No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

RF Shannon: « Trickster Blues »

Venu tout droit de Lockhart, dans le Texas, l’auteur-compositeur-interprète est du genre à mêler les influences R&B/soul rétro sur ses compositions blues-folk psychédélique aériennes et ce Trickster Blues ne déroge pas à la règle.

Il n’est que de se laisser mener par la délicatesse des compositions et des arrangements dénués d’artifice dominant sur des titres comme la parfaite entrée en matières qu’est « Tooth Ache » mais également « Cold Spell » et « Gates of Paradise ».

Avec ces huit morceaux, on ferme les yeux et on se laisse emporter par ces morceaux planants menés par la voix douce de RF Shannon qui ne demande que l »uxe, calme et volupté ». Trickster Blues nous mènera tout droit dans un désert comme l’atteste « Badlands », « Black Madonna, So Divine » ou bien même la conclusion nommée « Silver Woman ». Un peu de tendresse qui ne fera aucun mal ne fait pas de mal dans le monde tel qu’il est.

***1/2

6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Christian Kjellvander: « Wild Hxmans »

Wild Hxmans de Christian Kjellvander n’est pas de ces albums qui s’imposent avec fracas. Au contraire il devra s’installer progressivement à nous, pas simplement qu’à nos oreilles, et de nous enfoncer secrètement dans ces abysses que sont les émotions humaines, les sentiments.

Il nous offre d’échapper pour quelques instants à la frénésie contemporaine et mieux nourrir nos rêveries de cet ailleurs étrange et lyrique. Le décor en serait un brouillard épais et nocturne, porté par une barque sur une eau étrangement silencieuse et nous pénètrerions inensiblement dans le royaume chimérique du Suédois.

Une lente progression au milieu de nulle part, aucun indice, ou presque, aucune trace ou presque (« Strangers in Nordheim »). Peut-être au loin, quelque chose ? Combien de temps avons-nous dérivé, quand se présente cette présence vocale, grave et profonde ? Une minute, une heure, une éternité ? Et il est déjà trop tard pour revenir en arrière alors que la guitare semble nous tendre la main ? Après quelques recherches, nous ne pouvons que constater l’éloignement (raisonnable) avec l’humeur tendrement folk des premiers pas de notre hôte, à savoir le séduisant « Songs From a Two-Room Chapel ». Seize ans déjà ! L’homme a mûri. Et a sûrement traversé bon nombre de joies, de peines, de doutes et d’épreuves. Voilà ce que chaque mot prononcé, chaque syllabe qui s’étend, nous raconte en substance, avec la retenue de l’émotion (« Stiegga »). Et pourtant comme dans de nombreuses catharsis musicales, le chemin passe aussi par la libération grisante du son. Quelque chose s’est envolé dans le sillage de la distorsion réverbérée ! À n’en point douter, la puissance évocatrice de ces intenses plages chimériques doit notamment à la justesse de jeu du bassiste Ruben Engzell et du batteur Per Nordmark. Pour la petite histoire, ce dernier s’est largement illustré au sein de la scène post-hardcore suédoise, notamment au sein de combos aussi incisifs que Breach et Fireside. La tension intrinsèque de titres comme « Thing Is » et « Faux Guernica » tient beaucoup de sa frappe sèche, précise et affirmée.

Forcément à travers ce grain de voix, à travers les aspérités de ces intentions à fleur de peau, nous retrouvons cette troublante capacité à sublimer le doute, la souffrance, la tristesse, le manque comme savent si bien le faire le leader de Tindersticks, Stuart A. Staples (auteur lui aussi en 2018 d’ailleurs d’un troublant album, Arrhythmia) ou encore l’unique David Sylvian (dont la discographie n’en finit plus de nous envoûter). Nous pourrions aussi évoquer la figure de Mark Lanegan, avec qui Christian K. partage d’ailleurs un goût prononcé pour les explorations stylistiques et les rencontres artistiques. Ou pourquoi pas celle de l’immense David Eugene Edwards, notamment pour ce rapport complexe et dévorant avec la foi, à la croyance et au spirituel à l’image du splendide « Halle Lay Lu Jah ». Musicalement d’ailleurs, les deux musiciens donnent, chacun à leur manière, un étonnant relief mystique à leurs compositions. Et si l’Américain tend de plus en plus vers une version agitée, et de plus en plus électrique et presque post-punk, le Scandinave lui opte pour un mélange subtil d’americana, de post-rock et de slowcore. De belles façons d’échapper à la norme Pop, en laissant les morceaux s’installer, s’étirer, revenir (« Curtain Maker »).

Avec Wild Hxmans Christian Kjellvander a tout simplement signé un disque entier et bouleversant ; peut-être parfois excessif dans son expressivité (« Curtain Maker ») mais pour de bonnes raisons. Se livrant ainsi comme une séance de rattrapage, il nous donne envie de vivement nous plonger dans son immense discographie, remplie de side-projects et de rencontres en tout genre.

****1/2

10 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Cass McCombs: « Tip of the Sphere »

Cass McCombs est l’un des songwriters américains parmi les plus mésestimés qui soient. Préférant les chemins de traverse aux écueils de la popularité, McCombs s’évertue depuis plus de 15 ans à écrire des chansons mélangeant habilement le psychédélisme, le soft-rock et plus récemment la country.

C’est en 2011, avec l’album Wit’s End, que le compositeur a pointé le bout de son nez hors des cercles d’initiés. En 2013, il a fait paraître l’ambitieux Big Wheels and Others ; un disque d’une durée de 95 minutes qui demandait un effort d’écoute de tous les instants et qui ne permettait pas d’apprécier le travail du musicien à sa juste valeur. Trois ans plus tard, McCombs récidivait avec le très sensuel Mangy Love qui s’éloignait du rock ténébreux auquel il nous avait habitués.

L’artiste est de retour avec un 9e album : Tip of the Sphere. Réalisé par Sam Owens, alias Sam Evian (meneur de la formation Celestial Shore), cette production a été enregistrée au réputé studio new-yorkais Figure 8. Et ses fidèles accompagnateurs font bien sûr partie de l’aventure : Dan Horne (basse), Otto Hauser (batterie) et Frank LoCrasto (piano, orgue, synthés, etc.).

Cette fois-ci, McCombs plonge dans une sorte soft-rock feutré et indolent, aux influences americana, qui remémorent parfois les Grateful Dead. Tip of the Sphere est un disque plus cohérent que Mangy Love, même si en fin de parcours le bonhomme nous surprend avec « American Canyon Sutra », un spoken-word étrange dans lequel il y enchasse des petites perles littéraires.

Avec Mangy Love, le créateur nous a prouvé qu’il faisait partie du groupe réduitt de compositeurs de talent ; sur Tip of the Sphere, il confirme hors de tout doute que son relatif anonymat pourrait tirer à sa fin. L’Américain nous propose un album intemporel qui vise la durée plutôt que l’esbroufe et l’effet de toge. McCombs crée et joue selon ses propres règles, présentant des chansons calmes et sereines en apparence, mais renferment quelques critiques sociales bien tournées, comme sur le premier « single » tiré de l’album, « Sleeping Volcanoes ».

Même si Tip of the Sphere ne contient aucune surprise majeure, la facilité déconcertante avec laquelle ces petits bijoux de chansons sont interprétés font de ce disque une totale réussite, décapante et intemprelle comme Neil Young et son Crazy Horse pouvaient s’en rendre coupables.

****

9 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

William Tyler: » Goes West »

Il aura fallu deux albums emblématiques pour que William Tyler soit considéré comme un des guitar hero les plus reconnus de la scène américaine actuelle. On avait laissé le natif de Nashville avec l’incroyable road trip musical qu’était Modern Country.

Son nouvel opus nommé Goes West montre que Tyler a bien compris que ce serait une erreur de changer ses habitudes. Armé de son instrument de prédilection qu’est sa six cordes acoustique, l’ex-membre de Lambchop nous entraîne très loin avec son indie folk instrumental teinté d’Americana atmosphérique. Dès lors, la ceinture est attachée et nous voici embarqués avec un « Alpine Star » mettant une fois de plus au centre son jeu de guitare acoustique. On enchaîne avec d’autres moments envoûtants et aériens du genre comme « Not In Our Stars » et « Call Me When I’m Breathing Again ».

Soutenu par d’autres instruments (basse, vibraphone, claviers, batterie…), le sens du fingerpicking de William Tyler reste tout de même l’atout principal de ce Goes West. On continue de contempler les paysages à vive allure avec des ritournelles enivrantes à l’image de « Eventual Surrender », « Venus In Aquarius » et autres « Virginia Is For Loners ». Après un « Our Lady Of The Desert » marqué par un solo de guitare électrique des plus fascinants, le guitariste de Nashville maintient la barre encore haute avec ce nouvel opus immersif et toujours cinématographique. Loin d’être complètement à l’Ouest, il s’agit d’une autre bande-son dans laquellle on se perdra avec beaucoup de plaisir.

***1/2

1 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

John Mellencamp: « Other People’s Stuff »

Le Great American Songbook ? C’est ce que dit John Mellencamp dans son livret accompagnant les chansons rapatriées ici : on en est pas là, contentons-nous d’évoquer le Great Americana Songbook : des morceaux qui sont la chaux, le sable, les éléments constitutifs de la maison américaine.

Notre vétéran troubadour a ainsi rassemblé et réenregistré les pièces qui l’ont fondé : le country de chez Jimmie Rodgers (« Gambling Bar Room Blues »), du country-soul de chez Mickey Newbury (« Mobile Blue »), du gospel texan de 1927 (« In My Time of Dying »), du reportage country-folk de la même époque (le fameux « Wreck of the Old 97 »), du protest song des années 1960 (« Eyes on the Prize »), et même du soul de chez Stevie Wonder (« I Don’t Know Why I Love You) ». Arrangements purs et durs, intention claire, revisite sincère : tout ça compose un album fait pour inspirer. L’heure peut, en effet, s’y prêter.

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6 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Steady Hands: « Truth In Comedy »

Des cendres de Modern Baseball les différents membres du groupe s’émancipent chacun de leur côté. On avait vu Jake Ewald qui nous a présenté Slaughter Beach, Dog et maintenant, c’est au tour de Sean Huber, bassiste du groupe, de nous présenter son nouveau projet qu’est Steady Hands avec un nouvel album intitulé Truth In Comedy.

Sean Huber reste dans son élément en partant à la croisée de l’Americana et power-pop. Il en résulte des titres audacieux et racés comme l’introduction explosive du nom de « 40 Ox » mais encore les accents emo de « New Tattoo » et de « Indifferent Belushi » avec ses synthés reluisants.

Steady Hands n’a pas perdu la main en matière d’arrangements, qu’ils soient plus amples avec l’apparition de l’orgue sur « Drop D And Dance Beats » ou des cuivres sur « Saint Lucas » ou sophistiqués avec un solo de piano raffiné sur « Better Days ».

Ajoutons aussi les prestations vocales convaincantes de Sean Huber sur « No More Funerals » ou encore la conclusion bien pleine de densité de « Christmas At The ‘Vous ». Steady Hands n’atteint pas la grâce incarnée de Slaughter Beach, Dog,mais s’en tire avec les honneurs sur un opus riche en instrumentations en tous genres allant au-delà de l’emo.

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28 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mountain Man: « Magic Ship »

Parfois le moins apporte un plus ; c’est un peu le cas pour ces trois voix (Molly Sarlé, Amelia Meath et Alexandra Sauser-Monnig) et c’est précisément ce qui a fait le charme de leur premier album, Made The Harbour. Ce disque était captivant à écouter avec le son de ces doigts grattant les cordes des guitares acoustiques, les soupirs qui s’exhalaient et les splendides harmonies qui se heurtaient en réverbérations le long des murs du magasin de glaces qui les accueillaient et où elles enregistraient.

Plus que beaucoup, le trio avait capturé une humeur un hymne à la beauté vêtu d’habits où le dépouillement de rigueur accompagnait ce plaidoyer pour la nature, la musique folk des Appalaches et une simplicité depuis longtemps diaparue.

La vie avait dicté une ligne de conduite faite d’un rapide « follow-up » après rien mieux que huit années passées à peaufiner carrières et répertoires, et c’est exactement cela que cette même vie a permis de déverser dans Magic Ship et de faire de ce nouvel opus quelque chose de plus structuré et riche et de générer un agrément d’écoute aux innombrables textures.

Le disque a été conçu pendant une longue virée entre la Californie et le Dakota du Nord, entre cieux désertiques et panoramas sauvages et c’est ce paysage dénudé qui donne des chansons véhiculant un sentiment de tendresse, de vieilles amitiés se retrouvant et du temps juste passé à déguster son écoulement.

On perçoit affection discrète sur « Rang Tang Ring Toon », une rumination sur les joies triviales d’un repas pris sous les étoiles, ou « Boat » avec des harmonies délicieuses nous rappellent le flot d’une rivière sous un ciel gorgé de soleil ; des plaisirs simples et des contes narrés de la manière la plus décharnée qui soit.

Magic Ship est un album élégant et qui ne dément pas son épithète ; c’est un disque spécial, celui de trois musiciennes nées pour faire de la musique ensemble.

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27 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Still Corners: « Slow Air »

Basé à Londres, ce combo a écrit et enregistré son dernier album, Slow Air, à Austin, Texas. Les son, susceptible de plaire à des fans de Beach House ou des Chromatics, est extraordinairement visuel. Ici, il est fermement enraciné dans une « americana » tendance dark country mêlée à leur coloration initaile, la « dream pop ». Le tout donne un opus qui ne déparerait pas la BO d’un film de David Lynch.

Textes simples et instrumentaux maussades nous plongent dans un décor qui nous emmène au sein d’un monde imaginaire où trônent la désillusion et le stress que peuvent générer la vie urbaine.

Ainsi, « In The Midle Of The Night » sonne comme du Neil Young remixé en mode chill out, chose qui n’aurait pas été hors sol dans les chansons d’amour désenchantées de Chris Isaak ou Lana Del Rey.

« The Message », quant à lui évoque ce que pourrait être une virée à grande allure sur un freeway au milieu de la nuit ; humeur à la fois libératrice mais emplie d’une solitude, humeur qui d’ailleurs, jalonnera tout l’album.

C’est sur le quasi-instrumental «  Welcome to Slow Air » que la morosité atteindra son paroxysme avec ces sonorités étouffantes et tropicales mais la dernière parte de Slow Air se fera plus enlevée avec lun « single » (« Black Lagoon ») plus lyrique et ancré dans un décor de moindre claustrophobie. Ce sera cette impression qu’il sera nécessaire de retenir pour mieux s’appesantir sur l’onirisme et l’imagination, deux éléments que Sill Corners et Lych conjuguent chacun à leur manière.

***1/2

26 août 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Ray Davies: « Americana »

Évoquer Ray Davies, c’est, avant tout reconnaître en lui l’un des plus respectables et respectés songwriter du Royaume Uni. La liste de ses classiques surpasse celle des plus renommés de ses pairs mais, sur ce nouvel opus, ce chanteur qui a inspiré tant d’autres artistes, nous montre quelles étaient ses véritables sources d’inspiration.

Americana est un disque « roots » au même titre que, sur le précédent See My Friends, l’hommage se situait dans la liste des prestigieux invités qui l’accompagnaient (Bruce Springsteen, Lucinda Williams, Jackson Browne et même Metallica).

La trame entre les deux productions est la même dans la mesure où, pour quelqu’un qui a tant su élaborer sur le thème de la nostalgie et du temps qui passe, il était évident que le concept qui préside à Americana s’imposerait.

Que ce besoin se soit fait sentir au moment où Davies soit nominé comme chevalier pour son service rendu aux « British Arts » et qu’il fasse paraître, sous le même nom, son autobiographie n’est pas une incongruité dans la mesure où Davies avait déjà reçu le Order of the British Empire en 2004.

Americana donc, accentuée par le fait qu’il utilise The Jayhawks pour l’escorter et, pour jouer sur la dichotomie USA/Angleterre, leur ait demandé de venir enregistrer dans son propre studio à Londres.

Americana s’ouvre d’ailleurs de manière introspective avec une guitare dont les cordes sont légèrement pincées et où les harmonies enrobent avec douceur des textes qui montent où pour lui se situent ses allégeances, « I want to make my home/Where the buffalo roam ».

Mais, comme pour tout ce qui concerne les Kinks, les sensations américaines de Davies sont complexes et ironiquement asymétriques. On peut être fasciné par le drapeau US et diaprer des titres où « Waterloo Sunset » n’est jamais loin comme sur le caustique « The Invaders » qui rappellent les difficultés qu’a eues le groupe dans sa première tournée outre-Atlantique ou « The Deal » où Davies revisite ses premières impressions des Los Angeles («  I’m going to LA/Check into a quiet, groovy hotel/Get myself a tan ».)

Jamais éloigné de ses observations sur la « chose américaine », le chanteur y greffe ses propres fixations en explorant la conscience de sa propre mortalité comme sur « The Mystery Room » où cette thématique est abordée de manière explicite (« Now I’m faced with mortality ») ou sur la narration nocturne qui parsème «  Silent Movie ».

L’acoustique «  Rock ‘N’ Roll Cowboys » privilégiera encore plus ce sillon avec un «  Do you live in a dream or do you live in reality » qui établit judicieusement la connexion entre l’Ouest d’antan et les rock stars prenant de l’âge. Un fragment de « All Day and All of the Night » trouvera d’ailleurs place sur « The Man Upstairs » comme pour démontrer que l’artiste sait où se situe son Histoire. L’entendre chanter «  don’t live life, life lives me » indique clairement le lien qu’il entend établir entre sa chronologie et l’introspection qui en est le produit. Ce qui permet, pourtant, de ne pas tomber dans l’égotisme est la dextérité avec laquelle Davies joue avec les mots et les tournures de phrases, une des facultés dont il a toujours fait preuve (« Poetry »). À cet égard, l’accompagnement musical des Jayhawks est, volontairement, on ne peut plus générique et fort à propos.

Le focus étant placé sur les mots, il est certain que les compositions n’ont pas l’élan qui a permis d’écrire de si nombreux classiques. Point de « Lola » ou de « David Watts » ici mais une orchestration qui rend le produit terriblement efficace et touchant. Les vocaux en duo avec Karen Grotberg (claviers) sont tout bonnement troublants comme le sont les contributions instrumentales qui jalonnent Americana.

L’album va ainsi merveilleusement alterner ballades acoustiques, quatuor à cordes et titres plus enlevés solidifiant ainsi les « rockers » ou les morceaux music hall témoignant de la versatilité d’un artiste qu’on ne saurait réduire aux stéréotypes qui ont délimité sa carrière.

Certes par moments trop long, Americana prouve que Davies n’a rien perdu de sa verdeur et de son acuité en matière d’écriture ; son sens de l’interjection, son phrasé apportent consistance et cohérence. Il y a, en effet, profondeur et puissance dans sa dissection de l’Amérique.

La grandeur y côtoie ainsi les côtés sombres ; chroniqueur mais aussi poète,le chanteur expose ici sur un ton conversationnel familier et intime un univers qui même si il est le portrait d’un manque et d’une aliénation, donne émotion et douceur à ce sentiment de déperdition qui ne nous abandonne jamais.

****1/2

8 mai 2017 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Travis Linville: « Up Ahead »

Bien que relativement peu connu aux USA, Travis Linville est une figure importante de la scène musicale en Oklahoma. En tant que « singer songwriter » cela plus de dix ans qu’il y enseigne, tourne, y écrit et y compose Up Ahead est son plus récent album et on retrouve ici toute son expérience à nous proposer une compilation de chansons country simples et décontractés véhiculant une atmosphère tranquille et faite de « vibes » dont le réalisme quotidien se veut prosaïque mais, avant tout, apaisant.

« Flowers in Your Hair »,” ouvre le disque, composition alerte où description est faite de l’innocence et de l’émoi qui transparaissent à l’évocation d’un premier amour. Les textes sont courts et sans fard dans une tonalité qui se veut, à l’image de tout l’album, optimiste et ouverte à l’éclat qui anime la succession des jours qui passent.

Cette essence basique se retrouve en matière d’instrumentation dans la mesure où Linville s’attache à une production naturelle et élémentaire. Loin d’être facilité, cette démarche est avant tout preuve du talent qu’il a à faire fonctionner des titres où généralité se conjugue à douceur.

On retrouve ici la joie qui peut se résumer à déguster une bonne bière, à être entouré de ses amis ou à écouter de bons petits morceaux country et folk comme ceux de Up Ahead.

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2 avril 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire