No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Rustin Man: « Drift Code »

Quand Beth Gibbons s’est émancipée pour la première fois de Portishead elle a sorti un album solo où elle s’éloignait du courant trip-hop de son groupe. Elle avait bénéficié de la participation d’un nommé Paul Webb plus connu sous le nom de Rustin Man et qui ‘avait emmenée dans des contrées folk et pop baroque. Dix-sept ans après les faits, le musicien britannique effectue son grand retour avec son nouvel album intitulé Drift Code.

L’ancien bassiste de Talk Talk reste dans son élément avec sa fusion entre folk britannique des années 1960-1970 et pop baroque des temps modernes. Dès le premier titre « Vanishing Heart », Drift Code annonce la couleur avec ses arrangements qui be peuvent que convoquer le spectre de David Bowie aussi bien vocalement que musicalement.

On pourra en dire autant des autres compositions aux couleurs jazzy que sont « Martian Garden » et « All Summer » qui, placées en fin d’albu, donneront un relief particulièrement lustré

Entre ces balises, Rustin Man montrra sa facilité à user d’arrangements prog inoubliables comme qur les douces saveurs intemporelles qui jalonnent « Judgement Train » ou bien même « Our Tomorrows » et « The World’s In Town ». Drif Code nous rappele qu’il est toujours bon de remettre à jour la musique des années 70 dans ce qu’elle a de cohérent et de fluide et nous faire revisiter un voyage sont on sortira , ici, transformé et revigoré.

***1/2

21 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Breath: « Let the Cards Fall »

Rioghnach Connolly et Stuart McCallum sont Britanniques, Irlandaise pour la première et sa voix translucide, de Manchester pour le guitariste (aussi à l’œuvre dans The Cinematic Orchestra) et qui, ici, économise ses notes pour ne délivrer que les plus douces. Comme pour son premier album il y a 2 ans, le duo s’est entouré d’amis musiciens pour donner davantage de reliefs à leurs compositions, un batteur et un bassiste tout en discrétion et un pianiste tout en légèreté.

On l’aura compris, The Breath est un souffle, une bise, une respiration. Tout en retenue et en délicatesse, le groupe explore la beauté des molécules d’air en piochant dans ses origines (le côté celtique de « Hide Out »), en usant de sa tessiture et polissant chaque seconde pour la transformer en coussin ouatée.

Let the Cards Fall incte à ne pas quitter son cocon à se laisser tenter par une simple contemplation béate, une dégustation sonore… et tant pis si on se rendort.

***1/2

23 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ryley Walker: « The Lillywhite Sessions »

En plus d’être un compositeur et interprète au talent immense, jamais Ryley Walker ne s’endort sur ses lauriers ni ne sombre dans la facilité. Après un disque paru voilà quelques mois, un Deafman Glance, qui abandonnait son folk circa 67 pour des escapades beaucoup plus urbaines et jazzy, il rehausse encore sa palette avec son nouveau projet.

Ryley Walker a donc choisi de remettre au goût du jour un album « fantôme » du Dave Matthews Band. Entre 1999 et 2000, Dave Matthews enregistre avec son groupe un album sous la houlette de Steve Lillywhite, le renommé producteur. Ledit disque sera entièrement refusé par le label et Dave Matthews ira enregistrer du coup un album solo avec un autre metteur en sons. Plusieurs morceaux de ce disque jamais paru referont surface quelques années plus tard, réenregistrés pour un nouvel album du groupe au complet. Mais les sessions avec Steve Lillywhite vont tout de même connaître une vie de clandestines, ces versions studio réapparaissant aux balbutiements du peer-to-peer dans les tuyaux parallèles d’internet. C’est certainement par ce biais que Ryley Walker découvrira ces rares enregistrements qui ont créé le « buzz » parmi les fans.

Choix pour le moins surprenant donc tant les deux univers de ces artistes semblent évoluer à l’opposé. D’un côté, la « rock star » et son super groupe de musiciens de studio hyper produit, taillé pour remplir des stades made in U.S.A., de l’autre l’artisan besogneux qui écume les bars et petites salles d’un périple intimiste.

Pourtant, à l’écoute des Lillywhite Sessions, point n’est besoin de connaître les originaux pour en apprécier l’acide saveur. Il n’empêche que ce disque impeccable titille amplement la curiosité et l’envie de les découvrir. Si Ryley Walker continue toujours son chemin vers un folk jazz épuré, on sent derrière ses interprétations l’hommage appuyé et le respect pour les talents de songwriter de son aîné. Dans une intonation – la ressemblance de timbre et de rythme est parfois troublante, dans un phrasé, l’on se rapproche petit à petit de la fêlure originelle tapie derrière le décorum de la grosse cylindrée. Une brèche qui redonne sens à l’envie de Dave Matthews d’écrire des chansons et de les offrir au monde.

Si jamais l’on venait à douter du grand écart qui séparerait les deux artistes, le saxophone free qui s’exprime chez Ryley Walker n’est pas sans rappeler celui, souvent très calibré, qui se manifeste dans le Dave Matthews Band. S’il y a au plus profond de chaque chanteur américain le désir d’augmenter son niveau de jeu, d’audience et des velléités à devenir en quelque sorte le nouveau Springsteen, rien n’empêche alors le rocker dans l’ombre de rendre hommage aux talents multiples de celui qui a explosé en pleine lumière. Ils sont faits du même bois. Cela n’enlève alors du mérite ni à l’un ni à l’autre.

***1/2

16 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Sam Amidon: « The Following Mountain »

Il y a un fil conducteur dans la carrière de Sam Amidon : sa passion pour la musique traditionnelle des Appalaches. C’est celle-ci qui sert de trame à ses interprétations et ses réinventions de chansons vieilles comme Hérode enrichies par des arrangements dont la vivacité empêchait qu’elles ne se soient étouffées par la poussière.

The Following Mountain est le premier album qui voit Amidon rompre avec son orthodoxie stylistique car il est uniquement constitué de compositions originales. Fort heureusement sa faconde demeure toujours intacte et son imagerie désuète ne déroutera aucun de ceux qui le suivent.

Dans la continuation de ses collaborations luxurieusement orchestrées pour la Bedroom Community avec Nico Muhly et Valgeir Sigurðsson, le musicien a judicieusement remplacé son langage vernaculaire néo-classique par une structure beaucoup plus jazzy et expérimentale.

Le disque s’honore de la participation du saxophoniste Sam Gendel, du batteur de free-jazz Milford Graves et du percussionniste de Jimi Hendrix Juma Sultan. On trouvera alors des échos de ses collaborations avec Kenny Wheeler et Bill Frisell permettant ainsi de franchir avec élégance les frontières qu’il a choisi de surplomber. On appréciera cette nouvelle appétence pour des rythmiques inhabituelles (la partie de guitare sur « Fortune », un « Gendel in 5 » interprété en 5/4 ou les cadences de « Another Story Told » passant du 3/4 puis au 13/4 et des mesures à 6 et 7 temps).

Ces éléments, plus qu’aliéner l’auditeur, le font adhérer à une démarche qui vise àfair abstraction des verrous stylistiques, méthode exemplifiée par un morceau comme « April » où Milford Greaves se lance dans une longue odyssée free épaulée par une section rythmique indomptée ainsi qu’un violon et une guitare acoustique fermement plantés dans le sol.Bien sûr on pourrait être tenté d’y voir prétention et ésotérisme ; il n’en demeure pas moins que, jouant sur les forces que sont sa musicalité, sa voix rustique et son goût pour l’innovation, The Following Mountain nous éblouit par son brio de la première à la dernière seconde.

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29 mai 2017 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Night Beds: « Ivywild »

Night Beds, le projet musical de Winston Yellen, un natif de Colorado Springs âgé de 26 ans a reçu un accord critique unanime lors de sa sortie en 2006. Il est vrai que son « debut album », Country Sleep, avait de quoi séduire par son mélange torturé de alt country et les voaux haut perchés de Yellen.

Curieusement, après cette sortie Yellen se plongea dans une musique plus expérimentale, teintée de R&B et de mélancolie dont le résultat en sera un Ivywild fascinant. Le fil qui lie tout ce qui a trait à sa musique est qui la fait tenir ensemble est une voix qu’on ne peut pas ne pas remarquer. Elle est plaintive, exprime un manque où l’on se languit, de soul et d’émois à vous briser le cœur.

Que ce soit quand sa voix s’élève sur les arangements électroniques luxuriants de « Tide Teeth » ou la douleur solitaire, la voix de Yellen possède une beauté unique que beaucoup peuvent envier.

Ce disque est un kaléidoscope de mélodies électro ou le R&B apporte une contrinution inattendue mais séduisante ; c’est une manière pour Yellen de faire de sa création quelque chose de pluriel.

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9 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Langhorn Slim: « The Spirit Moves »

Langhorn Slim est un type sérieux, même dans son excentricité et c’est cela qui lui permet de ne jamais être ennuyeux. Il est devenu plus sobre, s’est installé à Nashville et s’est allié à l’ingénieur du son Adnrija Tokic où des instants mémorables se sont passés, ne serait-ce que l’album avec Alabama Shakes.

Slim est toujours dans une phase de cogitation et son rock-folk délivré au banjo demeure toujours un hybride travaillé cette fois de manière plus arty et avec une volonté de plus grande profondeur.

Des messages positifs ornent « Spirit Moves » avec leurs touches de cuivres mariachi et le shuffle de « Meet Again » ne manquera pas à évoquer pour nous Paul Smon. « Strangers » voit Slim parler de repentance et lui permet de regarder la réalité droit dans les yeux sur « Southerrn Bells ».

Avec sa voix haut perchée évocatrice de Neil Young, Slim accomplit un parcours fait de renaissance et de remise en cause ; seules conditions sans soute permettant d’opérer vers un véritable changement.

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9 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Richard Dawson: « Nothing Important »

Richard Dawson est un chanteur folk ; cela dit c’en est un d’une curieuse nature. On y trouve des bruits atonaux encadrant des poèmes, des solos de guitare où toutes les notes sont justes mais où elles ne sont pas nécessairement à la bonne place. Ainsi en est-il du morceau titre de Nothing Important qui donne à la chanson un air voisin du rock progressif.

Autre particularité, pour quelqu’un qui est un « singer songwrirer » la diction de ses textes, souvent tragi-comiques, est celle d’un crooner et, quand il évoque « un tapis en peau de bête décoloré par la fumée du tabac », on n’y décèle ni pathos, ni empathie. Crooner mais à la fois distant et détaché, tel est Dawson et sa musique, tendue et musclée, n’a rien d’abstraite et éthérée mais au contraire le plus physique possible.

L’instrumentation semble, en outre, avoir été enregistrée en analogique, guitares et piano aux lignes routinières, et textes qui accentuent la distance en utilisant les procédés du Courant de Conscience dans lesquels les significations émergent peu à peu.

Pour cela il est besoin de longs passages, c’est pour cela que deux titres dépassent les 16 minutes, la chanson titre et « The Vile Stuff ». Ce qui ressemblera à une énumération sans fin prendra alors le temps de dévoiler ses codes au milieu d’images inattendues.

Nothing Important est un album à la fois profondément surréaliste mais également fermement ancré dans le sol. L’alliage est curieux, hormis pour ceux qui sont déjà familiers avec l’univers de Dawson. Celui-ci demeure, en effet, un adepte de la déconstruction ; l’équivalent britannique et folk de ce que Captain Beefheart a fait avec le blues.

***1/2

7 décembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Wind & The Wave: « From The Wreckage »

From the Wreckage est le premier album de dThe Wind and The Wave duo de Austin composé de Patricia Lynn and Dwight Baker et s’essayant à un mélange « southern/alternative folk ». On y retrouve des ingrédients gabituels, en particulier des textes personnels, mais le disque débute sur un titre assez « fun » : « My Mama Said Be Careful Where You Lay Your Head » et on ne peut trouver message d’avertissement plus approprié.

Cette entame crée quelque chose de réaliste et de facilité qu’ont les deux artistes à mêler le sérieux et les chorus enlevés. Même élégant réalisme sur « Loyal Friend », « Thoughtful Lover » ou « Every Other Sunday Morning » et l’émotion profonde que Lynn est capable de véhiculer juste avec sa voix. C’est le genre de composition capable de vous rendre contemplatif pendant de longues heures alors d’autres titres , eux, s’inscriront dans un registré plus léger.

« From The Wreckage » et « With Your Two Hands » apportent une sensation de danger immédiate et en même temps une plongée intime dans ce son rocailleux et presque sale propre au « southern rock ».

Le morceau titre est plus alternatif en terme d’atmosphère, héritage sans doute du groupe précédent de Lynn, The Soldier Thread, alors que « With Your Two Hnds » se répand plus dans la vibration blue grass guttural.

Ce qui parcourt constamment ce disque et le rend plaisant est le niveai d’intimité et d’empathie qu’il nous autorise. On semble entendre des confessions mais aussi une énergie brute («  Raising Hands Raising Hell Raise ‘em High » par exemple) qui nous fait partager sentiments de colère ou de romance.

Le résultat en est un album rafraichissant qui pourrait plaire à tous les fans d’americana. On peut être consensuel sans tomber dans le mainstream, et donc se sortir du « wreckage » comme l’indique le titre de ce premier opus.

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9 septembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Melodic: « Effra Parade »

Effra Parade est le premier album The Melodic, un groupe de folk anglais. Ce qui le distingue des autres est que leur son, acoustique et laid-back, est construit autour de deux instruments inhabituels, le mélodica et le charango, qui s’ajoutent à la guitare .Si on y greffe un style vocal caractérisé par des harmonies savoureuses l’ensemble crée une texture musicale riche et… mélodique qui ne peut qu’être agréable à écouter.
Bien que quelques titres soient plus enlevés que d’autres et qu’aucune d’entre elles ne bénéficie d’un tempo rapide, il y a toujours un sens de mouvemengt qu’on trouve rarement dans la musique folk. La plupart des compositions sont relativement simples et très peu mettent l’accent sur les performances individuelles, préférant se concentrer sur la fluidité d’écoute. Là encore c’est le choix de l’instrumentation et la façon dont sont superposées les couches sonores qui permet au son de The Melodic de se singulariser.

Le reproche que l’on pourrait faire est que, même si les tonalités sont impeccables, la musique ne véhicule pas le saisissement qu’elle devrait susciter. On déplore, en effet, une faculté de développement ou de contraste émotionnel qui demeure le plus souvent lacunaire ce qui empêche l’attention de se fixer.
Il n’en demeure pas moins que certains titres sont prometteurs  ; ainsi,«  Ode To Victor Jara  » est une superbe composition sur le pouvoir de la musique et ses conséquences parfois fatales où l’accompagnement sert à merveille le message. On notera, à cet égard, la transition entre accord mineur puis majeur puis le retour vers la clef initiale pour donner plus d’impact à l’histoire.
Les deux interludes et l’introduction à «  Watch The World Turn Blue  » apportent en outre une certaine variété tout comme l’addition de sons naturels qui seraient comme les équivalents de la mise en place d’une intrigue.
Effra Parade donne ainsi la sensation que le musique évolue dans un véritable espace plutôt que de se diluer dans l’air  ; c’est une technique inattendue et prometteuse si The Melodic parvient à ajouter plus de profondeur à un album qui demeure somme toute assez conventionnel.
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23 mai 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

James Vincent McMorrow: « Post Tropical »

On ne peut pas dire que le titre de ce deuxième album de James Vincent McMorrow, Post Tropical, n’est pas indicateur de la mutation opérée par le folk singer irlandais par rapport à la gracilité de son premier opus, Early In The Morning.

Dès l’ouverture, « Cavalier » va pourtant nous sidérer par la fusion de ses claquements de mains, de piano douceâtre et de ses ondulations de cuivres qui amène l’auditeur dans un paysage R&B presque moderne. La même surprise, et c’est un euphémisme, va nous guetter avec « Repeating » dont les soubresauts incessants vont créer un crescendo dramatique qui frise sans cesse la surmultipliée sans pourtant y succomber.

Attention aux détails est l’expression qui vient à l’esprit à l’écoute de Post Tropical ; cela explique pourquoi il est difficile de sélectionner une plage plutôt qu’une autre tant n’importe laquelle a sa propre particularité et ses qualités. « Gold », par exemple, ne dure peut-être que trois maigres minutes mais ses élancées orchestrales lui donnent une couleur épique d’autant que les lignes entre refrain et chorus sont habilement brouillées pour nous donner la sensation qu’il s’agit d’une véritable composition et non s’une simple chanson. Il s’agit ici de le façon exemplaire dont un auteur compositeur vise à s’affranchir du « songwriting » formaté tout comme sur « Glacier » où nous sommes embarqués dans un voyage où se côtoient ruminations douces sur la frustration puis désespoir douloureux exprimé par des textes qui pointent douloureusement à l’absence totale d’espoir. Le titre partira, ici, d’une guitare austère dans son dépouillement jusqu’à un piano cadencé puis une cacophonie de sons qui emballera le ressenti comme peu de morceaux savent le faire.

Après un premier disque bien reçu, il eut été aisé de souhaiter reproduire la même recette. McMorrow est parvenu pourtant à se débarrasser de l’étiquette de folk singer pour nous entraîner dans un univers beaucoup plus mouvant. Post Tropical bruisse de créativité et d’inventivité, c’est cette diversité qui nous fait déjà espérer de plus jolies choses encore.

★★★½☆

14 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire