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The Goden Rail: « Sometimes When »

Partenaires depuis une bonne trentaine d’années au sein de diverses entités de la scène indie-rock australienne (The Palisades, Summer Suns, The Rainyard ou plus récemment The Jangle Band), c’est sous le nom de The Golden Rail que Ian Freeman (voix, guitare) et Jeff Baker (guitare) partagent désormais leur passion pour la power-pop et le folk-rock californien.

La nouvelle aventure commune de ces deux musiciens vétérans, épaulés par Dave Chadwick (basse) et Saki Garth (batterie), a débuté il y a deux ans avec l’albumb Electric Tales From Nowhere trouve ici son rythme de croisière avec opus dont les contours plus rock se sont précisés au fil des nombreuses prestations scéniques du groupe. Là où leur premier essai, en dépit de ses évidentes qualités, semblait encore chercher à se frayer un chemin entre passé et présent, Sometimes When est assurément l’oeuvre d’un groupe qui a trouvé sa propre voie et qui atteint une forme de plénitude (« Just Fell In Love »).

Sous la direction de Nick Batterham (Blindside, The Earthmen), véritable cinquième membre de The Golden Rail, qui a enregistré, produit et mixé le disque dans son studio de Melbourne, Freeman, Baker et leurs comparses ont su élargir leur gamme sans chercher à moderniser leur musique de façon artificielle. « Shine Patiently », le « single » « Don’t Let Go Of The Light » ou encore « Regent Street » sont ainsi de vrais modèles d’évidence pop magnifiés par les chœurs radieux d’Erica Menting, « You Keep Me From Blue », avec ses claviers acidulés évoqueront de leur côté les formidables cousins néo-zélandais de The Chills.

D’autres morceaux à l’ambiance plus « laid back », tels que « Life Is A Dogbox » et « You Wear The Crown », sont quant à eux imprégnés d’un lyrisme crépusculaire qui rappelle certaines formations océaniennes emblématiques des années 80 (The Church, The Triffids, Died Pretty). Comme beaucoup des artistes estampillés « college rock » qui se sont illustrés à cette époque, The Golden Rail s’aventure parfois jusqu’aux frontières du mainstream (« I Will Be Your Ghost », « Saw You Go »), mais son savoir-faire et son intégrité en font d’abord un vrai grand groupe de pop-rock alternatif, au sens le plus noble du terme.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Maine: « You Are OK »

Près de deux ans après son très acclamé Lovely Little Lonely, le quintette tout droit venu d’Arizona est de retour avec un You Are OK, décliné sur son propre label. Ce septième opus lance les hostilités avec une ballade rock, un « Slip The Noose » aux riffs de guitare caractéritiques du combo. De quoi rassurer les fans quant à la patte particulière du groupe et d’embrayer sur un « Heaven, We’re Already Here » où l’accent sera mis sur les talents de parolier du leader et de sa voix sur le titre suivant « Forevermore ».

« Broken Parts » sera l’un de ces morceaux terriblement accrocheurs sur lesquels on n’a aucun mal à n’imaginer reprendre le chorus tout comme un « Numb Without You » qui devrait donner sa dimension la plus épique en concert.

Le très nostalgique « Flowers On The Grave » clôturera ce You Are OK sur cette sensation sensation qu’une boucle est bouclée. Véritable hymne à l’introspection et à la positivité, il résume en effet très bien les neuf titres qui le précèdent.

Ce qui est frappant dans cet opus est la vibe très emo qui a fait les premiers succès des musiciens. Couplée à la maturité qu’annocent sept albums et dix ans de carrière ainsi que des paroles très poétiques et pleines de sens quirencontrent des sonorités plus actuelles, simples mais efficaces on suit réellementun fil conducteur qui rend l’ensemble cohérent.

The Maine n’hésitent pas à sortir de leur zone de confort et à prendre des risques et c’est tant mieux.

***1/2

6 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Demob Happy: « Holy Doom »

Devenu trio après leur premier album, les Anglais de Demob Happy balancent à travers leurs onze nouveaux titres un tas de bonnes mélodies chargées d’histoire puisqu’ils nous proposent une sorte de synthèse du rock depuis 60 ans ! Des lignes de chant ultra pop (ils sont fans des Beatles, non ?), des gimmicks psychédéliques, des relances bien rock, des élans frénétiques punks, un son granuleux plutôt désertique, une distorsion fuzz bien calibrée (ils sont fans des Queens of the Stone Age et c’est assumé) et une production serrée pour lier le tout et faire en sorte que ce son un peu sale passe très bien.

Amalgame de trop de choses pour être facilement décrit, il faut écouterle combo pour se faire son idée : les « ingles » « Be your man » » et « Loosen it », tâter du « Fake Satan » (pour la mélodie), du « Spinning out » (pour l’énergie) ou « I wanna leave (alive) » (pour les sonorités) et si tu crois avoir compris où les natifs de Newcastle voulaient en venir.Ne restera, enfin, qu’à écouter « Fresh outta luck » (ou « Holy doom ») pour se rendre qu’il va falloir aborder l’opus dans son ensemble tant il est disparate, tout en étant cohérent.

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11 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Rustin Man: « Drift Code »

Il aura fallu pas moins de dix-sept ans à Paul Webb, l’ancien bassiste de Talk Talk, pour, sous le nom de Rustin Man, nous offrir un deuxième album après l’excellent Out Of Season sorti en 2002 avec Beth Gibbons. Drift Code est excellent de bout en bout, ce qui ne surprend guère connaissant le talent du bonhomme. « Vanishing Heart » qui ouvre l’album fait beaucoup penser au Bowie dernière période tant musicalement qu’au niveau vocal. La manière de chanter de Webb évoquera d’aillurs ce dernier dans sa période jazzy sur «  Martian Garden » et surtout « All Summer », titre qui brille par la mélancolie séplcrale qui semble l’envelopper

Si Drift Code fait parfois penser à Bowie, il évoque encore davantage Robert Wyatt. Comme chez lui, Paul Webb est au-delà du rock ou du jazz, inventant un langage musical nouveau, loin des archétypes traditionnels. C’est ce qui donne toute sa force à ce Drift Code et le rend intemporel.

Nombre de titres de l’album pourraient avoir été enregistrés en 71 s’il n’y avait cette modernité dans la production. Cet amour de la musique permettra à Webb d’intégrer des éléments rock, jazz et d’autres encore qui rappellent la belle tradition du folk anglais.
L’album s’avère d’une grande cohérence. Il est impossible d’y détacher un titre plutôt qu’un autre tant cet album a été fait « à l’ancienne », à une époque où l’on se préoccupait davantage de sortir des œuvres qu’une compilation de singles. On sent à son écoute que chaque détail y a été pensé, comme pour ce court instrumental, « Euphonium Dream » qui pourrait n’être qu’une sorte d’interlude  succinct mais s’avère bien plus que cela. De « Vanishing Heart » à « All Summer », Drift Code sera, à cet égard, pensé et conçu comme un voyage. Celui-ci, enregistré dans l’Essex, aura un apaisant côté pastoral éloigné du tumulte des villes; excursion dont on aura peine à se défaire tant elle est une oasis de fraîcheur qui méritait qu’on patiente dix-sept ans pour l’avoir entre les oreilles.

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8 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Gentlemen Losers: « Make We Here Our Camp Of Winter »

La musique des frères Kuukka, Samu et Ville alias The Gentlemen Losers, invite à la rêverie, à l’abandon, au « lâcher prise », à ce qui va effleurer à la surface de notre intimité. Les Finlandais nous emmènent enfin de nouveau en voyage avec un quatrième album Make We Here Our Camp Of Winter composé au fil de l’été dernier, dans un chalet au bord d’un lac du sud de la Finlande..

On sent, à l’écoute, qu’ils ont, en effet, laissé l’inspiration dériver à son gré, sans destination prédéterminée, au contraire de leur Permanently Midnight qui leur avait pris des années. Peut-être est-ce, d’ailleurs, cette longue gestation initiale qui permet aujourd’hui à leur, et notre, imagination de faire le reste.

Ces huit nouvelles compositions de The Gentleman Losers n’ont, ici, que faire des limites. Ce faisant, elles s’affranchissent des limites, transgressent les frontières et s’immiscent dans les pensées. Les mélodies flottantes bercent l’auditeur, pour peu qu’il accepte d’oublier son environnement, son quotidien, sa pudeur chétive. Un motif de guitare ondulant se reflète dans un miroir de glace de synthétiseurs analogiques, une ligne de basse vibrante se mêle à un beat électronique hypnotique. Mélangeant des équipements vintage à une production moderne, le duo parvient à jouer ainsi sur les ambiances, les éléments se faisant doucereux ou glaciaux. On entend aussi une voix sur « Fish Roam In Winter Water », mais ces mots égrenés de façon mécanique incitent vite à s’éloigner de l’humanité. Petits sommets de cet album qui offre un paysage de douces collines, « Kingdom Of The Wind » est une petite merveille digne de Labradford, alors que « Book Of Leaves » évoquera Lanterna ou Scenic, au comble de la tourmente.

Il y a bien peu de chance que la musique de The Gentleman Losers se fasse entendre dans le tumulte général. Pourtant, elle a indéniablement des vertus méditatives et, en même temps, vertigineuses qui pourraient nous ramener à ce discernement qui est aussi porteur d’exaltation.

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28 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sharon Van Etten: « Remind Me Tomorrow »

Depuis 10 ans l’auteure-compositrice-interprète Sharon Van Etten s’efforce constamment de peaufiner son art. Après deux premiers albums assez anonymes, mais appréciés de la critique (Because I Was in Love et Epic), l’Américaine nous gratifiait de l’excellent Tramp (2012), un disque aux allures folk rock, réalisé par Bryce Dessner (The National). Ce sera avec l’émouvant Are We There en 2014 que Van Etten confirmera son talent avant, aujourd’hui, de lancer son cinquième album studio :Remind Me Tomorrow.

Il s’agit d’une création écrite et composée pendant qu’elle était enceinte de son premier enfant ce qui lui fait prendre en compte son rôle de femme, mère, actrice et chanteuse et assumer toutes les passions inhérentes. Dotée, en outre, d’un diplôme de psychologie, Van Etten n’a pas souhaité chapeauter sa réalisation mais déléguer le travail à une oreille extérieure qui pourrait lui faire modifier son modus operandi. Elle a donc remis la réalisation entre les mains du réputé musicien, producteur et ingénieur de son, John Congleton (St. Vincent, Swans, Angel Olsen) et a également confié les versions démos de ses nouvelles chansons à Congleton pour, qu’ensemble, ils puissent retravailler les arrangements et, de manière à faciliter cette démarche inédite pour elle, aucune partie de guitare be serait au programme.

Après avoir écouté les créations référentielles des formations Suicide et Portishead, ainsi que Skeleton Tree de Nick Cave, Van Etten a plongé corps et âme dans un univers en toc, aux ascendants parfois gothiques… et ce changement de paradigme est totalement réussi. Orgue, piano, synthés, harmonium passé dans le tordeur de la distorsion, boîtes à rythmes, tout sur ce disque est synthétique, et pourtant, l’émotion est au rendez-vous. Qui plus est, il n’y a aucun racolage et aucune chanson faisant office de remplissage, malgré la facture légèrement plus pop qui distingue cette production.

Parmi les bons coups ? L’électro-pop « Comeback Kid, » la poignante « Jupiter 4 », le plus Springsteen que Springsteen « Seventeen », les synthés dissonants dans « Hands », l’orgue dans « Your Shadow » ainsi que la conclusive « Stay ».Malgré unei ntroduction moins saisissante (« I Told You Everything », « No One’s Easy to Love » et « Memorial Day) », le disque prendra sérieusement son envol à partir de « Comeback Kid » pour ne plus redescendre.

Si Are We There plébiscitait Sharon Van Etten comme interprète hors pair,  Remind Me Tomorrow confirm, qu’en étant capable de se remettre en question et de se transformer avec autant de pertinence, sa carrière est devant elle, peut-être même la carrière d’une grande artiste en devenir.

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19 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Myra Folick: « Premonitions »

Les premiers EPs de Miya Folick ont fait de cette jeune auteure-compositrice californienne un des possibles relèves de la pourtant toujours relativement jeune scène Folk-Rock américaine, quelque part entre Angel Olsen et Sharon Van Etten. Plus rock et rageuse que ses aînées (voir son « Trouble Adjusting ») elle a toujours eu les yeux rivés vers l’avenir et une terrible envie d’indépendance. Voici chose faite avec ce premier album.

« Premonitions », c’est un peu le virage Pop de Miya Folick avant l’heure, mais dans le bon sens du terme. Co-produit avec Justin Raisen (Sky Ferreira, Charli XCX, Santigold et… Angel Olsen) son disque bénéficie de l’expérience effectivement plus pop du premier de ses collaborateurs, mais sans sacrifier pour autant ses compositions sur l’autel du succès auquel elle a d’ailleurs furtivement goûté en voyant l’une de ses chansons, « Talking With Strangers », utilisée dans la série de Netflix 13 Reasons Why.

Plus ample, plus aventureux, ce premier album a au moins l’avantage de répondre à l’exigence des attentes suscitées par ses débuts, et notamment la chanson-titre. Du coup son univers se rapproche aujourd’hui beaucoup plus de celui de la jeune britannique Pixx, en mêlant claviers et guitares, pop et rock certes, mais en observant aussi le monde de son œil d’artiste.

Beaucoup de morceaux traitent plus ou moins directement de l’image que l’on renvoie à soi-même et au monde, des chansons d’amour et de confiance en soi particulièrement bien écrites, notamment « Stock Image » et le tubesque « What We’ve Made » avec son envoûtant refrain aux sonorités 80’s. Miya Folick semble très à l’aise lorsqu’il s’agit de naviguer entre joie et tristesse. Il y a notamment un côté le très enjoué « Leave The Party » dont l’approche rythmique oscille entre la Soul music et les compositions aux rythmiques élaborées de David Byrne et St. Vincent, puis le léger et très 80’s « Stop Talking », et de l’autre le noir et absolument imparable « Deadbody ».

Miya Folick devrait parvenir à séduire sans mal grâce à la variété et l’originalité de ses compositions à condition qu’elle ne tombe pas dans la facilité, surtout lorsqu’elle explore des contrées plus pop.

***1/2

2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Cloud Nothings: « Life Without Sounds »

Moins de 2 ans après Life Without Sound, Cloud Nothings reviennent pour un album sauvage, toutes griffes dehors. Dylan Baldi, le chanteur guitariste délivre une performance déchaînée, et ne peut contenir ses rugissements, même dans un titre mid-tempo comme « So Right So Clean ».

Les guitaristes sont tout aussi frénétiques et lacèrent furieusement leurs instruments. La section rythmique est fébrile, excessive, délivrant des coups de pattes rageurs. Ces 8 titres se dévorent d’une bouchée. Le long break instrumental de Dissolution reste tendu comme un fauve à l’affût, jusqu’à l’attaque finale. Si ce type de plan est une spécialité bien connue de nos originaires de Cleveland, ils n’hésitent pas à pousser la bête dans ses retranchements. Avec Last Building Burning, Cloud Nothings se taillent la part du lion.

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7 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Spain: « Mandala Brush »

Après un The Soul of Spain partagé entre hymnes électriques et ballades plus introspectives, et la mélancolie alt-country de Carolina, c’est du côté de la mystique et du psychédélisme que vient fureter cette nouvelle réussite du groupe de Josh Haden, fidèle à son titre et au fameux symbole bouddhiste de l’univers, le mandala, qui orne sa pochette.

Une spiritualité que le groupe n’a jamais reniée depuis les spirituals affligés et feutrés de son chef-d’œuvre inaugural The Blue Moods of Spain, et qui n’hésite pas ici à célébrer le retour du Seigneur pour tester nos nations corrompues au son d’une americana aux cuivres mariachi (« The Coming of the Lord »). Entre deux bijoux d’alt-country chorale faisant la part belle aux backing vocals de ses sœurs Petra et Tanya (« You Bring Me Up » et son coda gospel, ou le sublime « Laurel, Clementine »), un classique instantané de folk jazzy aux émotions à fleur de peau (« Folkestone, Kent) » et un hymne plus pop et dispensable (« Sugkarane »), on pourrait croire sur le papier que Spain est rentré dans le rang, se reposant élégamment sur ses lauriers comme au tournant des années 2000, avec des chansons certes plus inspirées qu’à cette période de transition avant séparation mais sans audace ni prise de risque. Il n’en est rien.

On entend en effet sur ce nouvel opus des jams folk-rock opiacés aux allures de western halluciné (« Maya in the Summer »), du pur rock psyché versant atmosphérique élevé à Can et au Pink Floyd des origines (« [Rooster † Cogburn] ») et son incandescent final guitare/orgue/batterie) ou encore une complainte acoustique au fingerpicking délicat où l’accordéon lancinant de Mike Bolger et les cordes poignantes des deux sœurs font merveille (« Holly »). Autant de morceaux qui trouvent leur place dans le grand tout de ce Mandala Brush avec une sorte d’harmonieuse asymétrie déjouant la perfection annoncée par la géométrie du mandala, une figure qui semble ici dédiée à la féminité et plus largement à la vie, comme en témoigne en son centre le symbole de Vénus.

Mais la pièce maîtresse de ce nouvel opus est autrement plus surprenante encore. Du haut de ses 15 minutes mystiques et sinueuses, « God Is Love » fait fi de la voix suave de l’Américain pour laisser place aux circonvolutions d’une flûte orientale, le mizmar, et au violon nébuleux de Petra Haden sur fond de batterie tantôt chamanique ou carrément free jazz, de basse tâtonnante et de guitare acoustique méditative.

De son ouverture arabisante à son final aux chœurs opératiques et aux vents habités, ce titre évoque dans l’esprit le meilleur de Everything Sacred première sortie du trio Yorkston/Thorne/Khan, et pourrait être le chef-d’œuvre du disque, si ce n’était pour son final « Amorphous, » sans doute l’errance folk-jazz la plus confondante et abstraite à la fois entendue depuis la grande époque de Tim Buckley. Ce coup-ci, les vocalises plaintives de Josh, capiteuses et tourmentées, sont pour beaucoup dans le désespoir que véhicule ce titre percussif et psychotrope à souhait, comme sur le plus cadré mais tout aussi libertaire et hypnotique Tangerine, au crescendo foisonnant digne de Van Morrison.

On l’aura compris, depuis sa reformation en 2007, le groupe californien n’en finit plus de se réinventer tout en restant fidèle à ses thématiques de prédilection et à un songwriting racé aux sentiments exacerbés… l’équilibre des plus grands.

****1/2

 

10 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Slothrust: « The Pact »

Slothrust est un trio bostonien dont The Pact est le quatrième album. Il génère un certain intérêt dans ladite scène locale mais ce nouvel opus s’éloigne d’un certain académisme « alternatif » pour regarder un peu ce qui se passe ailleurs. Cela consistera en un soupçon de tonalités synthétiques visant à les distinguer des « guitar bands » façon Pixies à qui ils étaient immanquablement comparés de par leur proximité géographique.

Ce sont sur des titres comme « Double Down » ou « Some Kind of Cowgirl » qu’une telle évolution se profilera mais le combo n’oubliera pas non plus d’amorcer un virage vers la pop avec « Peach » et « Birthday Cake ».

L’instrumentation demeure toujours basique, permettant ce rendu explosif sur lequel on peut toujours fonder espoir hormis quand le combo décide se s’aventurer vers d’autres horizons plus jazzy et étayés par les cuivres de « For Robin ».

On saluera l’effort de rénovation qui parvient à mêler énergie et introspection (le solo acoustique sur « The Haunting ») ; The Pact,démontrera alors ainsi qu’il n’est pas si malaisé que ça de s’affranchir d’un style.

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25 octobre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire