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Susanna & The Magical Orchestra: « Melody Mountain »

Susanna Karolina Wallumrød a commencé sa carrière avec un combo, The Magical Orchestra, avant qu’elle ne décolle en solo sous son seul prénom. Entretemps, la Norvégienne avait sorti avec eux un album de reprises, Melody Mountain, qui n’était aucunement un bouche trou et qui ressort aujourd’hui sur vinyl.

La jeune femme avait tenu la gageure de reprendre des titres « lourds » dans tout les sens du terme puisque AC/DC côtoyait Dylan, Leonard Cohen, Depeche Mode , KISS ou Scott Walker et d’en donner des versions éthérées comme pour nous en offrir une nouvelle vision.

On retiendra un « Hallelujah » impressionnant tout comme un travail sur « Love Will Tear Us Part » de Joy Division dont elle parvient à effacer tout climat anxiogène.

Plus qu’un exercice de style il s’agit d’un travail paisible et souvent magnifique et on aurait tort de négliger la pérennité des morceaux que cet album dévoile ainsi ici.

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22 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Wildbirds & Peacedrums: « Rhythm »

Ce duo suédois mari et femme en est, avec Rhtythm, à son quatrième album et c’est, après une sorte de trilogie tein,tée d’électronique, un retour à leur son d’origine basé sur la voix et les percussions. Le concept derrière ce disque était de retrouver une esthétique organique, de l’étendre au maximum et de l’enregistrer « live » en studio.

Chacun des neuf titres a été complété en une prise ce qui donne à l’ensemble un esprit basé sur l’improvisation, chose non surprenant quand on sait que le couple vient du jazz et de l’avant-garde. Le résultat est parsemé de vocaux parlés qui donne une dimension poétique proche de Patti Smith mais ce qui est notable avant tout sont les prouesses vocales de Mariam Wallentin et les percussions virtuoses de Andreas Werliin.

L’exécution est magistrale et donne libre cours à un imaginaire d’écoute d’autant plus détonnant qu’il est basé sur une retenue minimaliste constante. On trouve une énergie dramatique se créera ainsi sur « Soft Wind, Soft Death » par la batrterie mais surtout par les phrasés jaillissant en overdubs de Mariam qui exploseront jusqu’à aboutir à un parfait fade out. « Everything All The Time » évoquera cette atmosphère de chaos qui semble consumer un 21° siècle déjà envahi par la lassitude et s’avèrera, alors, être une véritable déclaration de paix voulant descendre sur un auditeur cherchant l’apaisement au milieu de la grandiloquence de la vie moderne et le lo-fi brut de « Ghosts & Pains » sera marqué par un minimalisme R&B spiritualiste.

L’usage sophistiqué que Wildbirds & Peacedrums font du tempo donne tout son sens au titre de l’album et nous offre une « pop music » hors des définitions, intense et agile dans un climat « ambient » du plus haut calibre.

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5 décembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Capsules: « The Long Goodbye »

Originaire du Kansas mais basé à Dallas, ce trio a sorti plusieurs disques dream pop sous le nom de Shallow qui leur ont permis de peaufiné un son qui émerge aujourd’hui sous le patronyme de The Capsules et un album, The Long Goodbye.

Débutant sur « The Beginning », l’ambiance est directement placée sous le signe d’un lustre légèrement pétillant épousant à merveille les vocaux aériens de Julia Shields. On pourrait avoir affaire à un girls group, du style Saint Étienne rencontrant The Heart Throbs mais « Monsters » ajoutera à cet alliance des guitares en carillon et des dance-beats synthétiques au mixage. La comparaison se transformera alors en un « chill out » tel que Cure pouvait en produire.

Autre volte-face, les paysages « ambient » menées à la guitare et l’atmosphère tout en éveil de « Death of A Comet », signe que le trio a décidé de varier les humeurs tout comme avec « With Every Hour » qui devrait susciter l’intérêt des fans de God Is An Astraunot, Hammock ou Now.

Les vocaux de petite fille de Julia Shields ont alors, dans ces moments, la faculté de faire vibrer les cœurs et de provoquer des émotions chaudes et brouillées dont on a peine à se déshabituer.

« Hollywood » est ainsi plein de désir et de manque avec des enjolivures de synthés héritées des années 80 alors que « You Are A Metaphor » sera une nouvelle composition mélancolique quelque peu nombriliste que Shields parviendra toutefois à transcender de sa voix chargée de pathos.

« Signals » ressucitera Euryhmics et « The Lonely End » en fera de même avec Moroder et ses beats Europop. « The Forgotten Day » sera une virée dans l’épique façon Warpaint et le disque se conclura sur un final propre à élever vos esprits jusqu’aux anges que note imaginaires fait se nicher dans la stratosphère, « I Will Survive ».

The Long Goodbye laisse perplexe tant il est fourmillant d’idées alors que beaucoup de groupes en sont réduits, après quelques années, à recycler les leurs. The Capsules sonnent comme un groupe ayant subi une cure de jouvence mais parfois débordé par son désir d’en monter trop. Passer du dream pop à l’emphatique n’est pas une sinécure, The Long Goodbye, si il fait ses adieux au premier, ne salue pas encore véritablement sa nouvelle arrivée.

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23 mai 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Brazos: « Salwater »

Brazos est un terme signifiant « bras » et, si pour Martin Crane le leader de Saltwater, il y a matière à résumer ce deuxième album ce serait effectivement celui d’une chaleureuse embrasse. Après avoir ouvert pour The National à la lumière de son premier album, Phosphorescent Blues, Crane a quitté Austin pour Brooklyn et y a peaufiné une pop music de plus en plus « ambient ».

Des morceaux comme « Valencia », « Salwater » ou « Charm » reflètent, par leurs titres, ce à quoi le groupe souhaite aboutir : une guitare acoustique et des percussions légères s’associant pour véhiculer cordialité et émotion.

Le problème est que cette tonalité recherchée s’exemplifie le mieux dans la deuxième partie du disque et que la première est si uniforme qu’il est malaisé d’y parvenir en soutenant une attention constante. Le côté répétitif de « How The Ranks Was Won » est à cette image et il devient très vite irritant.

La voix de Crane ne varie pas dans sa tessiture et ça n’est qu’avec la douce brise « latin jazz » de « Valencia » et le mélancolique « Irene » que Saltwater s’ouvre enfin. La chanson titre amplifie la rythmique latine et la pop ambient de Brazos acquiert alors touches subtilement jazzy et électroniques.

Restera désormais à Crane d’appuyer sur ces points forts, de les mettre au service de compositions plus solides et de faire en sorte qu’un morceau digne de The National comme « Salwater » soit avant coureur d’une musique ayant but, originalité, consistance et affirmation d’un réel talent.

★★½☆☆

12 juin 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Port St. Willow: « Holiday »

Il est rare de tomber sur un personnage aussi énigmatique que Nick Principle, l’artiste derrière Port St. Willow. Holiday est le premier album de ce bricoleur de sons et il présente un hallucinant mixage de guitares en toile d’un fond qui sera couronné de vocaux en falsetto enchanteurs.

Dès l’ouverture de « Two Five Five Two »,les tonalités « ambient » se prolongent plus longtemps qu’il n’est habituel comme pour indiquer que nous avons à faire à un disque qui doit être pris comme un tout et non pas un gimmick d’introduction si coutumier chez les groupes « indie ».

En effet, les quelques accords du morceau ainsi que des mélodies qui lui sont identiques vont parcourir tout l’album, se mêlant les unes aux autres sans efforts et avec une fluidité qui n’a pourtant rien d’orthodoxe. Ce qui est fascinant c’est de constater à quel point les morceaux se distingueront les uns des autres. « Hollow » en est l’exemple parfait : solitaire, élusif mais riche d’instrumentations intenses le tout se cumulant à des vocaux presque obligeants. Suivra ensuite « Anawalk », plus « commercial » dans la mesure où il se rapproche plus de la structure d’une composition « pop ». Celle-ci appellera Bon Iver par sa diction évocatrice, hantée et humide. Cela sera renforcé grâce à un ralentissement de tempo ajoutant au titre cette touche impressionniste délicatement déliée.

On retrouvera cette même tonalité aqueuse sur « On Your Side » ou « Put the Armor on the Mantle », éléments qui permettent aux sons d’être juxtaposés les uns aux autres.

L’intéressant sur Holiday est que Principle pousse à bout la nature d’une œuvre qui est d’être expérimentale. Il évite ainsi de sonner comme tel ou tel autre et retourne à la fonction première de la musique qui est d’être interprétée. Bien sûr, elle ne l’est pas comme cela était originellement mais, en s’abstrayant du concept de « chanson » il ambitionne et parvient à faire une œuvre où la solitude et la désolation qu’il dépeint si magnifiquement sont semblables à des murmures, apaisants et cathartiques.

★★★★☆

12 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Speck Mountain: « Badwater »

Badwater est le troisième album de ce groupe de Chicago qui s’est, peu à peu, forgé un son cumulant ambient-pop et space-rock. Il en explore ainsi méthodiquement les sous-genres sans pour autant chercher à s’affranchir de ses limitations. Il en est de même ici, même si le combo semble avoir opté pour une production plus claire et une tonalité plus raffinée.

On ne peut pas dire qu’il s’agisse d’un album exigeant, mais on ne doit pas pour autant estimer qu’l n’y a qu’à le passer sous silence. C’est sans doute une de ses forces : prenons un titre comme « Slow So Long » par exemple. Percussions éparses, presque minimales, synthés  « ambient » en arrière-fond, lead guitar cosy qu’accompagnent les vocaux encore plus chauds de Marie-Claire Balabanian ; la composition se déroule de façon fluide, presque majestueuse, et sans effort.

Les autres plages du disque sont les compléments de ce titre d’ouverture. Les textures demeurent chaudes et lustrées, de cette luxuriance qui est si enveloppante qu’elle en devient sensuelle. Badwater pourrait presque être considérer comme un « road album » qui nous conduirait le long de sentiers déserts mais accueillants toutefois mais il a aussi la faculté de nous inviter à une écoute cotonneuse comme on pourrait la pratiquer lors d’une journée de fainéantise.

Ça n’est pas pour autant que le disque est monocorde. Il est capable de rompre la monotonie par un « Watch The Storm » qui clôt Badwater sur un flux puis un reflux qui semble disparaître dans l’éther ou un « Flares » dont les percussions et les claviers sont presque martiaux . Speck Mountain pourrait-il s’avérer être un groupe de rock ? La réponse est dans la face B de « single » « Slow So Long », un « Run, Honey, Run » qui, comme son titre l’indique, est plus véloce et rugueux tout en conservant des thèmes similaires. Il restera comme une source d’exploration potentielle qu’il n’est pas interdit de voir Speck Mountain aborder.

★★★☆☆

6 février 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Memory Tapes: « Grace/Confusion »

Vers la fin des années 2000, un courant nommé « chillwave » s’est fait jour avec, en particulier Davye Hawk et ses Memory Tapes. Mélangeant riffs de synthés pop et ambience lo-fi, Hawk a, peu à peu, cherché à s’adapter et à s’échapper du genre et utilisant une instrumentations plus organiques, espaces sonores moins cloisonnés et une appétence inédite à forger de véritables chansons.

Grace/Confusion le voit poursuivre dans cette voie, marquant à la fois le couronnement d’un style mais aussi une faculté à le transcender. Les six morceaux qui le constituent sont, en effet, bercés par des climats épiques, semblent échapper totalement à toutes limitations et nous entraînent en un flot incessant dans des nouveaux paysage soniques. Le virage est pris, dès l’ouverture, avec un « Neighborhood Watch » aux riches guitares dream-poop véhiculant ce climat onirique qu’amplifie acoustime ample et « space » et ces notes tordues de manière hallucinante débouchant sur une reverb tranchante.

S’il fallait, au fond, donner une constante à Grace/Confusion c’est précisément d’éviter toute prévisibilité. « Neighborhood Watch » culmine sur une « jam » dynamique, « Through The Field » passe d’une « synth pop » aimable à un instrumental psychédélique et « ambiant » et « Safety » se construit sur fond de brefs claquements d’électroniques se muant en des choeurs travaillés aux « samples » et un piano dont le frappé est synonyme d’un vague à l’âme introspectif. Là où, pourtant, le crescendo auquel on pourrait s’attendre est détiournée est dans ce freak-out aux guitares cinglantes et à des vocaux oscillant entre du Soft Cell et des chants grégoriens.

On le voit, les plages sont longues et ambitieuse ; oscillant entre « chillwave » et une dynamique moins éthérée et froide. Le risque est donc de perdre l’auditeur dans des tripatouillages d’ordinateurs. Hawk parvient à compenser cela par une finesse au niveau des structures de ses compositions. Les chansons sont construites, bien sûr elles ne le sont pas sur un schéma « couplet/refrain » , mais elles alternent humeurs et mouvements de façon presque évidente. « Sheila» est une longue épopée on ne peut plus schizophrénique mais aussi un des moments le plus purement « pop » de l’album. Elle devient alors comme un mix harmonieux de ballade accompagnée par un clavier Rhodes à la Alan Parsons Project en un morceau percuté par un groove dance. Une fois l’ambiance établie et devenue presque familière et confortable, ici un solo de clavier dissonant, là de brusques changements de tempo, véhiculent mouvements permanents propices à maintenir intérêt.

Ce qui pourrait s’avérer problématique est contrebalancé par la fluidité des ruptures. De ce fait, ce qui aurait pu marquer rigidité expérimentale gratuite est, paradoxalement, accueilli avec une attente et une attention renouvelées. Ces facettes esquissées par Hawk sont cohérentes dans leur incongruité, elles permettent à Grace/Confusion d’être une petite lueur chaude qui ne s’éteindra pas sur les rebords acérés d’une « chillwave » devenue redondante et dépassée.

17 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire