avec la musique faite d’implication et de rupture. Après que chacun des musiciens du groupe ait poursuivi ses propres envies (Ben Bridwell et Mat Brooke format Band of Horses), elle se dirigea vers une sorte de pop faite c »at home » pour enregistrer sous le patronyme de S.

Après son deuxième album, Puking and Crying, en 2004, elle décida quelle en avait fini avec la musique aussi parler d’elle aujourd’hui indique qu’elle n’en a pas totalement fait son deuil. En 2010 elle sortit I’m not as good at it as you et, les joies des tournées aidant peut-être, la voici de retour avec Cool Choices.

Aux antipodes d’un enregistrement fait chez soi, ce dernier album est extrêmement travaillé ce qui doit être mis au crédit de la production de Chris Walla que Ghetto a persuadé d’être aux manettes. Choix cool donc, qui pourrait même être reproduit plus tard mais dépendant de l’évolution qu’a la chanteuse avec ses relations. Cool Choices a été, en effet, nommé ainsi sarcastiquement durant une rupture amoureuse survenue en 2012 et cela une conséquence directe sur la fixation qu’on note sur les textes.Si la chanteuse a durci un peu sa voix, ces événements en sont sans doute la conséquence et l’album semble être le produit d’une expérience gutturale si on s’en tient à son phrasé.

« Brunch » fait ainsi montre d’une colère pleine de ressentiment qu’on pourrait apparenter à Alanis Morisette plutôt qu’à Taylor Swift. Pourtant Cool Choices est plus fait de lamentations que de fractures car Ghetto est plus à l’aise dans la contemplation de ses blessures (sortir avec la mauvaise personne) que dans la vindicte. L’humeur demeure sombre mais, une fois que le titre d’ouverture « Losers » se développe avec sa mélodie accompagnée au piano et ses accords de guitare dépouillés, déploie une humeur zen douloureuse à laquelle n’importe qui peut s’identifier sans, toutefois, vouloir en faire l’expérience.

Il y aura néanmoins une lumière à la fin du tunnel ; le disque se termine sur une note optimiste, « Let The Light In ». Est-ce une ébauche de réconciliation avec soi-même et de purge des émotions létales ? Une suite, si elle a lieu, nous apportera peut-être un fragment de réponse.

***1/2

25 octobre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Kevin Drew: « Darlings »

En 2007, le groupe indie canadien Broken Social Scene avait présenté et accompagné son leader Kevin Drew pour son premier album solo, Spirit If….

Cette fois, Drew se présente sans personne sur ce Darlings, deuxième disque qui était destiné à sortir même si ce combo de pop baroque ne s’était pas, hélas, séparé. Ici libre cours lui est donné pour nous monter ses divers talents, en tant qu’interprète mais aussi comme compositeur capable de créer un opus éthéré tout en restant évocateur.

À chaque sortie d’un dique, on se demande ce qu’un artiste va nous proposer par la suite. S’éloigner e ses tonalités originelles peut être source de déception surtout si c’est cette originalité qui nous a fait les apprécier au départ. Drew ne va pas s’égarer loin de son aptitude habituelle à nous délivrer des climats subtils et euphoriques. Sur Darlings , les guitares brumeuses et en distorsion sont remplacées par une ambiance intime permettant à l’auditeur de ne pas faire qu’admirer les multiples nappes sonores.

Le « songwriting », lui aussi, a évolué. Le « single » « Good Sex » accumule des couches de guitares harmonieuses sur un tempo de valse et des percussions où ce qui compte est la délicatesse de l’éclat. Les textes se veulent réalistes insistant sur le fait que le bon sexe n’est pas simplement une affaire de cœur mais aussi de corps.

La même atmosphère plaisamment mesurée se retrouvera sur l’album, avec par exemple « BullshIt Ballad » optant pour une beat organisé et un synthé semblable à une vague accompagnant opportunité des accords de guitare au son clair et estival. Une atmosphère de gravité s’infiltrera alors grâce à des guitares délavées, preuve que Dreaw sait avec faconde glisser d’une ambiance à une autre.

Vouloir s’affranchir de ses racines peut être parfois une rude épreuve. Drew a choisi de rester proche du registre de Broken Social Scene et il a pu mettre un peu plus vant sa personnalité et ce en quoi il croit. En restant fidèle à lui_même et à la musique qu’il souhaite produire, il fera de Darlings l’exemple idéal d’album capable de capter son audience émotivement pas ses compositions et sa leste musicalité.

guitareguitareguitare1/2

24 mars 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Gem Club: « In Roses »

Gem Club veut dire « club du joyau » et c’est un terme qui va merveilleusement bien à ce trio de « chamber pop » originaire de Boston et dont In Roses est le deuxième album.

Le groupe se veit minimaliste pourtant mais il présente sa musique avec une telle finesse et un si grand sens de la beauté que sa mélancolie semble suinter d’une émotion et d’une douleur si fortes qu’elles sont parfois dures à supporter. Il est vrai que la voix de Christopher Barnes exige d’être suivie sur ce registre même si In Roses montre un raffinement de leur son qui lui donne une plus grande ampleur et s’avère plus saisissante que sur leur « debut album ».

L’arrière plan thématique de Barnes demeure élégiaque mais moins emphatique qu’auparavant. Ceci est apparent sur « Speech for Foxes » où l’instrumentation (frappés de piano éloquents, cordes comme abandonnées) n’a pas à se battre pour rivaliser avec la voix et maintient un précieux équilibre entre punch et légèreté où tout est dit sans être véritablement énoncé.

L’intérêt de In Roses réside en effet dans cet amalgame où l’émotion est présente, honnête et même mise en avant mais qu’elle demeure élusive comme une feuille, évitant tout molleton pour atteindre directement le cœur. Le titre fermant le disque, « Polly », est, à cet égard, poignant, dramatique et désenchanté procurant un sens de l’horreur tant il semble être agressivement à l’affût de toute faiblesse émotive, le tout accentué par une beauté qui fait mal. En ce sens il est difficile de ne pas s’immerger dans ce disque et d’en déguster les fragrances toutes dangereuses qu’elles soient. Ces ballades sont intimes, trop peut-être, elles incarnent à merveille un univers qui mérite qu’on y plonge. On en ressortira peut-être pas indemne, mais revenu d’un abysse, au final, apaisant et éminemment cathartique.

★★★½☆

3 février 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire