No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Royal Teeth: « Hard Luck »

Le membres du groupes ont travaillé leurs chansons mais, pourtant, à l’écoute, on peut y déceler un parfum de nonchalance assumée. Celle-ci fait partie d’une attitude, de cette mode dont la faculté est de se démoder très vite. Rien de rédhibitoire, des emprunts à Imagine Dragon avec des titres calibrés comme il se doit.

Ce mélange des deux voies est à écouter ; côté foutraque et sans fil conducteur et, d’autre part, recherche du bon goût. Pour les amateurs de musique alternative inclassable.

**1/2

2 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Goon: « Heaven Is Humming »

Pour écouter Goon, il suffit de prêter oreille à ce qui se passe du côté de Los Angeles avec  ce jeune quatuor de scuzz-rock qui monte en puissance depuis des mois. Mené par le chanteur et guitariste Kenny Becker, le groupe nous propose un premier album ttripes bien à l’air, Heaven Is Humming.

Après Fontaines D.C. il y a quelques mois de cela, Goon sort l’artillerie lourde. Heaven Is Humming est partagé entre brûlots grungy et heavy et ballades pop lo-fi et le compromis est bien trouvé lorsque l’on écoute les expéditifs « F Jam » qui ouvre le bal avec ce son poisseux bien à souhait et chant aussi bien chanté qu’hurlé de Kenny Becker. Il en sera de même pour « Northern Saturn », « Deny » et autres « Datura » qui viendront cenfoncer le clou.

À travers ces onze titres, Goon réussit à dévoiler son univers protéiforme derrière un son lo-fi. On prend plaisir à accompagnerc des titres plus mélodiques avec « Black Finch », « Cammie At Night » et « Mem » ou à planer avec des moments mélancoliques comme les ballades acoustiques nommée « Snoqualmie » et « CCLL ». Au milieu des moments bouillants tels que « Check Engine Light » pourra surgir un brin d’originalité avec les dernières minutes plus synthétiques de « Critter » sans que cela ne paraisse incongru.

Goon frappe plutôt fort avec ce Heaven Is Humming . C’est un disque hétérogène mais qui demeure cohérent derrière les ambiances lo-fi et orageuses se mêlent chaos et harmonie vecteurs, ici, de cohabitation heureuse et bienvenue.

***1/2

27 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Duncan Lloyd: « Outside Notion »

Maxïmo Park est détenteur d’une discographie prolifique et c’est au tour de son guitariste Duncan Lloyd de continuer à se lancer dans une carrière solo jusqu’ici prometteuse avec un troisième opus Outside Notion. Moins connu, en revanche, est le fait que leur guitariste Duncan Lloyd s’est également lancé dans une carrière solo prometteuse. En ce mois de juin, il a sorti son troisième disque solo intitulé Outside Notion. Composé de neuf morceaux, ce dique est un voyage auditif des plus intéressants dans la mesure où il est moins rock et plus calme et, surtout, plus complexe.
Entre rock psychédélique, dream pop, folk, et des arrangements orchestraux, l’album ne cesse de surprendre. Il est évident que l’approche de Lloyd est plus introspective et personnelle que celle qu’il adopte avec Maxïmo Park.
L’album ouvre avec « 
Historic Elements » qui introduit une note pop rêveuse et très agréable. Sa partie instrumentale aux subtiles influences post-punk qui laisse entendre la virtuosité du guitariste souvent sous l’éteignoir avec Maxïmo Park. On restera dans la même atmopshère avec « 5.a.m. Eyes » et son ton onirique et son épuration sublimée par la présence du violon, avant de retrouver sur « Planetarium » des sonorités plus rock avec une bonne dose de psychédélisme, notamment dans la partie instrumentale qui conclut la chanson.
« 
Young Dreams », premier « single », est la chanson la plus complexe et peut-être la plus intéressante de tout l’album. L’intro sonore crée du suspens et de l’anticipation pour ce qui va suivre avant de laisser place à une pop légère, presque entrainante, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance créée par The Smiths.


Pour le titre éponyme de l’album,
Outside Notion, Lloyd a collaboré avec Sarah Suri, son acolyte au sein de Nano Kino, son autre projet musical à côté de Maxïmo Park. La voix féminine colle parfaitement avec le rock alternatif et punchy de ce titre.
L’énergie de
Outside Notion contraste élégamment avec le caractère planant du morceau suivant, « Journey B ». Véritable entracte instrumental, ce titre se distingue par un arrangement riche et subtil de violons et violoncelles et fait voyager l’auditeur dans les contrées lointaines de son imagination.
« ‘Til The Fear Breaks » constituera ensuite un appel à persévérer et à affronter ses peurs, sous la forme d’un rock indé qui se rapproche un peu plus de Maxïmo Park. « Guess And Wonder », sera un hommage adressé au père décédé de Lloyd, et, à ce égard, ce sera le titre le plus folk de l’album, avec sa guitare acoustique et la façon particulière de chanter façon Simon and Garfunkel.
Après la multitude de styles et la complexité de la structure de certaines chansons de l’album, « 
First, Monday » – qui conclut l’opus – surprendra presque par sa simplicité. Les riffs rappellent fortement Maxïmo Park, mais une différence majeure persiste : la présence des instruments à cordes classiques. On a droit ici à un magnifique arrangement mêlant rock indé et violons virtuoses pour un résultat original et très beau.
Tout compte fait,
Outside Notion est un album nourri de multiples facettes qui demandera, et méritera, une écoute attentive. Ce sera dans ces conditions qu’on y découvrira à chaque fois de nouveaux détails intrigants qui dévoileront de nouveaux horizons à ce voyage musical et esthétique.

***1/2

28 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Blossoms: « Cool Like You »

Blossoms avait débarqué sur la scène indie britannique avec un premier album qui avait permis à la formation de Stockport de prendre la relève de la scène Madchester 2.0 avec un résultat aussi bien impressionnant que dansant. Alors forcément, le quintet était fortement attendu comme l’atteste ce successeur nommé Cool Like You.

Dès l’entrée en matière ; « There’s A Reason Why (I Never Returned Your Calls) », Blossoms nous donne son mot d’ordre: celui de faire s’agiter les foules. La combo n’a rien perdu de sa fraîcheur et de sa ferveur comme l’attestent des morceaux aux touches plus synthétiques qu’à l’accoutumée. On voisinera donc avec la vibe californienne bien chaleureuse de « I Can’t Stand It » qui suit mais également « Unfaithful » et « Stranger Still ».

Si il est clair que Cool Like You se distingue par ces arrangements un peu plus sucrés mais Blossoms sait retrouver les couleurs à l’abri des ballades comme « How Long Will This Last ? » et « Between The Eyes » et de l’énergie rock de « I Just Imagined You » en passant par « Giving Up The Ghost ».

Mais pour le reste, le groupe de Stockport privilégie de plus en plus les ambiances plus synthétiques, et, même si ils perdent un peu de leur spontanéité, Cool Like You montre que Blossoms n’a rien perdu de sa vigueur à faire bouger les gens.

***

19 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Proper Ornaments: « 6 Lenins »

Ce duo composé de James Hoare et Max Claps vient de signer son quatrième album, 6 Lenins. Malgré leurs résonances révolutionnaires, les chansons du tandem vont pourtant évoquer des changements plus personnels que politiques.
Leur musique reste bien ancrée dans la tradition du Velvet Underground, des sixties et de leurs multiples héritiers (de The Jesus And Mary Chain à Black Rebel Motorcycle Club), et ils ne comptent pas y déroger. Dans un monde violent où la notion de progrès est devenue obsolète, The Proper Ornaments se réfugient dans un univers sonore et lyrique taillé à leur mesure : un abri au calme, rempli d’images intimes et bariolées. Car ce que Hoare et Claps savent mieux faire, ce sont des chansons-refuge. Celles d’un dimanche ensoleillé, d’une chambre chaude, de cette connexion unique qui se produit lorsque nous nous pausons et regardons les photographies d’un passé pas si lointain mais suffisamment révolu pour qu’on le chérisse et qu’on lui accorde une place toute particulière. Et puisque ce passé s’éloigne à toute allure, on l’enregistre doucement afin de faire durer l’émotion ou bien pour ne pas répéter les mêmes erreurs.


Dans cette boîte à souvenirs de The Proper Ornaments, la simplicité des guitares acoustiques ne cache pas une production soignée qui rend l’écoute du disque si agréable. « Apologies » est un début tout en douceur qui crée d’emblée une atmosphère envoûtante, à peine altéré par le ton mélancolique de paroles qui explorent le thème du regret L’effet de la voix nonchalante est sincère et touchant. Dans d’autres titres, le rythme va s’accélèrer mais reviedra toujours à ces tempos hypnotiques comme sur « Where Are You Now ». Des chansons pour chasser la douleur ou se remémorer du bon vieux temps. Il faut dire que les voix sans fioritures de The Proper Ornaments, malgré l’apparente contradiction, sont fonctionnelles -tantôt langoureuses, tantôt chuchotantes- tout en procurant des sensations contrastées.
« Song For John Lennon » ou « In The Garden » apporteront les touches les plus psychédéliques à l’album. Sur ce dernier titre, les guitares se déchaîneront alors tandis que les claviers étouffent les murmures de Hoare et de Claps. 6 Lenins s’achève ainsi sur un ton joyeux et nerveux, comme une bouffée d’air frais après la torpeur de l’hiver.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Red Rum Club: « Matador »

Red Rum Club, c’est un combo composé de six musiciens originaires de Liverpool, ayant sorti un premier album original, mêlant rock et sonorités hispaniques. Original, Matador est pétri d’influences rares et de sonorités travaillées. Dans son line-up on trouve, chose rare, un trompettiste solo qui, dès le premier titre, donne un avant-goût de la puissance sonore, pour le moins survitaminée, du sextet.

« Angeline » combine ainsi riffs 60s et cuivres mais ce qui rend Red Rum Club intéressant, c’est aussi sa capacité à produire des morceaux variés tout en restant cohérent avec cette patte si spéciale.

À cet égard, « Would You Rather Be Lonely ? « pourrait presque nous faire penser aux Kooks, un titre pop et accessible où la trompette joue les premiers rôles. Red Rum Club par ses choix musicaux forts se démarque d’une scène alternative déjà très fournie. Et il semblerait que ces choix soient payants puisque le groupe a déjà entamé plusieurs tournées en Angleterre.

« V Said So « est dans la même veine, hymne pop ensoleill, en vanche, « Honey » est plus agressif. Red Rum Club navigue habilement entre rock nerveux et de l’alternatif plus abordable. Un des « singles » les plus en vogue de cet album, « Calexico », donne une belle image et résume parfaitement le style de ces garçons de Liverpool. Un beau clip, totalement dans l’esprit, illustre d’ailleurs le titre.

De par son originalité, Red Rum Club divisera. Mais la prise de risque est telle, leurs sonorités si spéciales, que le groupe apporte un nouveau souffle sur la scène alternative britannique. « Remedy (To A Dirty Soul) » et « Matador » fermront cet opus de façon assez impressionnante, avace une montée en puissance plutôt rare. . Une montée en puissance rare. On mentionnera par ailleurs, la qualité de la voix Francis Doran, leader de la formation, sur ce dernier morceau.

Red Rum Club fait un superbe démarrage ; il serait bien dommage de ne pas se laisser le temps d’écouter un tel « debut album ».

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13 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Puppy: « The Goat »

Sous des aspects visuels plutôt kitsch, édulcorés, faits de rose et de graphismes psychédéliques, avec un nom croquignolet, enfantin et innocent, se cache un trio londonien à la forte personnalité, dénommé Puppy. The Goat est leur premier album qui paraît après un début assez pétaradant au gré des festivals .
Ce qui peut frapper au premier abord est cette sorte de décalage, déjà souligné par la pochette, qui allie le rose pétant et des symboles ésotériques et mortifères (crâne, bougies, vieux grimoire, symboles maçonniques…). La musique semble confirmer cette apparente dichotomie puisqu’elle est basée sur des guitares lourdes, au son gras parfois saccadé et un chant mielleux voire mièvre et même à l’allure naïve qui déploie des mélodies doucereuses, relativement efficaces, parfois appuyées par des chœurs accommodants.
« Black Hole » le premier single donne le ton : guitare et basse tonitruantes sur lesquelles se pose la sirupeuse voix de Jock Norton avec un refrain d’une efficacité redoutable que les groupes pop rock les plus commerciaux pourraient envier. Le riff est martelé avec conviction, faisant taper du pied au gré d’un dynamisme débordant et entraînant. Ce titre est un beau condensé du savoir-faire de
Puppy, y compris les chœurs évidents, presque naïfs et pourtant si pertinents. De nombreux titres ont un modèle très comparable avec ce qu’il faut de riffs crasseux évoquant la part sombre du groupe et de chants alléchants qui se rapportent à sa part lumineuse, « Poor Me » se montrant particulièrement attachant et accrocheur, tout comme « Jute Like You’ »et son solo éruptif.


Parmi les titres remarquables, citons « 
Entombed » et son jeu de guitare particulièrement lourd qui se mêle avec le chant sur le refrain pour le plus bel effet. Il s’agit d’un titre-phare de l’album qui réunit toutes ses qualités et son incroyable inspiration. « Bathe In Blood » tire également son épingle du jeu en accélérant le propos dans son intro pour ensuite s’épandre dans une agréable mélodie pleine d’énergie, assimilable au pop rock survitaminé à l’américaine qu’on trouve parfois chez les Foo Fighters. « Nightwalker » pourrait faire office de quasi power ballade avec sa mélodie fluette. L’album se conclue sur « Demons », titre doté d’une profondeur de son encore plus marquée, aux riffs résolument metal, qui font éclater par contraste, une fois encore, un chant clair, lumineux et superbe.
Tous les ingrédients sont réunis
ici pour un succès monumental : une personnalité détonante et un sens incroyable de la mélodie, une identité toute en contrastes et du talentà l’état pur.

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9 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Face The Day:  » Stuck In The Moment »

En 2016 Face The Day avait surpris son monde avec un album de rock progressif dans l’air du temps inspiré de Porcupine Tree, Anathema ou Pineapple Thief. Ils reviennent aujourd’hui avec un ambitieux Stuck In The Moment dans lequel la recherche d’inspiration est clairement de mise.

Le duo tchèque peine en effet à se détacher de ses illustres mentors, à commencer par le travail de Steven Wilson dont cet album porte la marque indélébile. Ainsi « Elevator To The Sky’ »semble tout droit sorti d’ « Anesthesize » avec son tempo enlevé et ses riffs puissants, alors que le diptyque « Stuck In Verona »/ « The Remaine »’ fait penser aux dernières productions de Wilson avec une voix qui, dans ses modulations, puise éhontement sa source dans ses travaux les plus récents. 
Le résultat n’est pas désagréable pour autant et l’impression d’assister à la résurrection de Porcupine Tree nsuscite un certain relant de nostalgie. En effet, ça fonctionne plutôt bien et les compositions sont riches, variées et efficaces. « Stuck In The Present » affiche, quant à lui, une approche aérienne, un long développement et des breaks atmosphériques du meilleur effet en font un parfait « close »r


Une nouvelle influence et référence est à soulever avec « With Faith On My Side » dans la même veine que les dernières productions de Riverside. Sa construction en deux phases avec une première partie acoustique aux lignes mélodiques empreintes de nostalgie rappelle le chant de Mariusz Duda, alors que la fin plus enlevée et torturée démontre que les Tchèques ont complètement intégré ces influences et les magnifient en une musique riche et passionnante.
Les références de Face The Day peuvent bien sûr paraître envahissantes, mais l’ensemble est plus que digeste et le traitement et l’écriture sont suffisamment subtils pour justifier l’intérêt grandissant autour de ce groupe. Stuck in The Présent est effectivement ancré dans un présent fait d’influences évidentes mais assumées et intégrées dans un album intelligent, bien produit et mélodiquement passionnant. Restera à Face The Day à s’affranchir plus ostensiblement de ces modèles pour franchir ce plafond de verre qui leur colle encore cette étiquette de suiveur pour figurer au même rang que ses illustres inspirateurs.

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5 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mark Deutrom: « The Blue Bird »

Mark Deutrom est surtout connu pour avoir été bassiste des Melvins, mais il a également fricoté avec Sunn O))), et cofondé le label qui a sorti le premier Neurosis. Mais ça faisait un moment aussi on jugera The Blue Bird comme s’il s’agissait d’un premier album. « No space holds the weight » nous amène sous le soleil brûlant d’un désert aride. « Futurist manifesto » nous sort de notre léthargie, toujours format instrumental mais beaucoup plus musclé et énervé, entre stoner et rock indé. « Radiant gravity » nous donne l’impression que le morceau précédent n’était qu’une parenthèse, aussi rêveur et cool que le premier titre. « O ye of little faith » est le premier titre chanté avec une couleur stoner / doom psyché qui l’habille, justifiant sa présence avec Season Of Mist. Le titre est plaisant, comptant quelques riffs bien lourds et mémorables, et finissant de façon assez inattendue et apaisée.« Hell is a City » sera un des titres les plus réussis du disque : énigmatique et flottant, il évoquera tout de suite Twin Peaks par ses sonorités et son spleen insidieux.

« Somnanbulist » suivra un chemin similaire, sinon parallèle alors que « Maximum hemingway » a les deux pieds dans le desert rock, et est l’un des titres forts du disque, malgré sa relative économie de moyens. « They have won », ballade douce-amère, verse plus du côté Floydien, et sur le même registre, « On father’s day », continuera dans la veine ambient alors que « The happiness machine » renouera avec le desert rock, musclé et mid tempo. Enfin, « Nothing out There » est un autre titre façon Floyd à la mélodie déconcertante qui ne pourra que laisser sur notre faim et nous faire regretter que l’album s’achève sur cette note.

Au total, un album qui laisse circonspect quant on considère son flagrant manque de direction.

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13 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

22: « You Are Creating Limb 1 & 2 »

Derrière ce nom étrange de 22 se cachent quatre musiciens norvégiens réunis depuis une petite décennie autour de leur amour du rock. En 2010, le quartet sort un premier album intitulé Flux, totalement passé inaperçu dans nos contrées. Vont s’écouler sept années avant que la formation ne fasse son retour avec la première partie d’un You Are Creating qui aura un écho un peu plus important. Vingt mois plus tard les Norvégiens offrent la seconde partie de ce projet et pour l’occasion sortent la totalité de You Are Creating Limb 1 & 2 sous forme d’un double-album.
22 pratique un rock alternatif particulièrement varié, dynamique et original qui fait mouche au premier contact mais qui recèle de nombreux détails pour permettre une multitude d’écoutes à chaque fois sources de découverte. La marque de fabrique de 22 réside dans un savoir-faire constitué de riffs inventifs, portés par une sonorisation plutôt brute avec l’utilisation approfondie des potentialités de chaque instrument (la basse est particulièrement mise en valeur), de subtils arrangements qui n’étouffent jamais l’énergie déployée et de thèmes très axés sur la mélodie. L’autre point fort de 22 se trouve chez son chanteur Per Kristian Fox Trollvik capable de passer de voix de poitrine au fausset avec une insolente facilité. Deux autres musiciens du groupe interviennent très régulièrement dans les chœurs pour consolider le registre vocal du groupe et le porter à un degré de densité que l’on peut rapprocher de The Dear Hunter, Von Hertzen Brothers et Biffy Clyro.


Ces évocations, auxquelles on peut ajouter
Muse et Queen, n’ont rien de fortuites eu égard aux régulières parentés entre 22 et ces groupes aux fortes personnalités. Avec les deux premiers, 22 a en commun la même façon de ficeler les compositions avec classe et fluidité comme dans le percutant « Staying Embodies » aux mélodies entêtantes ou l’épique « V » La référence à Biffy Clyro, que l’on complétera avec un soupçon de The Mars Volta, traduit cette fougue qui jaillit alors que l’on s’y attend le moins comme par exemple dans la cassure de « A Mutation of Thrushes », tout au long du débridé et dissonant « Adam Kadmon Body Mass Index », dans le finement arrangé « Inspec’ »ou le saccadé « You Are Creating’ ». Mais ces références ne restent que des filiations qui ne réduisent en rien la spécificité de l’écriture de 22.
L’essence la plus pure des Norvégiens surgit plus particulièrement dans l’exceptionnel « Call Em Trimtram », le meilleur titre du double-album (et chanson rock de l’année), parfait dosage entre puissance et finesse, l’ingénieux « Autumn Stream » qui pose des chants éthérés sur un rythme funky qu’on croirait issu de « Smooth Criminal » de
Michael Jackson ou le contrasté « Sum Of Parts » avec ses couplets apaisants et ses refrains à l’entrain fédérateur. 22 atténue ponctuellement la débauche d’énergie déversée avec quelques rares moments plus calmes comme avec la belle ballade ‘ »ctypes » à la fragilité toute façon Bucley dont les harmoniques naturelles renforcent le côté cristallin ou le mid-tempo « Dilleman`s Clarity » aux sublimes harmonies vocales et à l’ascension finale irrésistible d’émotion.
Cette jubilatoire découverte a toutes les qualités pour hisser le groupe vers les sommets avec son rock hybride dont les contours sont fluctuants et que l’on définit, faute de mieux, de rock alternatif. Pour les amateurs du genre et des groupes référencés, les Norvégiens frappent un grand coup.

***1/2

7 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire