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Robert Pollard: « Of Course You Are »

Le leader de Guided By Voices, Robert Pollard est un travailleur compulsif puisqu’il a écrit près de 2000 chansons et que son nouvel opus est son 24° album solo sans compter les 23 avec GBV. On pourra argumenter que la quantité l’emporte souvent sur la qualité mais ses récentes productions, Blazing Gentlemen (2013) et Faulty Superheroes l’année dernière, figurent parmi les meilleurs albums de rock alternatif qu’il a pu nous servir.

Of Course You Are est de la même étoffe dans la mesure où, lui aussi, évite les contorsions lo-fi vaseuses de ses débuts.

À nouveau on retrouve une des ses marques de fabrique, une concision qui alimente juste comme il faut les quelques 33 minutes du disque. Les accroches son, en conséquent, dans ce cas judicieusement entraînantes et les riffs suffisamment punchy pour mettre en adéquation fond et forme.

On retiendra « Little Pigs », « My Daughter Yes She Knows » pour réjouir les fans de base et, chose intéressante, un « Losing It » aux accents à la Jeff Lynne pour, qui sait ?, élargir un potentiel allant vers un mainstream gracieux qui n’aurait pas à rougir de cette appellation.

***1/2

 

21 juin 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Warpaint: « Warpaint »

Warpaint est un groupe sexy. Non pas parce que ce quatuor de Los Angeles est composé uniquement de femmes mais parce que, non seulement ses membres jouent impeccablement mais qu’ils possèdent aussi cette force jubilatoire et pétillante digne des groupes les plus « virils » de ce coé du rock indépendant

Il leur a fallu environ trois ans pour que à The Fool succède Warpaint mais si l’adrénaline est toujours là, les studios prêts à être pris d’assaut et qu’une pub pour Calvin Klein leur a permis de ré-assumer leurs rôles, cet album éponyme met fin à la cacophonie entourant son attente et nous montre un groupe dont l’identité sonique s’est affinée sans perdre de sa verdeur.

« Intro » ouvre la bal, indiquant un chemin pris plus brumeux et dont le danger est véhiculé par des tentatives post-rock. Mi-Godspeed, mi-M83 il semble s’être défait d’un passé d’où ne subsistent que les délicieuses textures du précédent opus. Chemin incertain donc puisque les frontières en sont brouillées sous la forme d ‘un « Keep It Healthy » qui prend le relais de « Intro », fusionnant ainsi les frontières entre les plages. C’est un rock sombre par ses percussions mais flamboyant par sa rythmique avec des touches de folk hispanisant mais aussi des guitares qui ondulent, s’affaissent puis se ressaisissent esquissent comme un tango allumeur mais aussi séduisant, sans jamais dépasser la frontière du déclamatoire. Warpaint continue dans le climat sexy, mais il y ajoute une touche de hantise.

Le « single » est tout autant habité mais « Love Is To Die » se singularise par un gros son de basse mais dénudé et à la simplicité trompeuse. Le chorus est, en effet, emmailloté dans une atmosphère de désespoir encadrant le brillant et brûlant travail de la guitare et les vocaux agistés de Emily Koval.

Warpaint est toutefois signe d’évolution ; « Biggy » s’aventure vers des terrains numériques avec des rythmes robotiques et caverneux, moins gratifiants sans doute que la Warpaint traditionnel dans la mesure où les textures se dissolvent et sont rempalcées par un sorte d’opera-rock émacié et tordu.

D’une manière générale, les guitares sont toujours là mais elles s’avèrent moins vitales aux mélodies et aux fondements des titres, l’électronique s’y fait d’ailleurs une part plus belle ce qui permet au groupe d’aborder différents genres. Pêle-mêle, outre l’électronique, la palette sera faite de dream-pop en pâamouison, de world music et avant tout d’une plus grande emphase mise sur la création de paysages sonores, d’instrumentation et la notion de composition succédant à la pop-rock cassante des débuts.

Plus poli et soigné, Warpaint n’en ont pas pour autant jeté par dessus bord leur instinct brut ; ils traversent avec aisance l’angoissant et le sexy (« Disco // very » et un folk mâtiné d’électronique (« Teese »). Quelque part, Warpaint est plus vif et menaçant que The Fool, entraînant une accessibilité qui ne se distancie pas comme précédemment des traumatismes et, conséquemment, des climats empathiques, inconnus jusqu’à présent.

21 janvier 2014 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire