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DMA’s: « For Now »

En 2016, le trio australien DMA’s est sorti des sentiers battus avec leur premier album Hill’s End. Considérés comme les successeurs hémisphère sud d’Oasisi, ils ontréussi à s’imposer sur la scène locale jusqu’à l’international. Il n’est donc pas surprenant de les voir retenter l’expérience avec For Now.

Cette relative notoriété n’autorisera ici rien si ce n’est peaufiner une formule et permetttre à DMA’s de rester dans sa zone de confort. On nous offre donc des hymnes britpop raffinés comme ceux d’antan, « Dawning » ou « Break Me ». Par ailleurs, For Now, produit par Kim Moyes de The Priests, est également l’occasion idéale de jouer au jeu des influences qui priment sur les morceaux sentant bon les années 1990 avec ses riffs bien catchy et l’interprétation de Tom O’Donnell toujours aussi impeccable.

On y décèle du The Verve sur « Break Me » ainsi que du The Cure sur « Warsaw » qui a de quoi rappeler leur fameux « Friday, I’m In Love » ou encore du The Charlatans sur l’introduction. Entre shoegaze, baggy et jangle-pop, DMA’s se rapproche de plus en plus de la scène Madchester comme l’atteste « Lazy Love » et « Time & Money » aux gimmicks que n’auraient pas renié The Stone Roses. Moins mémorable que leur prédécesseur, la bande de Tom O’Donnell continue son bonhomme de chemin mais on est en droit d’espérer qu’ils réussiront à se démarquer de leurs influences pour trouver un son unique.

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6 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Richard Ashcroft: « Natural Rebel »

Richard Ashcroft c’est un peu le pendant de Liam Gallagher, autre parangon de la britpop, continuer un carrière en étant sans cesse à sa gloire (réelle ou supposée) passée. Deux ans après un These People pas négligeable voici Natural Rebel dont le titre-même semble véhiculer l’image que l’ex-Verve soit donner de lui.

S’il est une chose qui n’a pas bougé chez lui c’est bien la voix ; certains titres veulent en attester et ce ne sont pas « Surprised by the Joy », « Born to Be Strangers » ou « That’s When I Feel It » qui nous prouveront le contraire. Ashcroft fait cohabiter avec aisance le rugueux et le délicat, chose pour laquelle la production de l’éternel John Potter a toujours été irréprochable.

Mais c’est plus sur un autre territoire que le chanteur souhaite être jugé, celui de l’assurance tranquille et d(une certaine élégance classieuse. « Aman In Motion » s’emploie à cet exercice sans démériter pour le premier objectif, ce seront des ballades comme, par exemple, « That’s How Strong » pour donner chair à cette ambition.

Le résultat sera mitigé ; il n’y a rien de bien novateur sur ce Naturel Rebel qui semble plutôt conforter le diction « chassez le naturel il revient au galop ». Quant à la rébellion dont Ashcrof semble se faire un porte-parole elle ne peut que renforcer cette idée que révolte de l’apparence ne fait qu’un avec apparence de la révolte.

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25 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Darryl McCarty: « The Speed of Light »

Après avoir joué avec des groupes comme Chasing Arcadia et The Chasing Flowers London, il est surprenant de savoir que Darryl McCarty est natif du Canada et non d’Angleterre. Son premier album solo, The Speed of Light, sonne en outre comme un véritable documentaire sur l’histoire de la musique britannique indie et brit pop de ces trente dernières années avec des titres comme «  Strong Wind  » ou «  Where We Begin  » qui auraient très bien pu dater de la fin des 80s ou début des 90s.

Pour un premier opus solo, McCarty a, du coup, réalisé quelque chose de plutôt rare si on considère qu’il s’agit d’un «  debut album  ». Les influences, (U2, Tom Petty sont les plus évidentes), si elles sont flagrantes ne sonnent pas comme de vulgaires copier/coller. Ainsi, si il est certain que, si McCarty fait beaucoup penser à Bono, cela se fait en nous épargnant tous les aspects les plus irritants de ce dernier.

La tonalité est, par conséquent, plus humble, le cadre musical moins emphatique et on devine que The Speed of Light est un véritable album solo où le musicien joue de tout hormis les percussions, ce qui procure à l’ensemble une coloration plus organique et spontanée qui se manifeste tout au long du disque.

Outre U2, McCarty a su s’emparer du meilleur de la brit pop mais il est parvenu à l’élaguer de toute manifestation ostentatoire avec une approche beaucoup plus calme et des mélodies qui sonnent comme tout droit sorties d’un atelier d’artisan. « Misunderstood », par exemple, est un titre parfaitement simple et désuet mais il est merveilleusement orchestré et poli pour la circonstance. Tout le disque sera réalisé comme s’il s’agissait de cette même antienne, jolies mélodies et instrumentaux compétents ; The Speed of Light est le type de premier album dont on ne se lasse pas tant il nous fait espérer plus.

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23 février 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Miles Kane: « Don’t Forget Who You Are »

Après ses divers avatars musicaux, Miles Kane est de retour avec un deuxième album solo qui, tout comme celui de son collègue géographique de Coral, James Skelly, bénéficie de la contribution de Paul Weller et de Ian Broudie à la production.

Don’t Forget Who You Are est un titre à double détente puisque il peut être pris, soit comme aveu d’humilité soit comme déclaration flamboyante.

La chanson qui donne son titre au disque est partiellement une réponse puisqu’elle nous renvoie précisément à la notion que seul importe le fait qu’on ne nous dicte pas notre conduite.

Cliché passé ne reste plus qu’à se demander qui est réellement Miles Kane au travers de ses morceaux.

Cette bravado se justifie dans la mesure où le chanteur emprunte à un rock anglais tout ce qu’il y a de plus démonstratif et spécifique : un « Bomb Shells » qui reprend les Who, « Fire In My Heart » qui sera l’habituelle référence à Oasis, « Taking Over » la composition glam rock pour invoquer T. Rex, « Out of Control » la ballade récurrente façon Verve et « You’re Gonna Get It » restant dans l’esprit de « Don’t Forget Who You Are ».

Rien de bien original donc et même un morceau comme « Darkness In Our Hearts » qui veut s’inspirer des Strokes sonnera plus comme un pastiche que comme une création originale.

« Originalité » est bien le terme qui décrit ce dont le disque est dépourvu. Bien sûr tout cela est extrrêmement bien fait et la production de Ian Broudie suffisamment léchée et élégante pour nous débarrasser de certaines scories mais Don’t Forget Who You Are demeure trop empêtré dans une formule pop, brit pop, dont il est l’héritier pour que l’album devienne vite prévisible et lassant. On eut rêvé de ce qu’un groupe comme Kasabian aurait pu apporter à de telles compositions ; Don’t Forget Who You Are sera donc à écouter avec mod ération.

★★★☆☆

7 juin 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Ocean Colour Scene: « Painting »

Painting constitue le dixième album de Ocean Colour Scene. Faut-il voir en son titre une référence au « art rock » ? Peut-être le chiffre de dix est une façon de signifier une certaine longévité. En effet, OCS continue de délivrer une pop-rock sans prétention dans laquelle on peut retrouver la tradition des Kinks, Small Faces ou même Manfred Mann.

Le groupe ne regarde pas pour autant vers le passé puisque le titre d’ouverture « We Don’t Look In The Mirror » est précisément une façon d’envisager le futur. La première partie de l’album est assez enlevée ; « Paintaing » est du OCS classique, « Doodle Book » a un riff de guitare imparable et « Goodbye Old Town » recèle une de ces mélodies immédiates comme seuls certains groupes anglais sont capables de les concevoir.

On retrouve également des échos de l’album solo de Simon Fowler, dans un titre pastoral comme « Don’t Want to Leave England » qui mêle baroque et psychédélique et qui, à ce titre, rappelle à quel point OCS a une dette envers un groupe comme Traffic.

Que dire de Painting si ce n’est que c’est un disque  emblématique de ce que la pop anglaise peut délivrer. Très typé tout en étant, quelque part, atemporel, il ne fait qu’entériner que OCS n’a plus grand chose à apporter en terme d’évolution. On peut douter d’ailleurs que le groupe s’en soucie, ce qu’il pratique est d’une qualité étale, assez routinier mais parfois inspiré, un disque agréable, sans plus surtout comparé à des classiques d’une toute autre trempe dont une infime partie a été mentionnée plus haut.

★★½☆☆

12 février 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire