No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Stepeh Kellogg: « South, West, North, East »

Un disque en quatre parties, enregistré dans quatre régions différentes du pays avec des co-producteurs et musiciens différents ; ce dernier album solo de Stephen Kellogg fait effectivement preuve d’ambition.

L’opus regroupe les quatre coins cardinaux, chacun ayant droit à cinq chansons Le Sud en est le point de départ, musique imprégnée du fameux « twang » de Nashville et accompagné de son groupe original désormais en hiatus, The Sixers.

Sur la partie Ouest, enregistrée dans le Colorado, ce sera la chanson cowboy qui sera mise en valeur. La thématique y est sombre mais Kellogg y maintient une tonalité relativement gaillarde.

Ce n’est que quand ce « road album » vire vers le Nord et l’Est que le répertoire devient quelque peu irrégulier. La première région nous présente une « Greta Girl » autobiographique et , pour enrayer certaines tragédies, « 26 Seconds (Of Silence) » et « Last Man Standng » termineront l’album dur deux éloges funèbres dépouillés comme pour signaler la fin d’un cycle et, par delà-même, une odyssée.

22 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Fink: Hard Believer »

Le danger d’un artiste qui travaille avec succès sur différents style est que ses fans en viennent à s’attendre à quelque chose de révolutionnaire à chaque fois. Un autre péril est de tomber dans la schizophrénie générique et que vous ne soyez plus jamais certain de la voix avec laquelle vous vous exprimez.

Fin Greenall fondateur du trio folk/blues Fink « bénéficie » de ces deux privilèges dans son nouvel album, Hard Believer, dans lequel se côtoient malaisément un répertoire « americana » menaçant et des titres dans lesquels il est question de réflexions personnelles lugubres en grande partie.

La chanson titre et « Pilgrim » sont de superbes miniatures atmosphériques ; des petites poèmes où les mots sont rares mais suggestifs, un rythme bien cadenassé et des accords de guitare tendus joués de façon ouverte et de plus en plus brute. Un des récents projets de Greenall avait éét de composé la bande son de 12 Years A Slave avec John Legend, et les deux compositions partagent cette même ampleur cinématographique qui s’intégreraient parfaitement aussi à l’univers des films les plus sombres frères Coen. « White Flag » partage cette même tonalité mélancolique héritée du Sud avec se langueur balayée par la poussière même si l’intensité y est, ici, plus atténuée.

Ensuite, les chansons deviennent plus personnelles et spécifiques au niveau des textes si ce n’est à celui de la musique. Ona la sensation d’entrer dans un univers de « singer-songwriter » plus britannique par exemple dans « Shkespeare » où il est question de la relation du chanteur avec Roméo et Juliette, morceau qui sert de prétexte à cette observation sociale dont il est l’héritier et d’autres titres comme « Truth Begins » ou « Keep Falling » sont des explorations personnelles intéressantes mais sans le poids poétique que peut avoir « Pilgrim ». 3Too Late » et « Looking Too Closely » sont même assez insipides et vagues sans cet élément de suggestion sècheet laconique du début de l’album.

Le jeu de guitare de Greenall est plaisamment tendu mais le climax n’y apparaît qu’avec fragmentation. Les meilleurs moments se suffisent à eux-mêmes mais dès que les compositions perdent leur focalisation, imagerie et interprétation ne sont pas en état de les faire fonctionner.

***

12 août 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Felice Brothers: « Favorite Waitress »

The Felice Brothers sont un quintet de folk-freakpop fondé par 3 frères des Castsill Mountains dans l’état de New York. Depuis le départ en 2009 de Simone, il n’en reste plus qu’un mais ce nouvel album prouve qu’il reste encore une quantité appréciable de ce qu’on pourrait nommer la touche Felice. Leurs premiers disques étaient clairement influencés par le folk, de Dylan à Neil Young, mais, démarrant d’abord par des petites sonorités à la Tom Waits, leur son est devenu de plus en plus étrange à chaque nouvel opus.

Yonder Is The Clock (2009) était folky et simple, mais le dernier album officiel du combo, Celebration, Florida montrait déjà une légère inclination pour le bizarre. Plus expérimental, il montrait le groupe s’essayer avec succès à plusieurs sons et garder une cohérence qui semble manquer ici à Favorite Waitress.

Il ne faut pas pour autant dire que  Favorite Waitress ne contient pas quelques morceaux superbes. En fait l’album recèle certains des meilleurs « singles » qu’ils aient enregistrés, y compris sur des sorties où la production était plus affinée. Le seul problème est que les compositions balancent si sauvagement en termes de constance qu’il est difficile d’en apprécier tous les passages.

Dans les meilleurs moments, certains compositions sont remarquables (« Bird On A Broken Wing », « Constituents », « No Trouble » et « Silver In The Shadow » ) mais l’envers du décor est parfois moins attrayant.

De la même manière les textes évoluent entre le chagrin (« Alien »), l’optimisme («  Meadow Of A Dream ») et l’ironie (« Meadow Of A Dream ») ; le résultat en étant que, si on ajoute une façon de chanter quelque peu discordante on est parfois un peu trop proche de l’inharmonie.

Favorite Waitress est sans aucun doute un pas en avant dans l’évolution musicale du groupe. Malgré certains faux pas, le meilleur (par exemple un « Cherry Licorice » qui pourrait très bien être un tube à la radio) l’emporte aisément sur le plus exaspérant. Ne reste plus qu’à revenir à un phrasé plus fluide et The Felice Brothers reprendraient à nouveau la voie qui est depuis quelques temps la leur.

***

17 juin 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire