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Tant qu'il y aura du Rock!

The Proclaimers: « Angry Cyclist »

The Proclaimers ne démentent pas leur patronyme tant ils proclament leurs chansons comme si elles étaient les choses les plus importantes du monde ou plutôt de leur monde.

Les frères Reid, Craig et Charlie, ont, à juste titre été considérés comme des artistes « blue eyed soul » et l’imposant « Streets of Glasgow » met pile le doigt sur ce qui constitue leur gestalt.

Cette démarche n’a pas changé et demeure indifférente au point de vue qu’on peut avoir sur eux, The Proclaimers n’ont de cesse de nous abreuver de leurs refrains, ici il y en a 13, produits par Dave Eringa (Manic Street Preachers, Idlewild) .

Angry Cyclist est leur onzième opus et de colère (« anger ») il est question, que ce soit sur les ballades ou les titres portés par la vindicte.

On entendra donc des « rockers » à la Springsteen (« Then It Comes To Me », « You Make Me Happy »), des lamentations acoustiques étayées par des cordes (la chanson titre attaquée en forcing compulsif), de la country cosmique « (A Way With Words ») ou des compositions plus apaisantes (la merveilleuse composition valsée qu’est « The Hours Between ».

L’essence de Angry Cyclist est de vous atteindre et chaque couplet ne pouura que vous laisser dévasté. Sans doute on trouvera ici moins de gravité et d’engagement que précédemment mais l’utilisation des Telecasters maintient toujours cette tension qui demeure l’image forte du duo.

Ceux qui trouveraient The Proclaimers trop prévisibles, pourront réviser leur opinion avec un « Classy » qui étonne par ses attaques de piano façon McCartney, versatilité sont ils peuvent à loisir s’enorgueillir sur un « Battle of the Booze » dont les textes pourraient bien leur servir de nouveau cantique

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9 août 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Wilco: « Star Wars »

« Qu’est-ce qui est plus amusant qu’une surprise ? » ; tel était un récent post de Jeff Tweedy sur la page Instagram de Wilco pour annoncer l’arrivée d’un album d’autant plus inattendu qu’il était téléchargeable librement pour un certain temps. Une surprise, c’en a donc été une en effet.

Star War est le premier nouvel album de Wilco depuis The Whole World mais, d’une façon plus abstraite, c’est son premier véritable nouvel opus depuis une bonne décennie. The Whole World avait été bien reçu mais il avait été perçu comme un agrégas des meilleurs moments de Yankee Hotel Foxtrot, A Ghost Is Born et Sky Blue Sky. Le problème, derrière ce compliment, se résumait donc à ce que l’audience de Wilco pourrait avoir à se mettre dans les oreilles après ce dernier opus.

Star Wars n’est pas atteint par cette problématique. C’est l’album le plus court de Wilco, totalisant moins de 35 minutes, et il recèle une énergie punk qui se manifeste sur une grande majorité des titres et qui est assez remarquable.

La majorité des compositions sur Star Wars a totalement laissé de côté les longues jams de plus de dix minutes façon Grateful Dead, en lieu et place nous avons des professions de foi pop agitées comme « Random Name Generator » ou des grooves fuzzy rappelant les mid-70’s étayées par le travail à la guitare sans égal de Neil Cline sur « Picled Ginger ». Hormis le truculent « Random Name Generator » le morceau le plus intéressant se trouvera être « More… ». Muni d’un chorus immédiatement accrocheur c’est l’effort vocal le plus chaleureux de Jeff Tweedy depuis les meilleurs passages de Sky Blue Sky.

Les chansons de Wilco ont tendance à s’éclaircir et à acquérir une nouvelle stature interprétées «en concert. Des titres jugés trop impersonnels ou stérile sur A Ghost Is Born sonnaient parfaitement intimes dans un cadre « live » ; il semblerait qu’un certain nombres de titres sur Star Wars, comme « Taste The Ceiling » ou le « closer »« Magnetized », qu’on aurait tendance à ignorer pourraient prendre une plus grande ampleur dans ces dernières conditions.

Notons également une attitude de type « allez vous faire foutre » qui ne peut que réjouir, une insouciance qui a également servi à d’autres artistes de se faire un nom. Mais le plus important sur ce nouvel opus c’est la capacité qu’a eu Tweedy de se débarsser de certaines idiosyncrasies et d’offrir à nos oreilles de nouvelles possibilités pour Wilco. En se dépouillant d’un son et de lui donner une forme n’excédant pas les trois minutes, le groupe a assumé ses racines punks et, peut-être pour la première fois depuis dix ans, va être capable de nous faire nous demander comment le prochain album du groupe sonnera.

***1/2

23 juillet 2015 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

LIfehouse: « Out Of The Wasteland »

Lifehouse ont vendu plus de 15 millions d’albums avec un succès particulièrement considérable aux USA. Out Of The Wasteland est leur 7° album après un hiatus de deux ans pour lequel ils ont intégré un nouveau label.

La musique, du rock alternatif, n’a pas excessivement varié depuis Almeria et alterne mélodies enlevées (une chose pour laquelle ils sont plutôt doués) et titres plus mélancoliques et de petites incursions dans des beats dance sur une composition dream pop comme « Stardust ».

Dans le premier registre, on retiendra le « »single » « Hurricane », « Runaways » qui sonne comme Snow Patrol et « Fight » qui semble inspiré des Goo Goo Dolls.

À mi-chemin, on notera « Central Park » avec un climat qui puise beaucoup chez REM et, pour ce qui est des chansons où affleure la tristesse, « Wish » avec guitare acoustique douceâtre et arrangements à cordes et « Hurt This Way » accompagné par un xylophone.

Lifehouse savent indubitablement confectionner de belles chansons ; reste qu’ils ne peuvent ambitionner un rôle autre que celui de seconds couteaux. Pour les figures de proue, il faudra écouter ailleurs.

**1/2

28 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Marc Almond: « The Velvet Trail »

C’est le songwriter et producteur Chris Braide (Lanal del Rey, David Guetta, Beyoncé eou Brtiney Spears) qui a sollicité l’ancien chanteur de Soft Cell pour qu’il réalise « the ultimate Marc Almond album ». Tout le monde a une opinion sur ce dernier et chacun sait que, pour lui, chaque album représente une création finale. Il a toujours été aux limites de ses émotions, parfois même au-delà ; entre ce mélodrame et cette subversion si propres aux personnages romantiques.

The Velvet Trail n’est pas éloigné de cette problématique : des instances où est abordée une sexualité transgressive d’une part (« Bad To Me ») et tout ce qui a trait au mélodrame sera présenté en trois « actes » chacun annoncé par un court passage instrumental. Pour amalgamer les deux on trouvera un écho de cette période où décadence et mal-être cohabitaient avec un provocant « Life in My Own Way » et son atmosphère cabaret des années 30. « Minotaur » sera un « torch song » mélodramatique revisitant le mythe déjà exploré par Jean Cocteau dans ses dessins de la même manière qu’il s’était approprié le Querelle de Jean Genet.

Mais ce disque est également où Almond canalise sa sensibilité commerciale sans, toutefois, compromettre sa vision du monde assez unique. The Velvet Trail sera donc également un album pop avec des gros chorus et des mélodies immédiates. Cela donne des moments où sa voix se fait chaude et accueillante comme sur « The Pain Of Never » et où il sonne même comme si la joie s’était emparée de lui dans ce duo anthémqiue avec Beth Ditto de Gossip, « When the Comet Comes ». et on trouvera même une synth-pop enlevée façon Phil Spector sur « Demon Lover ».

Bref, comme à l’habitude, Almond se montre vulnérable et excessif mais l’honnêteté qui le caractérise n’a que faire de tous ses avatars ; de la provocation naît une fois de plus la sincérité et par conséquent la fascination.

***1/2

20 mars 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Rae Morris: « Unguarded »

Depuis près d’une année, Rae Morris semblait comme attendre son heure. Elle collaborait occasionnellement avec quelques actes en prêtant sa voix à Clean Bandit pu Bombay Bicycle Club ce qui a fait que, ces derniers moi, celle-ci était devenue de plus en familière et que, maintenant que la native de Blackpool sort son premier album, celui-ci occupe une place centrale dans la scène musicale.

Son principal atout étant son organe vocal il n’est pas surprenant qu’elle l’utilise avec une technique confondante de par sa maîtrise en matière de versatilité. Sa voix peut être douce et subtile, mais aussi énorme et conquérante et elle est capable de la pousser sans efforts au-delà de ses limites sur les douze plages qui composent Unguarded. Elle provoque alors sans peine des frissons dans les moments les plus intimes, comme par exemple sur un « Don’t Go » accompagné d’un seul piano ou avec un « Unguarded » chaleureux et en piqué qui nous enveloppe nos sens dans un doux brouillard. Il est difficile de ne pas se laisser attirer attirer par son univers ne serait-ce qu’avec « Morne Fortune » ajout de dernière minutes qui résonne de manière définitive ou « This Time » qui s’élève avec grâce et fierté.

Il y a bien plus que des acrobaties vocales pourtant dans cet opus. « Under The Shadows » est un titre presque dance syncopé et « Closer » sera conduit par un rythme qui vous colle à la peau. Morris s’avère autre chose qu’une chanteuse de ballades « easy listening » et qu’elle est à même de nous offrir des efforts prônant le dynamisme (le duo « Cold » ou le joyau lyrique qu’est « Do You Even Know ? »).

L’album a mis du temps à venir mais eu égard à la confiance qu’il dégage, il semble naturel que celui-ci soit très vite sous les feux de la rampe avec, pour premier rôle, son interprète.

***1/2

27 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Night Terrors of 1927: « Everything’s Coming Up Roses »

Bien des choses se sont faites avant Everything’s Coming Up Roses le premier album de Night Terrors of 1927, groupe composé d’anciens de Rilo Kiley et de The Honorary Title. Deux EPs et des tournées constantes ce qui leur a permis de se bâtir une audience et de pas se sentir pressés d’en faire trop trop vite.

La moitié des titres du disques figuraient déjà sur les EPs ce qui est une dernière manière de nous les rendre familiers. Ouvrant avec « Dust And Bones », la plage principale du Guitty Pleas de 2013, ce hoix donne la température de ce qui vous être proposé ainsi que tout ce qu’il faut pour satisfaire les fans. Si on s’attendait à de la chamber pop façon Blake Sennett de The Elected ou de touches alt-country à la Honorary Title, on ne pourra qu’être surpris car, au lieu de s’appuyer sur leurs forces, Sennett et Gorbels nous offrent des chansons d’amour épiques et de la pop dansante conçue pour remplir les grands stades ou pour organiser une « party ».

La qualité des compositions est assez étale ce qui ne permet pas réellement d’en choisir une au dépend des autres. « Shine » est peut-être moins alambiquée que certaines et « When You Were Mine » avec Tegan & Sara suscitera aussi un intérêt distinct.

On notera également l’influence que semblent avoir eue The Killers avec leurs grosses percussions, leurs synthés et leur harmonies et l’ensemble est réussi tant que le tempo reste contrôlé et permet à Gorbel de nous faire savourer son chant. Les « back up singers » vont également contribuer à ce son plein apportant texture et profondeur et permettant aux vocaux de passer du doux-amer à la béatitude sucrée.

Vu le pedigree de ses auteurs, Everything’s Coming Up Roses n’est pas un album essentiel ; il permet néanmoins d’imaginer le potentiel qu’a Night Terrors of 1927.

**1/2

23 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Gerard Way: « Hesitant Alien »

Ceux qui s’attendaient à ce que l’ancien leader de My Chemical Romance, Gerard Way, utilise, dans sa carrière solo, une resucée du répertoire de son groupe original seront surpris de l’évolution. Way a toujours aimé faire les choses à sa manière ; il a oeuvré dans le rock théâtral et sombre alors que tous les autres s’adonnaient à une pop « radio friendly » ou il a, au contraire, fait de la Brit-pop quand le genre avait complètement disparu des ondes.

Sur Hesitant Alien, on le voir revenir à ce qui a forgé son inspiration dans ses années adolescentes, la pop anglais, ou le shoegaze, pour nous sortir une premier album solo qui en étonnera beaucoup mais qui risque de déplaire à peu de personnes.

Chacune de ses plages pourrait, en effet, être considérée comme un véritable hymne ; une pop dont le manteau serait une production lourde et remplie de fuzz, semblable à celle de ses plus grandes influences : Jesus & Mary Chain et My Bloody Valentine d’une côté, David Bowie (dont la pochette de Hesitant Alien est un copier-coller évident), Blur et The Pixies de l’autre.

Malgré ces clins d’oeil on ne peut plus appuyés, la musique de l’album ne sonne jamais calculée ou artificielle. Le disque a, au contraire, une fluidité exemplaire tout au long de ses onze compositions, commençant avec « Bureau », un rappel du Bowie des années 70 et se terminant sur un « Maya the Psychic » rempli à ras bord d’une énergie on ne peut plus communicative.

La ballade « Brother » nous proposera, elle, une édifiante méditation sur les années passées tout comme « How It’s Going To Be » qui, elle aussi, nous renverra aux plus jeunes années de Way avec une réflexion, « Tu as dit qu’on serait morts à 25 ans / Est-ce un soupir de déception ? », impressionnant de maturité.

À la différence de beaucoup d’artistes ayant décider d’opter pour une carrière solo, Way n’essaie pas de faire revivre quelque chose appartenant au passé mais de vouloir véritablement s’orienter vers une voie qui lui serait propre. Le matériel que l’on trouve sur ce « debut album » montre qu’il pourrait surpasser le succès de My Chemical Romance tant il figure parmi ses meilleurs compositions.

***1/2

5 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Script: « No Sound Without Silence »

Tout groupe est face, un jour ou l’autre à un écueil, une capacité à se renouveler. The Script ne se posent pas la question puisque, pour ce groupe irlandais, No Sound Without Silence semblera être la réplique d’une équipe qui a déjà gagné.

Il s’agit pourtant de leur quatrième album et on y trouvera les mêmes qualités (compositions accrocheuses et prêtant à être reprises en cœur) mais aussi les même défauts, une constance et une consistance qui ont pour revers la prévisibilité.

Ainsi leur « single », « Superheroes », reprend la même formule de mélodie et de vocaux entrainants er les autres sont, en majorité, composés de refrains enlevés comme sur « Hail Rain or Sunshine » ou « Paint The Town Green » qui renvoie d’ailleurs à leurs racines irlandaises avec des références à la vie quotidienne dublinoise.

Pour équilibrer le tout The Script continue à nous dévoiler une sensibilité romantique sur «  Never Seen Anything Quite Like You » et un texte que chaque femme rêverait d’entendre de son amoureux ainsi que sur une autre plutôt belle ballade, un « Flares » qui ne serait pas loin de parvenir à nous hanter.

Que dire de plus si ce n’est que la voix de Danny O’Donoghue est toujours aussi prenante mais que l’album s’abstient toujours de franchir les limites de sa musicalité. L’album plaira aux fans même si il n’est pas aussi addictif que leurs précédents ; quant au autres, ils y trouveront matière à se satisfaire les oreilles sans impacter au point de recruter de nouveaux « followers ».

**1/2

3 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Jason Mraz: « Yes! »

Au tout début de sa carrière, le chanteur compositeur Jason Mraz avait développé un style à la fois habile et distancié en utilisant des influences rap et reggae pour arriver à un son emblématique de la culture de San Diego d’où il avait émergé.

Après son gros « hit » « I’m Yours », uentre parenthèses un hommage à la monogamie, ses compositions sont devenues de plus en plus tendres : des élégies consacrées aux merveilles de l’amour et du bonheur.

Yes ! Est son cinquième album et Mraz a chamboulé un optimisme qui semblait éternel chez lui pour se tourner vers des sujets plus sévères : les relations qui se fragilisent puis cassent, la mort et la destruction de la nature telle que le capitalisme d’aujourd’hui semble la programmer.

Pourtant, les morceaux sont difficiles à distinguer les uns des autres, chacun faisant preuve d’une approche délicate sur les aspects les plus agréables de le vie et les ornant d’une instrumentation luxuriante et d’arrangements vocaux vecteurs d’empathie.

Le regard positif de Mraz est à son meilleur quand il est palcé dans un contexte uptempo et, sur Yes !, il est évident qu’il conserve son talent d’écriture de mélodies accrocheuses. « Hello, You Beautiful Thing » met en évidence les harmonies merveilleusement orchestrées d’un « girl’s band », raising Jane, alors que « Everywhere » greffe des « background vocals » à la pulsation éhontée et des jeux de mots multi-syllabiques.

La plus grande partie de l’album consiste ainsi en des hommages doucereux à ces plaisirs auxquels personne ne pourrait trouver à redire : « You Can Rely On Me » est une ode à la confiance qu’on peut avoir en l’autre de manière assez stéréotypée.

Dans une interview récente, Mraz confiait qu’à la fin de toutes ses compositions il se demandait si chaque être humain pouvait s’y identifier. À trop vouloir viser l’universel, Mraz nous apporte ici un opus de sitcom bien aseptisé (on comprend alors le côté assertif du titre de l’album) alors que, eu égard à son projet initial, il aurait eu beau jeu d’être plus mordant.

**1/2

2 août 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Lana Del Rey: « Ultraviolence »

Il est difficile d’oublier les torrents de boue et la fureur de ceux criant au « hype » ayant accueilli le premier album de Lana del Rey, Born to Die. À cette époque elle avait déjà écrit des titres parlant du fait d’être connu, d’avoir à gérer sa vie privée et les relations humaines ; bref elle savait où elle allait. Et tout le monde était dans la même cas sans aucun doute. Les critiques pouvaient très bien remettre en cause ses débuts ou l’itinéraire qu’elle s’était fixé vers le sommet, ceci n’a plus beaucoup d’importance aujourd’hui. Il est vrai que ses premiers pas avaient été hésitants et fragiles, on susurrait même que ça n’était pas elle qui chantait mais tout cela ne marquait-il pas le fait qu’elle était le pop star la plus énigmatique de la scène musicale et qu’elle apportait un fragment supplémentaire à l’imaginaire collectif  et que, d’une certaine manière, toute extra-terrestre qu’elle puisse paraître, elle parlait aux fans à un niveau direct et humain ?

La plupart des titres sur Ultraviolence semblent avoir un lien évident avec un son bluesy et enfumé. Alors que Born to Die flirtait  avec le glamour et le brillant, on a ici un autre son, celui de Del Rey prenant la route avec le producteur  Dan Auerbach (Black Keys) à la remorque du convoi. Le tempo n’atteindra presque jamais la cadence qui serait celle d’un sprint ou d’une urgence ; ce sera plutôt celui d’échelons péniblement gravis, d’une collection de titres d’où les pleurs ne semblent jamais loin, commençant avec l’épique « Cruel World » et devenant de plus en plus dramatique à mesure que le disque progresse.

« West Coast » est alors un  « single » bizarre dans le contexte de l’album. C’est un excellent morceau, mais comme sur  « Sad Girl » ou « Shades of Cool » certaines parties du titres donnent l’impression d’être intentionnellement au mauvais endroit. Les chorus, gros et brillants, surgissent de nulle part et après des ponts maladroits et des crescendos en falsetto qui n’atteignent pas leur but. C’est une forme d’expression étrange mais qui, en un sens, apporte plus de cohésion à l’album que le précédent.

Le morceau phare, « Brooklyn Baby », parvient à concentrer la brise brumeuse de Ultraviolence sur un autre « single », frisant l’excellence. On y discerne confiance, second degré et dérision avec cette superbe phrase : « Yeah my boyfriend’s pretty cool, but he’s not as cool as me ». Cela ne veut pas dire pour autant que toute fragilité a disparu. On pourrait la comparer cinématographiquement à un personnage de Wes Anderson atterrissant dans un film de David Lynch et, le sachant, on la voit jouer avec brio avec les idées pré-conçues qu’on peut avoir sur elle. Born to Die montrait que rien n’était prêt pour qu’elle puisse assumer les réactions négatives qui allaient suivre ; ce second album met au tapis les rumeurs et les pinailleurs qui en étaient à l’origine. Il y a après tout un morceau qui ne se nomme pas « Fucked My Way Up to the Top » pour rien. Lana Del Ray parvient à nous troubler et nous déstabiliser et c’est pour le mieux.

***1/2

16 juin 2014 Posted by | Quickies | | 2 commentaires