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Pixx: « Small Mercies »

Avec Small Mercies, Hannah Rodgers reprend son costume sur-mesure de Pixx, future icône déjantée de la pop. Découverte en 2017 avec un premier album aussi personnel que prometteur (The Age of Anciety), Hannah Rodgers, plus connue sous le doux pseudonyme de Pixx, revient à la charge, et prolonge sa damarche, avec son deuxième album, un Small Mercies qui fait honneur au large spectre musical schématisé auparavant. Le précédent opus était, comme son nom l’indique, hanté par l’anxiété délétère que véhiculait notre époque. Peut-être plus confiante, plus assurée, Pixx se dévoile ici davantage, élargit son champ de bataille et ses thématiques, ainsi que sa musique, qui se découvre elle aussi, plus authentique et d’autant plus rock.

Ainsi, ce nouvel opus aborde l’amour comme quelque chose d’à la fois salvateur et destructeur et dépeint son sujet – la société – comme « malade » de ce virus que l’on connait tous très bien. Sur un autre tableau, l’album traite aussi de l’oppression, de son origine aux conséquences directes sur l’humain. Les trois premiers titres « Disgrace », »“Bitch” »et enfin l’ouverture « Andean Condor » synthétisent admirablement bien l’effort dans sa globalité : la production (Dan Carey) est léchée, les arrangements pop-rock s’aventurent aussi un peu dans le psyché – les synthés sont hallucinés, la voix suave de Pixx scande et chante, parfois démultipliée. Enfin, il y a cette guitare, majeure, qui lorsqu’elle ne se volatilise dans le delay, reste pure (« Mary Magdalene », « Hysterical »).

Analyse du manque d’humanité ; on pourra calquer cette thématique calquer sur l’ensemble du disque. Il y a, dans la musique de Pixx, cette vision du monde pessimiste (présente même depuis son premier EP, Fall, sorti en 2015) reste fondamentale, presque innée. Comme si elle jouait et agissait au rythme de son époque : urgente, effrénée et anxiogène, mais aussi toujours attachée à la nature et ses terriens, à leur bien-être. Brillant effort.

***1/2

6 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sneaks: « Highway Hypnosis »

Ce titre rend bien l’ambiance de ce troisième opus d’Eva Moolchan, alias Sneaks. L’hypnose, elle est dans les subtiles nuances, l’apparent minimalisme instrumental, la répétition et l’allitération, les percussions tout en lenteur chez cette artiste qu’on aura aussi bien classée dans le post-punk que dans le hip-hop par le passé. Objet protéiforme, donc. Moolchan prend son temps ici : Highway Hypnosis respire avec allégresse et même alacrité. Quel effet sur l’esprit ressortira alors gagnant de ce duel entre aliénation et transe ?

Misant parfois sur le grotesque (« Addis », « The Way It Goes ») et parfois sur l’apaisement du trop alangui (« Saiditzoneza », « Money Don’t Grow on Trees »), cette nouvelle oeuvre de la musicienne de Washington agit bel et bien sur le corps. Difficile de ne pas rapprocher Moolchan d’autres artistes femmes sans peur, comme M.I.A. (« Hong Kong to Amsterdam »), Sudan Archives ou Princess Nokia (« Ecstasy »).

***1/2

29 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ron Gallo: « Stardust Birthday Party »

Ron Gallo est un auteur-compositeur-interprète originaire de Nashville dont Stardust Birthday Party est, après un Heavy Metal très connoté mais peu réerésentaif Le bonhomme a deux passions, la philosophie et la musique, c’est plutôt cette dernière facette qui a droit de cité ici.

La première, on peut plus ou moins la retrouver dans une démarche qu’on peut résumer comme étant hédoniste, la poursuite du bonheur et du bien-être, mais qui se caractérise sous une forme assez pop : l’humour et le sarcasme.

Après une introduction plutôt loufoque, le musicien lance les hostilités avec ces brûlots garage-punk comme « Always Elsewhere » mais aussi « Prison Décor » quelque peu arty où il partage son opinion sur la société actuelle qui migre vers la déviance jour après jour.

L’opus synthétise aussi avec brio le style du natif de Nashville qui se positionne comme spectateur avec une touche de satire (les acérés « Do You Love Your Company ? », « It’s All Gonna Be OK » et « Love Supreme (Work Together!) » ou d’autres plus originaux comme «  »You » Are The Problem » et « OM ».

Sur Stardust Birthday Party, son univers musical décalé mais riche en influences continue à gagner en puissance avec se thèmes précieusement choisis et ses compositions plutôt pêchues qui donnent de l’entrain en cette période troublée.

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3 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Paul Smith: « Diagrams »

Trois ans après sa dernière évasion solo de Maxïmo Park, Paul Smith, le leader de Maxïmo Park, semble vouloir s’affranchir de son combo puisqu’il s’octroie ici une nouvelle escapade après celles sous le nom de Paul Smith And The Intimations et ne autre réalisées avec Peter Brewis.

Ici, Diagrams est arboré sans fards du nom de son créateur ce qui en soi se veut témoignage ; mais de quoi ?

Le disque débute sur une pop agréable, « The Public Eye » dont a faconde est démentie par une voix quelque peu forcée et où un saxo libère, lui, des climats plus jazzy.

Nous sommes donc aux antipodes de Rosk To Exist, le précédent opus du combo, et cela se vérifie avec un « Around Ans Around » toute en nuances et en subtilité au même titre que « Lane Burley Griffin ».

Diagrams est fièrement, et finement, campé dans la séduction et l’envoûtement perlé, de ci de là, de complaintes tranchantes à la guitare (« Silver Rabbit » qui manie avec astuce le lo-fi ou « Syrian Plains »).

Diagrams s’appuie sur les mélodies, plutôt confortables et parfois même attrayantes (« Hollywood Hills » et « Head For Figures ») et se conclura avec bonheur sur un « Make Your Orbit » en lévitation vers une douceur éloignée du post-punk qui illustrait sans vraiment le gratifier le Maxïmo Park initial.

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3 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Low Anthem: « The Salt Doll Went to Measure the Depths of the Sea »

On a rarement, entendu pop aussi délicate que celle de The Low Anthem en ce début d’année 2018. 5e album du groupe, The Salt Doll Went to Measure the Depths of the Sea renvoie à Bon Iver et autre Sufjan Stevens, avec cette même fragilité dans les mélodies et les refrains, cette même douceur dans le phrasé et dans les voix, cette même application à ne froisser aucune note, à toujours aller vers plus de candeur et de beauté discrète.
Entre arpèges de guitares, sonorités électroniques, piano et arrangements légers mais superbes, le groupe américain signe là un disque de folktronica brillant, sans doute son plus bel album à ce jour, en tout cas le plus touchant, le plus vibrant.
***1/2

16 octobre 2018 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Band of Horses: « Are you OK »

Ce cinquième album de Band of Horses les voit continuer de recourir à une approche rock-pop, à savoir privilégier riffs accrocheurs et mélodies travaillées. SurAre You OK le quintette de Seattle fait cohabiter humeurs enrouées et voilées (les vocaux pleins d’aspiration contrariée de Ben Bridwell) et bain brûlant de reverb. Ces deux éléments trouvent un socle commun dans une production broussailleuse tutoyant par moments le majestueux. Le titre d’ouverture, « Dull Times/ The Moon » donne ainsi le ton avec un climat en pâmoison sur fond de percussions délabrées et de guitares minimalistes

On croit alors presque entendre le son de l’océan tel qu’il figure sur la couverture de l’album ; une « vibe » éthérée qui prend les proportions d’un fim en « IMAX » sur les morceaux phares que sont « Hag », « Casual Party » (hit mainstream potentiel) et « In A Drawer » irrésistible, cette fois, par le qualité de ses arrangements.

On y appréciera le « croon » serein de Bridwell contrastant avec les boîtes à rythme, les synthés et les riffs cassants, ou, enfin, les chorus pleins de verve tel qu’on le retrouve chez quelqu’un comme Jason Mascis Jr.

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1 avril 2017 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Haly Bonar: « Impossible Dream »

Ce nouvel album de Haley Bonar a de fortes chances de passer, une fois de plus, inaperçu. Pourtant, Impossible Dream a tous les ingrédients pour que le potentiel de la chanteuse ne laisse pas les oreilles avisées être confortées par l’agrément que peut procurer son écoute.

La voix demeure toujours ensommeillée et semble, comme il est coutumier chez elle, sortir d’un engourdissement qui la rapproche de Low avec qui elle a maintes fois collaboré. Elle amplifie son phrasé stylistique de guitares « grungy » qui, accompagnant ses productions, lui permettent d’entériner un côté dur à cuire auquel elle s’efforce d’adhérer.

Si on ajoute la façon qu’elle a de faire fonctionner un groupe mené par une vocaliste capable d’émuler aussi bien Mazzy Star que Garbage on aura ici une excellente introduction à ce qui compose son monde.

Bonar crée, en effet un univers sonique morose et planté dans une atmosphère semblable à ce serait une étoile sont le brillant serait englué dans un support sombre et sauvage, avec un élan de spiritualité aérienne où elle parvient à équilibrer vocaux angéliques et fantomatiques.

Impossible Dream est, ainsi, fortement influencé par un environnement où les guitares lo-fi épousent de subtiles oscillations aux synthés donnant à ses morceaux une composante incitant à une transe hypnotique et pleine de beauté.



Les histoires qui nous sont narrées deviennent, de ce fait,  pesantes et sombres mais chaque composition a une manière qui lui est propre de s’insinuer dans nos tympans. « Hometown » ménage un cheminement où le douceâtre cohabite avec une rage de façon addictive tant regret et colère ne forment qu’un, « I Can Change » transforme une berceuse céleste en un cri du cœur capable de vous hanter par sa rythmique tribale et sa quête d’idéal où vociférations prennent le dessus alors que « Your Mom Is Right » se singularisera comme l’épitomé du refrain punk désinhibé.

Hormis « Skynz qui sonnera comme un intriguant succédané des années 80 et « Stupid Face » qui offrira une instrumentation plus dramatique, les compositions gardent un éclat indubitablement pop. Bonar ne craint pourtant pas d’y amalgamer un côté crade et rock qui a pour option de ne pas de démentir. Les textes n’hésitent jamais à nous exhorter et nous dire des vérités qui sont, bien souvent ,douloureuses ; c’est tout le mérite d’un disque qui ne se dispense pas d’exposer veines et âme sur l’autel du rock and roll.

***1/2

8 août 2016 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Benji Hughes: « Songs in the Key of Animals »

Le « debut » album de Benji Hughe , A Love Extreme, était double; Songs in the Key of Animals 8 huit plus tard, sonne comme une sorte de concept album qui n’a pas demandé de l’être. C’est, à nouveau, une entreprise farfelue, ne serait-ce que par son titre.

Hughes nous amène à nouveau dans un univers où règne l’absurde et le prosaïque, ici on aime les animaux, cultivé par des vocaux qui sont plus des cris de faune et cette approche désinvolte empruntée avec à propos à Beck.



On y trouvera donc des métaphores et de jeux de mots animaliers et, musicalement, un mélange de blue-eyed soul et de pop allègre. Souvent, on a droit à des simili confessions en langage parlé, proche de la comédie des « stand-up comedians » («  Freaky Feedback Blues ») ou une simplicité à double tiroir (« Fall Me In Love »).

Entre party funky et éléments qui nous font penser à un Harry Nilsson qui se serait amouraché de Nick Cave, on reste sur un brise qui nous chatouille agréablement mais sans s’attarder outre mesure.

**1/2

14 avril 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ducktails: « St Catherine »

Depuis cinq ans environ un album de Ducktails succède invariablement à un autre de Real Estate puisque les deux combos sont dirigés par Matthew Mondanile. Le premier est une entreprise plus ou moins personnelle bénéficiant de la participation d’invités musiciens, le deuxième un groupe dans lequel il joue de la guitare solo avec un certain succès critique.

Comme un engin mu par deux moteurs indépendants, les directions semblent se stabiliser et aller dans la même direction sonique, le seul contraste existant encore étant la voix de aiguë de Mondanile et les tonalités plus rêveuse de Martin Courtney, le chanteur de Real Estate. Ce sont les véritables balises qui servent à établir une provenance spécifique mais, indépendamment de cela, il est toujours agréable d’être confronté à n’importe quel type de musique notre jongleur laid-back a à nous présenter. St Catherine, le cinquième album de Ducktails est co-produit par Rob Schnapf (Elliott Smith) n’en est pas une exception.

L’instrumental « The Disney Afternoon » s’ouvre avec Mandanile s’amusant à traiter de manière appuyer les effets de ses riffs de guitare, tel un Shins qui aurait évolué vers le baroque avec une cascade de toms de batterie et de synthés grondants. Comme pour mieux nous tromper, « Headbanging In The Mirror » véhicule une atmosphère délibérement chill out pour évoquer James Ferraro, un musicien électronique de New York. Cette déclaration d’intention est d’autant plus parlante qu’elle se fait à contre-courant de ce à quoi on aurait pu s’attendre avec un titre de cette nature.

« Into The Sky » nous rappellera à quel point Mondanile sait manier la pédale fuzz quand il a besoin de nous asséner des trémolos mordants avec sa six cordes et un duo electro inattendu avec Julia Holter sur « Church » sera presque paradisiaque tant les deux vocalistes s’accordent.

Enfin, la chanson titre est une des plus charmantes qu’ai écrite le chanteur en termes de composition pleine de félicité apaisante avec une mélodie vertigineuse qui s’insinue en vous comme les vagues d’un océan sur la plage. St Catherine s’avère ainsi, d’une façon générale, un album tempéré et estival dont on se demande si il ne nous fera pas nous envoler vers des climats plus chauds.

***1/2

22 juillet 2015 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

BC Camplight: « How To Die In The North »

Qu’arriverait-il à quelqu’un à qui on aurait offert l’opportunité du siècle et si il était passé à côté ? C’est un peu ce qui s’est passé avec BC Camplight : près de huit ans après son dernier album ce chanteur américain basé à Manchester tente de tirer les leçons de ses erreurs et revient avec un nouvel opus : How To Die In The North.

Le disque démarre sur un mode « funky » avec un « You Should Have Gone To School » aux tonalités galactiques et aux « beats » accrocheurs dont on pourrait penser qu’ils allaient indiquer le climat de tout l’album, mais, au contraire, celui-ci va opérer un virage à 360° avec un « Love Isn’t Anybody’s Fault » qui nous offre un titre aux relents 60’s avec des mélodies orchestrées et des vocaux doucereux et angéliques visant à attirer l’attention de tout le monde et à légèrement introduire un des thèmes du disque.

« Just Because I Love You » est en effet un titre angélique à nouveau, se plaisant à décrire le sentiment amoureux avant que « Grim Cinema » ne débute de façon acoustique pour déboucher ensuite sur un « rocker » décrivant ce qu’on ressent à échouer très (trop?) vite et l’agitation qui s’ensuit.

« Good Morning Headache » poursuivra dans cette voie où colère et dépression sont conjuguées même si il commence doucement sur des vocaux suaves. Les textes insisteront rétrospectivement sur ce qu’on tire de ces épreuves tout comme sur l’amour évoqué aux premières plages.

Viendra ensuite le ton et le temps de la tranquillité avec un « Thieves In Antigua » très Beach Boys d’esprit et une ballade sereine et à la chaleur apaisante, « Atom Bomb ».

Pour presque compléter le tout, on aura droit, avec « Lay Me On The Floor », à un fredonnement aux influences exotiques (Africaines et Cubaines) avant que celles-ci ne se transforment en un rock psychédélique ponctué de « beats » électroniques et de vocaux répétitifs.

La conclusion viendra ensuite avec « Why Doesn’t Anybody Fall In Love » profession de foi qui résumera la thématique du disque et qui, musicalement, montrera la versatilité artistique de Camplight avec son ouverture au piano et des textes songeurs pétris d’espoir en un heureux déroulement à sa quête.

Le personnel, ici, se veut plus global mais représentatif de l’âme de l’artiste. Il nous emmène en un voyage futuriste et hypnotique vers la découverte de soi, étayé de ces divers genres musicaux qui parviennent à nous entraîner de manière convaincante sur ces montagnes russes qui sont le siège de toutes les émotions possibles. Ces sensations, personne ne peut se vanter pouvoir y échapper ; c’est en ce sens que l’on pourra dire que cet album est, non seulement instructif, mais également exemplaire et fédérateur.

***1/2

20 décembre 2014 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire