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Dido: « Still On My Mind »

Vingt ans ont passé depuis No Angel, six depuis Girl Who Got Away. Voilà maintenant Still On My Mind, cinquième album de Dido, de son propre aveu presque accidentel tant personne ne l’attendait, pas même elle. On veut bien le croire : cela s’entend. Toujours avec son frère Rollo Armstrong, son proche collaborateur depuis ses débuts, Dido a conçu des morceaux qui louvoient, incapables de former une matière cohérente. À force de s’éparpiller entre dance, électro, dream pop et folk, avec ici et là des apparitions de choeurs tribaux, de cuivres ou encore d’effets drone, l’ensemble devient bavard et même factice au point où on n’attend plus que la fin.

Si Dido a toujours une voix chaude et intuitive d’une solidité irréprochable, sa réflexion sur la maternité — notamment sur « Have to Stay » et « Hurricanes », dont les deux premières minutes étaient fort prometteuses — manque de portée, de subtilités. Seule « Some Kind of Love », à la guitare acoustique, apparaît comme un effort mélodique et vocal fort, d’une présence entière. Dommage.

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9 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Diana Krall: « Wallpaper »

Diana Krall fait partie de cette génération de chanteuses pianistes jazz/pop à la voix chaude, oeuvrant dans un registre sophistiqué et stylé qu’on considère de bon ton et « adult oriented ». Son jeu instrumental est classieux et feutré et ce nouvel opus, composé d’une réinterprétations de ballades pop des années 60 et 70, ne fera qu’accentuer ce goût pour un certain répertoire d’autant qu’elle s’est adjoint la production de David Foster connu pour ses arrangements surchargées et kitsch.

Hormis un inédit de Paul McCartney, il sera facile de reconnaître la plupart des reprises qui restent des standards. The Eagles (« Desperado », « I Can’t Tell You Why ») sont de la partie tout comme Elton John (« Sorry Seems To Be The Hardest Word »), 10cc et leur « I’m Not in Love ») ou « Don’t Dream it’s Over » de Crowded House.

Il serait difficile de gâcher ces ballades et Krall a le mérite de dénicher une valse country obscure de Dylan et de reprendre Randy Newman (ou plutôt la version que fait Linda Rondstadt de « Feels Like Home »). Les deux s’insèrent parfaitement dans cette opulence à l’inverse de « California Dreaming » des Mamas & Papas et du « Superstar » de Leon Russell qui pêchent par la pauvreté évocatrice dans la voix de Krall.

Wallpaper porte bien son nom ; il fera office d’arrière fond sonore à la cible qui est celle de Krall. On regrettera une non prise de risque qui se serait traduite par une occasion de faire connaître des trésors enfouis ou de donner aux classique repris une nouvelle signification.

**1/2

8 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire