Studio Electrophonique: « Buxton Palace Hotel « 

Studio Electrophonique est le projet solo de James Leesley, jeune Anglais de Sheffield, ancien guitariste des High Hazels, groupe qui a eu son petit moment de gloire sur la foi de quelques titres plutôt bien troussés rappelant parfois Felt ou The Smiths.

Le fait que Leesley ait enregistré ce disque tard dans la nuit, atténuant le bruit afin de ne pas déranger le bébé du voisin a eu une influence esthétique déterminante sur ce disque. Par contre, si vous aimez une certaine douceur, une sophistication tout en simplicité, la mélancolie, il y a de fortes chances que vous fondiez pour ce disque. L’utilisation d’un magnétophone rudimentaire, d’une guitare et d’un clavier a également été fondamentale dans la conception, l’écriture et l’enregistrement des morceaux. Aller vers quelque chose d’essentiel, de très naturel, introspectif et fragile, une certaine pureté, un romantisme.

Et, si cela fonctionne aussi bien, c’est parce qu’il y a une sincérité, une honnêteté, un talent d’écriture mélodique assez évident, une profondeur de champs et de son. Des chansons simples, mais qui développent un vrai univers (« Jayne », les très beaux « You had Me Hanging On » ou « I Don’t Think I Love You Any More »…), avec du cœur et de belles mélodies. 6 titres à écouter seul, tard le soir et se laisser envahir…Vous l’avez compris, cet album

n’est pas tout à fait un disque comme les autres. C’est le genre de production qui va vous accompagner jusqu’à la fin de votre vie, au-delà de la vitesse de 33 tours 1/3.

***1/2

Joey Cape: « Let me Know when you Give up »

Joey Cape a commis de nombreux albums et il est dommage que ce soit inversement proportieonnel à sa renommée. Plutôt axé qur la pop-punk, il nous livre ici un opus acoustique surprenant mais pas désagréable. Le songwriting y est classique mais épanoui et les compositions pop folk passent comme une lettre à la poste.

Style simple et classique meis éprouvé, l’artiste a affiné ici son écriture et il a appris à faire cohabiter l’acoustique à des influences plus rock réminisentes de son engagement punk.

Un album sans trop de temps morts et qui va à l’essentiel ; l’immédiateté et l’accessibilité, ces choses qui sont la fibre de la musique populaire et auxquelles nul n’est prêt à renoncer.

***

Hollow Hand: « Star Chamber »

L’Angleterre regorge de songwriters légendaires et l’île semble y donner naissance de façon régulière. Peut-être Max Kinghorn-Mills s’ajoutera-t-il à cette liste. Si la question se pose c’est parce que le bonhomme, assorti de son groupe Hollow Hand, vent de sortir un album, Star Chamber, qui ne peut qu’évoquer les mânes de Syd Barrett.

Produit « at home » ce n’est pas pour autant un opus bricolé. Les bruits qu’i s’y insinuent sont délicats et les harmonies vocales délicieusement ajourées comme aux plus beaux temps de cette pop folk british et de ces dérivations baroques.

Les guitares sont entrelacées en arabesques au sein de rillons qui font comme partie d’un paysage bucolique , les guitares acoustiques se mêlent aux orgues avec une simplicité qui cache la travail performant des arrangements.

 «  One Good Turn » ira chercher les Byrs ou Love, «  Blackberry Wine » évoquera le Paul McCartney de Ram et « World Outside » lorgnera du côté des Kinks.

On n’oubliera pas les incontournables, à savoir les Beatles ( « It’s You », « Made Up My Mind »), Fairport Convention (« Two Of Us « ) ou, plus proche d’aujourd’hui, Midlake avec les somptueux les choeurs de « Land Of The Free ».

Dire que Star Chamber est une réussite se doit d’être modulé par l’adjectif »totale » . Aussi bien dans l’épique que dan l’intimiste, l’album ne peut que nous caresser dans le sens des poils, ceux qui affleurent à la peau et ceux aussi qui s’épanouissent en nuées gracieuses autour de l’esprit.

****1/2

The Late Call: « Golden »

The Late Call est le nom d’un auteur compositeur allemand basé à Stockholm, Johannes Mayer. Ses trois premiers albums affichaient une approche minimaliste mais, pour celui-ci, il s’est entouré d’un véritable groupe.

Golden va naviguer entre deux pôles, celui de l’americana des 70’s et de la pop des 90’s. À partir de cela l’artiste ne brisera aucun moule ; ainsi la chanson titre est un exemple de easy-listening californien qui a pour objet de s’apparenter à Tim Hardin. Des morceaux comme « The Pact » seront de la vaine de pop élégante mise à la mode par Coldplay et Meyer sonnera même comme Chris Martin sur une ballade songeuse au piano de la trempe de « Leave No Trace ».

Cette composition a tout pour s’élever au statut de chanson épique propre à être interprétée dans les stades, une tendance vers laquelle Mayer semble vouloir s’orienter.

Entre petites chansonnettes mélodiques (« Carry » », Ghost World » et « Pickpocket ») et composition de pop acoustique plus réfléchies (« Come Alive), Golden nous offrira une écoute plaisante mais terne à l’usage.

**1/2