The Allah-Las: « Worship the Sun »

16 octobre 2014

Worship the Sun est le second album de Allah-Las et son titre est fortement évocateur et justifié pour un groupe venant de Los Angeles. Leur premier disque, éponyme, avait séduit et sur celui-ci également on y retrouve les échos de ce qui est une grande ville musicale, pas son présent mais, comme avant, son passé.

On ne sera donc pas surpris d’entendre un groupe qui évoquera The Beach Boys, Love et The Byrds, artistes dont ils soulignent l’influences.

Le morceau d’ouverture, « Da Vida Voz », nous transportera d’ailleurs immédiatement vers les mid-sixties, un composition psychédélique qu’on imaginerait bien être illustrée par des images de formes ondulantes sur une vidéo. « Had It All » sera similaire en matière de son mais ajoutera une petite touche que n’aurait pas dédaignée The Doors si ils avaient décidé d’ajouter un parfum de mystère à une reprise qu’ils auraient fait d’une chanson des Byrds. Ce style sera répété sur une grande partie de l’album, par exemple avec « Follow You Down ».

Worship the Sun contient également quelques instrumentaux comme « Ferus Gallery », un titre qui affiche une surf guitar dévastatrice propre à vouloir vous faire sauter sur votre planche de surf, ou du moins à souhaiter pouvoir le faire. La « bonus track » « No Werewolf » l’accompagnera parfaitement et « Recurring » apportera un effluve façon Brian Jones à ce sentiment d’émerveillement qu’on perçoit au travers d’une mélodie surf.

On appréciera également la chanson titre et « Yemeni Jade », deux morceaux de pure béatitude qui évoquent fort bien l’état dans lequel on se trouverait après avoir passé une demi-journée à surfer sur les vagues.

Le groupe saura aussi ne pas se cantonner dans cet univers puisque « Better Than Mine » restera toujours dans cet esprit sixties mais évoquera les Monkees période Head, quand la pop cherchait à se diversifier. Worship the Sun est donc bien plus qu’un autre album « revival » de plus, c’est aussi un disque intelligent ne se berçant pas dans une nostalgie idéalisée. Même si il mérite d’être écouté en microsillon, il ne déparerait pas non plus une platine numérique.

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