No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Bass Drum Of Death: « Just Business »

Cela faisait quatre ans que l’on était sans nouvelles d’un des groupes les plus charismatiques de cette décennie: Bass Drum Of Death. La formation menée par le John Barrett avait fait forte impression avec Rip This puis a disparu de la circulation pour revenir aujourd’hui avec un nouvel opus intitulé, de faon sgnificative, Just Business.

Deux changements dont à noter au niveau de Bass Drum Of Death ; le combo a changé de label et lle one-man band s’éloigne des contrées garage-rock psychédéliques dignes de Thee Oh Oh Sees et Ty Segall pour un son plus catchy et plus accessible. Il semblerait qu’il ait beaucoup écouté The Buzzcocks car l’influence se fait (trop) ressentir sur « Third Coast Dreaming » en guise d’introduction mais encore « Diamond In The Rough », « Heavy » qui frôle le gospel et « I Don’t Wanna Know » bien plus pop.

Inspiré par la Big Apple, Bass Drum Of Death dit adieu à son passé qui fut passionnant pour un son plus quelconque. Il perd ainsi un peu de son inventivité qui avait fait son originalité sur « Odds Are Good » et « I Love You (I Think) » et il lrs remplace par des résurgences plus heavy de son passé avec « Falling Up » il frôle même parfois la pastiche avec « I Thought I Told You ». Entre un avant et son autre après, le présent de Bass Drum Of Death s’annonce  comme tout sauf du business as usual.

***

11 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Robert Foster: « Inferno »

Pour se bien mettre en forme il suffit d’écouter le nouveau disque de l’ex Go-Betweens, Robert Forster. En 35 minutes, montre en main, Foster vous emmène loin des vicissitudes du quotidien tout en chantant les vicissitudes de son quotidien.
Inferno a déjà un premier mérite : nous faire replonger dans les disques solos de Robert Forster. Le grand Robert a publié de 1990 à 1996 quatre albums solos qui tiennent encore formidablement bien la route aujourd’hui. De Danger In The Past (1990) à Warm Nights (1996), Robert Forster n’a pas démérité en solo. Et à l’heure où la jeune garde australienne a un excellent niveau ( The Stoppies, Julia Jacklin et Stella Donnelly), Forster rappelle qu’il est toujours là.

Avec Inferno, Robert Forster retrouve l’Allemagne (il avait enregistré Danger In The Past en Bavière), les considérations météorologique (The Evangelist s’ouvrait avec une chansons sur la pluie) et Bleddyn Butcher (qui signe la photographie de la pochette comme du temps des Go-Betweens). La production de Victor Van Vugt (vieux complice de Nick Cave et producteur de Beth Orton) met en valeur de manière intelligente des chansons qui effleurent des mélodies et qui nous font écouter la voix délicieusement élégante de Forster. Court, autobiographique sans l’être et extrêmement malin, Inferno nous fait entrevoir un visage plus adouci de son auteur. La première écoute d’Inferno peut s’avérer répétitive : l’adaptation de « Crazy Jane And The Day Of Judgement » (poème de William Butler Yeats) est fantastique. Ne restera plus qu’à appuyer sur la touche « repeat ».

***1/2

8 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Gum Takes Tooth: « Arrow »

L‘écoute du nouvel album de Gum Takes Tooth, nous montre deux anglais capables de créer un marasme sonore, dans lequel se télescopent des batteries hallucinées, des pulsations synthétiques d’un autre monde, des sons venus d’on ne sait où mais qu’on devine savamment placés ça et là dans un seul but, faire monter la tension, voire l’adrénaline.
Si l’on retrouve d’évidentes accointances évidentes avec Battles et Fuck Buttons, Ces deux musiciens développent un univers bien eux
avec des lignes de chant déstructurées, vocodées ou passées à travers n’importe quel filtre, jouant à armes égales avec le reste des sonorités souvent psychédéliques qui traversent les titres de cet Arrow.

En ajoutant à ça un sérieux côté krautrock et une véritable science de la montée, on sent que les deux acolytes n’ont pas envie d’arrêter avant d’atteindre le point de non-retour. Toujours sur la tangente à rajouter des couches à foison, ils nous tiennent en haleine, aux premières écoutes at attisent l’envie de savoir ce qu’ils vont ajouter à ce capharnaum mis sous cloche.
Pour cela, Gum Takes Tooth mérite toute notre attention : en album c’est déjà proche de la transe, en concert l’expérience devrait être inexprimable.

***1/2

1 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

J. Mascis: « Elastic Days »

Il y a une énigme J. Mascis : il est considéré comme le meilleur d’entre tous par non moins que Jeff Tweedy ou Eddie Vedder mais il semble s’accommoder de sortir des albums en solo ou avec Dinosaur Jr comme si de rien n’était.

Il n’est pas un chantre de la lo-fi , toutefois il se contente de poursuivre son petit chemin discographique avec régularité ou assiduité inébranlables.

Elastic Days est sa nouvelle production et demeure d-fidèle à ce que l’on connaît de lui. Entouré de Marc Mulcahi il égrène une douzaine de morceaux d’une simplicité impressionnante. À passé la cinquantaine la bonhomme nous prouve, une fois encore, que le sil élastique de ses jours est toujours tendu à son maximum sans points de rupture en terme de qualité.

***1/2

9 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jack White: « Boarding House Reach »

« Hello, welcome to everything you’ve ever learned », ainsi Jack White s’adresse-t-il à son audience sur son premier album solo depuis quatre ans. Il n’y a rien de gratuit dans cette affirmation tant ce nouvel opus, tordu comme il l’est, peut s’apparenter à une série de notules ou de vignettes prolongées qui ne nous renseignent pas sur là où elles vont mais qui, toutes désarçonnantes qu’elles soient, ne peuvent que nous scotcher.

Nous savons pourtant que White a toujours été auréolé d’un itinéraire artistique éclectique mais les variations abruptes qui sont empruntées ici pourraient donner matière à interrogations même auprès de à ses fans les plus ardents.

Ainsi, les lignes d’ouverture du « single » «  Connected By Love », un basse aux tempos palpitants étayée par un riff à la guitare façon Led Zeppelin et conduit par un loop de percussions qui anime « Respect Commander » ainsi que la narration electro-funk de « Get In The Mind Shaft, » ou la ballade country « What’s Done is Done, » nous montre un artiste se complaisant dans des expérimentations qu’un mauvais esprit qualifierait de gratuites.

Le « closer » « Humoresque », nous montrera un White tout enveloppé d’acoustique, piano assourdi, guitare sèche, balais remplaçant les baguettes aux percussions) : au milieu de tous les emprunts musicaux, (jazz funk et hip hop sur «I ce Station Zebra” » par exemple), il se montre un artiste suffisamment subtil pour échapper à tous les clichés. Il sera preuve que faire cohabiter un titre obscurci et démonté comme «  Hypermisophoniac » et des morceaux à la White Stripes comme le sont les riffs à la guitare de « Over and Over Again » fait figure de jeu de marelle entre les genres comme en rêvait Frank Zappa. Répondre à son « Who’s with me ? » qui colle à « Corporation » ne nécessitera alors aucune hésitation de notre part.

****

6 avril 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The War On Drugs: « A Deeper Understanding, »

Adam Granduciel nomme cet album A Deeper Understanding, cela peut se comprendre si on considère la limpidité qu’il a toujours voulu donner à ses textes jusqu’à présent.
Ceux-ci sont, en effet, autant de confessions énoncées de manière directe, autobiographiques de toute évidence mais, ici, il a mis de côté certaines caractéristiques qui les rendaient brumeux et oniriques.

Moins de dérives et plus de directions mais cela ne veut pas dire que, sur ces dix morceaux, il a sacrifié ces tonalités si aériennes et une propension à se complaire dans la musicalité.

Les solos de guitares sont toujours épiques mais on les trouve mis en opposition avec ces synthés monumentaux comme on les trouvait dans leas années 80 alors que les rythmiques, elles, adoptent une petite allure galopante au voisinage du country-rock.

Les compositions prennent le temps de se développer (elles sont presque toutes au-dessus de 6 minutes et « Thinking Of A Place » nous offre 11 minutes de rock cosmique et hypnotique.)

The War On Drugs entre, sur cet album, dans le domaine du « meditative rock » mais velui-ci a une tournure bien spéciale. La voix de Granduciel, toujours aussi nasale, nous rappellera Springsteen et Dylan et ses inflexions, parfois aux confins, du chuchotement rauque véhiculera un climat mélancolique qui conviendra à merveille aux questions existentielles du chanteur.

A Deeper Understanding nécessite une écoute attentive mais elle ne pourra être que gratifiante pour qui fait de la spiritualité et de la profondeur une raison d’exister.

****

25 août 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Da Rosa: « Weem »

Établir une connexion entre un paysage et une musique est un cliché mais, quand Da Rosa parlent librement de leurs racines situées dans le « post-industrial Lanarkshir », il sera malaisé de ne pas associer le rock intense qui les anime à la créativité mélancolique qui semble surgie de cette lande écossaise.

Ce troisième album semble toutefois se défaire de ce cordon puisque, enregistré dans les Highlands, on y trouve un sens du gothique aussi bien en matière de textes que par la façon dont les arrangements sont construits.

Le titre d’ouverture, « Spectres », se fraie facilement un chemin avec des textures soniques « ambient » se déversant ciomme une cascade rythmique « Ktautrock » avec la voix de Martin John Henry qui semble prospecter l’horizon qui la surplombe. « Lanes » est, par comparaison, plus direct et menaçant ne serait-ce que par son « If you can’t defend yourself then kill yourself… »

C’est du côté de The Phantom Band que louchera l’endeuillé « Chip On My Shoulder » même si De Rosa s’emploieront, comme ils en ont coutûme, à brouiller les pistes et à nous entraîner vers des direction inattendues où chaque composition semble refuser de s’installer et vouloir élargir ses palettes. On appréciera ainsi les arpèges de « Falling Water » cédant place à un étrange et omnipotent travail aux synthés ou « The Sea Cup » et ses rythmiques en dentelles sur fond de chanson de mer, toute en percussions rageuses et en vocaux chuchotés.

« Devils » montrera talent émotif et plaidoyer irréprochables et « The Mute » couronnera le tout en véritable chef d’oeuvre de complexité et de lyrisme.

Da Rosa sont des musiciens cultes en leur mère patrie mais, ailleurs, ils ont toujours été mis dur la touche. Weem est leur document le plus accompli tout en demeurant concis et abordable. Ils parviennent, sur cet opus, à concilier sagesse, poésie et immédiateté ; il serait dommage que cette volonté de déconnexion de leurs racines passe inaperçue.

****

23 avril 2016 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Dandy Warhols: « Distortland »

Si le précédent album des Dandy Warhols nous donnait la sensation que le groupe se mordait un peu la queue, ce neuvième enregistrement, Distortland, nous rassure sur la pèche que Courtney Taylor-Taylor semble avoir retrouvé.

Du simple et irrésistible riff de guitare sur « Tou Are Killing Me » en passant par le surprenant exercice de funk qu’est « Styggo » , les expérimentations soniques et rythmiques tiennent le haut du pavé.

Les guitares en distorsion du titre d’ouverture, « Search Party » justifient effet le titre que le combo à donné à l’album, mais il a aussi le mérite de nous introduire à des vocaux en reverb assez différents de la voix traînant à laquelle nous étions habitués .

« Semper Fields », ensuite, continuera sur cette même veine avec des climats contrastés qui annonceront ces variations de profondeurs et de tonalités qui apportent une nouvelle singularité au groupe.

Nos musiciens de Portland semblaient quelque peu dans une impasse ; le fait de vouloir se débarrasser de toute attitude et jeu sur les simulacres est preuve que on peut enfin comprer avec eux.

***1/2

11 avril 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Anneli Drecker: « Rocks & Straws »

 

Ayant fait partie d’un duo nommé Bel Canto et ayant été également associée à Röyksopp, il était évident que Rocks And Straws, le troisième album de l’actrice et vocaliste norvégienne Anneli Drecker allait mettre en avant une musique atypique caractérisée par une façon de chanter particulière et un disque, curieusement acoustique et basé sur des techniques d’enregistrement datant des 7O’s.

Ce qui fait la différence est, en effet, ici la voix, éthérée, au service d’un disque qui évoque un retour dans sa région natale ; une ode basées sur la nature poétique et puissante du cadre arctique dans lequel elle a grandi.

Enregistré avec le Arctic Philarmonic et quelques musiciens de son environnement on découvrira, tour à tour, des climats rappelant qui Lisa Gerrard, qui Liz Frasier ainsi que des atmopshères dans lesquelles on discerne l’univers de Gavin Friday, Jah Wobble ou Cocsteau Twins.

Tout y est arrangé, chanté et produit de manière magnifique ; Rocks And Straws est un témoignage prodigieux prouvant que la musique ne se satisfait pas d’être dématérialisée ; c’est une belle leçon pour ceux qui pensent que les albums sont chose du passé

****

11 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Du Blonde: « Welcome Back To MIlk »

La transformation de Beth Jeans Houghton de troubadour déjantée à un nouvel alter-ego is certainement quelque chose de standard dans une carrière musicale agitée. Du Blonde est quelque chose de triomphant à tous les niveaux et son modus operandi (grosso modo rage et guitares hurlantes) est explosif à tous égards. « Hunter » est un ballade soul solide dont la forme classique et la production impeccable pourraient étouffer toute tentative mainstream et en faire une sources d’épanchement pour toute tentative mainstream d’aujourd’hui.

Quand Houghton baisse, sur un « Black Magic » façon Roy Orbison on ne sera pas étonné d’apprendre que la production sera assurée par Jim Sclavunos des Bad Seeds. Comme avec ses dernières participations avec la chanteuse du New Jersey Nicole Atkins, ses arrangements sont accommodants et laissent à la vocaliste la place qui lui revient. Dans le cas de Du Blonde, il s’agit d’un brasier comme sur « Four In The Morning » lorsqu’elle rugit : « Shut the fuck up… / I’m not sure I adore you. » Cette phrase sera une plaisante piqure de rappel pour nous faire comprendre qu’écouter un artiste jamais sevré reste une des plus grandes joies dans la vie.

****

17 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire