Danko Jones: « A Rock Supreme »

Dixième album du trio, A Rock Supreme  est doté d’une pochette réussie et est un bon album de rock’n’roll. Avec ce qu’il faut de guitare et un basse/batterie toujours impeccable. La base rythmique empruntée à AC/DC (« I‘m in a Band », « We’re Crazy » » et les hommages sous-entendus à Kiss et à Motörhead ne sont pas réduits à peau de chagrin. Non, de ce côté-là, pas de soucis.

Le problème est que Danko Jones a du mal à renouveler des riffs déjà entendus maintes et maintes fois dans ses précédentes productions, et quand le chanteur explore de nouveaux horizons vocaux(« Dance Dance Dance », « Fists up High), il nous rappelle qu’il n’est pas Caruso. Si bien qu’après plusieurs écoutes, ce sont les titres inspirés de ses meilleurs brûlots des disques précédents qui font mouche « I’m in a Band », « That Girl »). En fait, le Jones qu’on apprécie en général est celui au ton monochorde (« Burn in Hell ») qui va vous prendre prend aux tripes.

A Rock Supreme est un opus entraînant et rythmé, fait par ou pour les passionnés de rock qui tabasse et qui sent la sueur. Une recette n’est modifiable que si elle est stérile; libre à chacun de décider si il préfère réécouter les premiers albums du bonhomme.

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This Gift Is A Curse: « A Throne Of Ash »

Avec This Gift Is A Curse, il y a toujours eu depuis leur première sortie cette sensation tenace d’assister et de se prendre en pleine gueule ce qui ressemblerait le plus à la fin du monde. Une ambiance chaotique de sol qui tremble, des murs qui se craquellent et une dimension qui se fissure. Une violence difficilement contrôlable même pour les musiciens composant cette entité et ce grain de folie… Cette folie atteignant un stade submergeant de quasi absurdité. Néo-libéralisme abrutissant, capitalisme outrageant, déchéance programmée, ignorance et sectarisme des masses. Les portes des enfers se sont ouvertes, ne reste plus qu’à contempler, les yeux opaques et vitreux, l’anéantissement du monde.

L’apocalypse ne descend pas du ciel et des étoiles mais des entrailles de la couche terrestre. A Throne Of Ash, c’est une main décharnée, voyez, qui attrape, serre et ne qui lâchera dorénavant pas son étreinte, ne serait-ce d’un ongle incarné. L’hystérie n’est pas présentée, elle habite déjà les foyers, elle prend une tournure grotesque, d’errance hagarde et d’êtres désarticulés gesticulants. C’est la démesure, totale, la perte des récepteurs cognitifs, l’abandon dans des cris plus inhumains les uns que les autres et un sentiment d’oppression qui ne quittera jamais l’écoute. Si on excepte le morceau introductif dont les martellements semblent ouvre un chemin sarcastique, le reste ne sera qu’une succession de violence aberrante, de distorsions, larsens et hurlements de ce chanteur fou aux yeux révulsés.

C’est le cahier des charges et toujours This Gift Is A Curse a su injecter des mélodies décharnées et insidieuses, des moments d’accalmies et de silences mesquins à la frontière de la contemplation rendant les explosions d’autant plus viscérales et macabres. Ces passages boueux lorgnent ouvertement et grassement du côté du sludge quand on ne part pas dans les chemins accidentés et dégueulasses du death industrial (Thomas Martin Ekelund du projet Trepaneringsritualen), ) et rendent l’ensemble plus funeste et mortifère mais toujours dans cette sorte de chaleur étouffante et surnaturelle.

Car on transpire à l’écoute de A Throne Of Ash, on ressent la matière se coller au visage dans un nuage de particules cendrées et vient juste l’envie pressante de plonger sa tête dans l’eau pour évacuer la couche qui s’est déposée. C’est sale, malsain tout en gardant cette énergie punk/hardcore chaotique, plus discrète, peut-être, dans ce magma black metal virulent qui cherche toujours à aller plus loin quitte à se répéter car sur A Throne Of Ash on ressentira plus une vague déferlante pétant genoux et nuques qu’on ne ressortira globalement un point d’acmé. Monotonie ? Nan ! Plutôt une décharge jusqu’au-boutiste sacrifiant ci et là passages atmosphériques et prises de risque pour arriver à ce parpaing aux contours ésotériques qui n’a qu’un seul et unique but : ravaler la putain de façade mais toujours avec cette senteur de cendres, de souffre et de sang coagulé au fond de la gorge.

Alors peut-être qu’on perd la diversité de l’opus précédent All Hail The Swinelord qui arrivait à briser les attentes et que le morceau final n’a pas la puissance (malgré la présence de Johannes Persson de Cult of Luna et ne provoque pas autant de remous que sur les précédents albums (pourtant une marque de fabrique des suédois)… Oui c’est vrai mais, bizarrement, A Throne Of Ash est ce qui se rapproche le plus de l’impression et de cette sensation aussi bien d’urgence, de brutalité intransigeante et de chaos ésotérique qui laisse groggy.

***1/2

Kaosis: « Hitech Lowlife »

Se définissant lui-e un mélange entre metal et industriel en passant par du dubstep, Kaosis est un jeune combo qui livre ici un premier opus sulfureux avec des guitares hachoirs, des rythmes martiaux, des samples efficaces et une jolie profusion d’éléments électroniques.

Côté références, on pense à Atari Teenage Riot ou Aphex Twin avec un son résolument plus actuel et métallique et, côté instrumental, à Senser, Asian Dun Foundation ou Dälek. Hitech Lowlife a été adoubé par Dino « Fear Factory » Cazares ; nul doute que pour les Néo-Zélandais cette reconnaissance lui permettra d’être plus connu hors de ses frontières, gépgraphiques ou autres.

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Of Mice & Men: « Earthandsky »

Depuis quelque temps, Of Mice & Men ne manque pas de jouer aux montagnes russes avec les fans. D’abord avec l’inquiétant départ d’Austin Carlile en 2016, très rapidement comblé par le bassiste et désormais actuel tête de proue. En effet, Aaron Pauley a su s’imposer comme un leader crédible et Earthandsky va ainsi s’ouvrir sur une excellente première note avec « Gravedancer », un titre très surprenant, très lourd et surtout marqué par l’utilisation d’un erhu (violon traditionnel chinois à deux cordes). L’instrument fait office de mélodie de base, et même de solo ce qui va s’avérer très impressionnant. Malheureusement cet effort ne sera pas pouruivi et le reste du disque n’aura plus cette orignalité et verra Of Mice & Men retourner à ses racines. Ce n’est, malgré tout, pas pour autant une mauvaise chose. En effet, le tout est extrêmement carré, maîtrisé et il est évident que l’ensemble trouvera sa place dans toute collection de disques du genre.

La particularité de cet album va se trouver dans un son très lourd, si ce n’est, peut-être, le pluschargé en décibels du groupe. Earthandsky est la fois très contrasté par des passages clairs mais aussi très intenses dont l’exemple le plus parlant en sera « Linger » ou « Mushroom Cloud” », deux titres qui naviguent avec aisance entre noirceur et lumière.

Le thème de l’album ne sera pas pas étranger à cette construction, d’ailleurs le disque a été décrit par Aaron Pauley comme le plus personnel, pour lui. Il y raconte ses démons, ses luttes et un certain sentiment d’autodestruction. Cela se manifestera dans la construction des titres mais aussi dans les paroles comme sur «  How To Survive ». L’ensemble justifie, à cet égard, parfaitement le nom qui a été donné à l’album ; la Terre et le Ciel, pour ceux qui s’intéressent à autre chose que le force brute et qui ont en tête un désir d’élévation.

***1/2

Kayo Dot: « Blasphemy »

Le caractère multicarte de Kayo Dot n’a échappé à personne. Tout avait commencé avec Maudlin Of The Veil sous le patronage d’influences doom/death déjà permissives, laissant s’installer des ambiances laiteuses et des éléments jazzy. Paru en 2003, Choirs Of The Eye, premier album de Kayo Dot, assumait ces velléités expérimentales et en ajoutait bien d’autres, avec une certaine démesure et, à l’arrivée, un accueil enthousiaste ô combien mérité. Le groupe traça ensuite un parcours prolifique, mais sinueux et diversement reçu par la critique, au gré d’envies musicales changeantes et de personnel remanié dans les grandes largeurs. Relancé par le massif double-album Hubardo (2013), qui marquait le retour en grâce de la saturation « metal » dans son arsenal, Kayo Dot en prit tout naturellement le contrepied quelques mois plus tard. Tournant objectif pour le groupe, Coffins On Io proposait un voyage saisissant à travers des panoramas rétro-futuristes hantés par l’esprit de Blade Runner. On exultait aussi d’y piocher des renvois à Pink Floyd et au vieux King Crimson. Alors que l’album suivant, Plastic House On Base Of Sky (2016), poussait la recherche synthétique sur des escarpements parfois difficiles d’accès, ce neuvième opus studio de Kayo Dot semble comme branché directement en sortie de Coffins On Io. Avec bien sûr des évolutions et des zones de rupture, l’immobilisme étant inconcevable.
Rapidement, pour finir de dérouler le CV, on n’oubliera pas de mentionner l’implication ponctuelle de Toby Driver au sein du fameux collectif Secret Chiefs 3, où il officie comme bassiste, ni surtout les albums pas vraiment solo parus sous son patronyme – le dernier en date, They Are The Shield (2018), étant une petite merveille.

Ce qui frappe sur Blasphemy, c’est la façon dont les morceaux sont à la fois éloignés et proches les uns des autres. Des objets issus d’un même corps céleste et partis dériver chacun dans une atmosphère différente. Cette impression naît de la présence récurrente d’une « brume » sonore à base de synthés analogiques et de filtres donnant aux guitares un grain translucide. Le procédé rappelle le bourdon en musique religieuse, en cela qu’il permet à la mélodie de vagabonder au fil de l’eau (l’allusion à l’élément liquide n’est jamais loin trouvant des accords heureux à l’oreille. On peut voir dans cette formule une entorse à la non-linéarité consubstantielle à Kayo Dot, et s’interroger sur une volonté de faire de cet album une sorte de muséographie de leur rock abstrait, reposant sur un noyau musical malléable mais délibérément homogène.


Comparés à ceux de Coffins On Io, dont ils perpétuent le sang-froid et la souplesse des trames instrumentales, les morceaux de Blasphemy se distinguent par une enveloppe de surréalisme portée sur l’éclairage naturel, par opposition au halo des néons – ce côté lunaire, presque lovecraftien, suggéré par la pochette. Comportant des passages plus obscurs, certains nerveux sans aller jusqu’à renouer avec les déflagrations zorniennes d’autrefois, ils proposent aussi une palette vocale nettement plus variée : il y a le Toby absorbé que l’on connaît, le Toby crooner apparu plus récemment, mais aussi un Toby chafouin, un Toby vocoder (ça surprend la première fois) et pour finir, sur le titre éponyme, des strophes scandées façon David Tibet. Un mot d’ailleurs sur les paroles, aux allures de quêtes dans des mondes imaginaires, tapies sous un épais manteau d’abstraction et de délire fiévreux. Elles méritent que l’on s’investisse dans le livret pendant l’écoute.
Avec Kayo Dot on ne sait jamais trop de quel côté va retomber la pièce. Que Blasphemy soit un album plaisant et riche n’est pas à proprement parler une surprise, mais un soulagement certain. Mieux, on a le sentiment que le moteur créatif tourne à plein régime et se bonifie à un rythme soutenu, pour des amalgames limpides entre l’expérimentation et la simplicité d’écoute. On ne sait si le meilleur est à venir, mais on frétille déjà de l’envie d’accompagner le groupe dans ses futurs possibles.

***1/2

Puppy: « The Goat »

Trio Londonien formé en 2014, Poppy dispose de beaucoup d’atmes pour plaire et son premier opus pourrait bien allumer la mèche du succès. The Goat est, en effet, un disque qui met en valeur les qualités intrinsèques d’un groupe qui a compris bien des choses et peut-être même déjà tout. Voix plaisante (mais qui pourrait paradoxalement en énerver plus d’un) dans un registre clair et envoûtant (« Poor me » et même « I Feel an Evil »)) refrains imbattables, riffs bien sentis, et aussi et surtout influences bien digérées ! Le mix presque parfait d’un Black Sabbath dans les accroches démoniaques, d’un best of de la scène grunge de Seattle du début des 90’s et de Weezer pour les refrains, le tout saupoudré comme il se doit de plans « modern rock » à la Alter Bridge.

Autant dire qu’on brasse large, mais, Comme tous les champions, le combo a décidé d’ouvrir son disque avec un morceau imparable et premier « single » de l’album. Plutôt malin de leur part. « Black Hole », car c’est ce fameux premier morceau, est un condensé de ce que le disque proposera de mieux pendant 43 minutes. Et pour ne pas relâcher la pression, « Vengeance » pulvérise ra les compteurs du riff puissant et des mélodies vocales attachantes.


La production est soignée, tout est calibré pour que ça marche, et bien entendu, ça marche ! C’est divertissant, enivrant et rafraîchissant, et clairement ça fait du bien. Refrains léchés (« Just Like You »), riffs entraînants (« And so I Burn » en guise d’hommage à Iron Maiden, et, comble du bonheur, on a la chance d’échapper à la sacro-sainte ballade inutile qui aurait pu être le seul défaut de ce disque sans défaut. Véritable machine à tubes, Puppy a été biberonné aux machines de guerre rock’n’roll et ne se garde pas de le faire savoir. Chaque instrument est délicieusement mis en valeur, et le combiné rock metal/pop song est savamment dosé. Du travail d’orfèvre.
Si ce combo n’est que « le groupe d’un seul album », il aura sacrément bien réussi son coup. Par contre, et on ne peut que l’espérer, si le trio persévère et nous propose dans un avenir relativement proche un deuxième album de la même trempe, ça risquera de faire date, et pas simplement que dans nos chaumières.

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Tool: « Fear Inoculum »

Avec un nouvel album après13 ans, il était certain que Tool se ferait comparer à d’autres désastres de la musique rock comme Chinese Democracy de Guns’N’Roses mais on pourrait également dire que Portishead a pris 11 ans pour Third et que Daft Punk en a mis huit avant la sortie de Random Access Memory. Comme quoi, on prend souvent pour acquis que les artistes doivent nous faire des albums. Alors que ce n’est pas rigoureusement vrai.

Tool est depuis des lustres la cible d’attaque. Certains les trouvent « too much » et de l’autre côté, les fans ne jurent que par eux. On lira donc des critiques qui se placeront aux deux extrêmes. La vérité, en toute humilité, est quelque part entre les deux. C’est résolument le moins bon album de Tool en carrière. Mais Tool, même à son pire, clenche aisément bien des créateurs. Parce qu’on peut rouler des yeux devant leur métal progressif, ça demeure de très bons musiciens qui savent composer.

Fear Inoculum est la suite logique de 10 000 Days. Les compositions continuent de s’allonger et la place est donnée à Adam Jones et Danny Carey pour respectivement ce qu’ils savent faire. On sent que l’investissement de Maynard James Keenan n’est pas le même qu’à une autre époque dans le processus complet de l’album. Par contre, il semble se fondre facilement dans l’univers que les trois autres musiciens lui offrent.

La meilleure composition de l’album arrive dès la deuxième plage avec « Pneuma ». C’est un bon riff à la Tool et la section rythmique se permet des fantaisies qui sont bien agréables à l’oreille. Keenan se fond dans le tout avec des paroles qui appellent à se dépasser en tant qu’humain. Un thème qui est cher à Tool depuis Ænima. Les passages plus lourds font la job et donnent envie de se lancer dans un bon headbang lent et appuyé.

« 7empest » qui arrive à la toute fin de l’album est une pièce qui rappelle l’époque Lateralus. On y retrouve une lourdeur et une agressivité qui était absente depuis quelque temps chez Tool. Avec ses 15 minutes 44, le morceau nous emporte dans toute sorte de détours où les musiciens du groupe se donnent en spectacle. Sur album, c’est plus ou moins efficace. Mais le travail de recherche de sonorités y est. Après, il faut vraiment aimer le prog. Ça semble un tantinet surfait et on se demande si le groupe ne fait pas exprès pour en rajouter. Ce qui ne serait pas surprenant.

Fidèle à leurs habitudes, Tool nous bourre le tout d’interstices qui sont plus ou moins convaincants et nécessaires. Ici, ça n’a pratiquement rien à voir avec la lage suivante. C’est un peu superflu, surtout pour un album qui dure 87 minutes.

Fear Inoculum n’est pas le meilleur album de Tool, mais ça fait honnêtement le travail. Est-ce que ça valait 13 ans d’attente? Non. Est-ce qu’on s’en soucie ? Oui. Il y a de bonnes pièces sur l’album qui est peut-être le dernier du groupe. Si vous aimez déjà le groupe, plongez-vous dedans, vous aurez du plaisir. Si vous les haïssiez déjà, vous allez continuer de les haïr.

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Cave In: « Final Transmission »

Final Transmission est sans doute un titre adéquat pour ce dernier opus de Cabe In puisque, en, raison de la morte de son bassiste Caleb Scofield, ce sera l’ultime album du groupe sous sa forme originelle et même le tout dernier opus du combo.

Il sera donc Impossible découter l’album sans prêter attention à la tragédie qui l’a engendré d’autant que, à l’issue des sessions d’enregistrement, chaque ligne de basse et tous les matériaux bruts de l’album auront été conservés.

Assez court dans la durée (trente et une minute), mais sans aucun temps mort, les lignes de basse seront lourdes, trempées heavy, stoner, claqueront et résonneront comme pour s’ajouter à l’arsenal de violence contenue, presque silencieuse mais résolument triste. Le deuil s’ imprime dans chaque notes, chaque phrase ; souvenirs douloureux d’un ami tout autant qu’un musicien

Final Transmission est clairement cathartique et il doit s’écouter comme tel, une thérapiepar le biais de la musique, mais aussi un hommage brillant et vibrant dans un écrin musicale riche en émotion qui devrait faire date.

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Children of Bloom: « Hexed »

Quelques secondes suffisent pour reconnaître le style si caractéristique de Children Of Bodom. Des riffs acérés sur des mélodies aux synthés, le tout agrémenté de solos épiques, il est difficile de ne pas identifier la marque de fabrique des Finlandais. Voilà déjà plus de vingt-cinq ans que la bande, emmenée par son charismatique leader Alexi Laiho, sillonne la scène metal avec un succès indiscutable. Et les Scandinaves ont encore des choses à dire, puisqu’ils reviennent avec un dixième album studio intitulé Hexed.

L’ensemble démarre tambour battant avec « This Road » qui illustre très bien l’amour que porte le groupe pour les mélodies entraînantes. Le rythme effréné ajouté aux riffs épais et à la voix si particulière d’Alexi Laiho rappelle les plus belles heures du combo.

Cette intro réussie est une belle porte d’entrée vers les autres compositions qui composent le disque ; « Under Grass And Clover » et « Glass Houses » enfonceront le clou en démontrant toute l’expertise des Scandinavesà créer des titres épiques aux sonorités envoûtantes. Si le ton est résolument metal, il n’en demeure pas moins que Alexi Laiho lorgne vers les caractéristiques du hard rock plus mélodieux en mettant la refrains et les envolées de guitares au centre de ses créations.

Children Of Bodom durcit toutefois son propos en distillant des chansons beaucoup plus brutales et dérangeantes à l’instar de « Kick In A Spleen » avec une énergie inépuisable ou encore « Hecate’s Nightmare » dont ambiance très malsaine vont dans ce sens et montre que Children Of Bodom sait varier les plaisirs tout en restant pertinente et le chant d’Alexi Laiho sera d’une grande utilité pour donner encore plus de consistances à l’œuvre.

L’écoute est agréable mais elle demeure pourtant inégale. Certains morceaux accrochent directement l’auditeur alors que d’autres paraissent beaucoup plus banale voire évitables. La qualité des compositions n’est pas remise en cause car elles demeurent bien ficelées. Mais leur place dans un nouvel album peuvent être discutable, n’apportant rien de réellement nouveau à une discographie déjà bien fournie. La reprise de « Knuckleduster » qui conclut l’effort symbolise cette prise de risque qui finalement se révèle vaine.

Hexed ne révolutionnera pas la carrière déjà bien établie de Children Of Bodom. Il est toujours aussi agréable d’écouter ces nouvelles compôsitions de Alexi Laiho et ses acolyte mais le vent de fraîcheur attendu n’a pas réellement lieu et laissera place à un sentiment de féjà entendu. En revanche, pour le combo, avoir réussi à créer sa propre marque de fabrique est gage d’une qualité qui, elle, ne méritera pas autant d’arguties.

***1/2

King Apathy: « Wounds »

King Apathy est un combo allemand qui, à l’écoute, fait penser à Disbelief et Nine. Il pratique donc un post metal rageur et sombre avec un arrière-goût metalcore. Mais jone ne peut réduire l’expérience d’un Wounds à un copier / coller d’autres formations. On parle bien ici de post metal. Un chant assez typé metalcore, écorché rageur, accompagne des murs de guitares abrasives, des mélodies assez doom , un rythme lourd et, n’ayons pas peur des mots, une certaine forme de beauté. Certains parlent de post black metal aussi. Les influences de King Apathy (qui oeuvrait jusqu’ici en tant que Thränenkind) sont clairement hardcore. Et s’il a décidé d’en faire autre chose, ça n’est pas à négliger.

Wounds est une masse assez compacte, avec bien des moments marquants, d’énormes réussites, mais les titres y sont liés. Le mauvais côté, c’est qu’aucun ne se détache vraiment des autres. Le bon, c’est que l’ensemble s’apprécie d’une traite, sans lassitude aucune, comme une bonne grosse séance de catharsis musicale ; un opus moins rigueux et plus subtil qu’il n’y paraît.

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