Soula Asylum: « Hurry Up And Wait »

5 juin 2020

Soul Asylum a vu le jour au début des années 80 dans les Twin Cities de Minneapolis/St. Paul, dans les mêmes clubs que Husker Du, The Replacements, The Suburbs, qui ont tous signé des contrats avec de grandes maisons de disques. Dirigés par le chanteur David Pirner et le guitariste Dan Murphy, sous le nom très approprié de Loud Fast Rules, ils avaient changé de patronyme pour devenir Soul Asylum au moment où ils ont enregistré leurs débuts sur le label indépendant Twin/Tone, avec Bob Mould de Husker à la production. Soul Asylum a sorti Grave Dancers Union album qui a donné naissance à trois hits très réussis, « Somebody to Shove », « Black Gold » et « Runaway Train », avant de vendre 3 millions d’exemplaires, et cette dernière chanson a remporté le Grammy de la Meilleure chanson rock cette année-là. Let Your Dim Light Shine contient un autre « single » fort, « Misery », mais alors que le groupe continue à sortir des albums, il plafonnera en terme d’apogée commerciale et créative au milieu des années 90, aux côtés des groupes grunge de Seattle qui se vendent bien.

En 2002, Pirner a sorti un album solo. Le premier bassiste de Soul Asylum, Karl Mueller, est décédé d’un cancer en 2005 et Tommy Stinson des Replacements l’a rejoint jusqu’en 2012. En 2016, Murphy s’est retiré de la musique, laissant à Pirner le dernier membre original restant. Il est actuellement épaulé par le batteur Michael Bland, qui a joué dans le groupe de Prince pendant des années, ainsi que par l’ancien Mat’s Paul Westerberg, le bassiste Winston Roye et le nouveau membre guitariste Ryan Smith, du groupe local de Twin Cities, les Melismatics. Il s’agit donc du 12e album de Soul Asylum, ledernier avec Pirner ,seul membre original restant.

Hurry Up and Wait s’ouvre sur les accords acérés de guitar rock classique avec « The Beginningz, suggérant d’emblée qu’il ne faut pas s’inquiéter de l’absence de Dan Murphy, car Smith est clairement bien adapté au rôle de feuilleton musical de l’auteur-compositeur-interprète Pirner. Alors que Pirner a dépassé les premiers cris et hurlements qui accompagnaient le territoire dans les clubs punk, il a développé une voix naturellement pleine d’âme, et un réel talent pour écrire une solide mélodie de chanson pop, avec peut-être plus de potentiel commercial que la plupart des œuvres plus pop de Westerberg et de Mould. Il y a même un bref passage à la trompette, faisant écho à la mélodie de Pirner, un rapide clin d’œil à l’autre endroit où Pirner a vécu et possède également un studio d’enregistrement, la Nouvelle-Orléans.

« If I Told You », trouve Pirner en pleine forme en train de chanter une ballade rock, à laquelle Smith ajoute un joli solo de guitare. C’est l’une des nombreuses chansons qui évoquent le divorce quelque peu récent de Pirner, mais c’est le genre de morceau qui monterait en flèche dans les hit-parades si la radio rock moderne était encore une chose qui compte. « Got It Pretty Good » est le prochain morceau, une marche rock amusante avec un crochet chanté naturel et de grosses guitares. En tant qu’auteur-compositeur chevronné, Pirner fait ressortir de nombreux accroches mélodiques superbes et intelligentes, et le groupe se montre à la hauteur de l’occasion tout au long du morceau, mêlant les rockers aux ballades des auteurs-compositeurs dans un mélange assez convaincant de sons solides. La voix usée de Pirner a toujours cette qualité qui attire l’auditeur, et lorsqu’il est sollicité, il peut toujours crier et hurler.

Quatre albums ont vu le jour depuis le doublé de Grave Dancers Union et Let Your Dim Light Shine, mais il n’est pas difficile d’imaginer que Hurry Up and Wait a le même facteur qui distingue ces deux œuvres. Il est certain que « Social Butterfly » et « If I Told You » sont des « singles » frappants, tandis que « Dead Letter » et « Here We Go » suggèrent cette période où Bon Joni faisait des albums solo avec une vibe acoustique, tandis que Pirner & Co. apportent le rock & roll à des morceaux comme « Landmines », « Freezer Burn » et « Hopped Up Feelin’ ». Le disque de 13 titres se termine par « Silly Things », qui ressemble à un solo de rock dance de la fin des années 80, assez accrocheur pour ne pas se sentir du tout idiot. Il ne fait aucun doute que Soul Asylum a renoué avec ce qui a toujours rendu le groupe si attrayant, et tout cela s’est réuni dans ce qui pourrait bien être un album de retour, ou du moins le serait si nous faisions et étions encore intéressés par ce genre de choses.

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The Innocence Mission: « See You Tomorrow »

9 avril 2020

La volonté d’aller là où The Innocence Mission veut nous emmener dépendra en grande partie de notre réaction face à la voix plus douce que nature de la chanteuse Karen Peris. The Innocence Mission est le genre de groupe qui se recroqueville sur ses lauriers lorsque Belle & Sebastian se pavane sur le terrain de jeu. Leur 12ème album, See You Tomorrow, les voit labourer un sillon encore un peu plus pianistique qu’auparavant.

À part cela en effet, tous les tropes standards d’Innocence Mission sont présents et corrects. Chant magnifique ; refrains acoustiques furtifs et insistants ; piano joué comme en cas de présomption de pluie imminente. Pour l’essentiel, c’est un album d’un minimalisme absolu et d’une mélancolie mordante, une musique faite pour des gens qui ne sont pas prompts à rejeter quelque chose si cela semble déprimant.

See You Tomorrow est un disque tranquille, un disque pour le matin après une nuit lourde et regrettable. Écoutez J »ohn As Well » avec son contrepoint ponctuel de voix douces avec des chœurs fredonnants, un piano épars et occasionnel et soudain des guitares presque espagnoles. Parfois, Peris chante comme si l’Anglais n’était pas sa langue maternelle, en faisant sonner les mots comme s’ils contenaient un mystère distinct du sens, comme si elle ne les avait entendus qu’une demi-heure plus tôt.

Il faut des jeux répétés pour révéler les profondeurs subtiles, l’orgue à pompe, l’accordéon, la basse électrique, le mélodica, le mellotron. Parfois – comme dans « Mary Margaret In Mid-Air », où Peris joue en duo avec son mari Don, tous deux demandant « Will she love me / Pass it on » – on peut presque entendre le sous-sol dans lequel l’album a été enregistré. Il n’est pas surprenant de découvrir que Sufjan Stevens est un grand fan.

Parfois – sur des chansons comme « We Don’t Know How To Say Why » et « Stars That Fall Away From Us » – elles sont majestueuses, transcendantes, envoûtantes, fascinantes. Vous êtes élevé hors de vous comme s’il était visité par des anges. D’autres fois, comme sur l’ouverture « The Brothers Williams Said », vous voulez leur faire un câlin, leur dire que ça va aller, leur demander s’ils ont besoin d’une bonne tasse de thé. C’est sérieux, c’est ce que nous disons ; pas de la musique pour les gens qui veulent une petite dose de merveille en deux secondes. Il faut vivre avec ça. Admirez sa beauté de loin. Laissez-la opérer sa magie sur vous.

« Je suis toujours à côté de vous » (I’m always on your side), Peris chante très tôt et ça fait du bien, comme si c’était quelque chose que vous vouliez. Oui, c’est précieux et peut-être pas pour tout le monde, mais pour ceux qui aiment ce que fait The Innocence Mission, leur dernière carte postale du bord vous donnera tout ce dont vous avez besoin.

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Rustin Man: « Clockdust »

22 mars 2020

Arrivé juste après le magnifique Drift Code de l’an dernier, Clockdust offre une généreuse seconde portion de merveille atmosphérique du projet solo de Paul Webb, Rustin Man. Vous en attendriez moins d’un homme qui s’est fait les dents en tant que bassiste de Talk Talk ?

De la merveilleuse et pensive « Jackie’s Room » à la gloire dub de « Night In The Evening », en passant par le blues scuzzy de « Love Turns Her On », Webb tisse sans effort une tapisserie complexe à partir d’un ensemble éclectique d’éléments musicaux disparates, créant ainsi le genre de disque somptueux à plusieurs couches qui ne demandent qu’à être écoutées à répétition ; autant un portail vers un autre monde qu’une collection de chansons immaculées. Tput simplemet divin.

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Hawksley Workman: « Median Age Wasteland »

15 septembre 2019

Cela fait maintenant deux décennies que Hawksley Workman est dans les circuits et reste indétrônable dans son milieu. Le musicien multi-instrumentiste canadien avait publié un dernier album nommé Old Cheetah il y a cinq années de cela maintenant. Cette année, il revient en format épuré comme auparavant avec son successeur nommé Median Age Wasteland.

Voici donc onze nouveaux morceaux plus folk et plus mélancoliques qu’auparavant. Les éternels nostalgiques des albums comme Treeful of Starling ou encore Between The Beautifuls seront bien servis car des morceaux épurés et downtempo à l’image de l’introduction nommée « Birds In Train Stations » ou de « Battlefords » et « Italy » en sont légion. Très vite, on se laisse emporter par la grâce infinie des compositions comme « 1983 » et « To Receive » sublimés par des chœurs féminins.

Bien entendu, Hawksley Workman nous réserve tout de même quelques surprises à bord de ce voyage musical placé sous le signe de la quiétude. Ses origines glam peuvent revenir au galop quand on s’y attend le moins notamment sur les plus produits « Song of Summer » mais également sur le plus psychédélique « Stoners Never Dream » pour prouver que l’inventivité du canadien reste toujours aussi intact. Entre temps, on se laisse bercer de nouveau avec « Skinny Wolf » et « Oksana » qui viendra clôturer ce Median Age Wasteland doucereux et planant comme il se doit. Vingt ans d’activité et Hawksley Workman continue de nous ifaire chavirer.

***1/2


The Proclaimers: « Angry Cyclist »

9 août 2018

The Proclaimers ne démentent pas leur patronyme tant ils proclament leurs chansons comme si elles étaient les choses les plus importantes du monde ou plutôt de leur monde.

Les frères Reid, Craig et Charlie, ont, à juste titre été considérés comme des artistes « blue eyed soul » et l’imposant « Streets of Glasgow » met pile le doigt sur ce qui constitue leur gestalt.

Cette démarche n’a pas changé et demeure indifférente au point de vue qu’on peut avoir sur eux, The Proclaimers n’ont de cesse de nous abreuver de leurs refrains, ici il y en a 13, produits par Dave Eringa (Manic Street Preachers, Idlewild) .

Angry Cyclist est leur onzième opus et de colère (« anger ») il est question, que ce soit sur les ballades ou les titres portés par la vindicte.

On entendra donc des « rockers » à la Springsteen (« Then It Comes To Me », « You Make Me Happy »), des lamentations acoustiques étayées par des cordes (la chanson titre attaquée en forcing compulsif), de la country cosmique « (A Way With Words ») ou des compositions plus apaisantes (la merveilleuse composition valsée qu’est « The Hours Between ».

L’essence de Angry Cyclist est de vous atteindre et chaque couplet ne pouura que vous laisser dévasté. Sans doute on trouvera ici moins de gravité et d’engagement que précédemment mais l’utilisation des Telecasters maintient toujours cette tension qui demeure l’image forte du duo.

Ceux qui trouveraient The Proclaimers trop prévisibles, pourront réviser leur opinion avec un « Classy » qui étonne par ses attaques de piano façon McCartney, versatilité sont ils peuvent à loisir s’enorgueillir sur un « Battle of the Booze » dont les textes pourraient bien leur servir de nouveau cantique

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Wilco: « Star Wars »

23 juillet 2015

« Qu’est-ce qui est plus amusant qu’une surprise ? » ; tel était un récent post de Jeff Tweedy sur la page Instagram de Wilco pour annoncer l’arrivée d’un album d’autant plus inattendu qu’il était téléchargeable librement pour un certain temps. Une surprise, c’en a donc été une en effet.

Star War est le premier nouvel album de Wilco depuis The Whole World mais, d’une façon plus abstraite, c’est son premier véritable nouvel opus depuis une bonne décennie. The Whole World avait été bien reçu mais il avait été perçu comme un agrégas des meilleurs moments de Yankee Hotel Foxtrot, A Ghost Is Born et Sky Blue Sky. Le problème, derrière ce compliment, se résumait donc à ce que l’audience de Wilco pourrait avoir à se mettre dans les oreilles après ce dernier opus.

Star Wars n’est pas atteint par cette problématique. C’est l’album le plus court de Wilco, totalisant moins de 35 minutes, et il recèle une énergie punk qui se manifeste sur une grande majorité des titres et qui est assez remarquable.

La majorité des compositions sur Star Wars a totalement laissé de côté les longues jams de plus de dix minutes façon Grateful Dead, en lieu et place nous avons des professions de foi pop agitées comme « Random Name Generator » ou des grooves fuzzy rappelant les mid-70’s étayées par le travail à la guitare sans égal de Neil Cline sur « Picled Ginger ». Hormis le truculent « Random Name Generator » le morceau le plus intéressant se trouvera être « More… ». Muni d’un chorus immédiatement accrocheur c’est l’effort vocal le plus chaleureux de Jeff Tweedy depuis les meilleurs passages de Sky Blue Sky.

Les chansons de Wilco ont tendance à s’éclaircir et à acquérir une nouvelle stature interprétées «en concert. Des titres jugés trop impersonnels ou stérile sur A Ghost Is Born sonnaient parfaitement intimes dans un cadre « live » ; il semblerait qu’un certain nombres de titres sur Star Wars, comme « Taste The Ceiling » ou le « closer »« Magnetized », qu’on aurait tendance à ignorer pourraient prendre une plus grande ampleur dans ces dernières conditions.

Notons également une attitude de type « allez vous faire foutre » qui ne peut que réjouir, une insouciance qui a également servi à d’autres artistes de se faire un nom. Mais le plus important sur ce nouvel opus c’est la capacité qu’a eu Tweedy de se débarsser de certaines idiosyncrasies et d’offrir à nos oreilles de nouvelles possibilités pour Wilco. En se dépouillant d’un son et de lui donner une forme n’excédant pas les trois minutes, le groupe a assumé ses racines punks et, peut-être pour la première fois depuis dix ans, va être capable de nous faire nous demander comment le prochain album du groupe sonnera.

***1/2


LIfehouse: « Out Of The Wasteland »

28 mai 2015

Lifehouse ont vendu plus de 15 millions d’albums avec un succès particulièrement considérable aux USA. Out Of The Wasteland est leur 7° album après un hiatus de deux ans pour lequel ils ont intégré un nouveau label.

La musique, du rock alternatif, n’a pas excessivement varié depuis Almeria et alterne mélodies enlevées (une chose pour laquelle ils sont plutôt doués) et titres plus mélancoliques et de petites incursions dans des beats dance sur une composition dream pop comme « Stardust ».

Dans le premier registre, on retiendra le « »single » « Hurricane », « Runaways » qui sonne comme Snow Patrol et « Fight » qui semble inspiré des Goo Goo Dolls.

À mi-chemin, on notera « Central Park » avec un climat qui puise beaucoup chez REM et, pour ce qui est des chansons où affleure la tristesse, « Wish » avec guitare acoustique douceâtre et arrangements à cordes et « Hurt This Way » accompagné par un xylophone.

Lifehouse savent indubitablement confectionner de belles chansons ; reste qu’ils ne peuvent ambitionner un rôle autre que celui de seconds couteaux. Pour les figures de proue, il faudra écouter ailleurs.

**1/2


Marc Almond: « The Velvet Trail »

20 mars 2015

C’est le songwriter et producteur Chris Braide (Lanal del Rey, David Guetta, Beyoncé eou Brtiney Spears) qui a sollicité l’ancien chanteur de Soft Cell pour qu’il réalise « the ultimate Marc Almond album ». Tout le monde a une opinion sur ce dernier et chacun sait que, pour lui, chaque album représente une création finale. Il a toujours été aux limites de ses émotions, parfois même au-delà ; entre ce mélodrame et cette subversion si propres aux personnages romantiques.

The Velvet Trail n’est pas éloigné de cette problématique : des instances où est abordée une sexualité transgressive d’une part (« Bad To Me ») et tout ce qui a trait au mélodrame sera présenté en trois « actes » chacun annoncé par un court passage instrumental. Pour amalgamer les deux on trouvera un écho de cette période où décadence et mal-être cohabitaient avec un provocant « Life in My Own Way » et son atmosphère cabaret des années 30. « Minotaur » sera un « torch song » mélodramatique revisitant le mythe déjà exploré par Jean Cocteau dans ses dessins de la même manière qu’il s’était approprié le Querelle de Jean Genet.

Mais ce disque est également où Almond canalise sa sensibilité commerciale sans, toutefois, compromettre sa vision du monde assez unique. The Velvet Trail sera donc également un album pop avec des gros chorus et des mélodies immédiates. Cela donne des moments où sa voix se fait chaude et accueillante comme sur « The Pain Of Never » et où il sonne même comme si la joie s’était emparée de lui dans ce duo anthémqiue avec Beth Ditto de Gossip, « When the Comet Comes ». et on trouvera même une synth-pop enlevée façon Phil Spector sur « Demon Lover ».

Bref, comme à l’habitude, Almond se montre vulnérable et excessif mais l’honnêteté qui le caractérise n’a que faire de tous ses avatars ; de la provocation naît une fois de plus la sincérité et par conséquent la fascination.

***1/2


Rae Morris: « Unguarded »

27 janvier 2015

Depuis près d’une année, Rae Morris semblait comme attendre son heure. Elle collaborait occasionnellement avec quelques actes en prêtant sa voix à Clean Bandit pu Bombay Bicycle Club ce qui a fait que, ces derniers moi, celle-ci était devenue de plus en familière et que, maintenant que la native de Blackpool sort son premier album, celui-ci occupe une place centrale dans la scène musicale.

Son principal atout étant son organe vocal il n’est pas surprenant qu’elle l’utilise avec une technique confondante de par sa maîtrise en matière de versatilité. Sa voix peut être douce et subtile, mais aussi énorme et conquérante et elle est capable de la pousser sans efforts au-delà de ses limites sur les douze plages qui composent Unguarded. Elle provoque alors sans peine des frissons dans les moments les plus intimes, comme par exemple sur un « Don’t Go » accompagné d’un seul piano ou avec un « Unguarded » chaleureux et en piqué qui nous enveloppe nos sens dans un doux brouillard. Il est difficile de ne pas se laisser attirer attirer par son univers ne serait-ce qu’avec « Morne Fortune » ajout de dernière minutes qui résonne de manière définitive ou « This Time » qui s’élève avec grâce et fierté.

Il y a bien plus que des acrobaties vocales pourtant dans cet opus. « Under The Shadows » est un titre presque dance syncopé et « Closer » sera conduit par un rythme qui vous colle à la peau. Morris s’avère autre chose qu’une chanteuse de ballades « easy listening » et qu’elle est à même de nous offrir des efforts prônant le dynamisme (le duo « Cold » ou le joyau lyrique qu’est « Do You Even Know ? »).

L’album a mis du temps à venir mais eu égard à la confiance qu’il dégage, il semble naturel que celui-ci soit très vite sous les feux de la rampe avec, pour premier rôle, son interprète.

***1/2


Night Terrors of 1927: « Everything’s Coming Up Roses »

23 janvier 2015

Bien des choses se sont faites avant Everything’s Coming Up Roses le premier album de Night Terrors of 1927, groupe composé d’anciens de Rilo Kiley et de The Honorary Title. Deux EPs et des tournées constantes ce qui leur a permis de se bâtir une audience et de pas se sentir pressés d’en faire trop trop vite.

La moitié des titres du disques figuraient déjà sur les EPs ce qui est une dernière manière de nous les rendre familiers. Ouvrant avec « Dust And Bones », la plage principale du Guitty Pleas de 2013, ce hoix donne la température de ce qui vous être proposé ainsi que tout ce qu’il faut pour satisfaire les fans. Si on s’attendait à de la chamber pop façon Blake Sennett de The Elected ou de touches alt-country à la Honorary Title, on ne pourra qu’être surpris car, au lieu de s’appuyer sur leurs forces, Sennett et Gorbels nous offrent des chansons d’amour épiques et de la pop dansante conçue pour remplir les grands stades ou pour organiser une « party ».

La qualité des compositions est assez étale ce qui ne permet pas réellement d’en choisir une au dépend des autres. « Shine » est peut-être moins alambiquée que certaines et « When You Were Mine » avec Tegan & Sara suscitera aussi un intérêt distinct.

On notera également l’influence que semblent avoir eue The Killers avec leurs grosses percussions, leurs synthés et leur harmonies et l’ensemble est réussi tant que le tempo reste contrôlé et permet à Gorbel de nous faire savourer son chant. Les « back up singers » vont également contribuer à ce son plein apportant texture et profondeur et permettant aux vocaux de passer du doux-amer à la béatitude sucrée.

Vu le pedigree de ses auteurs, Everything’s Coming Up Roses n’est pas un album essentiel ; il permet néanmoins d’imaginer le potentiel qu’a Night Terrors of 1927.

**1/2