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William Ryan Fritch: « Deceptive Cadence: Music For Film Volume I & II »

Le compositeur californien William Ryan Fritch a produit non seulement de nombreux excellents albums studio mais un nombre encore plus colossal de musiques de films et de documentaires. Ce nouvel effort de Fritch est consacré, comme son titre l’indique, à ses compositions dédiées au septième art. Mais bien plus qu’une simple compilation de morceaux disparates, Fritch a méticuleusement sélectionné, retravaillé et re-masterisé l’ensemble de ces 45 titres pour leur donner une nouvelle vie et leur apporter une nouvelle vision narrative.


La musique de Fritch réussit à se débarrasser des arrangements et orchestrations pompeux de la musique classique contemporaine, au profit d’une pureté qui fait place entière à l’émotion. Le génie de l’américain arrive ici à tenir l’auditeur captivé sur l’ensemble de ces deux disques d’une durée, je précise de deux heures trente.
Ce double album vient célébrer dix ans d’une carrière sans-faute de l’américain, qui signe probablement ici son meilleur disque.

***1/2

9 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mark Barrott: « Sketches From A Distant Ocean »

Adepte d’un style baléarique très évocateur, l’anglais Mark Barrott, venu de la house et de la drum’n’bass, s’est lancé en 2014 dans l’écriture d’albums inspirés par l’île d’lbiza, intitulés Sketches from an Island.
Avec
Sketches From A Distant Ocean, on continue le voyage en terres exotiques et on profitera encore une fois de ces sonorités que l’on imagine venues des plus belles îles du Pacifique.


Comme sur les précédents albums,
Mark Barrott déploie une palette sonore très suggestive, créant des musiques aux résonances tropicales, avec guitares ondulantes, synthés aériens et marimbas. Il donne vie ainsi à des mélodies suaves et des rythmes dansants, avec des fields recordings qui évoqueront la douceur et la beauté d’une ile perdue au cœur de l’océan.

***1/2

8 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Maps and Diagrams: « Azurescens »

Maps And Diagrams est une extension de Bluhm un des duos que ce dernier a formés tant il est un artiste prolifique (2 ou 3 albums par an et

une multiplication des sorties qui rend l’Anglais difficile à suivre. Musicalement, au surplus, il a délaissé son electronica pour une approche plus ambient, avec morceaux plus longs et mélodies moins présentes. Il nous fallait pourtant reprendre l’attache du Britannique un moment ou un autre, et ce long-format paraissant sur deux labels simultanément semblait le véhicule idoine.

Si l’auditeur pensait encore associer Maps And Diagrams à de l’electronica mélodique, il sera rapidement détrompé : textures superposées, petites perturbations sonores, travail sur la profondeur des nappes et large absence de mélodies structurent ainsi les onze morceaux du disque. Ces dernières n’ont toutefois pas complément disparues, non plus que les rythmiques ; en témoignent « Spore » et « Sola », par exemple, avec leurs accents futuristes dans leur utilisation de montées chromatiques de synthé.

Alors que certains titres paraissent un rien trop paresseux, on appréciera l’introduction de quelques traits de guitare électrique, venant zébrer l’espace dense et sombre mis en place par ailleurs, et de percussions sèches apportant corps et consistance à des nappes qui peuvent sembler parfois trop éthérées (« Bohemica »). De même, des sortes de grelots amènent progressivement les nappes à se doter d’une saturation assez intéressante (« Amarra »). À d’autres moments, ce sont des aspects plus oniriques qui s’invitent sur Azurescens : accords coruscants, bruissements agréables ou touches de clavier presqu’aquatiques. Au reste, c’est avec ces notes, sur le caudal « Vesca », que se clôt un album finalement plus intéressant que ce qu’on aurait pu imaginer de prime abord.

***1/2

8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Endless Melancholy: « Fragments of Scattered Whispers »

Fragments of Scattered Whispers est le sixième album d’Endless Melancholy, projet de l’artiste ukrainien Oleksiy Sakevych.

Depuis le début des années 2010, Sakevych avait su développer une musique ambient électronique bien à lui, en suivant une ligne directrice fondée sur l’expression de la mélancholie, comme l’atteste le nom de son projet. Sur Fragment of Scattered Whispers Sakevych peaufine sa maîtrise des atmosphères électroniques teintées de manipulations de bandes magnétiques et de mélodies douces jouées au piano.

A l’écoute des ritournelles développées sur « Postcards », ou de « Her Fragrant Beauty », l’on ne peut que s’immerger profondément dans cette atmosphère délicate et laisser libre court à notre imagination.

Pour ce disque, Sakevych s’est adjoint les services de Krzysztof Sujata (musicien ambient derrière l’alias Valiska) qui apporte une patine unique à l’ensemble en prenant en charge le mixage et le mastering.

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7 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mikael Lind: « Contingencies »

Mikael Lind, musicien suédois installé en Islande, n’en est pas à son premier coup d’essai, puisque sa musique est déjà parue sur des labels respectés tels que Polar Seas, Morr Music ou Time Released Sound. Ce nouvel album permet un peu mieux de découvrir sa musique, une musique qui, à l’image de son smptueux artwork, nous plonge dans un univers vaste et sublime.

Principalement construit autour d’improvisations jouées à l’aide de différents pianos, Contingencies est d’une justesse de jeu assez rare. La parfaite maîtrise de l’espace et des silences dans ces morceaux donnent une profondeur remarquable à l’ensemble. Au delà du piano, ce sont les manipulations électroniques qui donnent corps à cet album ambient qui rappellera les excellents travaux de Jason van Wyk.

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7 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Suplington: « After Life »

Dans Repeating Flowers, le précédent disque de Suplington, (alias Nakula Fogg), on avait repéré deux superbes pièces : « Spring Dance », scintillant de clochettes sur des rythmes de derbuka et « The Ocean As One Being », langoureux, méditatif malgré une multitude de micro aspérités sonores, évoluant vers une nappe de synthé et finissant par le bruissement des vagues.

Son dernier album, After Life, baigne également dans un univers marin et rappelle la préoccupation de l’artiste pour la nature et les éléments. Ce sont de longues plages spacieuses, illustrées de sons environnementaux, à la manière du World Receiver de Tetsu Inoué .

On retrouvera à nouveau cette capacité à créer une ambient où les drones et synthés se déploient en harmonie avec de subtils traitements organiques (« Seagulls in Your Mind) », des glissements de violon (« A view in Motion) », des moments de tension dramatique (« Sore Eyes) ».

Enfin, un dernier titre, le majestueux (« Procession »), débutant par un bourdon grave, puis faisant émerger une mélodie de cordes le bourdon disparaîtra progressivement pour ne laisser place qu’à ces filaments de violon traité, nous fera nous dire que, si After Life est le programme qui nous attend après la vie, il n’y aura pas  nulle place pour s’en sentir inquiet.

***1/2

7 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Teen Daze: « Bioluminescence »

Voici un nouveau disque qui émerge de la production pléthorique et inégale de Jamison Isaak. Bioluminescence séduit par sa délicatesse et par la cohérence de sa palette instrumentale entre électronique et sonorités organiques (guitare, bruits, sons naturels). Huit morceaux à coloration ambient et downtempo, dont les plus intéressants créent une ambiance nostalgique.

Le très court « Longing, » pianoté avec simplicité, se déploie progressivement en arpèges et bruits percussifs du plus bel effet. Minimal et mélancolique, « Drift » est une des réussites de cet album. Paradoxalement, les trois tracks les plus rythmés, « Hidden Worlds », « Ocean Floor » et « Endless Ligh »t, lorgnant vers une house accrocheuse faite pour (nous) plaire, semblent moins singuliers et un poil décalés par rapport à une tonalité d’ensemble plus personnelle (« An Ocean on the Moon »).

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7 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ian Hawgood: « Impermanence »

Nonobstant ses multiples sorties (au moins deux par an), il n’avait pas été donné occasion de se pencher sur Ian Hawgood dont Impermanence est le premier album solo. Il est vrai que l’artiste aime à intervenir en duo et que, jusqu’à présent, ce sont surtout ses travaux avec Danny Norbury, Giulio Aldinucci, Wil Bolton ou Tim Martin qui avaient attiré l’attention.

En outre, son ambient avait toujours paru un peu trop traditionnelle pour beaucoup chose sur laquelle oppotunoté était ici donnée d’effacer cette fâcheuse impression.

Avec ses quarante minutes et ses neuf morceaux, Impermanence permet de se trouver face à des superpositions de nappes, issues de cassettes, synthés et guitares traitées, soit le parfait attirail de l’amateur d’ambient enveloppante, ondoyant doucement et jouant sur de fines percées lumineuses (« Whispers », « Ever Loved », « Never Alone) ». Aux côtés de ce programme, somme toute très classique, on goûtera davantage les passages dans lesquelles les plages accueillent une légère saturation, forme de perturbation plutôt bienvenue (« Never Gone ») ou, à l’autre bout du spectre, les moments plus sombres (« Grace »).

Comme très souvent avec ce registre musical, c’est également quand les morceaux dépassent les quatre minutes qu’on peut pleinement entrer dans les propositions d’Ian Hawgood, artisan assurément honnête mais qui se démarque, au final, un peu plus de la production existante.

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6 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tim Shiel : « Glowing Pains/Deep Cuts »

Tim Shiel est compositeur, DJ de radio et producteur du label Spirit Level, à Melbourne. Il a réalisé en 2018 la bande son de The Gardens Between, un jeu vidéo de réflexion mettant en scène deux adolescents dans un univers fantastique où le joueur peut manipuler objets et personnages dans une lignée temporelle : sphères de lumière à capter, fleurs lumineuses tombant sur les chemins d’exploration, chute dans un vaste océan de rêves serti de petites îles d’expériences partagées…

Tout récemment paraît cet ensemble de morceaux inédits intitulés Deep Cuts, qui s’inscrivent dans la continuité de la bande son principale, et s’écoutent volontiers sans les intrigues du gameplay. Tim Shiel y déploie les mêmes ambiances mystérieuses et oniriques (« Child Life) », un environnement de voix d’enfants lointaines et de sons liquides (« New King Mega »). Mélodies répétitives, ludiques, notes sautillantes mimant à merveille une progression linéaire confrontée à des découvertes d’objets (« Graphiti »), les courtes pièces de Deep Cuts semblent léviter dans l’éther et forment une véritable bande-son pour rêver et remonter dans le temps.

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5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

bvdub: « Explosions in Slow Motion »

Comment peut-on être un musicien prolifique, sans pour autant perdre en qualité ? bvdub détient la réponse a cette question, puisqu’il ne cesse disque après disque de témoigner de ses qualités de producteur hors pair. Peu après la sortie de Heartless, son dernier album, l’Américain a quitté la Californie pour partir s’installer à Varsovie. Cette période de quelques mois passée en Pologne a été humainement très difficile pour Brock Van Wey, qui s’est retrouvé dans une situation d’isolement quasi-totale du monde extérieur. C’est en hiver, depuis son appartement polonais qu’a été conçu ce nouvel album puissant, probablement le plus triste de sa carrière.


Composé de quatre vignettes (dénommées « Ember ») et de quatre longues formes propres à l’univers de bvdub, d’une durée de 80 minutes, cet album développe une atmosphère singulière et nostalgique dont seul bvdub a la clé. Les nappes de synthétiseur sont plus puissantes que jamais sur ce nouvel opus, et l’utilisation de violons comme sur
un titre à la beauté désarmante comme « Disappearing in the Sun » viennent contribuer à forger un monolithe à la dimension quasi infinie.
La musique de bvdub parle au coeur, et
Explosions in Slow Motion vient apporter une nouvelle pierre à l’édifice de l’inégalable carrière de l’artiste.

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5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire