No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

J Fernandez: « Many Levels of Laughter »

The Levitation Festival est un festival de musique psychédélique et autres dérivés qui a lieu à Austin et J. Fernandez est un des artistes qui y a joué cette année.

C’est un musicien adroit et agité, puisant dans plusieurs registres ce qui lui permet de transcender la psychedelia la plus basique. Il refuse d’ailleurs de ne faire que s’accorder et se mettre à jouer en concert et cela explique en quoi Many Levels of Laughter nous emmène dans une véritable odyssée sonique.

Le disque change de paysage à chaque morceau de l’entame, « Between the Channels » au tourbillon façon Deerhunter jusqu’à l’étrangeté ponctuée par les synthés du « closer » « Melting Down ».

Techniquement l’instrumentation (les codas ou les incursions dans le freee jazz) est parfaite tout comme des vocaux qui n’hésitent pas à mimer des harmonies à la Beach Boys sur « Markers » ou une instrumentation remarquable (l’orgue de « Apophis »).

La versatilité de Many Levels of Laughter n’est pas faite pour le fan de pychedelia lambda, elle devrait, en revanche, lui assurer une place qui va au-delà du simple divertssement.

***1/2

10 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Toro Y Moi: « What For? »

Est-ce que Chazwick Bundick (autrement dit Toro Y Moi) retourne dans le passé ? Son premier album en 2010, Causers of This, semblait s’intégrer à merveille au mouvement « chill-wave » qui était axé sur une vision futuriste avec son assemblage de bruits, d’electronica et d’émotions primales soigneusement enchâssés mais, depuis, il donne comme la sensation d’opter pour une régression en matière stylistique.

L’ordi portable est débranché et ce quatrième opus voit Bundick habitant fermement la pays du rétro et nous proposer du rock psychédélique dans son essence.

L’esprit des ses enregistrements est toujours là : un son un peu space et funky et une façon de chanter dont on ne peut nier la sincérité qui en émane. En revanche, et de concert avec la psychedelia, c’est le procédé de la répétition qui va peu à peu s’imposer et nous enfoir dans une masse amorphe faite de reverb et de fuzz.

Sans doute Bundrick ne veut pas troubler le « trip » où il nous emmène par trop de swing ; toujours est-il que l’incongruité et l’inventivité qui caractérisaient ses efforts précédents n’auraient pas été de trop sur What For ?.

**1/2

16 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

King Gizzard & the Lizard Wizard: « I’m In Your Mind Fuzz »

King Gizzard & the Lizard Wizard est un combo qui a mis au goût du jour ce qu’on peut appeler la scène des groupes privilégiant les jam sessions. Leur nouvel album, I’m In Your Mind Fuzz, est un opus voracement psychédélique comportant un alliage particulier fait d’étrange douceur et de férocité trash. Par moments nos Australiens semblent au bord de l’explosion incontrôlable dans le stratosphère mais l’ensemble est fermement tenu par des riffs accrocheurs et des lignes de basse qui semblent faire adhérer le tout.

Les quatre premiers titres sont comme une seule longue plage composée de plusieurs mouvements et de variations thématiques. Immédiatement, le chaos se « met en place » avec tous les musiciens concentrés sur la progression de la basse. À partir de cela, chacun des membres a un moment qui le met en avant, apportant une touche personnelle un peu comme le faisait Funkadelic.

Le son de King Gizzard va et vient, perd puis retrouve son focus, constellé de modulations de synthés et de pédales wah wah formant la bande son de ce qui pourrait être un trip à l’acide.

La tonalité éclectique de « Hot Water » se voit ainsi accolée à une flûte qui, curiesement, s’intègre à un ensemble composé de murs soniques manipulés électroniquement. « Slow Jam 1 » et « Her and I (Slow Jam 2) » sont exactement ce que leurs titres suggèrent ;ce sont les morceaux les plus laidback de l’album même si un clavier à donner la chair de poule les accompagne.

Si le but était de constrsuire quelque chose d’unique, a mission est réussie. Ceci d’autant plus que les excentricités du groupe n’alièneront pas celui qui écoute l’album de façon distraite car il n’est jamais difficile d’enter dans les compositions. King Gizzard & the Lizard Wizard son,t un groupe solide et ambitieux mais ils parviennent à garder un équilibre entre songwriting classique et expérimentation.

***1/2

8 décembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Virginia Wing: « Measures of Joy »

Measures of Joy est à la fois une joyeuse collectionsde chansons psyche-pop qui semblent flotter en dérivant er aussi quelque chose de totalement mystérieux, un patchwork psychédélique qui va s’égoutter graduellement dans vote inconscient à chaque écoute. Virginia Wings a créé un « debut album » étrange, à l’atmosphère éthérée et profonde à la fois, un voyage musical qu’il sera difficile de ne pas vouloir répéter.

De véritables nappes de synthés en drone et des extraits de sons étranges, comme issus d’une radio, se déverse sur la section rythmique hypnotique du groupe. Les lignes de basses semblent aller de haut en bas, comme un hochement de tête, le son des percussions est énorme ; ils rappellent les meilleurs mantras rythmique de Electrelane et le tout concourt à accompagner des tourbillons d’electronica ambient épaulant des voix distantes et spectrales.

La nature flottante et libre de ce disque met en exergue l’importance d’un album qui se veut uen expérience complète. Même si, pris seuls, beaucoup des morceaux sont impressionnants, c’est quand on écoute et on considère Measures of Joy comme un tout que l’on peut apprécier la magie qu’il recèle.

La référence serait le groupe Broadcast de Trish Keenan. Tout comme chez eux,il y a des passages euphoriques qui font place à des tonalités inquiétantes. On y trouve comme des manigances tirées de la psychedelia 60’s qui vont donner naissance à des drones sombres et troublants alors que les vocaux de Alice Merida Richard sont doux mais en même temps distants et détachés.

Tout cela s’ajoute à l’atmosphère difficilement définissable que ce groupe de Camberwell vise à promouvoir. La seule chose dont on peut être certain est que quelque chose de particulier se produit sur cet album ; quelque chose de menaçant et de magique ; une vision vene de l’intérieur mais qui, aussi, peut aisément nous faire perdre l’esprit.

***1/2

7 décembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

King Tuff: « Black Moon Spell »

Kyle Thomas et son King Tuff sont de retour, aussi sauvages que jamais, avec leur façon de manière d’aborder classic rock et psychedelia. Celle-ci se manifeste de façon généreuse et débridée, avec une bonne dose d’humour qui n’exclut néanmoins pas une certaine sentimentalité.

Black Moon Spell est un album qui impressionne de par sa diversité en passant de la ballade « Staircase of Diamonds » aux compositions sophistiquées mais graisseuses comme « Eddie’s Tune », au dépouillé et acoustique « Ungly » sans dédaigner bien sûr les échos à la Ramones que sont « Sick Mind ».

Le monde de Tuff est coloré par des anecdotes réjouissantes et divertissantes, délivrées par le biais de vocaux souples et pressants, un « »Demon from The Hell » qui semble vomir de l’acide par exemple, ou un refrain rétro aux effets soniques tranchant comme le laser sur « Black Hole in the Stereo ». L’un comme l’autre concourent à la mise en place d’un King Tuff, demeuré à l’âge teenager, qui semble toujours prêt à en apprendre plus dans un magasin de disques qu’à l’école.

Musique juvénile et vivifiante dont le ton est désinvolte mais ne tombe jamais dans le laisser-aller « slacker ». King Tuff est sincère, on le sent, mais il semble se faire un point d’honneur à ne pas se prendre au sérieux. Sur « Rainbows Run », on oévoque une caricature de hippie vieillissant mais le cliché est étoffé par des sonorités de guitares modernes et plus vives et, constance dans tout le disque, les effets à la Black Sabbath (gros riffs et ambiance jam session sur la chanson titre) sont abordés le plus économiquement possible.

King Tuff a indéniablement perfectionné son style tiré des 70’s. L’attrait qu’exerce Black Moon Spell tie,nt à cela bien sûr, mais il atteint également des territoires plus profonds qui transcendent le côté « novellty » grâce à des compositions qui tiennent la route et ne font pas que rabâcher les schémas éculés aujourd’hui d’une décennie lointaine.

****

24 octobre 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Stardeath And White Dwarfs: « Wastoid »

Stardeath and White Dwarfs sortent aujourd’hui leur premier album depuis cinq ans ; Wastoid succédant ainsi à The Birth. Le groupe n’a fait qu’une apparition sur le disque des Flaming Lips reprenant Dark Side of the Moon mais, sachant que son leader Dennis Coyne est le neveu qui a le même statut chez The Flaming Lips il y a quelque chose de familial entre ces deux ensembles, les derniers apparaissant d’ailleurs sur un des titres, « Screaming ».

Ce morceau un bel exemple de la démarche de Stardeath : des bruits en loop et la pulsation d’un synthétiseur avec une intervention vocale survenant deux minutes après le début de la composition. Intervient alors une percussion atypique façon Flaming Lips, un vers psalmodiant «  It’s’s like starting over when you thought you’d arrived », bref une copie conforme volontaire du The Terror des Lips.

Le morceau marche merveilleusement bien mais un des titres phares sera un « Hate Me Tomorrow » hypnotique avec une apparition de Daniel Huffman des New Fumes. C’est une autre manière de rester en harmonie avec le thème de l’album car Huffman est également ami des Lips avec qui il tourne en tant que guitariste et qu’il apparaît aussi dans leur effort collaboratif de reprises du In the Court of the Crimson King.

« Hate » sera, lui, une sorte de folk-song dont le but sera de vous donner le cafard avec la signature de Huffman (riff acoustique lancinant et effets soniques semblables à un voile gazeux) parcourant tout le morceau. Il ne ressemble en rien à ce que les trois combos ont déjà pu faire ce qui le rend d’autant plus intéressant.

On retrouvera cette même discordance sur « Sleeping Pills And Ginger Ale » mais pour des raisons toutes autres. Les genres se catapultent : bongos exotiques, guitares post-punk en delay, ligne de basse modulée au synthétiseur mais, miraculeusement, Stardeath trouvera un moyen de lier ces éléments disparates ensemble grâce aux vocaux on ne peut plus laid-back de Coyne.

Un album qui a mis du temps à venir donc, mais qui justifiera l’impatience de ceux qui ne peuvent attendre le prochain Flaming Lips.

***

5 septembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Gallon Drunk: « The Soul Of The Hour »

Le CV de James Johnston suscite admiration et jalousie : il a été membre des Bad Seeds et de Faust et n’a pas été étranger à la réussite de leurs projets.

Le sien propre se nomme Gallon Drunk et c’est bien sûr là que les choses se font plus intéressantes d’autant qu’il a toujours soigneusement évité le mainstream pour se focaliser sur une approche post-punk caustique présente sur ses albums précédents.

The Soul of the Hour voit l’auditeur plongé dans un psychédélisme sombre et acide, à des percées post punk expressives dans la même veine que celles de The Birthday Party et à un blues-rock titanesque façon Blue Cheer. Des échos des Doors, de Can et des Cramps saupoudrent un ensemble soigneusement calibré pour délivrer titres se consumant lentement et morceaux incisifs comme des court-circuits.

Les sensations éprouvées seront donc parfois sinistres, parfois euphoriques mais toujours impressionnantes. Le titre d’ouverture, « Before the Fire », est un jam kraut rock grinçante menée au piano, aux percussion avec cymbales aussi tourbillonnantes que les claviers qui l’accompagnent. Le crescendo se voudra lent et tantrique culminant en des cuivres lui donnant une grandeur épique.

« The Dumb Room » sera comme un reprise où Jon Spencer aura choisi de couvri Black Sabbath, « The Exit Sign » rassemblera Spacemen 3, Juicy Lucy (sic!) et Silver Apples et la chanson titre combinera drone à la Loop et menace façon Stooges qui auraient remplacé des stimulant par des anti-dépresseurs.

On trouvera pourtant quelques éclairs d’accalmie comme sur « Dust In The Light », composition qui est peut-être la plus pleine de béatitude que Johnson a écrite preuve que l’artiste sait s’affranchir du « stoner rock » qui parcourt l’album.

The Soul of The Hour est au fond un opus chamanique, hypnotique et dense, récréatif comme s’il s’agissait d’accompagner un périple sous haschisch ; un voyage tranquille où sous les éclats soniques perceraient magie et élégance, cette distinction que seuls les narcotiques peuvent cumuler à l’intérieur de notre conscience.

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17 mars 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire