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Ra Ra Riot: « Superbloom »

Métaphore d’un monde qui part à la dérive, la pochette de l’album, ce bouquet de fleur qui se pixelise, qui devient  flou par endroit, est à l’image de la musique qu’il contient. Certaines fois, il s’écoute tout seul, un genre de ballet électro pop à peu près dans le spectre émotionnel normal. Et puis les autres fois, souvent, disons qu’on est plus dans le dur, à causer de guerre, de famine, de malheur divers sur l’échelle de la douleur. Globalement, il s’agit bien d’un disque triste, ce qui ne l’empêche pas d’avoir toute ses qualité intrinsèque.

On remarquera déjà à l’écoute que ce mélange de pop et d’électro fonctionne parfaitement, qu’aucune chanson ne pompe honteusement une autre, tout en ayant un disque d’une grande cohérence  musicale. C’est d’ailleur la diversité de sa musique qui en fait sa force, avec force d’éclectisme, avec cet esprit pop indéniable, celui qui vous fait bouger tout seul sur la chaise du bureau. Mention pour le chant, tout en énergie mais aussi en retenu,e ainsi que pour les chœurs, très réussis.

Peut être pas un album indispensable, mais, sans conteste, un disque à écouter.

***1/2

28 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Emma Russack: « Winter Blues »

Beaucoup de questions sont posées par Emma Russack sur Winter Blues son cinquième album, un disque où elle passe beaucoup de temps à s’interroger sur ses motivations sans, pour autant, recueillir de réponses.

Mais c’est, au fond, le but ; Russack a trop de jugeote pour ne pas savoir qu’une interrogation telle que celle posée sur le titre « What Is Love » n’est inéressante que pour les raponses que chacun peut y donner.

En encadrant ces problématiques dans un support musical où domine une chamber pop au ralenti, Russell apporte à la fois ruminations et évite de s’emparer d’un processus de travail sur soi douloureux mais aussi fastidieux pour qui l’écoutera.

La chanteuse a choisi la crête fine qui est celle sise entre dramaturgie et facétie, une approche beaucoup plus organique que celle qui précédait sur son compagnon précédent, un Permanent Vacation ancré dans la quête extatique et idéalisée.

Ainsi, « Be Real » s’ancrera dans un schéma «  riot grrrl » agressif, du moins autant que la chanteuse peut l’être. Nul beaoin de faire démonqtration de dorce pour affirmer son point de vue. Chacun pourra, ici, y trouver sa propre identité ; ouvrer sur son passé ou ses vulnérabilités n’a de sens que si volume et textures ne sont pas mises en avant pour le plaisir de l’être. La chanson-titre est, à cet égard, faite de cette résignation endeuillée où l’artiste s’emploie à traiter avec humour et second degré notre humeur de découragement dans laquelle il est si facile de se complaire en blâmant le temps qu’il fait , ou une chose aussi bien qu’une autre.

Ce disque est, au contraire, une réussite pour cet artiste idiosyncratique et atypique d’explorer ses frustrations et colères sans en faire étalage. Cette approche minimaliste est saisissante tant elle permet de créer une fragilité de toute beauté au sein de cette manière qu’a Russack de s’ouvrir en toute sincérité comme si Winter Blues était un acte de confiance.

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21 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Hilang Child: « Years »

Hilang Child fait parti de ces nouveaux noms à retenir dans la scène indépendante. L’artiste, mi-indonésien mi-gallois, a, indubitablement, de quoi faire parler de lui avec un univers musical qui laisse pantois sur son premier album intitulé Years.

De son vrai nom Ed Riman, il nous offre un parfait condensé de pop baroque et de post-rock aérien pour un résultat bluffant. Imaginez un peu une fusion entre Sigur Ros et Fleet Foxes et bien vous obtiendrez des morceaux aux incroyables arrangements. On peut citer le titre d’introduction nommé « I Wrote A Letter Home » avec ses envolées vocales et lyriques ou bien même des sonorités dignes d’Imogen Heap sur le titre suivant « Growing Things » comme quoi le bonhomme n’a pas froid aux yeux.

C’est avec des chœurs célestes, des ambiances atmosphériques et des refrains envoûtants qu’Hilang Child tire son épingle du jeu. Que ce soit à l’écoute des perles comme « Boy », « Rot » ou bien de « Oh, We’re Getting Along » ou des moments bluffants comme la cascade de synthés sur « Starlight, Tender Blue » et le crescendo instrumental de « Endless String », Years regorge d’innombrables trouvailles inventives qui nous font frissonner. Et il est clair que le musicien a tout appris de ses influences en plus de Beach Boys qui plane tout au long avec le sublime « Crow » et met la barre déjà haute pour ce premier disque constant et homogène qui brille par sa beauté cristalline.

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13 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Kishi Bashi: « Omoiyari »

On n’avait plus de signe de vie de la part de Kishi Bashi et son troisième album Sonderlust paru il y a maintenant deux ans et demi. Il est fort dommage que le musicien américain d’origine japonaise soit soit sous-estimé de la sorte car à travers ses récits personnels, il ressort toujours des œuvres d’exception. Une fois de plus, il nous le prouve avec l’incroyable Omoiyari.

Moins personnel thématiquement parlant et plus sociopolitique dans les discours, Kishi Bashi donne son avis sur la montée de la white supremacy aux Etats-Unis suite aux élections américaines de 2016 ayant plongé le pays dans le chaos. Profondément affecté par le sort des Américains ainsi que des personnes étrangères vivant sur le sol, il décide de cicatriser cette douleur et ce malaise général en musique. Et pour ce faire, il revient aux sources en nous offrant ses compositions les plus touchantes avec « Penny Rabbit and Summer Bear » qui ouvre le bal ou bien même « Marigold » et « Angeline ».

Omoiyari le verra emprunter des influences plus baroques et moins audacieux qu’auparavant. Un peu comme si Sufjan Stevens de la période Illinois et Fleet Foxes ou bien même Other Lives fusionnait sur des titres aux allures dramaturgiques comme « F Delano » et « Summer of ’42 » où il nous plonge dans des récits dignes des plus grandes épopées de l’histoire de son pays d’origine. Qu’il chante en japonais sur le théâtral « Theme From Jerome (Forgotten Words) » ou que ce soit en instrumental sur le frémissant « A Meal For Leaves », Kishi Bashi ne laissera personne indifférent. Excepté la conclusion country-folk un peu trop légère nommée « Annie, Heart Thief of the Sea » en revanche.

Avec Omoiyari, Kishi Bashi revient aux sources et nous offre son disque le plus touchant et le plus engagé de sa carrière. En ouvrant les grandes pages de l’histoire et en remettant le contexte dans la société d’aujourd’hui, le musicien arrive enfin à faire ouvrir les yeux de son auditeur et nos oreilles avec.

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6 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Pearlfishers: « Love and Other Hopeless Things »

David Scott, leader de The Pearlfishers, sort son neuvième et peut-être ultime album sous le nom du groupe puisque le label pour qui il enregistrait a mis la clef sous la porte.

Rien, toutefois, ne ressemble plus à un album de The Pearlfishers qu’un nouvel album des Pearlfishers. L’Écossais maîtrise sur le bout de ses agiles petits doigts l’abécédaire de la pop de chambre, signé d’or aux côtés de ses contemporains Neil Hannon, Sean O’Hagan, Paddy McAloon et bien sûr le collègue Brent Cash. Love and Other Hopeless Things en est sa plus éclatante démonstration en date : élégance innée dans les arrangements de cordes et de cuivres, allégeance prêtée à Brian Wilson, Burt Bacharach, une certaine patine jazzy aussi.

C’est un disque d’un raffinement absolu, aux mélodies délicates, irradiées de romantisme, mais relevant d’une science de l’orchestration précise qui n’est pas à la portée du premier venu.

Cinq ans après Open Up Your Coloruring Book, ce nouvel album approfondit encore cette quête vouée par Scott de la chanson pop parfaite… Peut-être l’a-t-il bien atteinte sur « Sometimes It Rains In Glasgow », somptueuse ballade hommage à sa ville, qui nous transporte instantanément dans ces trottoirs perlés de pluie.. L’album laisse pourtant encore quelques splendeurs à découvrir, tel « Once I Lived In London », co-écrit avec Bill DeMain (membre du duo américain Swan Dive), aux doux arpèges folk et ses harmonies enchanteresses élaborées sous l’égide de Jimmy Webb. On remarquera aussi un instantané pop « One For The Bairns » ou uelques sensibilités latines plus prononcées en version cinémascope, Nino Rota et Ennio Morricone sur le splendide instrumental « A Woman On The Verge Of Becoming A Cyclist ». Une ballade nocturne aussi, superbe, « A Walk Into The Blue Night », seul titre véritablement poignant accompagnera ce disque taillé pour fédérer la lumière, symptome que ces chansons sur L’amour et ses choses désespérées renouent avec cet art perdu et précieux de la pop orchestrale de bon goût.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Lawrence Arabia:  » Lawrence Arabia’s Singles Club »

Le Néo-Zélandais James Milne est un fervent défenseur de la cause « chamber pop ». La vraie, celle avec clavecin, violons ou autre autoharp. La sienne est, certe,s bercée au son 70’s de la côte ouest américaine, mais – tout en restant de facture classique – elle est surtout confectionnée de mille et une textures qui lui permettent d’élargir les frontières. Ou du moins, de les rendre perméables à des incursions indie, voire britpop (dans ce qu’elle avait de plus orchestrée).

Apparu en 2007 au sein de formations comme The Brunettes ou encore The Reduction Agents, James Milne a aussi accompagné Feist, Okkervill River ou encore Connan Mockasin, avant de se faire connaître sous le nom de Lawrence Arabia. Sous ce patronyme, il a sorti quatre albums. Et ce Lawrence Arabia’s Singles Club est le cinquième de la série. Mélodies pop de hautes volées, arrangements d’une classe folle, joli casting… Voilà un disque qui porte bien son nom, tant chacune de ces douze chansons pourrait justement faire office de « singles ».

D’ailleurs, c’est ainsi que le disque a été conçu. Comme une compilation rassemblant le fruit de douze mois de travail. En effet, durant un an, James Milne a composé un titre par mois, qu’il se devait de livrer à tous ceux qui avaient bien voulu contribuer à son projet lancé sur Kickstarter. Le tout, sur la base de trente esquisses de chansons tracées à partir de 2016 (après la sortie d’Absolute Truth), et avec cet objectif d’en faire « douze splendides singles ». Un travail – deadline mensuelle oblige – mené dans une urgence qui a permis à James Milne de faire ressortir le meilleur de Lawrence Arabia.

L’entrée en matière qu’est « Solitary Guys » est à tomber par terre et rappelle l’habileté déconcertante qu’à James Milne pour tailler et habiller la chanson pop parfaite. Tout en falsetto. C’est lumineux, ça laisse rêveur, et le pire c’est que le miracle se reproduit sur « One Unique Creature », « Everybody Wants Something » et surtout sur « Everything’s Minimal ». Lawrence Arabia y dépeint les couples Instagram qui montrent tout et qui – finalement – trompent tout le monde à commencer par eux-mêmes (« And now we lie, lie, lie »). Pour ça, il est accompagné par Hollie Fulbrook (Tiny Ruins) et tous deux forment une romance qui déchante à merveille.

Tant que nous y sommes, évoquons aussi l’autre invité de marque du Singles Club de Lawrence Arabia. On le retrouve en fin de parcours, le temps d’un « Just Sleep (Your Shame Will Keep) », et il s’agit ni plus ni moins que de Van Dyke Parks, l’arrangeur préféré de Brian – Beach Boys – Wilson. Tout cela, en sachant que Lawrence Arabia est ici épaulé par tous ceux qui ont jalonné son parcours. C’est le cas de l’homme au masque blanc Jonathan Bree, ou encore de Liam Finn.

Ailleurs, Grandaddy fait de la twee-pop (« A Little Hate »), la britpop classieuse se voit ressuscitée (« Oppositional Democracy »), Syd Barrett pastiché (« Cecily ») et « La Femme d’Argent » de Air rappelée à nos souvenirs adolescents (cette basse ronde 70’s que l’on retrouve régulièrement ici et là). Dit comme ça, on pourrait croire que ça part dans tous les sens, mais pas du tout. Tout est cohérent, sans emphase et mené avec une ironie propre à tout bon « faiseur » de chamber pop. Dans le texte, on pense notamment à Neil Hannon et à sa Divine Comedy. C’est toujours juste, drôle, et cela faisait bien longtemps qu’un disque de ce genre n’avait été aussi brillant.

****1/2

3 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Opelias: « Almost »

Almost sent bon le printemps et ce quatuor venu de Cincinnati nous apporte un rayon de soleil parfumé d’une douce mélancolie. Ce deuxième album commence par quelques onomatopées (« pom pom pom pom pom »). Tel un joli conte, « Fog » ouvre le bal d’un univers qui dépeint le quotidien des jeunes filles actuelles, amours perdues, premiers rapports et petits tracas avec la force et le pouvoir de maîtriser son destin face à des mecs qui ont oublié que les nanas avaient repris leur destin en main, comme sur la superbe « General Electric ».

Tout l’album va résonner au son du piano et du violon (un fil rouge qui se trouve être l’épine dorsale de ce projet), parfaitement maîtrisés par Andrea Gutmann-Fuentes. La rythmique, menée à la baguette par Micaela Adams (batterie) et Grace Weir (basse); le chant et les compositions sont assurés par Spencer Peppet, une voix douce, un timbre apaisant. On s’abandonne pendant trente minutes dans un univers sans pareil, d’une rare élégance.

Avec Almost, ces musiciennes poussent le curseur un peu plus loin dans le détail des arrangements, chaque chanson dégage sa propre atmosphère comme le passage en boucle inconscient de « Night Signs ».

Les chansons s’enchaînent, brèves et efficaces, des mots éveillent nos sens ou des souvenirs d’enfance, entre un rêve doux et un cauchemar récurent. Avec Almost, The Ophelias atteignent presque l’équilibre parfait. Elles ont su magnifier l’intime en allant jusqu’au bout de leur créativité. Un disque qui pourrait peut-être devenir une référence.

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4 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Michael Nau and The Mighty Thread: « Michael Nau and The Mighty Thread »

Michael Nau and The Mighty Thread : sous ce premier album éponyme, se cache un musicien venu de Maryland qui, accompagné de son groupe, nous embarque dans des virées rétro pour les moins renversantes à mi-chemin entre folk psychédélique et Americana débridé nourrie de chamber-pop

On se laisse ainsi embarquer par des titres aux arrangements somptueux faits maison (piano dans le salon, vibraphone dans la cuisine, guitare la salle de bain, section rythmique dans la chambre…) allant de « Less Than Positive » à la pop meurtrie de « On Ice » en passant par les voluptueux « When », « What’s A Loon » et autres « Funny In Real Life ».

Michael Nau and The Mighty Thread a ralisé ici un très bel album de pop de chambre fait maison avec des grands moyens. Résolument voyageur de A à Z notamment sur « Far The Far », « Funny Wind » ainsi que l’étincelante conclusion qu’est « Smudge », ce premier opus sent l’été et le voyage vers d’autres horions et arrive à nous emmener très loin. Un road album gorgé d’émotions et de ciselures en quelque sorte.

***1/2

30 octobre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Chilly Gonzales: « Solo Piano III »

Le Montréalais d’origine Chilly Gonzales s’est fait connaître pour ses multiples commerces avec le jazz, le trip-hop et la pop. Il a collaboré avec Daft Punk ou Drake mais son album le plus populaire est paru 2004, Solo Piano, était loin de représenter ce qu’on connaissait de lui. Le pianiste laissait aller tout son talent en présentant des compositions rappelant beaucoup le jeu délicat des morceaux d’Erik Satie. Après avoir renoué l’exercice avec Solo Piano II en 2012, il revient avec Solo Piano III, un bel album dans la continuité des précédents.

L’inspiration de Satie reste évidente dans Solo Piano III.  Dans « Treppen  » , le premier titre, la progression et le jeu utilisé par Gonzales font beaucoup penser au travail du compositeur français. « Famous Hungarians », « Chico » et « Be Natural » ont aussi cette lenteur caractéristique alors que «  Eye » s’écoute comme une valse.

Par la suite, le rythme devient différent et mène vers d’autres univers. Il y a des rappels plus anciens encore: « in C-Sharp Major  c fait carrément référence à un autre prélude bien connu de Bach qu’on trouve dans « Le Clavier bien tempéré ». L’emprunt est plus qu’évident mais il est très emblématique de la volonté qu’a Gonzales  à jouer avec les différents courants musicaux pour en faire une autre oeuvre à part entière.

D’autres influences plus modernes sont présentes dans plusieurs mélodies. « Nimbus » emprunte la densité du son et le minimalisme qu’on trouve dans la musique de Philip Glass. « Pretenderness », lui, le rappelle dans l’utilisation de boucles mélodiques. Quant à « Blizzard », le jeu de piano est très proche du jazz et l’air évoque plutôt Steve Reich, un autre grand de la musique minimaliste.

En somme, voilà un album est bien exécuté. La surprise est moins grande que lors de la sortie des deux premiers, mais il n’en reste pas moins un produit de belle qualité.

***1/2

14 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

My Autumn Armour: « Letter To Brie »

Parfois il ne suffit que d’une guitare acoustique sonnant doucement, d’un rock construit sur une suite d’accords légers et d’un talent démoniaque pour écrire des textes intelligents. Si vous êtes capable d’y associer un esprit subtil vous êtes alors capable de réaliser un album de la trempe de ce Letters To Brie, méfait commis par My Autumn Armour l’aventure solo du californien Thomas Monroe.

Ce musicien est le maître d’oeuvre d’un EP qui combine rock moderne façon Killers et manière de redonner fraîcheur à bon nombre de titres qu’on estampillerait volontiers comme classiques du genre.

« In a Scene » est sans équivoque un morceau irrésistible : rythmiques fracassantes, synthés à vous rendre pantois et inflexion vocale à la Cheap Trick. Les lyriques de Monroe sont hyper descriptifs et pointent au récit d’une histoire qui se veut grandiose et alimentée par une attaque musicale hachée façon new wave.

« Gabrielle” » ouvre l’album sur un mode joliment sensible avec des tonalités luxuriantes et désuètes en collision avec une mélodie pleine d’allant. La voix de Monroe est soyeuse et lisse mais suinte de passion, chose permise par le large spectre du chanteur où la plaidoirie pour La Dame est, ici, emprunte de vulnérabilité et de dépendance.

Être un redoutable artisan de la chose dite est une chose, créer un univers où honnêteté et sensibilité est une autre gageure. C’est pourtant ce que réussit à faire Letters To Brie. Les portes sont grande ouvertes au potentiel émotionnel sans doute parce que le matériel est encore délié. Arriver ainsi au coeur des choses rend essentielle l’arrivée d’un véritable dont on se doit de jurer qu’il est voué à déchirer.

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22 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire