No BS: Just Rock & Roll!

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The Berries: « Berryland »

Il n’y a même pas un an, The Berries avaient publié leur album nommé Start All Over Again. Le projet musical mené par le natif de Seattle Matt Berry avait pris un nouveau départ avec son nouveau groupe qui flirte avec les sonorités 60’s et alt-country. Les voici de retour avec leur successeur nommé Berryland.

Cette fois-ci, The Berries élargit un peu plus sa palette musicale en empruntant des sonorités plus garage comme l’attestent des titres tels e l’introduction nommée « Makes Me Sick » mais également « Fruit » et « Passing Scene ». Entre les textes faisant l’écart entre optimisme et fatalisme de Matt Berry et les arrangements audacieux des compositions à l’image du plus mélancolique «  Lowest Form Of Life » et « D.Y.W.I.B. », il n’y a qu’un pas.

Tour à tour noisy et mélodique, Berryland est un album qui fourmille de bonnes idées. Il n’y a qu’à juger les morceaux comme « Along The Water » et « Pedestal » pour se rendre compte que The Berries possède le sens de la mélodie. S’achevant sur un « Heavy Rain » des plus glorieux, The Berries continuent sur une lancée qui fait d’eux un des groupes incontournables du moment.

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7 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Orville Peck: « Pony »

Beaucoup iront prendre un malin plaisir à le surnommer le MF DOOM de la scène alternative country tout simplement parce qu’il avance visage masqué. Et pourtant Orville Peck est bien au-delà de tout cela car le mystérieux musicien originaire du Nevada a décidé de se révéler à nous avec son premier album intitulé Pony.

Derrière son chapeau de cowboy et de son masque en cuir, Orville Peck reste avant tout un musicien qui possède un sacré caractère. Inspiré par les grands actes de ce courant musical comme Townes Van Zandt, Merle Haggard ou encore Willie Nelson, il se démarque par son originalité à travers des morceaux bien aventureux à l’image du titre d’ouverture nommé « Dead of Night » qui, comme son nom l’indique, fascine par ses ambiances nocturnes.

Petit à petit, le mystère est levé face à l’univers d’Orville Peck qui se dévoile de plus en plus. Avec des ritournelles country originales bien enlevées tels que « Turn To Run » et « Winds Change » ou encore des plus ténébreux « Buffalo Run » aux guitares savamment distordues, le bonhomme du Nevada revendique la culture queer à laquelle il a baigné. Entre moments spacieuses avec « Queen of the Rodeo » et « Hope to Die » et d’autres plus solennels avec la ballade lo-fi nommée « Kansas (Remembers Me Now) » ou encore « Nothing Fades Like The Light », tout laisse à penser le Far West peut nous réserver de bonnes surprises de taille. Et c’est sans compter sur le talent venu d’ailleurs du cowboy masqué.

***1/2

 

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jake Xerxes Fussell: « Out Of Sight »

En l’espace de deux albums, Jake Xerxes Fussell trace son bonhomme de chemin tranquillement et de son côté. Après avoir collaboré avec d’autres pointures de son genre comme Nathan Bowle, le guitariste de Durham présente donc son successeur nommé Out of Sight.

Une fois de plus, Jale Xerxes Fussell nous y embarque dans un nouveau voyage riche en émotions. Marchant toujours sur les allées country-folk aux fausses allures de vintage qui ont fait sa renommée, le musicien s’est entouré de la crème de la crème, à savoir Nathan Bowle qui lui renvoie la pareille mais également Casey Toll, Nathan Gollub et de Libby Rodenbough et James Anthony Wallace pour un résultat plus que collaboratif.

Résultat des courses, on retrouve le travail collectif à travers des compositions alt-country/indie folk envoûtantes comme « The River St. Johns » qui ouvre le bal mais également « Oh Captains » et « Jubilee » qui défient la notion du temps. On a l’impression de plonger dans des vieux libres poussiéreux du siècle dernier lorsque l’on écoute d’autres perles que sont l’instrumental nommé « Three Ravens » ou bien même « Winnsboro Cotton Milli Blues » et « 16-20 » tandis que la pièce maîtresse de 7 minutes intitulée « The Rainbow Willow » viendra sublimer le tableau un peu plus.

Une fois de plus, Jake Xerxes Fussell sublime un peu plus son art à travers un opus qui possède des faux airs de suranné. Ce nouvel album s’inscrit dans la lignée de la discographie d’un guitariste montrant qu’il possède encore de la réserve. Encore du bel ouvragede sa part.

***1/2

22 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lambchop: « This (is what I wanted to tell you) »

Ce groupe alt-country de Nashville formé par le désormais culte Kurt Wagner avait entrepris un virage radical mais incroyablement audacieux en 2016 avec un Flotus qui lui a valu toutes les louanges et c’est dans cette optique-là qu’ils poursuivent leur évolution sur leur treizième opus, This (is what I wanted to tell you) paru 25 ans après leur tout premier disque.

Alliant country alternative avec des influences plus modernes, Lambchop continue de nous toucher avec son art. On retrouve donc la voix auto-tunée de Kurt Wagner ainsi que les grooves sophistiqués et les synthés modulaires sous un nouveau jour à travers des morceaux romantiques et inventifs comme « The new isn’t so you anymore » en guise d’introduction mais aussi « Crosswords, or what this says about you » et le plus touchant « The lasting last of you ».

En plein milieu de ces morceaux contemplatifs avec l’expertise de Matthew McCanaughan (Bon Iver, Hiss Golden Messenger) comme « The air is heavy and I should be listening to you » et « The December-ish you » résonnent tout de même quelques moments on ne peut plus enlevés comme le plus rythmé « Everything for you ». Pour le reste, Lambchop a l’air de se complaire dans ce virage musical où l’organique et le synthétique ne font plus qu’un afin de créer un genre de folk 2.0 où les sonorités electronica et alternative soul arrivent à s’immerger afin de mieux nous toucher comme il se doit. Des réinventions musicales de ce genre, on prend acte du message et  applaudit bien évidemment.

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27 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Doug Paisley: « Starter Home »

Le songwriter Doug Paisley n’a pas inventé la poudre, en revanche on ne pourra décemment pas lui retirer certaines qualités qui, aujourd’hui, suffisent amplement au plaisir d’une certaine écoute. Il possède, en effet, un art avéré de mettre en boite des compositions soigneusement arrangées selon les us et coutumes inhérentes à son style de musique o, également, un réel savoir-faire à composer de solides et chaleureuses mélodies. Paisley connait ses gammes et maîtrise à merveille les codes du genre. Starter Home quatrième LP du musicien canadien est une collection homogène de compositions country-folk, toutes, il faut le dire de bonne facture. L’opus regorge de riches arrangements mais aussi de subtiles arpèges de guitares lovés dans des compositions acoustiques et sa musique crépite comme du petit bois se consumant dans un feu de cheminée accueillant et bienvenu.

L’artiste canadien est à la croisée de différents styles : Paisley ne baigne pas dans la country alternative ou alt-country (americana), ses compositions ne sont pas profondément habitées – autrement dit sa country-folk n’est pas dépressive (il tourne avec Will Oldham mais il ne fait pas du Palace Brother), à l’exception peut-être de sa collaboration sur le single « Until I Find You » (avec Bonnie « Prince » Billy), ces chansons lorgnent subtilement vers la pop avec un fort penchant pour la folk et sa country n’est pas rock. E, bref, il a son style bien à lui avec voix attachante au timbre éraillé et fatigué, calé entre le ténor et la basse, et covenant parfaitement parfaitement à son registre.

D’emblée, toute se veut cool et paisible avec un « Starter Home » la voix de Paisley est accompagnée par la pedal steel guitar de Michael Eckert et la basse de Ben Whiteley. Le temps semble s’y figer, comme pour ne laisser place qu’à la musique.

Les 8 compositions suivantes (à diverses degrés) resteront figées sur cet écrin dépouillé et folk, baignant dans un nuage de mélancolie. Le plus bel exemple en sera le poignant « Drinking with a Friend », une belle réussite intimiste magnifiée par la guitare à résonateur de Don Rooke et l’orgue de Chuck Erlichman.

Paisley aime, en outre, partager le chant avec les artistes canadiennes, notamment Leslie Feist en 2010 et Margaret O’Hara en 2014. Il se dote aujourd’hui d’harmonies vocales sur les trois derniers morceaux avec l’interprète canadienne Jennifer Castle. « Waiting” » sera ainsi un beau moment de communion intimiste magnifié par un violon et un piano, tout le contraire de l’entraînante et excitante conclusion « Shadows » que l’on pourra presque qualifier d’anomalie par rapport à la tendance générale. Ce sera pourtant la conclusion idéale d’un n album sui saura nous perturber doucement tou en nus laissant adhérer à un idiome familier et, au bout du compte, confortant.

***1/2

 

16 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jess Williamson: « Cosmic Wink »

Plus Cat Power (voire Mazzy Star) que Jessica Risker, Jess Williamson est aussi une artiste indie folk qui comptera cette année.
Moins à fleur de peau que Chan Marshall, cette native du Texas délivre une poignée de chansons qui tirent par moment vers une alt-country planante et romantique pas désagréable du tout.
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5 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Odetta Hartman: « Old Rockhounds Never Die »

Plus étrange que l’étrangeté ; ainsi pourrait-on qualifier Old Rockhounds Never Die l’album « indie » (à défaut de véritable dénomination) de Odetta Hartman. Bizarre, certes mais dans le bon sens du terme.

Serait-ce du blues ? Pas du tout. De la country ? Peut-être bien ; n’y entend-on pas un banjo et de la slide guitar ? Oui, mais il n’y a rien, à entendre Hartman, qui puisse nous faire imaginer des fans de country battant la mesure sur un disque si incongru.

Il y a un titre pourtant : « Cowboy Song », mais nulle part n’y perçoit-on le galop d’un étalon dévalent le long des Rocheuses.

Tout y est beaucoup plus subtil. Comme, par exemple le mariage improbable entre Björk et Dolly Parton… mais avec un rejeton dépourvu des marques de fabrique de chacune d’entre elles.

Schématisons à l’extrême ; Old Rockhounds Never Die c’est comme si on avait demandé aux deux vocalistes de collaborer sur un album dans lequel elles ne seraient pas autorisées à faire ce qu’elles font d’habitude, ce sur quoi elles sont le plus connues.

 

Le résultat est forcément étrange oui, mais il est diablement bon. On y trouve des virages et des méandres inattendus… et la voix extraordinaire de Odetta Hartman. Une mélancolie indéfinissable mais prégnante qui nous rappellerait Lindi Ortega. Si vous êtes fan de cette dernière, vous serez conquis par Odetta.

Détallons le fait que certaines des compositions sous sous la barre de la minutes et ne boudons pas notre plaisir de 32 secondes qui nous fait fredonner le sublime « Auto ». Sur un autre registre, « Carbon Copy » s’étend sur 5 minutes de piques de guitares alternées et la faconde de cette voix omniprésente.

Le tout s’amalgame sans heurts, délicieux mix de vocalises humaines, de croassements de batraciens et de chants d’oiseaux : j’ai dit « bizarre » ? Un effort est nécessaire pour ce dadaïsme sonique, mais qui, indubitablement, mérite l’écoute.

****1

28 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Violent Femmes: « We Can Do Anything »

The Violent Femmes n’ont jamais eu le succès de certains de leurs pairs, tout écervelés qu’ils aient pu être. Leur place dans l’histoire de la musique va néanmoins ien plus loin que ce que leur « Blister in the Sun » , seul titre qui leur a valu une notoriété relative.

On aurait donc tort de passer sous silence l’influence qu’a pu avoir Gordon Gano ces trente dernières années. Ses récits sont souvent névrotiques, avec des thématiques tournant autour des notions d’amour et de frustration, et elles sont, dans leur grande majorité, étayées par une imagerie surréaliste et une punk-rock propulsé par une guitare acoustique.

Leur jachère créative semble être achevée sur ce We Can Do Anything qui est la résultante de plusieurs années passées à tourner et à conserver une audience toujours aussi fidèle et attentive ces derniers temps. Il était logique que soient demandées de nouvelles compositions à ces icônes cultes et, malgré les craintes qu’on aurait pu avoir, cet opus de 10 chansons peut aisément rivaliser avec leurs premières productions dans les années 80. Gano revisite ainsi ses vieux journaux et y ajoute quelques demos avec une voix qui sonne toujours aussi jeune, ce qui, à l’instar de Robert Smith ou Frank Black, ne peut être que réjouissant.

« Memory » ouvre les choses d’une manière enlevée propre à nous ravir avec ces guitares gratouillées à la n’importe comment et une shuffle de percussions revigorantes, « I Could Be Anything »,  lui, lorgne du côté de la comptine pour marins avec esprit et truculence. « Issues » sera un véritable festin auditif de chorus successifs et « What You Really Mean »nous offre une bien jolie tranche d’Americana accouplée à du Dylan.

Recette éprouvées certes mais toujours d’une actualité bien vivace ; le morceau terminant l’album, « I’m Not Done », sera à lui seul preuve que The Violent Femmes demeure un combo prometteur tant sa verdeur semble encore aujourd’hui inaltérable.

***1/2

20 juin 2016 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Pinegrove: « Cardinal »

Cardinal, le deuxième album de ce groupe du New Jersey, est un disque dont la charge principale est l’émotion, assortie de ce dilemme existentiel qu’est prendre conscience de son âge qui avance et l’assortir d’une guitare dont la tonalité est celle d’un « twang » mélancolique.

Tout est livré ainsi au débotté , que ce soit un texte comme « Old Friends » ou une instrumentation où le rock indie flirte avec l’americana.

C’est un choix judicieux pour ce qui est d’évoquer ce crépuscule qui tombe de manière prématurée sur des humeurs qui ont nom angoisse et perte. La sixe cordes sur « Then Again » contient ainsi sauvagerie et délié, pureté et œil féroce tout comme « Aphasaia » qui en est une suite parfaite.

Pour s’extraire du désagrément, « New Friends » touchera le dernier point cardinal en clôturant le disque sur une note d’espoir plus soul ne serait-ce que pour capter une attention qui nous laissera cois et presque apaisés.

**1/2

9 juin 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Freakwater: « Scheherazade »

Janet Beveridge Bean et Catherine Irwin font de la musique depuis presque 30 ans et elles furent des pionnières en ce qui consiste à marier l’esthétique bluegrass à l’éthique punk. Leurs compositions marient la mythologie travailleuse mâtinée d’un brin d’ironie non négligeable.

Cela leur permet de ne pas cultiver les poncifs de l’un ou l’autre genre et surtout de ne pas s’enfermer dans des constatations terre à terre.

Scheherazade est leur premier album studio depuis une bonne décennie et le combo continue de combiner avec bonheur harmonie et dissonance manière de prouver qu’un genre n’est pas limitatif. Ajoutons un talent pour la composition comme sur »Velveteen Matador » titre outlaw country de la plus belle engeance ou « Take Me With You », rengaine ressuscitée qui cumule pastiche et hommage, et on obtient un opus dont la différence intelligente l’emportera sur le rebattu.

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28 avril 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire