Jo David Meyer Lysne: « Henger I Luften »

Jo David Meyer Lysne cultive l’acoustique et le spontané. Pour celat, tou n’est chee lui qu’instruments à cordes frottées cuivres bouchés, guitares métalliques qui bourdonnent, contrebasses sèches et flûtes disruptives.

Henger I Luften signifie « prendre l’air » et il est vrai que cet album semble se déplacer sans trop savoir où il va, dirigé par les courants d’air que sont l’instrumentation éparse et la mise en place de cheminements qui se font, qui confortables, qui malséants.

Si la plupart des timbres que l’on peut entendre sur le disque paraissent a priori purement acoustiques (à part quelques discrètes incursions synthétiques, comme sur les mouettes lointaines de « Februar »), bien souvent des manipulations électroniques se cachent derrière, contrôlant la manière dont le son nous parvient… mais ces manipulations sont si subtiles que l’on y voit que du feu, sans se douter qu’une des raisons qui fait que ce que l’on entend sonne avec une telle précision, ou si certains timbres accrochent curieusement l’oreille, c’est qu’ils sont passés par un traitement minutieux en studio.
Tout cela n’est pas gratuit, car en somme cela permet aux musiciens d’affiner l’intensité et la couleur des paysages hivernaux auxquels ils tentent de donner vie. Et plus encore, cette subversion douce des timbres acoustiques, experte mais jamais démonstrative, crée des impressions impossibles, comme celle d’être emmitouflé dans une couverture faite de neige et de coton, quand bien même le froid peut se faire mordant et l’obscurité parfois nous rattrape. Très simplement, un album rude mais accueillant.

***1/2