No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Albrecht La’Brooy: « Healesville »

Ce nouvel album Albrecht La’Brooy capture les sons de l’été enregistrés à Healesville près de Melbourne. Son contenu improvisé pour deux pianos est agrémenté de chants d’oiseaux et de carillons à vents. On y entendra des conversations bucoliques et des atmosphères apaisées et bienheueuses.

Healesville est un disque d’une fluidité absolue avec des claviers et des guitares prenant alternativement la sirection des opérations avec des samples pastoraux fournissant un accompagnement rupestre détendu. L’étrangeté réside dans le fait que celui-ci est nourri d’électronique, un peu comme si on écoutait le récit de vacances d’un autre que nous. En décaoule un esprit d’espace qui ne nous concerne pas et qu’on pourrait ailleurs, dans un bureau, un tain ou un avion ; partout sauf dans une étendue campagnarde non touchée par la modernité.

Les gratte-ciels sont, ainsi ici, transformés en persepectives verdoyantes où se mêlent sons de machineries légères lignes de synthétiseurs ; une vague nostalgie minimaliste se dégagera d’un climat où on discernera de lointains échos de surf et des claviers hantés dans de vastes chambres vides où un ensemble comme Grouper y trouverait logis.

***1/2

30 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hilang Child: « Years »

Hilang Child fait parti de ces nouveaux noms à retenir dans la scène indépendante. L’artiste, mi-indonésien mi-gallois, a, indubitablement, de quoi faire parler de lui avec un univers musical qui laisse pantois sur son premier album intitulé Years.

De son vrai nom Ed Riman, il nous offre un parfait condensé de pop baroque et de post-rock aérien pour un résultat bluffant. Imaginez un peu une fusion entre Sigur Ros et Fleet Foxes et bien vous obtiendrez des morceaux aux incroyables arrangements. On peut citer le titre d’introduction nommé « I Wrote A Letter Home » avec ses envolées vocales et lyriques ou bien même des sonorités dignes d’Imogen Heap sur le titre suivant « Growing Things » comme quoi le bonhomme n’a pas froid aux yeux.

C’est avec des chœurs célestes, des ambiances atmosphériques et des refrains envoûtants qu’Hilang Child tire son épingle du jeu. Que ce soit à l’écoute des perles comme « Boy », « Rot » ou bien de « Oh, We’re Getting Along » ou des moments bluffants comme la cascade de synthés sur « Starlight, Tender Blue » et le crescendo instrumental de « Endless String », Years regorge d’innombrables trouvailles inventives qui nous font frissonner. Et il est clair que le musicien a tout appris de ses influences en plus de Beach Boys qui plane tout au long avec le sublime « Crow » et met la barre déjà haute pour ce premier disque constant et homogène qui brille par sa beauté cristalline.

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13 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Wand: « Laughing Matter »

Laughing Matter est le cinquième album de ce groupe plutôt prolifique (cinq albums depuis 2013), qui à commencé en officiant dans la mouvance du rock garage. Rien à voir ici ou presque avec les début donc, et une simple écoute le confirmera. L’album, malgré quelques moments de bravoures gavé de distorstion, fait la belle part à une musique presque pop, rafraîchissante, aux accents digne de Radiohead, parfois. Ici et là, un violon introductif, ou encore une chanson uniquement en guitare sèche.

Un opus qui est un bonheur à écouter, avec un diamant comme « Airplane » ou la voix de Cory Hanson, touchante de sensibilité et transpirant l’émotion. Un bel ajout à une discographie déjà conséquente.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Mike Pace and The Child Actors: « Smooth Sailing »

En 2015, Mike Pace avait publié son album Best Boy qui fut un cocktail de « feelgood pop ». Depuis, l’auteur-compositeur-interprète new-yorkais a tracé sa route avec d’autres sorties et, cette fois-ci, il revient avec son groupe The Child Actors et un nouvel album intitulé Smooth Sailing.

Pour cet opus, Mike Pace and The Child Actors a décidé d’entreprendre un virage musical plutôt intéressant. On y croisera l’ombre de Todd Rundgren et des influences rock progressif digne des années 1970 à l’image du titre d’ouverture intitulé « Everyone Out Of The Car » qui a de quoi faire penser à The Psychedelic Furs mais également « Senior Statesman » et « Escape The Noise ».

Le groupe new-yorkais nous embarque dans un univers psychédélique bien cotonneux et avec classe et distinction. Que ce soit sur la synthpop de « Service Merchandise » qui nous transporte vers la prochaine décennie ou des plus traditionnels « Troubleshooting » et « Business In Bermuda », Mike Pace and The Child Actors nous embarque dans un voyage vers le passé sans tomber dans le suranné. Avec un Smooth Sailing qui porte bien son nom, les années 1970 n’ont jamais sonné aussi actuelle.

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12 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Waterboys: « Where The Action Is »

Les Waterboys sont des oubliés mais cela ne les empêche pas d’être de retour. Temps aidant, Where The Action Is suscite souvenirs flous d’autant plus que le première écoute est enlevée, voire fougueuse. La chanson-titre riffe de façon alerte et « London Mick » pourrait même être qualifiée de débridée.

La surprise est belle; tant le groupe semblait avaoir réccroché ses crampons. Mike Scott et ses acolytes dans une forme optimale. S’ils baissent la garde avec « Out of all this Blue », la trame demeure toujours aussi veloutée et « Right Sde of Heartbreak (Wrong Side of Love) » affiche une touche funky et déliée de plus bel aloi renda,nt le combo ancore plus crédible en termes de musicalité et de nerf à l’exemple de « In my Time on Earth ».

Ensuite le propos va s’assagir sensiblement ; « Ladroke Grove Symphony » ne fait pas mentir son titre en matière de mélodicisme et « Take me where I will Follow » imposera des abords mêlant vocaux à la limite du hip-hop, coolitude électro et vocaux de choix. Le rendu est hybride et plaisant. Il surprend un peu, mais passe le cap.

Celui-ci est maintenu avec la soul feutrée mais racée de « And There’s Love » ou la pop élégante sur « Then She Made The Lasses O (Mash) » ouù les voix se mêlent et les sons cuivrés font leur effet. Le final, « Piper at the Gates of Dawn », lui, n’aura rien à voir avec le chef d’oeuvre du Pink Floyd période Syd Barrett mais poursuivra une trame narrative, sensible en clair-obscur.

The Waterboys abordent ce nouvel opus avec allant pour ensuite lever le pied ; ils n’en demeurent pas moins qu’ils sont encore pertinents et capables d’insuffler un peu d’action là où ils se situent aujourd’hui.

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8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Goden Rail: « Sometimes When »

Partenaires depuis une bonne trentaine d’années au sein de diverses entités de la scène indie-rock australienne (The Palisades, Summer Suns, The Rainyard ou plus récemment The Jangle Band), c’est sous le nom de The Golden Rail que Ian Freeman (voix, guitare) et Jeff Baker (guitare) partagent désormais leur passion pour la power-pop et le folk-rock californien.

La nouvelle aventure commune de ces deux musiciens vétérans, épaulés par Dave Chadwick (basse) et Saki Garth (batterie), a débuté il y a deux ans avec l’albumb Electric Tales From Nowhere trouve ici son rythme de croisière avec opus dont les contours plus rock se sont précisés au fil des nombreuses prestations scéniques du groupe. Là où leur premier essai, en dépit de ses évidentes qualités, semblait encore chercher à se frayer un chemin entre passé et présent, Sometimes When est assurément l’oeuvre d’un groupe qui a trouvé sa propre voie et qui atteint une forme de plénitude (« Just Fell In Love »).

Sous la direction de Nick Batterham (Blindside, The Earthmen), véritable cinquième membre de The Golden Rail, qui a enregistré, produit et mixé le disque dans son studio de Melbourne, Freeman, Baker et leurs comparses ont su élargir leur gamme sans chercher à moderniser leur musique de façon artificielle. « Shine Patiently », le « single » « Don’t Let Go Of The Light » ou encore « Regent Street » sont ainsi de vrais modèles d’évidence pop magnifiés par les chœurs radieux d’Erica Menting, « You Keep Me From Blue », avec ses claviers acidulés évoqueront de leur côté les formidables cousins néo-zélandais de The Chills.

D’autres morceaux à l’ambiance plus « laid back », tels que « Life Is A Dogbox » et « You Wear The Crown », sont quant à eux imprégnés d’un lyrisme crépusculaire qui rappelle certaines formations océaniennes emblématiques des années 80 (The Church, The Triffids, Died Pretty). Comme beaucoup des artistes estampillés « college rock » qui se sont illustrés à cette époque, The Golden Rail s’aventure parfois jusqu’aux frontières du mainstream (« I Will Be Your Ghost », « Saw You Go »), mais son savoir-faire et son intégrité en font d’abord un vrai grand groupe de pop-rock alternatif, au sens le plus noble du terme.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Maine: « You Are OK »

Près de deux ans après son très acclamé Lovely Little Lonely, le quintette tout droit venu d’Arizona est de retour avec un You Are OK, décliné sur son propre label. Ce septième opus lance les hostilités avec une ballade rock, un « Slip The Noose » aux riffs de guitare caractéritiques du combo. De quoi rassurer les fans quant à la patte particulière du groupe et d’embrayer sur un « Heaven, We’re Already Here » où l’accent sera mis sur les talents de parolier du leader et de sa voix sur le titre suivant « Forevermore ».

« Broken Parts » sera l’un de ces morceaux terriblement accrocheurs sur lesquels on n’a aucun mal à n’imaginer reprendre le chorus tout comme un « Numb Without You » qui devrait donner sa dimension la plus épique en concert.

Le très nostalgique « Flowers On The Grave » clôturera ce You Are OK sur cette sensation sensation qu’une boucle est bouclée. Véritable hymne à l’introspection et à la positivité, il résume en effet très bien les neuf titres qui le précèdent.

Ce qui est frappant dans cet opus est la vibe très emo qui a fait les premiers succès des musiciens. Couplée à la maturité qu’annocent sept albums et dix ans de carrière ainsi que des paroles très poétiques et pleines de sens quirencontrent des sonorités plus actuelles, simples mais efficaces on suit réellementun fil conducteur qui rend l’ensemble cohérent.

The Maine n’hésitent pas à sortir de leur zone de confort et à prendre des risques et c’est tant mieux.

***1/2

6 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Demob Happy: « Holy Doom »

Devenu trio après leur premier album, les Anglais de Demob Happy balancent à travers leurs onze nouveaux titres un tas de bonnes mélodies chargées d’histoire puisqu’ils nous proposent une sorte de synthèse du rock depuis 60 ans ! Des lignes de chant ultra pop (ils sont fans des Beatles, non ?), des gimmicks psychédéliques, des relances bien rock, des élans frénétiques punks, un son granuleux plutôt désertique, une distorsion fuzz bien calibrée (ils sont fans des Queens of the Stone Age et c’est assumé) et une production serrée pour lier le tout et faire en sorte que ce son un peu sale passe très bien.

Amalgame de trop de choses pour être facilement décrit, il faut écouterle combo pour se faire son idée : les « ingles » « Be your man » » et « Loosen it », tâter du « Fake Satan » (pour la mélodie), du « Spinning out » (pour l’énergie) ou « I wanna leave (alive) » (pour les sonorités) et si tu crois avoir compris où les natifs de Newcastle voulaient en venir.Ne restera, enfin, qu’à écouter « Fresh outta luck » (ou « Holy doom ») pour se rendre qu’il va falloir aborder l’opus dans son ensemble tant il est disparate, tout en étant cohérent.

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11 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Rustin Man: « Drift Code »

Il aura fallu pas moins de dix-sept ans à Paul Webb, l’ancien bassiste de Talk Talk, pour, sous le nom de Rustin Man, nous offrir un deuxième album après l’excellent Out Of Season sorti en 2002 avec Beth Gibbons. Drift Code est excellent de bout en bout, ce qui ne surprend guère connaissant le talent du bonhomme. « Vanishing Heart » qui ouvre l’album fait beaucoup penser au Bowie dernière période tant musicalement qu’au niveau vocal. La manière de chanter de Webb évoquera d’aillurs ce dernier dans sa période jazzy sur «  Martian Garden » et surtout « All Summer », titre qui brille par la mélancolie séplcrale qui semble l’envelopper

Si Drift Code fait parfois penser à Bowie, il évoque encore davantage Robert Wyatt. Comme chez lui, Paul Webb est au-delà du rock ou du jazz, inventant un langage musical nouveau, loin des archétypes traditionnels. C’est ce qui donne toute sa force à ce Drift Code et le rend intemporel.

Nombre de titres de l’album pourraient avoir été enregistrés en 71 s’il n’y avait cette modernité dans la production. Cet amour de la musique permettra à Webb d’intégrer des éléments rock, jazz et d’autres encore qui rappellent la belle tradition du folk anglais.
L’album s’avère d’une grande cohérence. Il est impossible d’y détacher un titre plutôt qu’un autre tant cet album a été fait « à l’ancienne », à une époque où l’on se préoccupait davantage de sortir des œuvres qu’une compilation de singles. On sent à son écoute que chaque détail y a été pensé, comme pour ce court instrumental, « Euphonium Dream » qui pourrait n’être qu’une sorte d’interlude  succinct mais s’avère bien plus que cela. De « Vanishing Heart » à « All Summer », Drift Code sera, à cet égard, pensé et conçu comme un voyage. Celui-ci, enregistré dans l’Essex, aura un apaisant côté pastoral éloigné du tumulte des villes; excursion dont on aura peine à se défaire tant elle est une oasis de fraîcheur qui méritait qu’on patiente dix-sept ans pour l’avoir entre les oreilles.

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8 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Gentlemen Losers: « Make We Here Our Camp Of Winter »

La musique des frères Kuukka, Samu et Ville alias The Gentlemen Losers, invite à la rêverie, à l’abandon, au « lâcher prise », à ce qui va effleurer à la surface de notre intimité. Les Finlandais nous emmènent enfin de nouveau en voyage avec un quatrième album Make We Here Our Camp Of Winter composé au fil de l’été dernier, dans un chalet au bord d’un lac du sud de la Finlande..

On sent, à l’écoute, qu’ils ont, en effet, laissé l’inspiration dériver à son gré, sans destination prédéterminée, au contraire de leur Permanently Midnight qui leur avait pris des années. Peut-être est-ce, d’ailleurs, cette longue gestation initiale qui permet aujourd’hui à leur, et notre, imagination de faire le reste.

Ces huit nouvelles compositions de The Gentleman Losers n’ont, ici, que faire des limites. Ce faisant, elles s’affranchissent des limites, transgressent les frontières et s’immiscent dans les pensées. Les mélodies flottantes bercent l’auditeur, pour peu qu’il accepte d’oublier son environnement, son quotidien, sa pudeur chétive. Un motif de guitare ondulant se reflète dans un miroir de glace de synthétiseurs analogiques, une ligne de basse vibrante se mêle à un beat électronique hypnotique. Mélangeant des équipements vintage à une production moderne, le duo parvient à jouer ainsi sur les ambiances, les éléments se faisant doucereux ou glaciaux. On entend aussi une voix sur « Fish Roam In Winter Water », mais ces mots égrenés de façon mécanique incitent vite à s’éloigner de l’humanité. Petits sommets de cet album qui offre un paysage de douces collines, « Kingdom Of The Wind » est une petite merveille digne de Labradford, alors que « Book Of Leaves » évoquera Lanterna ou Scenic, au comble de la tourmente.

Il y a bien peu de chance que la musique de The Gentleman Losers se fasse entendre dans le tumulte général. Pourtant, elle a indéniablement des vertus méditatives et, en même temps, vertigineuses qui pourraient nous ramener à ce discernement qui est aussi porteur d’exaltation.

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28 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire