The Sherlocks: « Under Your Sky »

26 septembre 2019

Under Your Sky est le deuxième album des Sherlocks. C’est aussi la chanson titre et le dernier titre du tracklisting. Avec ce ce mid tempo épique, complexe et ambitieux, les Sherlocks montrent quelle place ils pourraient prétendre occuper dans la scène rock. Pendant ces qutre minutes et demi, le groupe de Sheffield amadoue son monde : les guitares s’envolent, la mélodie prend aux tripes et l’émotion tape juste avant de s’achever dans un déluge de feedback. On jurerait même ici entendre Noel Gallagher avec Oasis circa On The Shoulder Of Giants et on ne peut qu’en redemander.
Hélas, le reste de l’album n’atteindra jamais vraiment ces altitudes vertigineuses. Quelques chansons tirent leur épingle du jeu. « I Want It All, » qui sonne comme un mix entre « Rebellion » d’Arcade Fire et les Kings Of Leon, s’avèrera une entrée en matière convaincante. Plus loin, « Dreams » brilleea grâce à sa mélodie british et sa production chaleureuse et dynamiqu et la dansante et efficace « Waiting » regardera quant à elle du côté des Strokes.


En outre les chansons sonnent souvent trop téléphonées pour vraiment convaincre. En effet, « Give It All Up », « Time To Go », « Magic Man », « Now And Then » donnent la sensations d’avoiré été entendues ailleurs, ses riffs, ses mélodies, ses progressions d’accords, ses rythmiques sont l’alpha et l’omega du pop-rock moderne( Kings Of Leon, Coldplay, The Killers). Les Sherlocks s’appliquent à reproduire ce que d’autres ont créé avant eux. Avec un une envie, une authenticité et un savoir-faire évidents, certes, mais on regrettera un manque d’originalité et d’émotion qui empêchent ces titres bien charpentés et dynamiques de viser l’excellence.
Au niveau sonore, c’est pourtant du costaud : les guitares grattent quand il faut, la basse ronronne, les batteries sont compactes et punchy. Tout l’album bénéficie d’une production dorée à l’or fin made in Liverpool par James Skelly, le Coral en chef himself. L’énergie déployée sur Live For The Moment, leur précédent album, est ainsi canalisée pour prendre une direction plus pop. Les guitares brutes et abrasives laissent place à des textures plus sophistiquées : claviers, filtres, guitares acoustiques, xylophones.

Le combo vise les stades et force est de constater qu’en honnêtes artisans les Sherlocks remplissent les salles avec facilité. En tant que groupe de rock à guitares, c’est plutôt à leur avantage, on peut néanmoins regretter qu’avec leur songwriting souvent trop linéaire (voire élémentair), et référencé ils peinent encore pour l’instant à décrocher la lune.

***1/2


Girl Band: « The Talkies »

20 septembre 2019

Aussitôt après le E.P. The Early Years et le très remarqué Holding Hands With Jamie, il y a quatre ans, Girl Band se sont fait assez discrets et ils avaient une bonne raison pour cela puisque l’état mental de leur leader, Dara Kiely, mis en avant dans les textes de la formation dublinoise, a eu raison de lui, les obligeant à annuler de nombreuses dates de leur tournée européenne.
Ce
ne sera qu’en 2016 que le groupe reviendra sur scène, en particulier lors de la cinquième édition de « We Love Green ». Depuis, le guitariste Alan Duggan a formé The Claque avec des amis d’enfance pendant que Kiely prenait du temps pour lui afin de régler ses problèmes personnels. On n’attendait donc pas forcément ce second album – ironiquement nommé The Talkies après un long silence radio – sans doute cathartique pour le jeune irlandais.

Le disque débute d’ailleurs par « Prolix », introduction immersive dans le mental du chanteur à travers deux minutes d’une crise de panique enregistrée durant une des sessions du quatuor, puis un « Going Norway » introspectif et le schizophrène « Shoulderblades » rendent tous deux compte de son état actuel. Toujours aussi torturé, il semble toutefois plus ouvert et moins cryptique que sur le premier opus du groupe. Quant à la musique…
Tout comme
avec « Holding Hands With Jamie »
sur leur premier album, il est difficile après de multiples écoutes de se faire un avis définitif sur The Talkies. À la première écoute, l’album semble plus accessible que son prédécesseur ; après plusieurs autres, on découvre encore de nouvelles choses grâce à des morceaux aux structures toujours aussi peu conventionnelles.
De prime abord, on entend des accents pop de-ci de-là, que ce soit sur le Clinic-esque « Salmon Of Knowledge », « Caveat « et sa pop rock mainstream ou encore la lente ballade « Prefab Castle » ; après une dizaine, Kiely laisse échapper des cris irascibles et répétitifs sur « Salmon Of Knowledge » alors que « Caveat » bâtit un mur de guitares infranchissable et que la batterie de « Prefab Castle » rendra temporairement sourd.


À la première écoute, on a la sensation d’avoir face à soi une succession de « singles » plus attachants les uns que les autres, que l’on s’attend à entendre à la radio entre une Ariana Grande et un Ed Sheeran tant l’on a ingurgité et réingurgité ces dernières années « 
Holding Hands With Jamie ». Par la suite, on ne comprend toujours pas ce que l’on écoute et,

au final, le seul sentiment constant et immuable sera une impression globale qui jalonne le disque. On sait, si l’on est tombé sous le charme de « Holding Hands With Jamie », que l’on a affaire une seconde œuvre tout aussi réussie et complexe que la première. Autant l’album est mouvant, nous entraînant à changer d’avis à chaque écoute, autant la note finale reste la même, de la première à la dernière seconde, de la découverte aux constantes redécouvertes une fois le disque posé sur la platine.
The Talkies rendra même l’auditeur fou, faisant communiquer entre elles de nombreuses voix contradictoires dans son esprit ; on se trouve au cœur de la musique de Girl Band tant elle nous habite. Kiely est à présent plus à même de décrire ses émotions et les mettre à plat, en accord avec la musique et le rythme du groupe, auparavant indéfinissables, aujourd’hui plus en phase que jamais avec nous-même et notre époque.

***1/2


Albrecht La’Brooy: « Healesville »

30 juillet 2019

Ce nouvel album Albrecht La’Brooy capture les sons de l’été enregistrés à Healesville près de Melbourne. Son contenu improvisé pour deux pianos est agrémenté de chants d’oiseaux et de carillons à vents. On y entendra des conversations bucoliques et des atmosphères apaisées et bienheueuses.

Healesville est un disque d’une fluidité absolue avec des claviers et des guitares prenant alternativement la sirection des opérations avec des samples pastoraux fournissant un accompagnement rupestre détendu. L’étrangeté réside dans le fait que celui-ci est nourri d’électronique, un peu comme si on écoutait le récit de vacances d’un autre que nous. En décaoule un esprit d’espace qui ne nous concerne pas et qu’on pourrait ailleurs, dans un bureau, un tain ou un avion ; partout sauf dans une étendue campagnarde non touchée par la modernité.

Les gratte-ciels sont, ainsi ici, transformés en persepectives verdoyantes où se mêlent sons de machineries légères lignes de synthétiseurs ; une vague nostalgie minimaliste se dégagera d’un climat où on discernera de lointains échos de surf et des claviers hantés dans de vastes chambres vides où un ensemble comme Grouper y trouverait logis.

***1/2


Hilang Child: « Years »

13 juillet 2019

Hilang Child fait parti de ces nouveaux noms à retenir dans la scène indépendante. L’artiste, mi-indonésien mi-gallois, a, indubitablement, de quoi faire parler de lui avec un univers musical qui laisse pantois sur son premier album intitulé Years.

De son vrai nom Ed Riman, il nous offre un parfait condensé de pop baroque et de post-rock aérien pour un résultat bluffant. Imaginez un peu une fusion entre Sigur Ros et Fleet Foxes et bien vous obtiendrez des morceaux aux incroyables arrangements. On peut citer le titre d’introduction nommé « I Wrote A Letter Home » avec ses envolées vocales et lyriques ou bien même des sonorités dignes d’Imogen Heap sur le titre suivant « Growing Things » comme quoi le bonhomme n’a pas froid aux yeux.

C’est avec des chœurs célestes, des ambiances atmosphériques et des refrains envoûtants qu’Hilang Child tire son épingle du jeu. Que ce soit à l’écoute des perles comme « Boy », « Rot » ou bien de « Oh, We’re Getting Along » ou des moments bluffants comme la cascade de synthés sur « Starlight, Tender Blue » et le crescendo instrumental de « Endless String », Years regorge d’innombrables trouvailles inventives qui nous font frissonner. Et il est clair que le musicien a tout appris de ses influences en plus de Beach Boys qui plane tout au long avec le sublime « Crow » et met la barre déjà haute pour ce premier disque constant et homogène qui brille par sa beauté cristalline.

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Wand: « Laughing Matter »

12 juillet 2019

Laughing Matter est le cinquième album de ce groupe plutôt prolifique (cinq albums depuis 2013), qui à commencé en officiant dans la mouvance du rock garage. Rien à voir ici ou presque avec les début donc, et une simple écoute le confirmera. L’album, malgré quelques moments de bravoures gavé de distorstion, fait la belle part à une musique presque pop, rafraîchissante, aux accents digne de Radiohead, parfois. Ici et là, un violon introductif, ou encore une chanson uniquement en guitare sèche.

Un opus qui est un bonheur à écouter, avec un diamant comme « Airplane » ou la voix de Cory Hanson, touchante de sensibilité et transpirant l’émotion. Un bel ajout à une discographie déjà conséquente.

***1/2


Mike Pace and The Child Actors: « Smooth Sailing »

12 juillet 2019

En 2015, Mike Pace avait publié son album Best Boy qui fut un cocktail de « feelgood pop ». Depuis, l’auteur-compositeur-interprète new-yorkais a tracé sa route avec d’autres sorties et, cette fois-ci, il revient avec son groupe The Child Actors et un nouvel album intitulé Smooth Sailing.

Pour cet opus, Mike Pace and The Child Actors a décidé d’entreprendre un virage musical plutôt intéressant. On y croisera l’ombre de Todd Rundgren et des influences rock progressif digne des années 1970 à l’image du titre d’ouverture intitulé « Everyone Out Of The Car » qui a de quoi faire penser à The Psychedelic Furs mais également « Senior Statesman » et « Escape The Noise ».

Le groupe new-yorkais nous embarque dans un univers psychédélique bien cotonneux et avec classe et distinction. Que ce soit sur la synthpop de « Service Merchandise » qui nous transporte vers la prochaine décennie ou des plus traditionnels « Troubleshooting » et « Business In Bermuda », Mike Pace and The Child Actors nous embarque dans un voyage vers le passé sans tomber dans le suranné. Avec un Smooth Sailing qui porte bien son nom, les années 1970 n’ont jamais sonné aussi actuelle.

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The Waterboys: « Where The Action Is »

8 juin 2019

Les Waterboys sont des oubliés mais cela ne les empêche pas d’être de retour. Temps aidant, Where The Action Is suscite souvenirs flous d’autant plus que le première écoute est enlevée, voire fougueuse. La chanson-titre riffe de façon alerte et « London Mick » pourrait même être qualifiée de débridée.

La surprise est belle; tant le groupe semblait avaoir réccroché ses crampons. Mike Scott et ses acolytes dans une forme optimale. S’ils baissent la garde avec « Out of all this Blue », la trame demeure toujours aussi veloutée et « Right Sde of Heartbreak (Wrong Side of Love) » affiche une touche funky et déliée de plus bel aloi renda,nt le combo ancore plus crédible en termes de musicalité et de nerf à l’exemple de « In my Time on Earth ».

Ensuite le propos va s’assagir sensiblement ; « Ladroke Grove Symphony » ne fait pas mentir son titre en matière de mélodicisme et « Take me where I will Follow » imposera des abords mêlant vocaux à la limite du hip-hop, coolitude électro et vocaux de choix. Le rendu est hybride et plaisant. Il surprend un peu, mais passe le cap.

Celui-ci est maintenu avec la soul feutrée mais racée de « And There’s Love » ou la pop élégante sur « Then She Made The Lasses O (Mash) » ouù les voix se mêlent et les sons cuivrés font leur effet. Le final, « Piper at the Gates of Dawn », lui, n’aura rien à voir avec le chef d’oeuvre du Pink Floyd période Syd Barrett mais poursuivra une trame narrative, sensible en clair-obscur.

The Waterboys abordent ce nouvel opus avec allant pour ensuite lever le pied ; ils n’en demeurent pas moins qu’ils sont encore pertinents et capables d’insuffler un peu d’action là où ils se situent aujourd’hui.

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The Goden Rail: « Sometimes When »

17 mai 2019

Partenaires depuis une bonne trentaine d’années au sein de diverses entités de la scène indie-rock australienne (The Palisades, Summer Suns, The Rainyard ou plus récemment The Jangle Band), c’est sous le nom de The Golden Rail que Ian Freeman (voix, guitare) et Jeff Baker (guitare) partagent désormais leur passion pour la power-pop et le folk-rock californien.

La nouvelle aventure commune de ces deux musiciens vétérans, épaulés par Dave Chadwick (basse) et Saki Garth (batterie), a débuté il y a deux ans avec l’albumb Electric Tales From Nowhere trouve ici son rythme de croisière avec opus dont les contours plus rock se sont précisés au fil des nombreuses prestations scéniques du groupe. Là où leur premier essai, en dépit de ses évidentes qualités, semblait encore chercher à se frayer un chemin entre passé et présent, Sometimes When est assurément l’oeuvre d’un groupe qui a trouvé sa propre voie et qui atteint une forme de plénitude (« Just Fell In Love »).

Sous la direction de Nick Batterham (Blindside, The Earthmen), véritable cinquième membre de The Golden Rail, qui a enregistré, produit et mixé le disque dans son studio de Melbourne, Freeman, Baker et leurs comparses ont su élargir leur gamme sans chercher à moderniser leur musique de façon artificielle. « Shine Patiently », le « single » « Don’t Let Go Of The Light » ou encore « Regent Street » sont ainsi de vrais modèles d’évidence pop magnifiés par les chœurs radieux d’Erica Menting, « You Keep Me From Blue », avec ses claviers acidulés évoqueront de leur côté les formidables cousins néo-zélandais de The Chills.

D’autres morceaux à l’ambiance plus « laid back », tels que « Life Is A Dogbox » et « You Wear The Crown », sont quant à eux imprégnés d’un lyrisme crépusculaire qui rappelle certaines formations océaniennes emblématiques des années 80 (The Church, The Triffids, Died Pretty). Comme beaucoup des artistes estampillés « college rock » qui se sont illustrés à cette époque, The Golden Rail s’aventure parfois jusqu’aux frontières du mainstream (« I Will Be Your Ghost », « Saw You Go »), mais son savoir-faire et son intégrité en font d’abord un vrai grand groupe de pop-rock alternatif, au sens le plus noble du terme.

***1/2


The Maine: « You Are OK »

6 avril 2019

Près de deux ans après son très acclamé Lovely Little Lonely, le quintette tout droit venu d’Arizona est de retour avec un You Are OK, décliné sur son propre label. Ce septième opus lance les hostilités avec une ballade rock, un « Slip The Noose » aux riffs de guitare caractéritiques du combo. De quoi rassurer les fans quant à la patte particulière du groupe et d’embrayer sur un « Heaven, We’re Already Here » où l’accent sera mis sur les talents de parolier du leader et de sa voix sur le titre suivant « Forevermore ».

« Broken Parts » sera l’un de ces morceaux terriblement accrocheurs sur lesquels on n’a aucun mal à n’imaginer reprendre le chorus tout comme un « Numb Without You » qui devrait donner sa dimension la plus épique en concert.

Le très nostalgique « Flowers On The Grave » clôturera ce You Are OK sur cette sensation sensation qu’une boucle est bouclée. Véritable hymne à l’introspection et à la positivité, il résume en effet très bien les neuf titres qui le précèdent.

Ce qui est frappant dans cet opus est la vibe très emo qui a fait les premiers succès des musiciens. Couplée à la maturité qu’annocent sept albums et dix ans de carrière ainsi que des paroles très poétiques et pleines de sens quirencontrent des sonorités plus actuelles, simples mais efficaces on suit réellementun fil conducteur qui rend l’ensemble cohérent.

The Maine n’hésitent pas à sortir de leur zone de confort et à prendre des risques et c’est tant mieux.

***1/2


Demob Happy: « Holy Doom »

11 février 2019

Devenu trio après leur premier album, les Anglais de Demob Happy balancent à travers leurs onze nouveaux titres un tas de bonnes mélodies chargées d’histoire puisqu’ils nous proposent une sorte de synthèse du rock depuis 60 ans ! Des lignes de chant ultra pop (ils sont fans des Beatles, non ?), des gimmicks psychédéliques, des relances bien rock, des élans frénétiques punks, un son granuleux plutôt désertique, une distorsion fuzz bien calibrée (ils sont fans des Queens of the Stone Age et c’est assumé) et une production serrée pour lier le tout et faire en sorte que ce son un peu sale passe très bien.

Amalgame de trop de choses pour être facilement décrit, il faut écouterle combo pour se faire son idée : les « ingles » « Be your man » » et « Loosen it », tâter du « Fake Satan » (pour la mélodie), du « Spinning out » (pour l’énergie) ou « I wanna leave (alive) » (pour les sonorités) et si tu crois avoir compris où les natifs de Newcastle voulaient en venir.Ne restera, enfin, qu’à écouter « Fresh outta luck » (ou « Holy doom ») pour se rendre qu’il va falloir aborder l’opus dans son ensemble tant il est disparate, tout en étant cohérent.

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