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Cowboy Junkies: « All That Reckoning »

Depuis leur formation en 1985, les Cowboy Junkies ont discrètement fait leur chemin, mis à part l’improbable succès de leur deuxième album, The Trinity Sessions, vendu à plus d’un million d’exemplaires. Celui-ci lui a permis de s’imposer sur la scène folk et country alternative. Encore aujourd’hui, les Cowboy Junkies demeurent uniques et pertinents, comme en témoigne ce 17e album, le premier depuis le Kennedy Suite de 2013. Malgré les années, le son des Cowboy Junkies n’a pas changé d’un iota, ni le groupe d’ailleurs, toujours formé de Margo, Peter et Michael Timmins, ainsi que de leur ami d’enfance Alan Anton.

All That Reckoning est donc un album tout en délicatesse, même quand la bande décide d’appuyer un peu sur la pédale de fuzz. À l’instar des nombreux autres efforts du combo, tout ici est maîtrisé, retenu, l’envoûtante voix de Margo Timmins flottant au dessus des envolées oniriques du groupe.

Reste que si le ton invite à la rêverie, le fond est beaucoup plus sombre. All That Reckoning pourrait bien être le disque le plus sévère de la formation, road trip nocturne sur une route qu’on croit sans fin, disque de considérations politiques et sentimentales, qui appelle à rendre des comptes et aussi sans doute à se réveiller malgré la douceur et les caresse de leur musique.

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6 août 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Giant Sand: « Heartbreak Pass »

Pour célébrer le 30ème anniversaire du groupe, How Gelb a compilé ici une sorte de rétrospective de Giant Sand qui revisite non seulement certaines anciennes compositions mais les divers styles musicaux dont le groupe s’est emparé au fil des ans. Heatbreak Pass est composé de trois « volumes » de 15 chansons chacun ; l’un se caractérise par abandon, bruit et hasard, l’autre par une perception de l’Americana aujourd’hui et le troisième par ce qu’est l’indie rock de nos jours, à savoir une assimilation d’influences aussi bien britanniques qu’américaine.

Pour cela, Gelb n’a pas fait appel qu’aul au line-up du groupe qui l’accompagne en ce moment et qui échange ses instruments d’un morceau à l’autre mais aussi à Maggie Bjorkland qu’il utilise fréquemment à la pedal steel, Lonna Beth Kelly pour les vocaux en duo et les harmonies ainsi que Grant-Lee Phillips, Jason Lyttle (Grandaddy), Steve Shelley (Sonic Youth), John Parish, le chanteur folk croate Lovely Quinces et la batteur original de Giant Sand, Winston Watson.

Une des particularités de Gelb est sa manière de jouer sur les mots ; exemple en est donné dès le début avec «  Heaventually » et sa douce rythmique oscillant au fil d’une guitare acoustique et d’une récitation du chanteur italien Vinicio Capossella. Si le morceau fait penser à Lou Reed, le suivant « Texting Feist » évoquera le Velvet vintage de la période « Waiting For The Man ». Les textes y font mention de Leonard Cohen dont on devinera l’influence sur un jazz-blues enfumé complet avec ses backing vocals féminins soul, « Done », figurant dans le volume trois.

Ailleurs, sur le premier, on remarquera « Hurtin’ Habit » un shuffle garage agité et aux percussions tribales qui, lui aussi, sera porté par un phrasé laconique à la Lou Reed et, en phase avec ses travaux récents plus expérimentaux avec Jason Lyttle, « Transponder » garni de bruits et de synthés « space » dans la pure tradition Grandaddy.

Le volume deux s’illustrera avec la pedal steel de Bjorkland sur un « Song So Wrong » au parfum roots très granuleux ou sur « Every Now And Then » qui se contsruira à partir de la voix de Gelb avant d’évoluer en tempo mariachi avec cuivres, guitare espagnole et choeur gospel (The Voices of Praise). « Man On A STring » reprendra la tradition « desert rock » et un autre shuffle reedien mid-tempo, « Home Sweat Home », nous narrera le difficulté d’équilibrer une existence partagée entre le fait d’être un musicien sur la route et d’avoir une vie de famille.

Le final du troisième volume s’orientera vers une atmosphère nocturne avec Gelb s’emparant du registre jazzy loung au piano (« Pen To Paper ») avec un contrepoint plein de fumée chuchoté de Lonna Beth Kelly, juste réponse au larynx de Gelb qu’on imagine plein de nicotine. Celui-ci restera derrière le piano pour l’instrumental cinématographique qu’est « Bitter Suite », puis viendra « House in Order », une ballade atténuée à la contrebasse façon Leonard Cohen, avant que la contribution de Kelly ne se poursuive sur un émouvant « Gypsy Candle » dont les cordes luxuriantes ne font qu’accentuer son registre délicatement épineux.

L’ensemble se terminera sur une sorte de passage de témoin, un acoustique « Forever And Always » écrit par la fille âgée de 12 ans de Gelb, Indiosa, sur lequel ils formeront un duo vocal. Inévitablement, en raison de la structure de ces albums, les humeurs seront différenciées entre le début et la fin ; il faudra donc accepter cette écoute éclectique qui n’est pas un caprice mais qui nous rappelle plutôt quel artiste Gelb se révèle être, un musicien dont les influences sont un adjuvant à l’inspiration.

***1/2

18 mai 2015 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

My Morning Jacket: « The Waterfall »

Sur The Waterfall, Jim James sonne comme un homme qui a trouvé la paix. Peut-être est-ce lié à son album solo en 2013 mais toujours est-il que ce nouvel opus solo depuis quatre ans voit le retour de My Morning Jacket à ce qu’ils faisaient de mieux au milieu des années 2000.

Il faut dire que Circuital avait déçu tant il semblait forcé dans cette espèce d’urgence qu’avait eu le groupe à intégrer des schémas prog-rock et ses solos de guitares en roue libre.

« Believe (Nobody Knows ») et « Like A River » ont une tonalité plus simple, plus légère et implacablement enlevée. Ce renouveau est permis par la production de Tucker Martine (Modest Mouse, REM) et il n’y a ici aucune once de gras et une fluidité qui rend justice à son titre.

Le groupe retrouve ses racines country sur les pincées de blues qui ponctuent « In Its Infancy » et les délicats arpèges de « Get The Point ». Voilà donc un album qui permettra de retouvéer foi en un combo qui paraissait s’être dirigé vers un style contre nature pour lui et renouer avec cette americana teintée de psychédélisme que la voix de James sait si bien mener vers des sommets.

***1/2

13 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Dwight Yoakam: « Second Hand Heart »

Dwight Yoakam enregistra Guitars, Cadillacs, Etc. Etc., son « debut album » pour Reprise Records, à la fin des années 80. C’était une époque où la musique country qui passait à la radio était infestée de titres qui semblaient s’auto-parodier et d’arrangements prévisibles comme passés sous la même moulinette

Cet enregistrement eut l’ampleur d’un immense raz de marée qui se déversait sur un désert artistique et cela en fit un jalon incontournable pour la alt-country qui commençait à grandir mais aussi un hit massif pour la country « mainstream ».

Inutile de dire que cet opus fait partie des disques essentiels et, vraisemblablement pour en retrouver la saveur, Second Hand Heart, le 19ème album de Dwight Yoakam, voit l’artiste retourner à son label d’origine. Trente ans plus tard ce qui s’apparent à un message fonde un disque qui, à nouveau, servira de point de repère tant il est son meilleur album depuis des années, voire même des décennies.

Il est certain que Yoakam a toujours eu une relation compliquée avec la country grand public. Il est héritier de Buck Owens mais aussi le fils spirituel de Gene Clark et il est difficile de l’imaginer abandonner les influences punk qu’il s’est appropriées à Los Angeles à la fin des 80’s. En fait, Yoakam s’est autant emparé de la pop rock carillonnante des 60’s que de l’abandon débridé propre au punk et de la sincérité qui émane de la country des 70’s.

Sur Second Hand Heart il parvient à amalgamer la quintessence alt-country et la force du guitariste rock qui avec toutes les mimiques de la air guitar. Les titres d’ouvertures (« In Another World », « She » ou « Dreams of Clay ») vont résolument de l’avant et se mêlent à des morceaux comme « Liar » et « The Big Time » qui sonnent comme un exubérant mix des Beatles et de rockabilly classé X.

On ne regrettera qu’une seule plage, « Believe », dont la mélodie semble être empruntée au « Given to Fly » de Pearl Jam, chose irritante pour un album qui, autrement, aurait été un véritable sans fautes.

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25 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Steve Gunn: « Way Out Weather »

Time Off, l’année dernière a été le premier effort solo de ce guitariste compositeur de Brooklyn faisant partie du groupe de Kurt Vile. Ce fut une petite révélation ; un mélange sans fautes d’arpèges en guitar picking et de rock début 70’s, un Led Zeppelin III reconstruit sou forme de mantra psyche-folk. La production poussiéreuse façon Fairport Convention convenait très bien à un album constitué de vignettes de genr ordinaires vaquant à leurs occupations.

Avec Time Off, Gunn avait montré qu’il était un véritable « songwriter » autant qu’un virtuose de la guitare ayant des penchants pour l’avant-garde (instrumentaux, projets psyche-drones). Way Out Weather est un disque qui va encore plus soutenir l’argument de Steve Gunn comme étant un musicien doublé d’un compositeur hors-pair.

On retrouve l’esprit jam session de l’album précédent mais il est désormais en compétition avec des structures plus conventionnelles de type couplet/chorus/couplet. Le baryton de Gunn s’est grandement amélioré et il est placé plus en avant dans le mix, talonné qu’il est par une production plus bouillante et agressive. L’instrumentation s’est étoffée puisqu’on y trouve orgue, banjo, lap steel, harpe et même quelques synthétiseurs ce qui permet à l’assemblage réuni par Gunn de parfum d’un véritable groupe.

Alors que son premier opus semblait insulaire et chuchoté comme une musique découverte au fond d’une cave, celui-ci affiche une musique ample et au cœur gros, fenêtre ouvertes sur le monde extérieur.

La production plus spacieuse s’intègre la plupart du temps à merveille à l’esprit de Gunn rappelant le Grateful Dead de American Beauty. « Milly’s Garden » juxtapose une merveilleuse guitare en open tuning à la poignante description d’un personnage, une femme, malchanceuse de naissance mais cherchant à trouver une issue. C’est en cet équilibre entre obscurité du réel et quête infatigable du soleil que se joue Way Out Weather ; et l’écoute en vaut la chandelle.

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14 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Pine Hill Haints: « The Magik Sounds of the Pine Hill Haints »

La pochette de The Magik Sounds of the Pine Hill Haints, le 5°album de ce groupe d’Alabama populaire régionalement capture à merveille l’esprit irrévérencieux du combo. Deux squelettes de mains invoquent les éclairs sous le nom du groupe écrit avec un lettrisme rappelant les affiches vintage qu’on trouvait sur les bords de routes.

Le tout semble imprimé sur un vieux livre datant de comics des 70’s eprésentant des publicités pour des monstres d’Halloween, de vieux tours de magie et de tout un tas d’artefacts liés à l’occulte. Quelque part Pine Hill Haints ont décidé de reprendre ces mythologies populaires et leur donner une réalité qu’elle n’ont jamais eue.

Pour asseoir cette crédibilité leur musique délivre ce que toutes ces légendes populaires nous faisaient effleurer sans qu’on y croie réellement. La première méthode est l’impact (14 plages en 37 minutes) pour ces musiciens qui se définissent comme des pourvoyeurs de « ghost music » que ce soit au niveau des sujets traités que de l’instrumentation.

Il s’agira alors d’utiliser les outils traditionnels (Katie Barrier au washboard, à la mandoline, et à la scie musicale et son mari, Jamie, aux vocaux, violon et guitares, Matt Bakula et Ben Rhyne au washtub et à la caisse claire et Sarah Nelson à l’accordéon) pour délivrer un son plein en dépit de la brièveté de certaines plages.

Le résultat est celui d’un album qui semble être partout mais dans lequel la dispersion stylistique est source de vitesse, pression et dextérité. On a, par conséquent, l’impression d’assister à un véritable assaut sur l’esprit, une indéracinable et inflexible attaque de sur notre entendement, bref une musique gothique qui, à partir des éléments les plus organiques qui soient, nous infligent affres qui ne pourraient venir que d’un autre monde.

Si les Ramones s’étaient formés dans les années 20, ils se seraient appelés The Pine Hill Haints ; tout comme eux ils développent une vision qui n’est certes pas originale mais ils puisent aux tréfonds de ce qui est aussi notre moteur pour nous faire croire, quelques instants, que le magique existe quelque part.

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6 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Old 97’s: « Most Messed Up »

Cela fait vingt ans que Robert Miller, leader du groupe de alt-country The Old 97’s, célèbre deux choses : l’amour et la nausée. Most Messed Up continue dans cette tradition où The Old 97’s cultivent cet alliage détraqué de refrains boueux et crottés.

Les compositions sont toujours un appel, si ce n’est aux armes, du moins à se bourrer la gueule, ceci de manière toujours digne, au travers d‘un mégaphone aux accents country si aisés à identifier. Les accords de Miller ne méritent plus aucune introduction mais sa façon adroite de scruter ce que c’est que d’être un musicien imprégné par le scotch ou la bière a cette tonalité véridique dans la mesure où elle expose sans fard les conséquences que peut avoir ce penchant.

Most Messed Up n’est donc pas un hymne à l’alcool de plus ; d’ailleurs il est au niveau de l’instrumentation « tempéré » par la lap steel de Tommy Stinson qui ajoute à des motifs assez standards une surcouche opportune.

L’album s’ouvre sir ce qui est également le « single », « Longer Than You’ve Been Alone », une composition de six minutes dans laqulle Miller nous offre une analyse sensible de la vie de musicien rock que lui et son groupe mènent depuis de nombreuses années. « This Is The Ballde » sera un exemple de la constance avec laquelle The Old 97’s explore le registre qui est le sien.

Le combo a toujours eu une carrière discrète, ce qui, quelque part, lui permet d’oeuvrer à sa guise et sans rencontrer une attente particulière. Sa consistance est, par conséquent, inébranlable même si cette inaptitude à évoluer plus loin s’avère aussi son talon d’Achille. La participation de Stinson, pourrait être un élément déclencheur tout comme le fait que le groupe a décidé, après ce disque, de s’accorder une pause.

Au fond, quelque part, nous avons affaire ici à un témoignage autobiographique d’une carrière, avec avant tout ses aléas et son réalisme ; simplement The Old 97’s avaient, voilà 20 ans, ouvert une nouvelle voie à l’alt-country, il serait profitable qu’il s’impose désormais une cure de jouvence distincte de celle issue d’un sevrage d’alcool.

**1/2

5 mai 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Carla Bozulich: « Joy »

Carla Bozulich est un vétéran de la scène alternative et d’avant-garde de Los Angeles. Sa première appartition discographique fut avec un groupe country atypique et déjanté, sencore plus que The Violent Femmes, Geraldine Fibbers, puis elle a adopté le pseudonyme de Evangelista avant de réaliser, cette fois sous son propre nom, l’album Boy.

L’artiste le décrit comme son « disque pop » et ce, bien qu’elle s’aligne ici avec d’autres pratiquants des prises angulaires et bien azimuthées. Cela lui permet de nous présenter de la « concept high-pop » qui n’a rien à voir avec le glamour à la saccharine qu’on enregistre si souvent dans les studios.

Bien que les 10 titres oscillent entre 3 et 5 minutes et qu »’ils sont construits sur le mode chorus, couplet et pont, Bozulich utilise à merveille des éléments qui parviennent à déstabiliser ses compositions. Elle y joue guitare, basse synthés mais ajoute surtout des samples et des loops alors que John Eichenseer va ajouter d’autres clavier, de l’électronique et même de la viole.

omme St. Vincent, Bozulich est en phase avec le véritable sens d’un terme galvaudé par Lady gaga, le « art pop ». Sa voix, rappelant Patti Smith ou Kristin Hersch, déconstruit la poétsie « beat » et est l’instrument idéal pour, sous couvert d’une instumentation ésotérique, évoquer des thèmes comme le deuil (« Drowned To The Light »), le déchirement (« Gonna Stop Killing »), tous deux sombres mais exquis. « Deeper Than The Well » est plein de percussions discordantes (le batteur italien Andrea Belfi) ; de six-cordes grattées jusqu’à l’usure et de des textes bouillonnants de Bozulich.

Ça n’est que dans sa conclusion que Boy apportera un baume bienvenu avec le shoegaze crépusculaire de « What Is It Baby » et le post-rock minimaliste de « Number X ».

Au-delà de ses stratégies visant à déboulonner les structures, Bozulich redonne éclat au concept bien dévalué de la « art pop ». Loin du brillant de Lady Gaga elle nous offre un album honnête et dont la sincérité des textes ne pourra que nous toucher.

guitareguitareguitare1/2

 

11 mars 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Daughn Gibson: « Me Moan »

L’industrie du disque avait été assez surprise de découvrir l’année dernière une nouvelle niche musicale en la personne de Daughn Gibson et de son baryton sombre.Il sonnait comme s’il avait dépoussiéré de vieux morceaux de country et les avait lourdement échantillonnés et All Hell avait reçu un accueil critique délirant. Aujourd’hui, l’ancien camionneur récidive avec un Me Moan qui le voit changer de vitesse et nous présenter un son beaucoup plus détaillé et encore plus lugubre.

L’album s’ouvre sur « The Sound of Law » un mix frénétique de 3 minutes où s’enchaînent et s’entrechoquent percussions audacieuses et acrobatiques conduites par une voix traînante et comme enrouée qui semble vouloir donner le ton à Me Moan : un son plus gros et des arrangements plus riches tout en conservant cette qualité crépitante qui avait fait de All Hell un opus dans lequel on ne pouvait que cédéer à la tentation de s’y immerger.

Exemplaires seront ainsy les douces et glissantes notes de piano sur un beat en boucle et des effets électroniques discordants de « Phantom Rider » ou la subtile combinaison de funk soyeux et de rythmique piaffante sur « Kissin’ On The Blacktop ».

Le plus frappant sera pourtant la facilité avec laquelle Gibson narre ses histoires complexes de sa voix impérieuse dont le ton ne peut qu’inciter à ce qu’on les écoute. Sur « Franco » il déclare : « J’aurais aimé avoir un enfant qui n’aurait jamais refusé de mourir » et « Into The Sea » va s’ouvrir avec une ligne endeuillée où il évoque une existence vécue de l’autre côté de l’amour. Son phrasé est caractéristique de la tonalité funèbre qu’il donne à l’album même si tout n’y est pas totalement morose.

Les détails musicaux et les orchestrations intenses permettent au contraire des aperçus moins maussades à l’univers de Gibson. Les cornemuses et les rythmes martiaux des percussions sur « Mad Ocean » développent un sentiment d’élévation tout comme un « You Don’t Fade » d’où surnagent électronique et effets de transe et d’où il ne reste de country que le phrasé de Gibson.

C’est, d’ailleurs, cette voix si distinctive qui va donner liant à lun album qui, malgré les multiples atmosphères qui s’y succèdent, ne donnera jamais la sensation d’une trop grande profusion. Me Moan ne manquera pas de scintiller mais aussi de nous hanter par la grâce de ce baryton phénoménal d’où les mânes de Johnny Cash ne sont jamais très éloignées.

11 juillet 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Steve Earle & The Dukes (& Duchesses): « The Low Highway »

Cela fait près de 30 ans que Steve Earle écume le spectre de la musique américaine ; folk, country, rock sans oublier, parfois, des clins d’oeil vers la psychedelia. Sur ce nouvel album, le musicien fait ce qu’il sait le mieux faire, raconter des histoires dans la grande tradition du « story telling » US, accompagné par son groupe de tournée, The Dukes (& Duchesses).

La chanson-titre va donc dérouler son point de vue sur les contradictions de l’Amérique, étayé par une voix fatiguée reflet de sa vignette désabusée. Les accompagnements seront traditionnels ; guitares acoustiques frappées, pedal steel qui gémit garnis parfois de six cordes plus affirmées, un clavier Fender Rhodes et uen section rythmique claquante comme sur le « rocker » « Calico County ». « Burning It Down » nous montrera son côté romantique malgré la défaite ou la colère qui l’envahissent face à ses rêves détruits et « After Mardi Gras » écrit pour Lucia Micarelli et la série de HBO Treme sera délivré avec un swing délicat et un violon plein de tendresse (Eleanor Whitmore).

Tout cela contrastera avec un autre aspect de Steve Earle. Le boogie de « Pocket Full of Rain » avec une surprenante et fougueuse contrebasse ou une chanson de camionneur comme « Down the Road, Pt. 2 » et un jeu de mandoline direct et détonnant de la part de Earle.

The Low Highway se terminera sur une lente composition « americana » en 4/4, « Remember Me ». C’est un titre dépouillé, émouvante et très belle chanson d’amour entre père et fils, comme un testament issu de cette randonnée que Earle continue de nous offrir, qui s’avère sans pause, voire sans fin mais sans cesse renouvelée avec profondeur et sensibilité diaphane et subtile, même dans les refrains les plus rocailleux.

★★★½☆

22 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire