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Tomotsugu Nakamura: « Monologue »

Depuis son deuxième album, paru en 2014, Tomotsugu Nakamura est considéré comme un musicien allant de l’ambient à la folktronica, en passant par du piano épuré et quelques bruitages et claquements, bref un artiste pas forcément facile à cerner. Avec son quatrième album le Japonais opte pour un positionnement plus clair, convoquant, sur les onze morceaux d’un long-format qu’Audiobulb sort uniquement en format digital une même guitare acoustique. Dénudée, chargée d’arpèges et de notes isolées, la six-cordes trône ainsi en majesté sur un album où Nakamura l’accompagne uniquement de petits bruitages ou de quelques rares notes de piano.

L’atmosphère évidemment méditative et contemplative qui en résulte dit bien la volonté du Japonais d’instaurer un dialogue avec la nature (nonobstant l’intitulé de l’album, en forme de faux-ami).

 

Malheureusement, on finit, peu à peu, par s’ennuyer un peu à l’écoute de Monologue, la forme d’ascèse très ostentatoire virant au système, ne laissant qu’affleurer des éléments autres qui auraient certainement autorisé les morceaux à prendre des dimensions plus intéressantes.

Pour être tout à fait honnêtes, il nous faut reconnaître qu’au milieu de ce format acoustique, à la guitare en bois en sautoir, la présence d’un titre uniquement interprété au piano (« Violet ») permet de rompre ce continuum un peu plat. De même, force est de constater que la seconde moitié de Monologue laisse une part un peu plus consistante aux traitements des notes de six-cordes et autres petites perturbations électroniques, comme aux apports acoustiques judicieusement croisés avec ces dernières (les cordes de « Open Beautiful) ». Mais, au total, cela fait peu et, en tout cas, pas suffisamment pour faire dépasser à ce nouvel album de Tomotsugu Nakamura le stade de l’anecdotique.

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21 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

From the Mouth of the Sun: « Hymn Binding »

Aaron Martin semble avoir un don d’ubiquité puisqu’il forme ici un nuveau projet des plus intéressants avec Dag Rosenqvist. En trois albums, From the Mouth of the Sun a su toucher la sensibilité des amoureux de musiques électroacoustique, ambient et néo classique.
Le duo est pour ce nouvel opus, délivré sur un format relativement court, l’album dévoile une richesse instrumentale mais surtout émotionnelle immense.

Piano, guitares, banjo, ukulele sont ici présents, mais comme souvent chez le duo, c’est le jeu de violoncelle de Martin qui vient élever l’intensité de leur musique.
Peut-être s’agit t’il de l’empreinte nouvelle impulsée par le tendem, mais l’album trouve aussi une dimension pastorale d’une infinie grandeur.

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10 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jo David Meyer Lysne: « Henger I Luften »

Jo David Meyer Lysne cultive l’acoustique et le spontané. Pour celat, tou n’est chee lui qu’instruments à cordes frottées cuivres bouchés, guitares métalliques qui bourdonnent, contrebasses sèches et flûtes disruptives.

Henger I Luften signifie « prendre l’air » et il est vrai que cet album semble se déplacer sans trop savoir où il va, dirigé par les courants d’air que sont l’instrumentation éparse et la mise en place de cheminements qui se font, qui confortables, qui malséants.

Si la plupart des timbres que l’on peut entendre sur le disque paraissent a priori purement acoustiques (à part quelques discrètes incursions synthétiques, comme sur les mouettes lointaines de « Februar »), bien souvent des manipulations électroniques se cachent derrière, contrôlant la manière dont le son nous parvient… mais ces manipulations sont si subtiles que l’on y voit que du feu, sans se douter qu’une des raisons qui fait que ce que l’on entend sonne avec une telle précision, ou si certains timbres accrochent curieusement l’oreille, c’est qu’ils sont passés par un traitement minutieux en studio.
Tout cela n’est pas gratuit, car en somme cela permet aux musiciens d’affiner l’intensité et la couleur des paysages hivernaux auxquels ils tentent de donner vie. Et plus encore, cette subversion douce des timbres acoustiques, experte mais jamais démonstrative, crée des impressions impossibles, comme celle d’être emmitouflé dans une couverture faite de neige et de coton, quand bien même le froid peut se faire mordant et l’obscurité parfois nous rattrape. Très simplement, un album rude mais accueillant.

***1/2

7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire