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Third Eye Blind: « Screamer »

Le groupe  de rock alternatif californien Third Eye Blind sort, mine de rien, son sixième album studio, Screamer. Le quintette avait annoncé ne plus vouloir enregistrer de disque studio pour se concentrer uniquement sur les tournées et la sortie de quelques EP. Finalement, ce qui devait n’être qu’un EP s’est transformé en un douze titres en support de la tournée du même nom.

Ce nouvel opus s’ouvre sur un duo avec la chanteuse pop Alexis Krauss. Et on voit immédiatement que la musique du comba a évolué et amorcé un virage beaucoup plus pop que précédemment. Avec cette évolition, la formation risque de laisser des fans sur le bord de la route. Les rockeurs nostalgiques de la première heure ne s’y retrouveront sûrement pas. Hormis peut-être sur « Turn Me On » qui laisse la part belle à la guitare électrique.

Les Américains ont, en effet, choisi d’utiliser des beats simples et dynamiques combinés à des paroles répétitives, à l’image d’un morceau tains morceaux comme « Tropic Scorpio » a le mérite de nous faire sortir de nos schémas.

L’univers de chaque titre sera d’ailleurs différent et, bien que les textes parlent beaucoup de drogue et d’argent, la voix chaude et émouvante du leader nous entraîne dans un « Walk Like Kings » qui ne pourra que fédérer le spectateur pendant les concerts. On imaginera la même réaction de la foule sur la mélodies accompagnée au piano qu’est « Got So Hig »” ou « 2X Tigers » bel exercice hip hop du projet.Autre bouleversement, le choix de l’autotune risque de ne pas plaire à tout le monde mais, petit bonus adressé aux plus réticents, l’ensemble se conclura sur une jolie version acoustique de « Who Am I ».

Avec ce projet très étonnant, Third Eye Blind surprend et prend le risque de perdre une partie de son public pour explorer de nouvelles couleurs musicales et conquérir de nouveaux fans. Espérons pour le quintette que le jeu en vaudra la chandelle.

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21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Eko & Vinda Folio: « Therapy »

De prime abord, Eko & Vinda Folio ce duo originaire de Tbilissi en Géorgie pourrait être considéré comme un « side project » Motorama puisqu’il a été introduit par l’entremise de de Vlad Parshin, le leader dudit groupe.

Ses deux membres, Erekle Deisadze (au chant) et Temo Ezugbaia (guitare et chant), travaillent ensemble depuis 2012. Ils font partie de lcette jeunesse éclairée et protestataire d’un pays agité parles dévisions et la proximité envahissante de son voisin russe. Entre influences occidentales et environnement moins européen la culture géorgienne est un creuset d’où émergent complexité mélodique et mélancolie slave.

Ce premier opus est-il une thérapie ? Il a mis plusieurs années à se concrétiser et, tout romantique qu’il puisse sonner, il va dessiner un territoire où les émotions sont reines et l’itinéraire abstrait et confus, en particlier si on essaie de rassembler ses effets et de réfléchir au temps qui passe.

« Emotionaly Captive », « Lucid Thoughts », « Out There », « Ramble Around » sront les sensations premières telles qu’elles sont exprimées par la voix de basse de Erekle Deisadze. Le phrasé est élégant mais les accents y sont gutturaux, contraste saisissant qui obère la tentation harmonique. La musique est, comme chez Motorama, en mode clair-obscur, posée dans un environnement urbain désolé où une fenêtre est restée ouverte sur les grands espaces et permet de respirer les paysages lointains. La tonalité est new-wave, pop mais nettement moins sombre et sépulcrale que chez les voisins russes. « Endlessly » est badine et enjouée comme une ode sentimentale à la romance qui sera encore plus accentuée par le motif de guitare de « Ramble Around », refrain qui sublime la démarche amoureuse de cette Carte du Tendre égrainée sur fond d’arpèges.

Douceur délicatesse, chant discret comme si l’important est la centralité des inserstices mélodiques, st les suites instrumentales.  La musique de Eko & Vinda Folio trouve son équilibre et son sens profond dans la prise d’espace, entre les notes et entre les musiciens. C’est ce temps qui s’écoule entre les reprises, les attaques et les respirations du chanteur, qui met la musique en mouvement et constitue la vraie originalité du disque. Therapy agit comme un baume apaisant, en appliquant un faux rythme langoureux sur nos blessures sentimentales. Cette mélancolié a pour toile de fond la répétition et c’est à l’honneur de ce Therapy que de se monter aussi lancinant (« Emotionally Captive », « Me As A Sound »), « Nisliani ») ; ce ne sera que le final, plus cold wave et moins organique, qui nous projettera vers des tremplins d’où la poésie aura une autre teneur évocatrice comme si il était nécessaire déjà de s’extirper de ses frontières formatrices.

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8 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

David Kilgour & the Heavy Eights: « Bobbie’s a Girl »

Empreint de mélancolie et maîtrisant son art sur le bout des cordes, le chanteur, guitariste, et multi-instrumentalisterevient accompagné de sa formation The Heavy Eights.

Il existe une catégorie d’artiste que l’on suit avec un plaisir jamais démenti. Le discret songwriter néo-zélandais David Kilgour appartient à cette famille. Figure emblématique et pionner de l’indie-rock dans son pays, il débuta sa carrière en 1979 à Dunedin avec les mythiques Clean. Il participa bien évidemment à l’aventure et à l’expansion du label Flying Nun qui proposa à cette époque l’éventail parfait des possibles dans le domaine de la pop et du rock. Les Clean une première fois mis en sommeil, il poursuivra sous divers projets (The Great Unwashed en 82, Stephen en 86 et Pop Art Toasters avec le grand Martin Phillips des Chills en 1994).

Lassé de la pression et des obligations il se lancera en solo à l’orée des années 90. Son objectif musical : étoffer ses mélodies (sortir des influences garage, Velvet  et Lo-Fi) et insuffler davantage de pop dans ses compositions, dans un style musical, qu’il qualifiera lui-même de « soft-rock des seventies » mais serties d’influences country et pastorales. Son premier album en 1992, l’indémodable Here Comes The Cars sera le début d’une longue aventure en solo.

Ce qui séduit dans son œuvre en solo c’est la chaleur de ses compositions, sa voix plaintive si caractéristique et son jeu de guitare élégant et étincelant qui vient former un kaléidoscope chatoyant et généreux. Kilgour étire aussi volontiers ses mélodies sur de longues minutes profondément magnétiques. De temps à autres, mais sans pression aucune, il revient en mode formation et signe alors ses albums avec The Heavy Eights. Les trois vieilles connaissances qui l’accompagnent sont Tony De Raad à la guitare acoustique et électrique, Thomas Bell à la basse et Taane Tokona à la batterie.

Si Bobbie’s A Girl fait référence à son animal de compagnie (nommé en hommage à l’Américaine Bobbie Gentry), cette onzième escapade en solo est surtout habité par le deuil. Très touché par la mort de sa mère et de son ami d’enfance le musicien Peter Gutteridge (The Clean, The Chills et Snapper) Kilgour a laissé filer quatre années et respecté ainsi une longue période de deuil.

Ces deux disparitions ont plongé Kilgour dans un état de mélancolie prononcé. Les mots, les textes et la parole ont été difficile à sortir ou peut-être jugés superflus, car seul 4 titres sont chantés par le songwriter néo-zélandais, le reste est un florilège d’instrumentaux captivants et contemplatifs ; à ne considérer sous aucun prétexte comme un manque d’inspiration, ni même comme un signe quelconque de dépression. En tout et pour tout à peine vingt lignes de textes sont à dénombrer. Kilgour communique avec les notes et les accords, les mots n’ont alors plus beaucoup d’importance.
Bobbie’s A Girl affiche une collection de plages musicales atmosphériques et placides, les arpèges de guitares cohabitent avec quelques chœurs angéliques façon Pink Floyd (« Crawler », « If you were here and I was there ») qui affleurent des tréfonds de l’instrumentation comme un message de réconfort des disparus. Sous l’égide du producteur Tex Houston une vingtaine de titres au total ont été enregistrés dans les studios de Port Chalmers Recording Services. Kilgour a remisé les plus pop et énergiques pour ne conserver que les plus mélancoliques. Cette sélection très cohérente axée sur l’émotion met en exergue le travail des musiciens et nous fait apprécier posément chaque composition.

Le paisible et premier « single » « Smoke You Right Out Of Here » est entièrement dédié à son ami Peter. Les accords sporadiques de guitares mêlés aux nappes d’un clavier lunaire se superposent au chant épars de Kilgour et forment une mélodie rêveuse. Le tableau sera toujours méditatif et souvent axé sur de fragiles pincements de cordes. Le cœur de cet enregistrement ce sont les instrumentaux, ils sont la force vive de ce répertoire et sont particulièrement soignés. Un point commun ils sont tous attractifs : « Entrance » et ses contemplatifs picking de guitare acoustique (dans la lignée des spécialistes du genre) ou le très cinématographique « Swan Loop » qui dérive et chaloupe dans les recoins d’une âme torturée au son du piano de Matt Swanson et des riffs saturés mais fantomatiques de la guitare électrique.

La fin de cet album, superbe, verse dans une veine plus énergique. L’emballant « Looks Like I’m Running Out » cumule coolitude et rythme, quant au final « Ngapara » – l’instrumental le plus rutilant et ambitieux de la série – il regorge de guitares distordues et réverbérées, et constitue avouons-le, la conclusion parfaite de ce nouvel épisode.

****1/2

8 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Vanishing Twin: « The Age of Immunology »

Drôle de compagnie que ce Vanishing Twin ! Ils sont 5, viennent des 4 coins du monde ou presque puisqu’on y retrouve la batteuse italienne Valentina Magaletti (Gums Take Tooth, Fanfarlo), la chanteuse et multi-instrumentiste Cathy Lucas  Fanfarlo, My Sad Captains), le bassiste japonais Susumu Mukai aka Zongamin, le guitariste et claviériste Phil M.F.U. ancien collaborateur de Broadcast, connu également en tant que Man From Uranus et le percussionniste, photographe et réalisateur Elliott Arndt croisé du côté de Yak et Cristobal And The Sea.

Tout ce petit monde se retrouve à Londres dans divers endroits qui doivent plus tenir du laboratoire que du studio lambda tant nous avons affaire à une joyeuse bande de chimistes prête à toutes les expériences les plus étonnantes et audacieuses, tout en restant immédiatement accessible. The Age Of Immunology, leur deuxième album après Choose Your Own Adventure paru en 2016, est en effet un splendide trip entre B.O. moriconnienne, jazz et art pop à la Stereolab.

Avec des titres comme « Cryonic Suspension May Save Your Life » ou » You Are Not An Island, » piochant aussi bien leur inspiration dans la litterature (The Age Of Immunology de A. David Napier) que le cinéma (l’intrigant Planète Sauvage), Vanishing Twin visent haut et fort et dépassent les carcans musicaux habituels. C’est un superbe trip émotionnel qui s’offre à nous à l’écoute de « Backstrobe » ou « Magician’s Success » et tout au long d’un album qui ne cesse de nous surprendre et nous envoûter !

***1/2

5 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Mark Kozelek with Petra Haden: « Joey Always Smiled »

Cinq mois après la sortie du mitigé I Also Want To Die In New Orleans de Sun Kil Moon et cinq mois avant la sortie du très attendue Mark Kozelek with Ben Boye and Jim White 2, Mark Kozelek, on se voit dans l’obligation de coller cinq sur cinq à la nouvelle collaboration de l’ex Red House Painters.
Parfois, l’ex-taulier des Red House Painters peut frapper à côté mais la plupart du temps, il tape dans le mille. Surtout quand il est accompagné. Mark Kozelek ne se trompe jamais sur ce point là. La preuve, on ne s’est toujours pas remis de sa collaboration avec Justin K. Broadrick (Jesu/Sun Kil Moon) et on est encore sous le charme désabusé de ce chef d’œuvre quand Kozelek a annoncé un disque avec Petra Haden, chanteuse et violoniste, ayant collaboré avec les Foo Fighters, Afgahn Whigs, Decemberists ou Sunn O))).

Enregistrés entre San Francisco, Portland, Hoboken, Los Angeles, New-York, Buffalo et Amsterdam, les sept morceaux de Joey Always Smiled montrent un Kozelek revenu au sommet de sa forme.


Il y a déjà cette reprise de « The Power of Love » de Huey Lewis qui clôture ce disque. Elle confirme un état de fait déjà établi dès les débuts des Red House Painters : Kozelek peut reprendre n’importe quelle chanson, n’importe quelle merveille, n’importe quelle horreur et la transformer en petit rubis. C’est évidemment le cas avec la chanson phare de la bande originale de Retour Vers Le Futur.
Mais avant d’arriver à ce relooking de bon aloi, il faut franchir l’obstacle « 1983 Era MTV Music is The Soundtrack To Outcasts Being Bullied By Jocks ». 19 minutes 29 où Kozelek et son spoken work nous hypnotisent comme au bon vieux temps de Benji. On retrouve aussi sur ce disque l’impeccable Steve Shelley sur le très classique « Spanish Hotels Are Echoey » et le brelan Jonathan Maron/Jason Lindner/Zach Danzigered sur « Joey Always Smiled. »
Mark Kozelek a donc décidé de conclure l’année en beauté avec ce disque, un ouvrage qui compile toutes les paroles couvrant toute la période dAdmiral fell Promises à aujourd’hui.

***1/2

3 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ceremony: « In the Spirit World Now »

En bientôt 15 ans d’activité, Ceremony a connu plusieurs vies. Du powerviolence abrasif des débuts sur Violence Violence (2006) et Still Nothing Moves You (2008), il ne reste rien si ce n’est les concerts où le combo était passé matre dans l’art de déployer sa furie.

Pour retracer l’origine de ce basculement, on peut bien sûr s’en référer à Rohnert Park (2010), leur meilleur album à ce jour, mais c’est surtout Zoo (2012) qui sert de point de liaison entre ce que la formation américaine représentait autrefois et ce à quoi elle aspire aujourd’hui.

Quatre années après sa dernière livraison, le groupe qui se présente à nous aujourd’hui a parcouru du chemin. Si le virage post-punk opéré en 2015 semble avoir donné assez de recul aux musiciens pour se permettre quelque chose de plus ambitieux,t le Ceremony nouveau sera cette fois plus léger, mais pas frivole pour autant.

Le « single » « Turn Away The BadThing » ouvre ce sixième album sur lequel l’envoûtante Chelsea Wolfe apporte sa contribution vocale. Comme pour mieux laisser derrière soi l’immense tristesse qui habitait le très bon The L-Shaped Man, ode post-rupture amoureuse sur laquelle planait l’ombre de Joy Division. Avec In The Spirit World Now c’est désormais sur une esthétique pop / new wave que le groupe jette son dévolu.

Ainsi, quand il ne se frotte pas à des mélodies et des arrangements proches de Talking Heads ou de Prince (« Presaging The End », « Say Goodbye To Them »), le groupe prouve qu’il a encore de l’énergie en nous envoyant des morceaux au tempo plus rapide (« Further I Was », « Never Gonna Die Now », « From Another Age »).

À l’image de sa pochette, la tonalité générale du disque se veut plus colorée, mais surtout plus nuancée. La production, la section rythmique ou encore la performance vocale de Ross Farrar vont d’ailleurs dans ce sens. Les synthétiseurs sont aussi très largement incorporés à des compositions convaincantes dont on ne pensait pas forcément le groupe capable il y a quelques années. Hormis de rares instants où leur présence frise l’indigestion (« In The Spirit World Now », « Want More »), le pari sera réussi. Ceremony ne joue pas simplement la carte du revival, mais propose une musique qui se veut résolument moderne, agrémentée d’influences plutôt inhabituelles. 

Après plusieurs écoutes du travail opéré sur ce sixième album, l’appellation lourdingue du « disque de la maturité » est inévitable tant le groupe n’a jamais auparavant fait preuve d’une telle assurance dans sa démarche. In The Spirit World Now est une belle illustration de l’audacieux plan de route des Californiens puisque chaque album s’écarte toujours du précédent. Ceremony reste donc toujours autant excitant malgré des transitions stylistiques parfois brutales qui n’émaillent pas pour autant sa crédibilité.

***1/2

 

29 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Puddle Of Mudd: « Welcome To Galvania »

Welcome To Galvani marque le retour en studio pour les Américains de Puddle Of Mudd. Les anciens protégés de Fred Durst (Limp Bizkit) n’avaient rien produit depuis plus de dix ans. Accusés de playback, cumulant les déboires avec la justice, l’idée d’un nouvel opus semblait être de plus en plus compromise.

Come Clean (2001) s’était imposé dans l’univers neo metal de l’époque grâce à ses influences grunge très marquées. Une voix proche de celle de Kurt Cobain, un chanteur tourmenté, des riffs simples et efficaces en plus d’une énergie très metal. Musicalement, le groupe maintient le cap du grunge, oscillant entre Nirvana et Alice In Chains.

« Go To Hel » et « Diseased Almost » renouent avec les recettes gagnantes de Puddle Of Mudd. Des riffs assez lourds et une mise en avant de la voix éraillée de Wes Scantlin. Une voix qui atteinda son sur le refrain de « Just Tell Me ».

« Kiss It All Goodbye » se veut dans la lignée du cultissime « Blurry »; des influences bluesy et grunge pour une ballade comme Puddle Of Mudd sait en faire mais pas avec une émotion aussi forte que par le passé.

Si le groupe ne surprend pas, il se veut rassurant sur sa capacité à continuer de composer des titres efficaces. Il est vrai que ceux-ci sont mis au service du combat de Wes Scantlin contre les démons de son passé semble être le thème principal de l’album. Ses frasques n’ont cessé de défrayer la chronique ces dernières années. Accusations de possession de cocaïne, arrestation pour ivresse publique, vandalisme sur un carrousel à bagages dans un aéroport, etc. La liste est longue, le chanteur ne s’en cache pas.

Le premier « single » « Uh Oh » accroche l’oreille par son côté nonchalant aux relents country. Les lignes de chants faussement naïves, associées à des riffs assez lourds, cachent un texte plutôt sombre. Scantlin fait part de son combat contre l’addiction et de ses conséquences sur une relation romantique.

Avec « Slide Awa », Scantlin retracera les défis de ces dernières années et la difficulté de les dépasser pour continuer d’avancer. « You Don’t Know» fera , ensuite, ressortir le sentiment d’impuissance ressenti avec l’enchaînement de ces évènements. Chaque morceau reflètera ainsi une tranche de vie, une réflexion sur ce qu’il a vécu, avec en filigrane une volonté d’aller mieux. La mélancolie du passé se confronte à la résignation du présent pour un résultat assez probant.

Welcome To Galvania marque le début d’une nouvelle ère pour Puddle Of Mudd. Il ne réinvente pas les codes mais il reste efficace. Près être reparti avec un ndifférent line-up et un autre label ce sera peut-être l’occasion d’un nouveau départ.

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19 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Microwave: « Death Is A Warm Blanket »

Microwave avait connu la consécration avec ses deux premiers albums Stovall en 2014 et Much Love en 2016. Sa marque de fabrique était sa capacité à mélanger rocks alternatif et emo mais, sur ce troisième opus, le groupe d’Atlanta a décidé de durcir le ton.

Death Is A Warm Blanket se voulant plus sombre et plus agressif que jamais, Microwave a décidé d’exulter par le biais de son chanteur et guitariste Nathan Hardy toute la rage et le désespoir dont il est porteur.Les textes sont donc hurlés plutô que chantés et les chorus sont des brûlots bien heavy à l’image de « Leather Daddy » qui débute doucement avant de finir sur un maelström sonique inattendu mais encore de « DIAWB » et de « The Brakeman Has Resigned ».

Sans aucun doute Microwave a décidé de virer vers le post-hardcore ou le sludge tant les riffs sont plus lourds et les rythmiques se font plus assassines que jamais. Nathan Hardy alterne furie et désenchantement sur des morceaux bien rentre-dedans comme « Float To The Top », « Hate TKO » ou bien même « Pull ». Après toute cette déflagration sonique, les choses se calmeront un peu avec une conclusion on ne peut plus soft nommée « Part Of It » comme pour, après la tempête, faire se succéder un celme plus relatif. Au total, Death Is A Warm Blanket s’avèrera être un opus ingénieux pour qui voudra faire ressortir ses maux les plus profonds.

***1/2

18 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Have Mercy: « The Love Life »

Ce quatrième album de Have Mercy est un album triste. En fait, tous les disques de la bande le sont. Cette voix, ces mélodies, c’est atmosphères sont familières et tellement prenantes. Make The Best Of It, le prédécesseur, était le disque le plus abouti et le plus fort, sortant les grosses guitares tristounes et des refrains en or massif. Dommage que le quintet de Baltimore souffre de ce manque de reconnaissance du public car il est constamment encensé par la critique. The Love Life ne dérogera pas à la règle, cette nouvelle livraison se posant là en termes de qualité d’écriture et de mélodies tire-larmes. En versant du coté plus pop de leur son. Il a toujours été présent mais caché derrière ces grosses guitares. Ces 11 nouvelles compositions sont plus subtiles dans les ambiances. Prenez « We Ain’t Got Love », qui démarre avec une voix et une guitare acoustique pour terminer sur une explosion sonique flamboyante.

Cette entrée en matière laissait présager d’un album bien rentre dedans. Ce ne sera pas le cas. Ou tout du moins beaucoup moins qu’on ne pouvait l’imaginer. C’est « Heartbeat » qui prend le relais avec un morceau Jimmy Eat World-esque en diable, sans franchement haussé le ton, mais toujours rempli d’émotions. Et ce refrain restera scotché que vous le vouliez ou non. La suite navigue entre emo-pop classieuse (la superbe « 40oz », « Mattress On The Floor »), emo-rock qui envoie (« Clair », « So Like You »), et ballades frissonnantes (les bouleversantes « Dressed Down » et « 8006 Hedgeway CT. »). Have Mercy n’ont pas changé du tout au tout. Il y a une certaine forme de continuité dans leur discographie. On évolue par petites touches et on ajoute des éléments pour rendre leur musique à la fois plus pop et toujours plus chargée en émotions. Moins immédiat que son prédécesseur, mais tout aussi réussi, The Love Life narre l’histoire d’un amour perdu. A la fois simple et beau. 

***1/2

14 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

New Model Army: « From Here »

New Model Army trace sa route depuis près de quarante ans avec une constance qui n’a pas son pareil. Le groupe, dont l’exercice du « live » est le fonds de commerce (exercice en lequel il excelle en général), a tout de même trouvé le temps de produire un nouvel album studio – lequel s’avère particulièrement… exaltant.
NMA a toujours su se renouveler : combattre l’usure du temps et éviter de se répéter. En public d’abord, il s’est toujours agi de ne pas ressasser ad nauseam le même répertoire mais de rester source de surprise(s). Dernier exemple en date : le weekend passé en résidence à l’Église londonienne (Round Chapel) en avril 2018. L’idée directrice avait été de mettre en avant le chant du public, les musiciens situés physiquement au centre du lieu se plaçant définitivement en retrait en termes de volume sonore, afin de produire communion entre le groupe et sa family (un moment documenté sur l’intéressant DVD Night Of A Thousand Voices). New Model Army a également su conserver au fil des années une ambition sur le plan discographique. Les dernières parutions avaient oscillé entre œuvre de réflexion et d’expérimentation (Between Dog And Wolf, paru en 2013) et vœu de plus de frontalité et de véhémence (Winter, sorti en 2016).

Pour ce nouvel album, l’idée d’une profonde cohésion prédomine d’abord : nous avons affaire à une œuvre reposant avant tout sur le collectif. Il ne s’est jamais agi de voir NMA comme la formation du seul Justin Sullivan (chanteur et unique membre originel) accompagné de musiciens affidés ; et plus que jamais l’ensemble transpire d’une exceptionnelle solidité, laissant bénéfice à chacun d’espaces clairement réservés.  En l’occurrence, une expression singulière des individualités nourrit le collectif, et ce sur toute la longueur : les uns sont clairement au service des autres. Les guitares de Marsharl Gill ne sont en aucun cas des faire-valoir, quand les synthés de Dean White vont bien au-delà du simple habillage. Comme sur les albums les plus récents, la section rythmique est très présente mais la batterie de Michael Dean est mieux intégrée, moins démonstrative (la démonstration n’ayant de toute manière jamais été ni son moteur, ni son intention – l’homme est trop modeste). Le groupe avait clairement choisi d’établir la base de ses titres sur le rythme, ce qui parfois pouvait nuire à la fluidité de certaines chansons, de même que, d’une certaine façon, à leur ouverture. La basse elle aussi trouve une place plus naturelle sur cet album. Marcher sur les traces de ses illustres prédécesseurs (Stuart Morrow, Nelson) a probablement dû être complexe pour le plus jeune de la bande, Ceri Monger, et a pu l’amener parfois, inconsciemment, à forcer son jeu pour atteindre les standards de qualité existants et supposément requis.
Sur From Here, l’équilibre est de rigueur et le choix de retravailler avec Lee Smith et Jamie Lockhart (à l’enregistrement et au mixage) et d’approfondir avec eux la méthode de travail payante par le passé, apporte un son d’une exceptionnelle pureté, servi par un mix de grande qualité. L’environnement de travail du groupe a été également déterminant puisque l’enregistrement s’est déroulé sur l’île norvégienne de Giske, aux studios Ocean Sound Recordings, entourés de montagnes et d’étendues maritimes.

***1/2

13 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire