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Gus Dapperton: « Where Polly People Go To Read »

Gus Dapperton s’est fait connaître lorsqu’un de ses titres fut joué sur la série Netflix 13 Reasons Why et il fait partie de la scène bedroom-pop lo-fi américaine. Après quelques E.P.s, le voilà daéormais abordant des choses plus « sérieuses » sous la forme de l’album Where Polly People Go To Read.

Dapperton se fait une place dans la catégorie de ces « polly people », à savoir des personnes androgynes et ambiguës qui peinent à s’imposer dans la société en raison de leur différence. C’est avec des influences à mi-chemin entre Tame Impala, Mac Demarco et The 1975 que le new-yorkais tente de tirer son épingle du jeu à travers des morceaux sentant bon les années 1980 comme le riff de basse accrocheur de « Verdigris » qui ouvre le bal mais encore les percussions minimalistes de « World Class Cinema » qui suit.

Alors que l’on s’attendait à un disque plutôt nostalgique et  dépressif eu égard à sa pochette à  couleur  fortement connotée, le disque est rempli de titres pour les moins dansants. Il n’y a qu’à juger « Eyes For Ellis », « Sockboy » et « Roadhead » où il suffit que les synthés analogiques et rétrofuturistes, les riffs de guitare ainsi que le TR-626 fassent bon ménage. On retiendra cependant le plus somptueux « My Favorite Fish » qui mettra en avant le sens du songwriting de Gus Dapperton avant de repartir de plus belle avec « Fill Me Up Anthem ». Pour ce premier album, Gus Dapperton pourquit son ascension en nous invitant à partager cette idée que, même les marginalisées hors-normes ont désormais droit de cité.

***1/2

1 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mini Dresses: « Heaven Sent »

Mini Dresses avait connu un mini duccès d’estime avac son premier album mais cela n’a pa refroidi les ce trio de Boston de tenter, sur cette récidive, de se ré-insérer dans la scène

Avec Heaven Sent et, une fois de plus, une approche DIY, Mini Dresses continue de nous offrir un parfait condensé de dream-pop et de bedroom-pop à travers des morceaux aussi bien fantasmagoriques qu’implacables.

À nouveau, la somptueuse voix de Lira Mondal ira habiller les textures onctueuses de « I’d Notice » à « Good Eye » en passant par le tentaculaire « Rank & File » ou bien même les rythmes entêtants de « Dark One » rappelant quelque peu Mac DeMarco.

Avec toujours cet esthétique lo-fi qui baigne sur « Open Mind » et sur les airs post-punk de « Once Or Twice », Mini Dresses continue de nous charmer de la plus belle des manières sur un Heaven Sent qui porte plutôt bien son nom ; celui de la bedroom-pop onirique venue du ciel et à deux doigts de nous installer sur un petit nuage.

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28 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Okay Kaya : « Both »

Okay Kaya est une des fidèles collaboratrices de King Krule, en particulier sur son album The Ooz. De son vrai nom Kaya Wilkins, la Norvégienne est sortie du lot en raison de son interprétation cotonneuse et de son univers musical bien particulier. C’est cette singularité qui l’a décidée de se lancer en solo pour la première fois avec un album nommé Both.

A l’écoute de ces quatorze morceaux aux allures bedroom-pop, on sent tout de suite l’expertise de la jeune femme. On perçoit immédiatement qu’elle a su développer son univers pour nous offrir des morceaux ouatés et minimalistes à l’image de l’introductif « Vampire » mais encore « Dance Like U » et le bouleversant « I Die Slow »qui valent leur pesant d’or. Okay Kaya s’ouvre à nous et son quotidien qui fut traversé par pas mal d’épreuves comme sur « Fake It » qui parle intimement de sexe et le fait qu’elle avait du mal à assumer sa sexualité à la vingtaine passée ou encore sur « IUD » où elle ressentait l’envie d’avoir un enfant tôt dans sa vie.

À cet égard, et comme le titre de l’album indique, la norvégienne joue sur l’ambivalence et le trouble qu’elle peut générer. Avec la contribution d’Aaron Maine de Porches à la production, on se sent désormais proches de l’univers musical d’Okay Kaya. Il suffira de quelques notes de guitare et d’une interprétation somptueuse ou parfois de quelques textures synthétiques dominant les arrangements de « Habitual Love », « Glitch » et autres « Can U Not ». Hormis la langue de Sheakspeare, elle est tout de même assez gentille pour nous faire un clin d’œil avec « Tu me manques » chanté en français ou dans sa langue natale sur « La Meg ».

Avec une fin d’album on ne peut plus folk, Both d’Okay Kaya capture avant tout l’essence d’une artiste douée ,capable de jouer avec nos sens comme pas ça n’est pas permis et de faire opérer la magie dès les premières secondes de son album.

***1/2

17 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

You Tell Me: « You Tell Me »

You Tell Me est le « side project » d’un des deux frères Brewis, Peter, pour meubler le silence qui avait suivi le dernier album de Field Music. Il s’agit d’un duo qu’il a formé avec la chanteuse écossaise Sarah Hayes qui n’est autre que la membre du groupe Admiral Fallow. Et à eux deux, ils comptent remettre au goût du jour la pop baroque des années 1960-1970 avec ces onze morceaux audacieux et doucement anachroniques. You Tell Me partage leurs anxiétés respectives et cicatrisent leurs doutes sur papier à travers des morceaux aux arrangements somptueux comme la folk psychédélique aux airs 70’s « Enough To Notice » qui ouvre le bal ou encore les airs de The Blue Nile sur le sophistiqué « Get Out Of The Room ».

Sarah Hayes et Peter Brewis ont des influences communes comme Kate Bush, Van Dyke Parks ou même Randy Newman. Mais c’est la chanteuse écossaise qui sort sur des titres renversants à l’image de « Foreign Parts » aux arrangements de cordes luxuriants mais aussi sur « Springburn » et « Clarion Call » qui rappelle quelque peu la grâce de Joni Mitchell. Il suffira d’arrangements de piano et de cordes délicats comme sur « No Hurry », « Invisible Ink » ou encore « Starting Point » pour que la magie opère et le duo se retrouve bien à ce niveau-là.

You Tell Me conjugue passé, présent et futur pour ce premier album aux airs faussement baroques. Avec des compositions aux allures de comédie musicale, le duo arrive à cicatriser leurs angoisses quotidiennes sur des arrangements somptueux venue d’ailleurs.

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16 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

High Sunn: « Our Perception »

L’époque étant aux pseudonymes, celui de High Sunn s’applique à Justin Cheromiah, artiste mais également one-man band dont Our Perception est le deuxième album. Plutôt qu’artiste on devrait employer le terme jeune homme puisque l’ex-lycéen Cheromiah est à peine sorti de l’adolescence.

Il ne change d’ailleurs pas ses habitudes en racontant son quotidien de jeune oisif, une existence faite de petites péripéties n tous genres avec « Need For Your Comfort », « Emotional Matters » mais également « True ». C’est en restant dans sa zone de confort que High Sunn arrive à nous captiver avec sa bedroom-pop lo-fi et une sensibilité qui fait souvent mouche comme sur « On The Floor », « Just Remember » ainsi que « Stay With Me ».

En glissant, sur ces derniers titres, quelques petites notules acidulées il passe tout doucement à quelque chose de plus affirmé et à une remise en question dont on peut espérer qu’elle se poursuivra en terme d’apprentissage et d’accès à la maturité.

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9 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Lemon Twigs: « Go To School »

Le premier album des Lemon Twigs, Do Hollywood, était si abouti qu’il avait été difficile de croire qu’il avait été conçu et interprété par deux jeunes frères Brian and Michael D’Addario encore au lycée à l’époque. Il est vrai que les deux jeunes gens étaient multi-instrumentistes et que leur amour pour le pop telle qu’elle était en vogue du temps de leurs (grands) parents ne pouvait qu’annoncer une musique réfléchie et peaufinée, parfois un peu trop, à l’extrême.

Le disque contenait une véritable floraison d’accroches mélodiques datant de la fin des années 60 et début des seventies avec une solide dose de psychedelia faisant plus que la saupoudrer d’étrangeté.

Le duo, âgé maintenant de 21 et 19 ans, continuent leur éducation musicale avec un « concept album », Go To School (titre symptomatique s’il en est), lorgnant du côté du Tommy des Who aussi bien dans la forme que dans le fond puisqu’il nous narre le difficile apprentissage d’un chimpanzé s’entraînant à devenir adulte (sic!).

Comme on pouvait s’y attendre à la lumière d’un tel projet, les frères D’Addario ne lésinent pas sur la flamboyance expérimentale et la théâtralité à mi chemin entre une de leurs idoles, Todd Rundgren (le père du chimpanzé, Twigs en est un fan absolu et se présente comme un puriste de la pop) et le Meat Loaf de Bat Out Of Hell produit, tiens,tiens, par Rundgren lui-même.

L’illustration de cette démarche se révèlera par exemple sur « Queen of My School », hymne power pop étincelant, l’ampoulé « Rock Dreams », ou le punch émotionnel véhiculé par un « The Fire » délicieuse pépite country-pop.

Même si l’intrique peut, ici, sembler ressassée on ne pourra qu’être intrigué par ce que les deux frères nous offrent par la suite.

Indication nous est donnée par certaines vidéos où l’on assiste à ce qu’aurait pu être une bataille de décibels entre Keith Moon et l’incontournable Todd Rundgreen, la substance sera tout autant révélatrice par une production au cordeau (Jonathan Rado de Foxygen) qui ne pourra que nous faire penser à Todd R… par la place qu’elle occupe dans sa vision futuriste du rock assez idiosyncratique ou, à l’opposé, la « power ballad »dantesque du premier album, « As Long as We’re Together »,  tout comme les excroissances poppy qu’étaient  «  I Wanna Prove To You » et les hallucinantes harmonies de « These Words » . Aujourd’hui The Lemon Twigs ne se contentent pas d’égaler la fraîcheur de leur premier opus: « This Is My Tree » émule sans forfanterie et avec goût les Rolling Stones et « If You Give Enough » un petit chef d’oeuvre de pop baroque et d’harmonies vocales pleines d’émois.

Dire que, par rapport à l’album précédent, Go To School excelle dans le renouvellement est un euphémisme. Ce disque est si bon qu’il nous laisse dans l’expectative ; celle-ci peut être pantelante, certes mais elle est avant tout proactive et la seule question qui, alors, se pose est évidente et irréfutable: « Vers où les frères D’Addario vont-ils nous entraîner ?

La réponse s’adresse à ceux qui n’ont pas peur de se tremper, de s’immerger et de sortir de ce bain, plus instruits et éduqués,maîtres émérites  de la vulgate pop, celle où mélodies enfiévrées et arrangements soyeux et aériens cohabitent irrésistiblement pour faire frétiller nos oreilles et nos émotions.

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29 août 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

BIrd Sreets: « Bird Streets »

La « power pop » est un genre souvent mésestimé bien qu’il ait généré un nombre impressionnant de compositions qui font date Notons, liste non exhaustive, « My Sharona » (The Knack), « Surrender » de Cheap Trick, » What I Like Abut You » des Romantics ou « Just What I Needed » des, peut-être les plus créatifs, Cars.

Si on ajoute des combos comme Big Star, The Shoes, 20/20 ou the dBs, on comprendra pourquoi ces légendes font partie du lexique de la musique populaire américaine et représentent une inspiration pour maints autres groupes dont un artiste comme John Brodeur, un new-yorkais qui excelle dans la « bedroom pop » avec des album comme Tiger Pop éminemment inspiré par XTC (2000), le lo-fi Get Through en 2009 et, en 2013, Little Hopes, son effort le plus abouti soniquement jusque là.

Bird Steets est son nouvel avater et, enregistré de concert avec Jason Falkner (Jellyfish, Three O’Clock), le duo nous concocte un nouvel opus éponyme qui reprend et transcende tous les principes de base de la « power pop ».

Les guitares y carillonnent bienheureusement dès l’ouverture avec un « Carry On » fleuri comme le meilleur d‘un R.E.M.porteur d’avantures, « Betting on the Sun » suit avec son savoureux alliage de refrains emplis de clarté et de paroles où, peu à peu, s’introduit une légère noirceur, réflexion encore plus accentuée sur l’endeuillé « Spaceship ».

Ce titre, une évocation de la dépendance à l’alcool, est lyrique à souhaits avec des paroles touchantes où l’alcooBird STreetlisme est apparenté à un véhicule spatial en perte de contrôle. Ce parallèle s’exemplifie avec la compraison que fait Brodeur de son propre style de vie, manière d’évoquer l’intime de façon grandiose et digne.

La difficulté à changer côtoiera alors la volonté de ne pas le faire sur un « Some Dream » où le chanteur n’est pas loin de se stigmatiser y compris quand il reprend une thématique habituelle,celle de l’amour qui s’en ests allé.

Sur « Heal » il chante avec justesse comment une relation toxique peut se dénaturer alors que la vindicte sera réservé à une ex dans « Thanks for Calling ».

Peu à peu, Brodeur montre combien il devient un songwriter de plus en plus affuté et introspectif étayé qu’il est par sa collaboration avec Jason Falkner. Si la « bedroom pop » a besoin de titres de gloire, Bird Streets en est un sans discussion aucune..

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17 août 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire