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Francis Lung : »A Dream Is U »

La séparation de WU LYF aura été plus que douloureuse pour les fans qui ont été conquis par leur unique album. On avait vu le meneur du groupe Ellery Roberts se renouveler avec son nouveau groupe LUH. en donnant naissance à deux albums. Aujourd’hui, c’est un autre membre qui se lance ; il s’agit du bassiste et guitariste Francis Lung qui présente enfin son premier album intitulé A Dream Is U.

À mille lieues du côté torturé de Lost Under Heaven, Francis Lung nous montre combien il a été inspit-ré la pop psychédélique et baroque des années 1960-1970 .Ce premier album, en effet, ne déroge pas à la règle avec ses compositions en Technicolor qui ont de quoi rappeler les travaux de Phil Spector avec notamment le titre d’ouverture intitulé « I Wanna Live In My Dreams » digne de The Ronettes.

Nous voilà plongés en plein rêve comme l’indique le titre de l’album. Francis Lung passionne son auditeur avec ces arrangements somptueux conviant les cordes et les cuivres avec « 2 Real », « Comedown » et autres « Unnecessary Love » où ses textes pas toujours gais font communion avec la musique baroque qu’il accompagne. C’est un peu comme si Big Star, Beach Boys et Apples In Stereo se retrouvaient pour une explosion de saveurs sur les rafraîchissants « I Believe U » et « Up & Down ». Avec A Dream Is U l’ex-WU LYF sait se réinventer et même si il ne réinvente pas les codes de la pop baroque, il saura relever le niveau aisément.

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jacco Gardner: « Hypnophobia »

À la suite de la sortie en 2013 de Cabinet of Curiosities, il a été décrété que le chanteur-compositeur, producteur et multi-instrumentiste hollandais Jacco Gardner était l’héritier naturel de ces symphonistes de poche des années 60 qui s’escrimaient à emplir nos oreilles d’odyssées luxuriantes fabriquées en studio. Son « sophomore album », Hypnophobia, ne changera pas véritablement la donne mais il compliquera les choses d’une façon pas du tout déplaisante.

Thématiquement déjà et comme son titre le suggère, le disque se concentre sur des idées comme le sommeil, la peur du sommeil et la vie onirique. La notion de rencontrer autrui en rêve est souvent mentionnée comme sur « Another You » et ses accords qui vont propres à vous hanter.

Musicalement également, Gardner à l’inverse de certains de ses pairs ne fétichise plus tout ce qui a à voir avec l’analogique. On retrouve bien sûr des synthés archaïques, des orgues et des effets enregistrés sur bandes comme partie essentielle du son de l’album mais des amples et des loops contemporains jouent un rôle aussi importants pour créer cette esthétique de paysages brouillés si typique du genre. Dans ses meilleurs moments (la plupart du temps ce seront les instrumentaux), Hypnophobia rappellera la fluidité de Tame Impala bien que Gardner soit un artiste plus cérébral et être même un compositeur plus « math rock » que Kevin Parker.

Gardner a également intégré des influences inattendues dans son espace mental et celles-ci font tout sauf être préjudiciables à l’album. « Before the Dawn » l’exemplifiera au mieux par son entame très pop baroque avant de se développer en une épopée presque prog-rock qui a plus à voir avec Kraftwerk ou Goblin que Brian Wilson. Sur « Brighter » il favorisera une imagerie fantasmagorique proche de groupes s’inspirant de la mythologie et des changements de perspectives en miroirs comme sur « Face to Face ».

Ces tours de forces narratifs trouvent leurs pendants dans des breaks instrumentaux inopinés, des changements d’accords propres à vous donner le vertige à l’image de ces codas qui fonctionnent ici comme des passages secrets nous entraînant, nappes après nappes, dans de nouveaux territoires en termes de composition.

Cette ingéniosité tend, parfois, à occulter les morceaux mais les puzzles soniques sont suffisamment enchanteurs et denses pour nous faire entrer dans l’esprit d’un artiste torturé et talentueux, un musicien que cette œuvre tragique hisse bien au-dessus de tous ces disciples de la neo-psychedelia.

****1/2

12 mai 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Slim Twig: « A Hound at the Hem « 

Slim Twig est le pseudonyme de Mak Turnbull, un crooner qui se réclame de la psychedelia et du art-rock, et dont la survenue de A Hound at the Hem reflétait une démarche si particulière héritée de la somme de ses inspirations que celui qui voulait faire de cet album son Pet Sounds vit son label d’alors (Paper Bag) refuser de le sortir en 2012. Selon Turnball celui-ci allait trop loin pour eux, et aussi pour l ‘Amérique du Nord sans doute, et il ne fit qu’une apparition confidentielle en microsillon sur un autre label plus modeste mais à la vision plus tournée vers l’expérimental, Pleasance Records.

Cette expérience engendra amertume et frustration pour Twig, deux sentiments qui se dissiperont peut-être avec une véritable sortie discographique.

Il faut dire que les influences dont il se réclamait n’étaient pas à la portier de le Nord-Américain lambda. Le Lolita de Nabokov d’abord, le disque de Serge Gainsbourg, Histoire de Melody Nelson, lui-même adapté librement de l’oeuvre littéraire ensuite, le tout formellement habillé de cette pop baroque et néo-psychédélique qui a fait le bonheur de maints autres artistes des 60’s et 70’s. Cet opus aurait dû être le moment qui allait définir sa carrière mais le fait que le Canada ait décidé de remettre en cause son contrat a sans doute retardé de bientôt trois ans la connaissance qu’on aurait pu acquérir d’un talentueux, si ce n’est génial, artiste pop.

On trouvera donc, sous la houlette de DFA Records à New York, une chance de voir Turnbull devenir autre chose qu’un musicien culte grâce à ce véritable déluge psychédélique où nappes de basses enregistrées en analogique servent de fondation hallucinante à des riffs en fuzz détonant comme des bombes, des claviers fichés dans l’onirique, des cordes qui n’en finissent pas de monter, des clavecins antidéluviens et emprunts de nostalgie vecteur de textes effrayants et comme issus d’un mode parallèle.

On sait que le Canada a trop l’habitude de vivre dans l’ombre de son voisin pour reconnaître parfois son apport. Peut-être que cette réédition le lui permettra et autorisera à cet album d’être connu non seulement dans ce continent, mais aussi dans le monde entier.

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18 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Dylan Shearer: « Garagearray »

Ce chanteur compositeur californien partage un univers commun avec Kevin Ayers, Syd Barrett ou Van Dyke Parks, celui de l’introspection mélancolique où la « chamber pop » se conjuguen à des altérations légèrement psychédéliques.

Garagearry est son quatrième album, produit par une légende du rock de la Bay Area, John Dwyer. Le disque s’ouvre sur un paradoxal « Time To Go », chanson douce dédiée à la dérive que soulignent un piano qui semble traîner des pieds, des percussions vaporeuses et de multiples couches de vocaux se superposant les unes aux autres. C’est un titre qui pourrait passer pour une chute de studio du premier disque de Soft Machine ou d’une composition pastorale de John Cale ou Kevin Ayers qui aurait été perdue puis miraculeusement exhumée.

Ces tendances baroques ne se démentiront pas tout au long de l’album exécutées à la fois avec respect mais aussi distance, cette dernière étant conférée par des vocaux marmonnés et timides qui créent une atmosphère élevée et nébuleuse.

Garagearray est, par conséquent, un opus de folk psychédélique où la prime va à l’introspection (« Everyone Accept You ») et la mélancolie discrète comme sur «  Barely by the Waterside ».

Se joignent à lui le bassiste de Thee Oh Sees, Petey Dammit, et le batteur de Comets On Fire, Noël Von Harmonson, mais en dépit de ce pedigree plutôt effervescent, la section rythmique s’adaptera aux climats nuancés de Shearer.

L’album baignera donc dans cette humeur un peu relâchée de groupe accomplissant un travail dont il vient juste de prendre connaissance. C’est ce qui lui donne cette sensation de demos inachevées mais aussi cet attrait suranné de compositions à l’hésitation tâtonnante mais charmante.

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24 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Stoney: « More Than Animals »

Musicien multi instrumentiste de Sheffield installé désormais installé à Austin, Stoney sort un nouvel album, More Than Animals, composition qui semble ressusciter l’ère de la « baroque pop ». Plus qu’une réanimation, on pourrait presque parler de re création car si on devait trouver un équivalent littéraire à ce disque on pourrait parler d’opus courtois et grandiose, à mille lieues de ce qui se fait aujourd’hui.

La pop baroque de Left Banke ou Van Dyke Parks a toujours donné l’impression d’avoir une unité qui se suffisait à elle-même ; pas réellement une scène mais l’expression de quelques individus intéressés par leurs visions de la Grandeur et émettant un manifeste artistique à partir d’un format, celui de l’album. On pourrait donc considérer qu’il est mort de mort naturelle car il n’a jamais trouvé sa place parmi le grand public ou même les auditeurs moins conventionnels. L’émergence de More Than Animals nous détrompe tant il joue avec un genre qui laisse à penser que celui-ci a su évoluer discrètement et peu à peu au fil des années pour réapparaître soudain, transformé et revigoré.

Ce que Stoney a en commun avec Left Banke et les Kinks n’est pas véritablement le son, mais la notion de créer un album qui puisse être un tout en soi, qui vous aspire de par sa respiration et son ambition. On peut considérer que More Than Animals obéit à cette notion, comme si Stoney avait eu besoin de déménager au Texas afin d’y trouver là place pour s’ouvrir et déployer sa musique. Les harmonies sont, ici, fantastiques et, sur des titres comme « Let It Go » ou « Sweet Releasse » elles épousent à merveille les floraisons orchestrales subtiles et faites de cuivres et de cordes. L’enregistrement est si dense qu’on ne peut en déterminer tout de suite les multiples couches mais ça ne peut que nous inciter à plonger plus avant dans sa richesse. On ne peut qu’évoquer certains des plus beaux passages de Brian Wilson qui couraient le risque de passer inaperçus précisément en raison de l’instrumentation.

L’album n’est pas non plus coincé dans la tradition 60’s de Walk Away Renee. Il est très souvent entrelacés de guitares électriques et de synthétiseurs comme pour vous rappeler à quelle décennie il appartient et cet assemblage fonctionne de manière impeccable. C’est en fait un bonus qui permet de mettre en valeur, par contraste, les morceaux les plus calmes comme « We Belonged ». Ces deux univers mettent ainsi mutuellement en valeur les diverses dynamiques des compositions.

Que ce soit dans l’énergie et la puissance ou dans la délicatesse et l’introspection, les deux cohabiteront, souvent harmonieusement dans une même composition d’ailleurs. « Defiantly Loved » et « Wanderlust » seront deux des morceaux clefs de l’album, tant ils exemplifient à merveille ce fantastique basculement dont More Than Animals est l’invraisemblable et savoureux reflet.

12 décembre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Magic Theatre: « The Long Way Home »

Quel formidable joyau de pop baroque que ce second album de The Magic Theatre ! The Long Way Home est le deuxième opus de ce duo composé de Dan Popplewell et Sophia Churney et il est la suite de leur déjà inoubliable London Town de 2010. Il laisse ici de côté les pièges du « concept album » qui fonctionnait très bien alors pour, est c’est une décision sage, privilégier l’approche plus informelle de morceaux contenant tous un message implicite où abondent les textes menaçants et obscurs.

Le succès de Magic Theatre a été immédiat, résultat d’un long travail entamé à la fin des années quatre-vingt dix avec leur groupe, Ooberman. Ils ont même brièvement flirté avec le Top 40 avec un « single », « Blossoms Falling », suivi de deux albums bénéficiant d’un succès critique qui ne s’était pas traduit en terme de ventes.

Cette histoire leur a pourtant permis de forger un son instinctif, différent et mémorable qui rappelle celui de leurs parrains en pop baroque, The Left Banke sans pour autant sonner comme une imitation pure et simple.

Popplewell, lui, était compositeur dans une bibliothèque musicale et ses nombreuses qualités d’arrangeur peuvent ici se donner libre cours, lui permettant de s’adonner à toutes les fantaisies musicales qui lui passent par la tête. On a, par exemple, l’équivalent auditif du derviche tourneur sur « Festival of Fire », les percussions cha-cha de « I Got The Answer » ou le son plus contemporain de Cathedrals of The Mind » qui ne peut s’empêcher de nous faire penser à ce qu’un Damon Albarn aurait pu concocter dans un de ses moments les plus inspirés. Noton, enfin, orchestration sur le titre d’ouverture, « The Sampler » qui sont sublimes comme l’étaient ceux de « Eleanor Rigby ».

La voix de Churney est plus qu’un parfait faire-valoir ; habitant les compositions avec la même flexibilité que celle démontrée autrefois par Vashti Bunyan en particulier sur la chanson titre dont la sensibilité ferait sortir ses mouchoirs au plus endurci des hommes. The Long Way Home est un album de pop baroque magnifiquement conçu ; une pure merveille !

★★★★☆

6 décembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Dent May: « Warm Blanket »

Dent May est un groupe du Mississippi dont la musique se résume à une musique pop harmonieuse et aérée fortement influencée par les Beach Boys. Ce troisième opus, enregistré dans une maison victorienne hantée selon certains dires, n’en garde pourtant aucune trace tant la production semble avoir voulu supprimer toute empreinte boueuse. On a droit, au contraire à une nouvelle collection de pop rock agréable et bien policé apportant cette chaleur cosy que le titre veut lui conférer.

Maid cette temprétaure agréable et nuancée par des couleurs musicales assez variées allant de la pop baroque et flamboyante des années 60 (« Born Too Late », mercie The Zombies, ou « Corner Piece ») à des compositions ensoleillées inspirées par Brian Wiklson (« Yazoo » ou « It Takes A Long Time »). Warm Blanket propose également des titres « crossover » hérités des 70s et de la psychedelia comme « Do I Cross Your Mind » ou tout simplement du bon petit country rock (« Summer is Gone ». Warm Dent couronnera le toute avec suffisamment de nappes de synthés, et d’allégresse new wave pour faire bonne mesure et agrémenter un disque qui ne veut, à aucun moment, faire mentir la couverture chaude qu’il propose.

Tout ceci n’est pas un nouveau tterritoire pour Dent May (voir :https://rock-decibels.org/2013/01/03/dent-may-do-things/) et l’on retrouve ici le même sens de densité pop et kaléidoscopique, mais une minime progression se fait jour. Warm Blanket est plus étoffé et qui choisit de se construire avec finesse sur ce fétichisme nommé « la res pop » sans s’éloigner de sa formule. Le pas n’est certes pas énorme mais on aurait tort de leur reprocher de ne pas réparer une chose qui n’a pas été cassée. Sur « Let Them Talk » Dent May nous soufflent ne pas se soucier de toutes ces pensées qui les ont assiégées entre deux gestations. Peut-être est-ce de l’arrogance, peut-être est-ce simplement preuve qu’il est bon de se conforter avec chose dans laquelle on excelle.

★★★½☆

21 octobre 2013 Posted by | Quickies | , , , | Laisser un commentaire

Jacco Gardner: « Cabinet of Curiosities »

La pop psychédélique des années 60 semble être en fort revival avec des groupes comme Foxygen, Mmoss et aujourd’hui un jeune hollandais de 24 ans, Jacco Gardner et son album Cabinet of Curiosities. Ce disque aligne donc ce qu’on nommait à l’époque des pépites, écrites depuis qu’il était encore teenager, avec une assez forte influence additionnelle des Beatles et des Kinks.

L’album est véritablement « vintage » puisque enregistré en analogique et voit Gardner assurer tous les instruments. La question qui se pose logiquement pour ces artistes « vintage », est de savoir si émuler les groupes qu’on idolâtre est suffisant et s’il ne faut pas nom plus procurer un petite plus.

En vce qui concerne Cabinet of Curiosities, il s’agit de bien autre chose que pure imitation. Gardner fait preuve d’une imagination très vive, ne serai-ce que par la thématique féérique qui compose ses morceaux. Le titre de l’album fait, sans doute, allusion à Alice Au Pays Des Merveilles et c’est par rapport à ce contraste entre l’innocence de certaines chansons et les relents seffrayants que d’autres peuvent revêtir qu’il convient d’apprécier l’album.

La qualité onirique de ce monde trouve une transposition idéale sur des compositions à bas de mellotron ou de clavecin baroque comme sur «  The Ballad of Little Jane ». Les vocaux sont iambiques et résonnent en échos kaléidoscopiques, procédés répétés tout au long de l’album comme le carrousel d’une valse mélancolique. On pourrait alors gloser sur ce côté répétitif mais Gardner ne s’en montre pas satisfait. Le disque se termine en effet sur un « Chameleon » dont le titre parle de lui-même. À partir de cette fidélité à une certaine musique, il se pose la question de savoir vers où il va aller. Preuve s’il en est qu’il est conscient que maîtriser une musique qu’on adore ne représente qu’une étape, toute accomplie qu’elle puisse sonner.

★★★½☆

13 février 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Maston: « Shadows »

La musique californienne de Los Angeles évoque immanquablement une atmosphère laid-back ayant son origine dans l’image que nous avons d’elle : soleil et luminosité, sable et plage le tout se reflétant dans le climat d’insouciance qui y règne.

Les archétypes en sont les Beach Boys et leur surf-rock pétri d’harmonies vocales haut-perchées avant que Brian Wilson ne se lance dans une musique plus expérimentale et l’arrangeur de génie qu’est Van Dyke Parks.

C’est sans dote cet itinéraire qu’a choisi Maston sur son premier album, Shadows. Ceci dit, plutôt que d’avoir une approche rétro, il a choisi d’explorer la façade plus sombre de cet univers, justifiant à la fois le titre de son disque et la pochette qui l’illustre.

En premier lieu, il s’agit d’un effeot solitaire puisque Maston gère toute l’instrumentation. De ce fait il aura recours à l’électronique de façon plus que prononcée. Chambres d’échos, effets spéciaux, phasing et surtout reverb vont jalonner les dix titres de l’album. Les harmonies, elles, sont obéréés dans la mesure où Shadows est avant tout instrumental :où la voix fait uniquement partie du paysage sonore et les rares parties vocales discernables sont avant tout des borborygmes qui n’ont pas vocation de donner une signification quelconque.

Le résultat laisse assez rêveur, ce qui est le but affiché par l’artiste. On trouvera, ici et là, des tempos un peu plus accélérés (« Judge Alabaster ») mais le climat sera plus celui d’un soleil voilé sur un panorama qui se veut assombri. Quelques références nous rendront la paysage familier ( « Strange Rituals », instrumental qui ouvre l’album et dans lequel on reconnaît un riff emprunté aux Turtles) mais ce ne sera qu’une fausse piste trompeuse.

Affirmer que Shadows représente l’envers du décor serait peut-être exagéré, disons qu’il utilise les clichés de la « sunny pop » pour nous présenter ce qu’elle devient quand le crépuscule arrive et que les nuages obscurcissent le décorum de la plage et de l’océan.

★★★★☆

12 février 2013 Posted by | Quickies | , , , , | Laisser un commentaire