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Ceremony: « In The Spirit World Now »

Même si Ceremony ne fait pas partie des groupes que l’on référence en matière de post-punk et d’art-punk, personne ne pourra leur empêcher leur consistance. On avait laissé le quintet de Rohnert Park avec leur cinquième album The L-Shaped Man en 2015 qui était plutôt de bonne facture. Quatre années plus tard, le groupe californien se rappelle à notre bon souvenir avecl In The Spirit World Now.

On retouve une bonne dose d’art-punk bien furieux avec « Turn Away The Bad Thing » en guise d’introduction mais également « Further I Was » et « Presaging The End » rappelant toute la verve de The Clash et Devo. Entrecoupés d’interludes en spoken-word, le quintet californien envoie la sauce en mettant en valeur les synthés et les voix féminines notamment sur le morceau-titre qui se singularise par sa montée en puissance.

On remarquera également sur ce sixième disque que les membres de Ceremony ont redoublé d’énergie notamment la section rythmique qui se fera par moments agressive comme sur « We Can Be Free », « Never Gonna Die Now » ou bien encore sur « I Want More ». Les riffs stridents et la basse démoniaque sont les leitmotivs d’In The Spirit World Now et le quintet de Rohnert Park arrivera à l’exploiter avec succès ; une bonne évolution qui augure de choses prometteusespour la suite.

***1/2

29 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

OHMME: « Parts »

Depuis quelques années maintenant, Sima Cummingham (qui travaille dans l’organisation du Pitchfork Music Festival) et Macie Stewart officient toutes les deux sous le duo OHMME après avoir joué auprès de Chance The Rapper, Vic Mensa ou de Jeff Tweedy de Wilco. Originaires toutes les deux de Chicago, elles ont réussi à s’élever de la masse avec leur art-rock expérimental et recherché comme l’a montré un premier EP dont Parts est, ici, la version longue.

Dès le titre introductif, « Icon », les dés sont jetés ; entre douces harmonies vocales qui contrastent avec les riffs fuzzy et les rythmiques binaires et accrocheuses, tout sera dit. Il en sera de mlême des trouvailles ingénieuses sur « Grandmother » ou le morceau-titre qui valent le détour.

Vacillant entre l’agressif avec « Liquor Cabinet » et les plus condensés « Sentient Beings » ainsi que la conclusion nommée « Walk Me », OHMME impressionne à chaque seconde avec son art-rock original et incisif.

***

7 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mega Bog : « Dolphine »

Happy Together de Mega Bog avait rencontré un certain succès il y a deux années de cela. Le projet de la musicienne Erin Elizabeth Birgy continue à faire parler d’elle d’albums en albums jusqu’à devenir un acte incontournable de la scène art-rock actuelle. Et il semblerait que l’américaine repousse une fois de plus les limites avec Dolphine.

Chaque album est une épopée fascinante que nous propose Mega Bog et Dolphine (inspiré par le mythe qui suggère que les humains évolueraient en créatures aquatiques pour vivre éternellement) en fait partie. En effet, au travers de ces onze nouvelles compositions résolument psychédéliques, on ne serajamais au bout de nos surprises. C’est avec l’introduction nommée « For The Old World » avec une interlude free-jazz déroutante mais agréable que l’on a affaire sans oublier d’autres trouvailles originales plutôt prog comme « I Hear You Listening (to the Bug On My Wall) », « Left Door » et autres « Truth In The Wild ».

Elle peut également compter sur l’aide de Meg Duffy alias Hand Habits et de James Krivchenia de Big Thief pour pouvoir mettre en boîte ce disque audacieux où les guitares résonnent, les claviers qui dansent et les cuivres qui donnent leur signal d’alarme de façon spontané avec une pointe d’expérimentation. Ce n’est pas pour rien que l’on rencontre la fusion entre Cate Le Bon et Animal Collective sur le morceau-titre pop psychédélique ou des allures plus folk sur « Spit In The Eye Of The Fire King » avec la contribution du regretté Ash Rickli du groupe Strictly Rickli. Entre moments féeriques avec « Diary of a Rose » plutôt mystique mais également « Shadows Break » et « Untitled (« With C ») » et d’autres plus haletants comme « Fwee Again ».

Une fois de plus, Mega Bog joue avec nos émotions avec ce nouvel opus aux airs de conte fantastique. Dolphine est un autre testament de la musicienne qui ne cherche qu’à repousser ses limites en ajoutant plus d’une corde à son arc. Son art-rock psychédélique ne finira pas de surprendre.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Vanishing Twin: « The Age Of Immunology »

Vanishing Twin compte cinq membres, de cinq nationalités différentes, et une même volonté de casser la ligne d’horizon pour ouvrir le chant des possibles. Cathy Lucas, Valentina Magaletti, Susumu Mukai, Phil MFU et Elliott Arndt sont tous basés à Londres, épicentre d’une galaxie pourtant bien plus large. Leur dernier album, The Age Of Immunology, véhicule des images de contrées lointaines et porte des envies d’ailleurs, comme si le monde entier s’était englué dans une léthargie de troisième type. Vanishing Twin raconte la contemplation à travers des formes inédites. « KRK (At Home In Strange Places) » a par exemple été enregistré à l’aide d’un simple téléphone lors d’un live donné sur l’île croate du même nom. Il décrit une boucle très contemporaine tout en inoculant le rythme galopant des percussions jazzy.

Il y a chez Vanishing Twin un esthétisme marqué. La forme importe, elle initie même. La galerie de portraits que compte The Age Of Immunology représente plusieurs paysages, chacun libérant un espace de création. Dix titres, dix plages musicales où s’échouent les curiosités du cosmos que regarde un œil passéiste, en attendant un alignement de planètes favorable : « Cryonic Suspension May Save Your Life ». Leurs spirales émettent des ondes (« Backstroke ») qu’il fait bon capter, messages délivrés dans un langage universel bien que cosmopolite : « Language Is A City (Let Me Out!) ». Les langues s’entrechoquent et la beauté reste. Le chant, lui, flotte.

La musique de Vanishing Twin a le cœur savant et les tourments universels. Un groove subtil, la note bleue, l’expérimentation, l’attraction de l’étrange et la science-fiction en ligne de mire, ces éléments définissent tous un peu l’utopie sonore des cinq Londoniens d’adoption. La fibre arty est évidente. Protéiforme, elle est ici exploitée savamment, tendant à un même idéal : la recherche de l’émotion se trouve dans le détail. Car c’est là que réside le mystère de l’art. Parfois abstraits, les traits de The Age Of Immunology titillent les sens et invitent à sauter le pas, à tenter le grand voyage de l’inattendu.

***1/2

13 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jo Passed: « Their Prime »

Jo Passed a fait parler de lui à travers une poignée d’EPs. Il aura suffi que sa musique teintée de dream-pop, art-rock et pop psychédélique fasse parler de lui pour être signé sur un label réputé, Sub Pop, et qortir son premier album, Their Prime.

Ce qui fait l’originalité de Jo Passed est tout simplement une capacité d’alterner les climats et les ambiances de chaque morceau sans jamais se perdre dans le fil de ses idées. Passant du calme à la tempête selon les morceaux, le groupe de Vancouver convoque tantôt XTC tantôt Sonic Youth voire même Neu ! sur des perles insaisissables comme « Left » qui ouvre le bal mais également « MDM », « Glass » ou « Repair ».

Cette fusion musicale que concocte Jo Passed vaut absolument le détour notamment à l’écoute de « R.I.P. », « Millenial Trash Blues » ou bien même de « Sold » allant du shoegaze à la jangle-pop en passant par le krautrock. Tandis que l’on pensait avoir tout entendu, voilà que le quatuor de Vancouver délivre un titre-phare pièce de six minutes intitulé « Places Please » faisant montre d’une écriture pointilleuse servie par des ambitions musicales plus que justifiées.

***1/2

12 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Turtlenecked: « High Scores Of The Heart »/ « Springtime In Hell »

Après Vulture ce combo de Portland n’avait pas l’intention de s’arrêter en chemin. Le voici de retour avec High Scores Of The Heart / Springtime In Hell, huit titres Turtlenecked continue à faire muer son art-pop comme l’atteste des morceaux comme « Knocked Down By Another Ghost », « Underwear » ou encore « To-day » où les synthés priment abord sur les guitares.

Le groupe de Portland est du genre à mêler emo et influences plus synthétiques sans que cela choque qui que ce soit et le fait plutôt bien sur « Friends, Romans, Countryboyz » ou bien même sur les vibes 80’s de « Centerfold ». Ça peut choquer les aficionados mais au final, High Scores Of The Heart étonne pour son inventivité

***

6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Lanz: « Hoferlanz II »

Pour les connaisseurs, Benjamin Lanz est un membre de The National, Beirut mais encore du backing band de Sufjan Stevens qui officie également dans le supergroupe Lnzndrf et avait publié un premier album du nom de Hoferlanz en 2017.

Une fois de plus, Lanz ait parler son inventivité où l’art-rock et la pop baroque font bon ménage. Le musicien new yorkais continue de nous étonner après toutes ces épopées musicales précédentes avec des titres résolument de haute volée allant de l’introductif « Tell Me, Please » à « With The Rocket » avec en prime un solo de trompette des plus jouissifs en passant par « Auckland », « You Drive » ou bien même « 125 bpm ».

Avec Hoferlanz II, Lanz nous offre un autre aperçu de son talent qui déborde de talent notamment sur « Interloc » et « This is The Time Where ». Et on touche au génie avec La conclusion de cet opus,  Lice In My Brain », est des plus ambitieuses (dix minutes) frisera même le sans faute. Chaudement recommandable.

***1/2

26 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Thus Owls: « The Mountain that We LIve Upon »

Atour du trio que constituent Simon Angell (guitares, etc.), Erika Angell (chant, etc.) et Samuel Joly (batterie), Thus Owls a pris de l’expansion dans ce nouveau cycle de création.

The Mountain That We Live Upon a été imaginé dans le maintien d’une grande intégrité artistique: esthétique singulière, riche, aventureuse, conceptuellement brillante, d’une profonde sensibilité.

Ont aussi contribué à cet album de haute volée Laurel Sprengelmeyer (Little Scream), Nicolas Basque (Plants and Animals), Michael Feuerstack (The Luyas), Marc-André Landry (Matt Holubowski).

Thus Owls poursuit sa quête vers l’expression viscérale de l’existence, celle d’un couple capable de tout absorber, de traduire en musique et en poésie les mystères, les ombres, les vertiges, les éclats de lumière.

Depuis 2009, il n’y a rien d’évident pour s’expliquer l’impact confidentiel généré par Thus Owls. Peut-être serait-ce cette posture sur la soi-disant frontière entre la forme chanson et les musiques contemporaines instrumentales ou électroniques, incluant des séquences d’improvisation et de bruitisme. Ou tout simplement une question de chance…

Malgré tout, le langage de Thus Owls continue de s’étoffer. L’impulsion donnée par la percussion, la qualité du texte, la richesse des arrangements, l’impact des guitares, les ornements électroniques, les pointes d’énergie et la puissance de la voix soliste font de Thus Owls un trésor… encore caché de la musique actuelle.

***1/2

6 octobre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Animal Collective: « Painting With »

À regarder de près, ou même si notre attention est volatile, on ne peut qualifier de « banale » une nouvelle production de Animal Collective. Ils sont toujours regardé de l’avant, rarement en sens inverse mais quand ils sortirent Centipede Hz en 2013, un sentiment se fit jour : une incapacité à pouvoir se renouveler à l’aulne des précédents, Strawberry Jam et Merriweather Post Pavillon.

Un écoute rapide pourra justifier ce constat dans la mesure où la première impression que procure Painting With est celle d’un enregistrement maladroit. Si on prend en compte le fait que le groupe est désormais réduit à un trio, il était normal que le travail ici soit plus primitif.

Le combo de Baltimore s’abstient en effet ici de tout penchant pour les passages « ambient » étendus ; souvent complexe en termes de construction, la musique va opter pour quelque chose de plus élémentaire, le plaisir en soi.

Le son va devenir alors beaucoup plus « fun » en témoignent le tapageur titre qui ouvre le disque, « Floridada » où l’entretoise déjantée sur « Spilling Guts ».

La cadence de l’album ne montre aucun signe de ralentissement et chaque composition semble baigner dans un climat d’urgence. Accompagné de structures soniques plus dépouillées et de textes où les préoccupations alternent l’abstraction et le lyrique (les dinosaures, le conflit en Ukraine et la division Nord-Sud sur le continent américain , Animal Collective nous présentent à nouveau un opus qui donne à réfléchir et qui y parvient sans peine.

***1/2

8 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Joy Formidable: « Hitch »

Quelle que puisse être la formule magique pour capturer le son et le climat « live » quand vous enregistrez un disque en studio, il est difficile d’imaginer le préparation profonde et méthodique qu’il est nécessaire de mettre en place pour y aboutir.

C’est pourtant ce à quoi s’emploie The Joy Formidable sur un troisième album pour lequel il a fallu ni plus ni moins qu’une année où, cloisonnées dans leur natif Pays de Galles, ils décidèrent d’enregistrer Hitch.

Le groupe a toujours été capable de créer une aura particulière, celle-ci n’est pourtant pas ici celle d’une présence qui habiterait une scène de concert. L’expérience est, pourtant, libératrice voire même engageante dans le processus exploratoire qui l’anime et elle favorise indubitablement des éléments qui vont bien au-delà du fait de vouloir simuler un spectacle.

Hitch est, ni plus ni moins, la collection de chansons plus plus énorme et courageuse qu’il soit donné d’entendre tant elle réussit à rafraîchir certaines enluminures des deus précédentes tentatives et nous emmène directement vers ce qui constitue la source la plus vive et organique du trio. Ainsi, la rythmique infatigable de « he Last Thing On My Mind » déborde de fluidité luxuriante an dépit d’un schéma blues-metal qui vient épouser des légères touches de claviers avant de germer en un embrouillamini de feedback bruitiste.

Sur un titre à l’image de « Radio Of Lips » le brillant sonique est éclatant et donne même aux guitares un reflet étincelant.

Alors que Wolf’s Law avait vu le combo se lancer de manière propulsive dans ce qui avait trait au son ; Hitch nous les présente prêts à s’embarquer pour une odyssée encore plus élevée.

Ce ne seront pourtant pas les riffs très alt-rock sur lesquels on s’attardera pour souligner la confiance qui anime The Joy Formidable mais plutôt la profondeur brumeuse, sombre et furtive qui imprègne les compositions, cet brouillard blafard qui enveloppe les sentiers que nous parcourons.

En travaillant de cette manière sur une variété de styles et d’humeurs, Hitch nous prouve qu’il n’a besoin de rien d’autre pour passer la surmultipliée sans faire brouter son moteur.

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26 mars 2016 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire