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Ray Davies: « Our Country: Americana Act II »

Le plus Anglais des compositeurs anglais est devenu Américain et, à pès de 75 ans, il continue de façonner son « Rêve Américain », fasciné qu’il est par ce pays si dissemblable de l’enfant de Muswell Hill qu’il est à l’origine.

Ce géniteur -de la pop anglaise est devenu, fasciné comme il l’est désormais, porte-parole de la la chose américaine, celle qui est la plus originelle, celle qui se nomme ici Americana Act II après qu’il y ait eu un Acte Un.

Les Kinks se seraient reformés ? Peut-être que ce sujet est plus un fantasme que ce  Our Country: Americana Act II qui, lui, demeure une curisosité puisqu’il s’agit d’une collection de chansons entrecoupées de narrations, pendant lesquelles Ray Davies raconte sa vie et plus précisément ses anecdotes américaines.

On y trouve ainsi des interludes évoquant l’interdiction de jouer sur le territoire américain. Biographie en forme de flash-back : c’était après la première livraison de la British Invasion. Les groupes anglais n’étaient plus les bienvenus et les Kinks en ont fait les frais. Davies parle, ensuite, du jour où il a rencontré sa maîtresse dans un bar, du jour où il a été blessé par balle à la jambe après avoir défendu une victime d’agression à la Nouvelle Orléans. L’Amérique de Ray Davies est une Amérique en grande partie nostalgique et mythologique. C’est l’Amérique des westerns et des grands films sur l’Ouest, c’est l’Amérique de la country music et des bars interlopes, mais c’est aussi l’Amérique de la liberté sexuelle, des sexes troublés (pas trace de « Lola » ici) et des grands espaces. L’album dépeint l’itinéraire intéressant d’un homme biberonné à la culture américaine à travers les comics et les films de l’après-guerre et qui découvre un pays qu’il a longtemps fantasmé. Son récit raconte la transition entre cette Amérique imaginaire et la découverte d’un pays réel marqué par son extrême liberté et sa terrible violence.

Musicalement Americana Act II est un voyage que Davies entreprend à nouveau accompagné des JayHawks, un groupe de techniciens très solides qui l’avait accompagné précédemment et qui fournit, avec sa chanteuse Karen, un canevas très efficace aux récits parlés/chantés de l’Anglais. Le disque reprend des morceaux originaux, quelques standards ainsi que des morceaux des Kinks ou de Davies figurant sur d’autres albums et qui servent la narration comme « The GetAway « ou « The Real World » qu, toutes edcellentes qu’elles soient, ne sont pas fleuries de nostalgie. L’ensemble, en revanche, en est plein, mais il est même assez tranquille, à quelques exceptions près. La voix de Ray Davies est toujours agréable bien que moins malléable et dynamique que par le passé. Ses paroles sont toujours aussi subtiles et élégamment tournées ce qui rend l’exercice de style plus que fréquentable. A la première écoute, l’histoire de Davies est tout à fait passionnante et s’écoute comme on écouterait un livre-disque. Louisiana Sky est un bon exemple de narration qui fonctionne impeccablement. Elle ouvre sur un épisode très Nouvelle Orléans où Davies sort du rock n roll pour s’aventurer dans un blues du delta assez surprenant (« March of The Zombies ») et vers lequel on ne retournera pas nécessairement.

Americana Act II n’est pas aussi classique et conservateur qu’il en a l’air. « The Big Weird » est un morceau ambitieux et qui dégage une séduction invraisemblable. Le narrateur se perd dans une nuit hantée par tout un tas de personnages fascinants : des femmes essentiellement, jeunes et qu’il s’en veut de suivre. On sent pointer une once de lassitude sur « The Big Guy » mais on peut trouver son compte lorsque Ray Davies ébroue son « bon vieux rock » sur le final « Muswell Kills » ou lorsqu’il croone son amour du continent sur « Oklahoma USA ».

Davies n’a rien perdu de sa capacité à écrire des morceaux qui tiennent la route et ne nous prive pas de son talent sur « Bringing Up Baby, » le puissant « The Take » ou le boogie rétro de « Back In The Day ».

Our Country: Americana Act II est un disque qui ne manque pas d’intérêt et qui s’écoute avec plaisir. Cela n’en reste pas moins un exercice un brin paresseux et qui ne présente pas un intérêt immense pour qui ne connaît pas sur les doigts les disques autrement plus importants et décisifs du groupe anglais. Sans doute est-il préférable d’aller réviser ses classiques et de réécouter la trilogie magnifique parue entre 1968 et 1970 : Village Green, Arthur et Lola versus Powerman, plutôt que de vouloir à tout prix élaborer sur un Davies hors d’âge. Raison de plus pour ne pas négliger une chanson comme « The Take »,une des plus chouettes qu’il ait jamais composées. Davies reste à 75 ans un danger public et un monstre de sérotonine : il n’y a pas d’âge pour jouer de la guitare, pour enflammer les sens et ruer dans les brancards. La messe est dite.

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8 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Son Volt: « Union »

Les fractures sociales et économiques qui lézardent la société américaine nourrissent Union, le nouvel album de Son Volt, infatigables emblèmes de la scène alt-country.

Jay Farrar tient fermement les rênes du groupe depuis 1994, l’année de l’implosion des mythiques Uncle Tupelo. Co-fondé à la fin des années 80 avec Jeff Tweedy, un camarade de lycée qui comme lui refusait de choisir son camp entre tradition country et frénésie punk-rock, Uncle Tupelo a été à la country alternative ce que les Beatles ou les Kinks ont été à la pop anglaise. En quatre albums, le groupe de Belleville, dans l’Illinois, a en effet posé les fondations d’un courant dans lequel se sont ensuite illustrés des gens aussi importants que The Jayhawks, Ryan Adams ou Richmond Fontaine. Tweedy, devenu le leader de Wilco, s’est progressivement affranchi de l’orthodoxie country-rock pour finir par la faire voler en éclats, Jay Farrar continuant de son côté à incarner une ligne moins réformatrice.

Tout au long d’une discographie démarrée sur les chapeaux de roues avec le classique Trace (1995), Son Volt n’a cessé de puiser son inspiration dans la grande histoire de la musique et de la littérature américaines. Farrar, qui mit en musique des textes de Jack Kerouac en compagnie de Ben Gibbard (One Fast Move or I’m Gone, 2009) et qui consacra par ailleurs un album entier à Woody Guthrie (New Multitudes, 2012) s’est rendu dans le musée consacré à ce dernier dans l’Oklahoma, afin d’enregistrer quatre des treize titres de ce nouvel album. Trois autres morceaux ont par ailleurs été gravés au Mother Jones Museum de Mount Olive, un lieu dédié à la mémoire de la célèbre activiste syndicale Mary Harris Jones.

De là est venue cette envie de reprendre le fameux « Rebel Girl, » grande chanson militante composée par Joe Hill, le père spirituel de tous les « protest singers » Mais Jay Farrar, qui a grandi au son des Rolling Stones, des Who et des Replacements, en connaît néanmoins un rayon sur les vertus libératrices du rock ‘n’ roll. Ce neuvième album studio, majoritairement constitué de chansons au ton grave et aux accents engagés (« Lady Liberty », « The 99 », « Reality Winner », « The Symbol »), s’offre donc aussi quelques moments de respiration aux ambiances moins plombées (« Devil May Care », « The Reason » et ses arpèges de douze-cordes entre Byrds et Heartbreakers).

Deux ans après le bien nommé Notes of Blue, qui voyait le groupe s’essayer aux accordages « delta blues » caractéristiques des œuvres de Mississippi Fred McDowell et Skip James , Son Volt rempile avec un disque parfaitement cohérent, aussi solide et sincère que les meilleurs chapitres de son répertoire. Jay Farrar et ses hommes nous rappellent au passage qu’en des temps aussi incertains que ceux que traverse actuellement l’Amérique, l’Union fait plus que jamais la force.

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5 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

RF Shannon: « Trickster Blues »

Venu tout droit de Lockhart, dans le Texas, l’auteur-compositeur-interprète est du genre à mêler les influences R&B/soul rétro sur ses compositions blues-folk psychédélique aériennes et ce Trickster Blues ne déroge pas à la règle.

Il n’est que de se laisser mener par la délicatesse des compositions et des arrangements dénués d’artifice dominant sur des titres comme la parfaite entrée en matières qu’est « Tooth Ache » mais également « Cold Spell » et « Gates of Paradise ».

Avec ces huit morceaux, on ferme les yeux et on se laisse emporter par ces morceaux planants menés par la voix douce de RF Shannon qui ne demande que l »uxe, calme et volupté ». Trickster Blues nous mènera tout droit dans un désert comme l’atteste « Badlands », « Black Madonna, So Divine » ou bien même la conclusion nommée « Silver Woman ». Un peu de tendresse qui ne fera aucun mal ne fait pas de mal dans le monde tel qu’il est.

***1/2

6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Christian Kjellvander: « Wild Hxmans »

Wild Hxmans de Christian Kjellvander n’est pas de ces albums qui s’imposent avec fracas. Au contraire il devra s’installer progressivement à nous, pas simplement qu’à nos oreilles, et de nous enfoncer secrètement dans ces abysses que sont les émotions humaines, les sentiments.

Il nous offre d’échapper pour quelques instants à la frénésie contemporaine et mieux nourrir nos rêveries de cet ailleurs étrange et lyrique. Le décor en serait un brouillard épais et nocturne, porté par une barque sur une eau étrangement silencieuse et nous pénètrerions inensiblement dans le royaume chimérique du Suédois.

Une lente progression au milieu de nulle part, aucun indice, ou presque, aucune trace ou presque (« Strangers in Nordheim »). Peut-être au loin, quelque chose ? Combien de temps avons-nous dérivé, quand se présente cette présence vocale, grave et profonde ? Une minute, une heure, une éternité ? Et il est déjà trop tard pour revenir en arrière alors que la guitare semble nous tendre la main ? Après quelques recherches, nous ne pouvons que constater l’éloignement (raisonnable) avec l’humeur tendrement folk des premiers pas de notre hôte, à savoir le séduisant « Songs From a Two-Room Chapel ». Seize ans déjà ! L’homme a mûri. Et a sûrement traversé bon nombre de joies, de peines, de doutes et d’épreuves. Voilà ce que chaque mot prononcé, chaque syllabe qui s’étend, nous raconte en substance, avec la retenue de l’émotion (« Stiegga »). Et pourtant comme dans de nombreuses catharsis musicales, le chemin passe aussi par la libération grisante du son. Quelque chose s’est envolé dans le sillage de la distorsion réverbérée ! À n’en point douter, la puissance évocatrice de ces intenses plages chimériques doit notamment à la justesse de jeu du bassiste Ruben Engzell et du batteur Per Nordmark. Pour la petite histoire, ce dernier s’est largement illustré au sein de la scène post-hardcore suédoise, notamment au sein de combos aussi incisifs que Breach et Fireside. La tension intrinsèque de titres comme « Thing Is » et « Faux Guernica » tient beaucoup de sa frappe sèche, précise et affirmée.

Forcément à travers ce grain de voix, à travers les aspérités de ces intentions à fleur de peau, nous retrouvons cette troublante capacité à sublimer le doute, la souffrance, la tristesse, le manque comme savent si bien le faire le leader de Tindersticks, Stuart A. Staples (auteur lui aussi en 2018 d’ailleurs d’un troublant album, Arrhythmia) ou encore l’unique David Sylvian (dont la discographie n’en finit plus de nous envoûter). Nous pourrions aussi évoquer la figure de Mark Lanegan, avec qui Christian K. partage d’ailleurs un goût prononcé pour les explorations stylistiques et les rencontres artistiques. Ou pourquoi pas celle de l’immense David Eugene Edwards, notamment pour ce rapport complexe et dévorant avec la foi, à la croyance et au spirituel à l’image du splendide « Halle Lay Lu Jah ». Musicalement d’ailleurs, les deux musiciens donnent, chacun à leur manière, un étonnant relief mystique à leurs compositions. Et si l’Américain tend de plus en plus vers une version agitée, et de plus en plus électrique et presque post-punk, le Scandinave lui opte pour un mélange subtil d’americana, de post-rock et de slowcore. De belles façons d’échapper à la norme Pop, en laissant les morceaux s’installer, s’étirer, revenir (« Curtain Maker »).

Avec Wild Hxmans Christian Kjellvander a tout simplement signé un disque entier et bouleversant ; peut-être parfois excessif dans son expressivité (« Curtain Maker ») mais pour de bonnes raisons. Se livrant ainsi comme une séance de rattrapage, il nous donne envie de vivement nous plonger dans son immense discographie, remplie de side-projects et de rencontres en tout genre.

****1/2

10 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Cass McCombs: « Tip of the Sphere »

Cass McCombs est l’un des songwriters américains parmi les plus mésestimés qui soient. Préférant les chemins de traverse aux écueils de la popularité, McCombs s’évertue depuis plus de 15 ans à écrire des chansons mélangeant habilement le psychédélisme, le soft-rock et plus récemment la country.

C’est en 2011, avec l’album Wit’s End, que le compositeur a pointé le bout de son nez hors des cercles d’initiés. En 2013, il a fait paraître l’ambitieux Big Wheels and Others ; un disque d’une durée de 95 minutes qui demandait un effort d’écoute de tous les instants et qui ne permettait pas d’apprécier le travail du musicien à sa juste valeur. Trois ans plus tard, McCombs récidivait avec le très sensuel Mangy Love qui s’éloignait du rock ténébreux auquel il nous avait habitués.

L’artiste est de retour avec un 9e album : Tip of the Sphere. Réalisé par Sam Owens, alias Sam Evian (meneur de la formation Celestial Shore), cette production a été enregistrée au réputé studio new-yorkais Figure 8. Et ses fidèles accompagnateurs font bien sûr partie de l’aventure : Dan Horne (basse), Otto Hauser (batterie) et Frank LoCrasto (piano, orgue, synthés, etc.).

Cette fois-ci, McCombs plonge dans une sorte soft-rock feutré et indolent, aux influences americana, qui remémorent parfois les Grateful Dead. Tip of the Sphere est un disque plus cohérent que Mangy Love, même si en fin de parcours le bonhomme nous surprend avec « American Canyon Sutra », un spoken-word étrange dans lequel il y enchasse des petites perles littéraires.

Avec Mangy Love, le créateur nous a prouvé qu’il faisait partie du groupe réduitt de compositeurs de talent ; sur Tip of the Sphere, il confirme hors de tout doute que son relatif anonymat pourrait tirer à sa fin. L’Américain nous propose un album intemporel qui vise la durée plutôt que l’esbroufe et l’effet de toge. McCombs crée et joue selon ses propres règles, présentant des chansons calmes et sereines en apparence, mais renferment quelques critiques sociales bien tournées, comme sur le premier « single » tiré de l’album, « Sleeping Volcanoes ».

Même si Tip of the Sphere ne contient aucune surprise majeure, la facilité déconcertante avec laquelle ces petits bijoux de chansons sont interprétés font de ce disque une totale réussite, décapante et intemprelle comme Neil Young et son Crazy Horse pouvaient s’en rendre coupables.

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9 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

William Tyler: » Goes West »

Il aura fallu deux albums emblématiques pour que William Tyler soit considéré comme un des guitar hero les plus reconnus de la scène américaine actuelle. On avait laissé le natif de Nashville avec l’incroyable road trip musical qu’était Modern Country.

Son nouvel opus nommé Goes West montre que Tyler a bien compris que ce serait une erreur de changer ses habitudes. Armé de son instrument de prédilection qu’est sa six cordes acoustique, l’ex-membre de Lambchop nous entraîne très loin avec son indie folk instrumental teinté d’Americana atmosphérique. Dès lors, la ceinture est attachée et nous voici embarqués avec un « Alpine Star » mettant une fois de plus au centre son jeu de guitare acoustique. On enchaîne avec d’autres moments envoûtants et aériens du genre comme « Not In Our Stars » et « Call Me When I’m Breathing Again ».

Soutenu par d’autres instruments (basse, vibraphone, claviers, batterie…), le sens du fingerpicking de William Tyler reste tout de même l’atout principal de ce Goes West. On continue de contempler les paysages à vive allure avec des ritournelles enivrantes à l’image de « Eventual Surrender », « Venus In Aquarius » et autres « Virginia Is For Loners ». Après un « Our Lady Of The Desert » marqué par un solo de guitare électrique des plus fascinants, le guitariste de Nashville maintient la barre encore haute avec ce nouvel opus immersif et toujours cinématographique. Loin d’être complètement à l’Ouest, il s’agit d’une autre bande-son dans laquellle on se perdra avec beaucoup de plaisir.

***1/2

1 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

John Mellencamp: « Other People’s Stuff »

Le Great American Songbook ? C’est ce que dit John Mellencamp dans son livret accompagnant les chansons rapatriées ici : on en est pas là, contentons-nous d’évoquer le Great Americana Songbook : des morceaux qui sont la chaux, le sable, les éléments constitutifs de la maison américaine.

Notre vétéran troubadour a ainsi rassemblé et réenregistré les pièces qui l’ont fondé : le country de chez Jimmie Rodgers (« Gambling Bar Room Blues »), du country-soul de chez Mickey Newbury (« Mobile Blue »), du gospel texan de 1927 (« In My Time of Dying »), du reportage country-folk de la même époque (le fameux « Wreck of the Old 97 »), du protest song des années 1960 (« Eyes on the Prize »), et même du soul de chez Stevie Wonder (« I Don’t Know Why I Love You) ». Arrangements purs et durs, intention claire, revisite sincère : tout ça compose un album fait pour inspirer. L’heure peut, en effet, s’y prêter.

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6 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Steady Hands: « Truth In Comedy »

Des cendres de Modern Baseball les différents membres du groupe s’émancipent chacun de leur côté. On avait vu Jake Ewald qui nous a présenté Slaughter Beach, Dog et maintenant, c’est au tour de Sean Huber, bassiste du groupe, de nous présenter son nouveau projet qu’est Steady Hands avec un nouvel album intitulé Truth In Comedy.

Sean Huber reste dans son élément en partant à la croisée de l’Americana et power-pop. Il en résulte des titres audacieux et racés comme l’introduction explosive du nom de « 40 Ox » mais encore les accents emo de « New Tattoo » et de « Indifferent Belushi » avec ses synthés reluisants.

Steady Hands n’a pas perdu la main en matière d’arrangements, qu’ils soient plus amples avec l’apparition de l’orgue sur « Drop D And Dance Beats » ou des cuivres sur « Saint Lucas » ou sophistiqués avec un solo de piano raffiné sur « Better Days ».

Ajoutons aussi les prestations vocales convaincantes de Sean Huber sur « No More Funerals » ou encore la conclusion bien pleine de densité de « Christmas At The ‘Vous ». Steady Hands n’atteint pas la grâce incarnée de Slaughter Beach, Dog,mais s’en tire avec les honneurs sur un opus riche en instrumentations en tous genres allant au-delà de l’emo.

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28 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mountain Man: « Magic Ship »

Parfois le moins apporte un plus ; c’est un peu le cas pour ces trois voix (Molly Sarlé, Amelia Meath et Alexandra Sauser-Monnig) et c’est précisément ce qui a fait le charme de leur premier album, Made The Harbour. Ce disque était captivant à écouter avec le son de ces doigts grattant les cordes des guitares acoustiques, les soupirs qui s’exhalaient et les splendides harmonies qui se heurtaient en réverbérations le long des murs du magasin de glaces qui les accueillaient et où elles enregistraient.

Plus que beaucoup, le trio avait capturé une humeur un hymne à la beauté vêtu d’habits où le dépouillement de rigueur accompagnait ce plaidoyer pour la nature, la musique folk des Appalaches et une simplicité depuis longtemps diaparue.

La vie avait dicté une ligne de conduite faite d’un rapide « follow-up » après rien mieux que huit années passées à peaufiner carrières et répertoires, et c’est exactement cela que cette même vie a permis de déverser dans Magic Ship et de faire de ce nouvel opus quelque chose de plus structuré et riche et de générer un agrément d’écoute aux innombrables textures.

Le disque a été conçu pendant une longue virée entre la Californie et le Dakota du Nord, entre cieux désertiques et panoramas sauvages et c’est ce paysage dénudé qui donne des chansons véhiculant un sentiment de tendresse, de vieilles amitiés se retrouvant et du temps juste passé à déguster son écoulement.

On perçoit affection discrète sur « Rang Tang Ring Toon », une rumination sur les joies triviales d’un repas pris sous les étoiles, ou « Boat » avec des harmonies délicieuses nous rappellent le flot d’une rivière sous un ciel gorgé de soleil ; des plaisirs simples et des contes narrés de la manière la plus décharnée qui soit.

Magic Ship est un album élégant et qui ne dément pas son épithète ; c’est un disque spécial, celui de trois musiciennes nées pour faire de la musique ensemble.

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27 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Still Corners: « Slow Air »

Basé à Londres, ce combo a écrit et enregistré son dernier album, Slow Air, à Austin, Texas. Les son, susceptible de plaire à des fans de Beach House ou des Chromatics, est extraordinairement visuel. Ici, il est fermement enraciné dans une « americana » tendance dark country mêlée à leur coloration initaile, la « dream pop ». Le tout donne un opus qui ne déparerait pas la BO d’un film de David Lynch.

Textes simples et instrumentaux maussades nous plongent dans un décor qui nous emmène au sein d’un monde imaginaire où trônent la désillusion et le stress que peuvent générer la vie urbaine.

Ainsi, « In The Midle Of The Night » sonne comme du Neil Young remixé en mode chill out, chose qui n’aurait pas été hors sol dans les chansons d’amour désenchantées de Chris Isaak ou Lana Del Rey.

« The Message », quant à lui évoque ce que pourrait être une virée à grande allure sur un freeway au milieu de la nuit ; humeur à la fois libératrice mais emplie d’une solitude, humeur qui d’ailleurs, jalonnera tout l’album.

C’est sur le quasi-instrumental «  Welcome to Slow Air » que la morosité atteindra son paroxysme avec ces sonorités étouffantes et tropicales mais la dernière parte de Slow Air se fera plus enlevée avec lun « single » (« Black Lagoon ») plus lyrique et ancré dans un décor de moindre claustrophobie. Ce sera cette impression qu’il sera nécessaire de retenir pour mieux s’appesantir sur l’onirisme et l’imagination, deux éléments que Sill Corners et Lych conjuguent chacun à leur manière.

***1/2

26 août 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire