Pegi Young & The Survivors: « Lonely In a Crowded Room »

12 janvier 2015

Pegi Young était avant tout connue pour son travail dans des organisations de bienfaisance avant qu’elle ne s’aventure vers des territoires musicaux en 2000 an tant que « back up  singer » de Neil Youg, à l’époque encore son époux.

On remarqua alors sa voix étonnamment puissante et elle embaucha très vire une belle petite brochette de musiciens pour créer The Survivors et commencer à enregistrer. Lonely In a Crowded Room est son quatrième opus, disque sur lequel la chanteuse exerce son talent mélancolique sur 7 des 10 Titres. On la voit étendre son répertoire qui va passer du folk alternatif à des éléments jazz, soul, R&B et cuntry classique.

Dès le morceau d’ouverture, « I Be Weary », le décor est planté ; il est intimiste et les textes se veulent honnête, caractéristique qui ne l’abandonners pas sure un rocker plein de punch comme « Obsession » et se nuancera parfois d’ironie caustique sur un « Better Livin’ Though Chemivals » charge féroce contre l’industrie du médicament.

Young a choisi des reprises en se cantonnant à un registre émotif.  « Ruler of my Heart » est un classique soul de 63 écrit par Allen Toussaient sous le pseudonyme de Naomi Neville, « Lonely Women Make Good Lover » est un honky tonk composé par son clavier, le légendaire « songwriter » Spooner Oldham qui est atteignit le Top 4 des charts country US en 84 et la troisième est une autre chanson soul, « Don’t Let Me Be Lonely » de Diana Haig.

Pegi Youg & The Survivors oeuvreront dans un mélange de country at de rock & roll presque cliché sur la chanson titre mais ce qui est frappant avant est est la passion qui émane du disque et en génère des braises. Si on ajoute qu’une large partie des fonds recueillis ira à une association pour enfants handicapés, on ne pourra que louer le fait que, devenue artiste, Pegy Young n’ait pas délaissé sa vocation première.

***


Ed Sheeran: « x »

25 juin 2014

Pour beaucoup Ed Sheeran n’est rien de plus qu’un aimable s »inger-sonwriter « s’attendant à un déluge de mauvaises critiques puisqu’il travaille également avec Taylor Swift et en particulier son méga-hit « Eerything Has Changed » et avoir ouvert pour T-Swizzle.

Cela a néanmoins donné un « boost » à sa carrière et fait découvrir un artiste sensible dont le penchant pour les compositions acoustiques se mêlaient à un léger hip-hop et R&B. Cette hybridation en termes de genre n’est pas un geste calculé dans la mesure où sa voix est très soul et son phrasé proche du slam. Ces influences sont encore plus prononcées sur x (pour « multiplier ») son deuxième album.

Pour exemples, notons « Sing » où, assisté par Pharell Williams, il semble émuler le style pop gigolo de Justin Timberlake ou « Don’t » un long baiser appuyé au R&B de la fin des 90’s.

Le reste du temps pourtant, la participation de membres de Snow Patrol lui permet de produire un excellent electro-folk avec « Bloodstream » alors qu’une mélodie menée placidement au piano (« Nina ») introduit une belle lamentation ce que peuvent être les relations humaines. « Welcome To My World » oeuvrera dans le même moule mais, avec intelligence, Sheeran se montrera capable d’équilibrer ces humeurs par des falsetos ou une pop acoustique fragile comme sur « One » et ‘I’m A Mess ».

La production, par contre, vise de manière évidente le Top 40 et elle le fait sans fausses notes d’ailleurs. ON sent que pour Sheeran elle n’est que prétexte à disséquer les conséquences des plaisirs fragiles qu’il fait semblant de glorifier. On en a une trace sur « The Man » où son hédonisme et sa complaisance sont percés de manière ironique et où il n’hésite pas, par ailleurs, à aborder des sujets plus graves comme la fugue (« Runaway ») ou le mal du pays (« Homesickness »).

x est un album solide solide et loin d’être insignifiant. Sheeran y admet que grandir c’est traverser une phase de turbulences mais où il affirme aussi que naviguer au long de la vie est question de confiance, une chose pour laquelle semble bien armé.

***


Natalie Merchant: « Natalie Merchant »

24 mai 2014

Apres avoir quitté Ten Thousand Maniacs, sa chanteuse Natalie Merchant s’était orientée vers une carrière solo où alternaient albums plutôt « mainstream » et collaborations plus aventureuses. S’ajoutaient des entreprises philanthropiques qui, parallèlement, influençaient son écriture depuis 2001 et son opus Motherland.

Très années se sont donc écoulées pour la voir sortir un disque dont le titre, éponyme, semble vouloir marquer une nouvelle appréhension de son identité. La pochette, sui voit son visage plutôt tourmenté et marqué par des barres qui le strient, va également dans ce sens et, même si la plus grande des compositions respirent la poésie et la passion, ils exsudent également une humeur sombre et pessimiste qui ne semble subir aucune nuance, en particulier quand ses réflexions .personnelles sont apocalyptiques et évoquent le déni, la cupidité et l’instinct de destruction.

Vision de l’americana pour le moins sinistre, production assurée par Merchant elle-même dépouillée, la musique sera sans concession sauf sur le titre d’ouverture, l’enlevé « Ladybird ». Une nonchalance étrange parcourt les plages, minimalistes mais traversés par des orchestrations légères adoptant le même tempo.

« The End », dernier morceau de l’album sera particulièrement grandiose alors que le reste du disque sera  constitué de titres plutôt « roots » qui se consumeront lentement comme « Go Down Moses » et ses références obliques à la Nouvelle Orléons et à Katrina. « Seven Deadly Sins » fera une allusion à un autre catastrophe sur fond de rythmique militaire et regrettera mélancoliquement le lent passage du temps illustré par un piano jazz honky tonk.

Le reste des morceaux s’agrippera à une simple guitare acoustique riche en arpèges ou une basse, une clarinette et un saxo. Quelles qu’en soeint les manifestations, Merchant chante toujours avec cette force évocatrice qui la situe dans un style de voix malléable oscillant entre folk et « torch singing » ; quel que soit le registre choisi, elle le fait merveilleusement.

***1/2


Roddy Frame: « Seven Dials »

14 mai 2014

Roddy Frame est un illustre membre de l’aristocratie rock écossaise depuis les années héroïques où il était en charge de Aztec Camera et de son répertoire qui allait du son le plus cristallin à des tonalités plus encombrées ou à des ramifications vers le jazz.

Sa carrière solo a été plus cohérente à ce niveau et il est parvenu à maintenir une certaine aura malgré peu de productions discographique et grâce à des concerts incendiaires. En effet cet album n’est le 4° depuis 2006 et il s’inscrit, principalement, dans une démarche qui est celle du changement.

Les titres parlent de voyages, de départs, d’arrivées, de transitions et de mouvements. Comme d’habitude chez lui ce sont des chansons d’amour mais nous sommes ici confrontés à ses suites plutôt qu’à son déroulement, ou l’approche plutôt que le dénouement.

Pour cela il fallait beaucoup de nuances et d’émotions et Seven Dials est un disque merveilleusement plein de ces moments où les sous-entendus sont table de loi.

Ceux qui sont amateurs de pop chatoyante trouveront de quoi les ravir avec « Postcard », un moment exotique de « blue eyed soul » avec une ligne de guitare en perpétuelle ascension tout comme avec le « single » ensoleillé qu’est un « Forty Days Of Rain » qui ne fait que démentir son titre par son refrain rédempteur et son phrasé vocal parfaitement ajusté.

La vois du chanteur demeure parfaitement en place et équilibrée, riche et foisonnante tout en traduisant à merveille le climat de perte, de résignation ou d’espoir qui est parfois véhiculé (« Rear View Mirror ») L’affliction sera encore mieux traduite sur le minimalisme de « English Garden » ou de la chanson titre.

On a souvent reproché à Frame de se cantonner dans le statut d’observateur détaché, sur Seven Dials c’est une toute autre affaire. Les émotions sont présentes, sans fard, et donnent à l’auditeur la sensation que l’artiste a changé. Qu’il ait fallu attendre 8 ans pour arriver à cette constatation ne pourra que le réjouir, et nous avec !

***1/2


Tori Amos: « Unrepentant Geraldines »

13 mai 2014

« 50 is the new black. » C’est ce que dit la chanteuse sur « 16 Shades of Blue » un des titres de Unrepentant Geraldines, le quatorzième album de cette atiste, nominée à juste titre aux Grammy Awards.

Il est difficile pourtant de s’imaginer en quoi l’artiste peut soudainement s’intéresser à ce qui est en vogue dans la mesure où, selon notre appréciation, elle l’a toujours été ou elle a toujours eu une carrière atypique. Il est vrai que sa nature a toujours été conceptuelle et que celle qu’on a surnommée « la nouvelle Kate Bush », si elle fait preuve de tempérament, l’exerce avant tout dans des disques qui ont une trame ou qui ont genèse particulière.

Ce nouvel album est né de diverses peintures ou esquisses et, à cet âge fatidique qu’elle mentionne, elle fait presque figure de genre à elle toute seule pétrie des ses textes confessions au piano et de cette voix oscillant entre le soprano et le mezzo-soprano.

Unrepentant Geraldines est, à nouveau, un disque thématique et articulé qui la voit encore plus hors du temps et soigneusement détaché de l’univers de la « pop ». Peut-on citer une autre artiste qui ne serait pas engagée dans cette course à la notoriété, d’ailleurs ?

Ici, Tori maos nous délivre un album intime et personnel, toujours au travers d’une imagerie symbolique voire mythique, et nous délivre des récits qui s’apparentent à un retour des Enfers. Les compositions sont directes, sans doute le fallait-il, et le premier « single », « Trouble’s Lament », nous fait part de cette image infernale sous les traits d’une femme essayant de fuir Satan avec un accompagnement musical digne du swamp blues des états du Sud servant de cadre on ne peut plus adaptée à cette courses effrénée.

Les autres titres sont toujours, plus ou moins, une métaphore des enfers qui parsèment notre quotidien : « Giant’s Rolling Pin » fait allusion aux écoutes de la NSA mais est trop subtil pour se transformer en « protest song » puisque narré sous la forme d’une fable et même une ballade typique dépouillée au piano comme elle les affectionne transforme « Wild Ways » en grenade dégoupillée où ‘I hate you » a remplacé la déclaration d’amour.

« Promises » sera un ravissant duo avec sa fille de 13 ans, Natashya mais ce seront toutes ses expériences passées qui retiendront l’attention avec la chanson titre. Il s’agit d’une composition de 7 minutes, frappante, secouante, confession et message de résistance spirituelle à la fois dans lequel le yin et le yang se déchaînent et s’entremêlent, le voilé avec l’incisif, et qui la voit déclarer de façon éruptive mais oh combien avisée  ce quelque chose qui vaut pour chacun de nous : « Je vais me libérer des opinions. »  À 50 ans , plus tôt ou plus tard, il n’est pas de meilleur conseil en matière de conduite et de discipline de vie.

****