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Roddy Frame: « Seven Dials »

Roddy Frame est un illustre membre de l’aristocratie rock écossaise depuis les années héroïques où il était en charge de Aztec Camera et de son répertoire qui allait du son le plus cristallin à des tonalités plus encombrées ou à des ramifications vers le jazz.

Sa carrière solo a été plus cohérente à ce niveau et il est parvenu à maintenir une certaine aura malgré peu de productions discographique et grâce à des concerts incendiaires. En effet cet album n’est le 4° depuis 2006 et il s’inscrit, principalement, dans une démarche qui est celle du changement.

Les titres parlent de voyages, de départs, d’arrivées, de transitions et de mouvements. Comme d’habitude chez lui ce sont des chansons d’amour mais nous sommes ici confrontés à ses suites plutôt qu’à son déroulement, ou l’approche plutôt que le dénouement.

Pour cela il fallait beaucoup de nuances et d’émotions et Seven Dials est un disque merveilleusement plein de ces moments où les sous-entendus sont table de loi.

Ceux qui sont amateurs de pop chatoyante trouveront de quoi les ravir avec « Postcard », un moment exotique de « blue eyed soul » avec une ligne de guitare en perpétuelle ascension tout comme avec le « single » ensoleillé qu’est un « Forty Days Of Rain » qui ne fait que démentir son titre par son refrain rédempteur et son phrasé vocal parfaitement ajusté.

La vois du chanteur demeure parfaitement en place et équilibrée, riche et foisonnante tout en traduisant à merveille le climat de perte, de résignation ou d’espoir qui est parfois véhiculé (« Rear View Mirror ») L’affliction sera encore mieux traduite sur le minimalisme de « English Garden » ou de la chanson titre.

On a souvent reproché à Frame de se cantonner dans le statut d’observateur détaché, sur Seven Dials c’est une toute autre affaire. Les émotions sont présentes, sans fard, et donnent à l’auditeur la sensation que l’artiste a changé. Qu’il ait fallu attendre 8 ans pour arriver à cette constatation ne pourra que le réjouir, et nous avec !

***1/2

14 mai 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Rod Stewart: « Time »

Il y a belle lurette que la crédibilité « rock » de Rod Stewart a disparu. Entre « jet set » et albums de reprises qui peinaient à émuler les brillantes tentatives de Bryan Ferry dans le registre « crooner » celui qui fut une des plus belles voix de la musique populaire anglaise n’était plus attendu par personne.

Time voit pourtant , semble-t-il, le vocaliste retrouver sa muse puisqu‘il agit du premier album intégralement composé par Stewart depuis 20 ans.

Comme pour ce type de retour et, contrairement à celui de David Bowie, celui-ci ne laisse qu’une impression mitigée. Sans doute est-ce un tribut laissé par ses dernières manifestations, les compositions les plus intéressantes seront les plus lentes et les plus introspectives : « Brignton Beach » et ses guitares acoustiques et le country-jazz façon Ray Charles de « Pictures In A Frame ».

Autres bons moments, certains « rockers » qui parviennent à fonctionner : « Live the Life » rappellera « Maggie May » grâce à son violon, « Finest Woman » les Faces avec ses arrangements de cuivres punchy ou le « single » « It’s Over ».

Moins concluantes seront les productions où les synthés vont s’emparer de l’affaire, tout particulièrement un « Sexual Religion » dont le titre en soi devrait nous faire fuir.

En même temps peut-on reprocher à Stewart cette gouaillerie de mauvais goût qui l’a toujours caractérisé ? Soyons juste satisfait que le temps n’ai pas eu prise sur la voix et que celle-ci pourrait encore se mettre au service de compositions qui tiendraient la route.

★★☆☆☆

27 mai 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire