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Rapid Talk: Interview de Bully

Alicia Bognanno. leader de Bully son groupe basé à Nashville, n’a qu’une seule politique ; l’honnêteté. C’est, en tous cas, une profession de foi dans laquelle elle n’hésite pas à choquer le système. Feels Like est peut-être alors le signe de quelque chose de spécial.

C’est, en effet, un « debut album » sans compromis, visant l’estomac et ne laissant aucun espace pour respirer. Cette approche est le résultat d’un travail de deux ans qui a vu le combo peaufiner son esthétique directe. « C’est un disque personnel et honnête », dit Bognanno, « Écrire de cette manière vient avec les années. Auparavant je me cachais derrière les textes ; ce n’est pas un processus qui me voit vieillir mais juste mûrir en tant que compositrice. J’ai compris qu’il était plus important de dire ce que je pense plutôt que me cacher derrière. Il n’y a rien à perdre et, en outre, c’est beaucoup plus gratifiant. À quoi bon chercher la facilité en se dissimulant ? »

Ce projet est né quand Bognanno, qui était à l’époque dans un autre groupe, King Arthur, a commencé un travail d’ingénieur du son au Battle Tapes studio, un studio local. Là, elle a montré ses productions à Stewart Copeland, un batteur qui était également son petit ami et tout s’est déclenché à partir de cela avec l’intronisation énergique du bassiste Reece Lazrus et du guitariste Clayton Parker. Le groupe noisy était formé et sa nature implacable n’a, depuis, pas cessé.

Après un démarrage sur Bandcamp en 2014, quelques « singles » auto-produits et un EP, un contrat avec Startime International où le potentiel de Bully a été reconnu fut signé : « Ils étaient très excités et voulaient absolument qu’on sorte très vite un album ! Cétait tout bon pour Alicia » se rappelle Copeland.

Celle-ci put alors retrouver un territoire familier pour enregister Feels Like. Elle réserva trois semaines au Electrical Audio, une studio de Chicago appartenant au légendaire Steve Albini et où elle avait passé un été en tant que stagiaire. Elle y avait appris plus que les rudiments du travail de production et s’attaquant à la prise ed son : « Ça a été un boulot insensé, admet-elle, même se préparer à tout cela était démentiel. Il me fallait amener tous les micros que je voulais utiliser, tout planifier et rien, dans tout cela, n’a été facile. Finalement tout s’est déroulé avec une certaine fluidité hormis lors de la dernière semaine où il a fallu tout terminer et où j’ai cru que j’allais devenir cinglée. »

« J’adore tous les gens qui y travaille », dit-elle de Electrical Audio. Nashville est plus confortable mais je souhaitais un autre environnement. Je ne voulais pas faire une pause déjeuner et rencontrer quelqu’un que je connaissais car cela m’aurait déconcentrée du travail en cours. »

Le produit fini est un album qui se nourrit de l’adrénaline initiale de Bully mais qui l’amène un peu plus loin. C’est toujours du rock débridé mais les rugosités ont été limées pour présenter un son plus poli mais, comme elle le dit elle-même, « la fuzz est toujours aussi perçante et je chante toujours chaque note comme si ma vie en dépendait. »

6 juillet 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Black Honey

Peut-être est-ce aujourd’hui le meilleur moyen de créer le « buzz » : s’entourer de secrets, préparer un disque mai se dire pas pressé de le sortir. C’est le cas de ce combo de Brighton, Black Honey ; dont les textos mystérieux et parfois même sexy ont crée une attente.

Quelques concerts tout aussi secrets, une poignée de démos ont servi à alimenter l’attente mais n’ont pas empêché le groupe de rester sur ses gardes. Leur chanteuse, Izzy B. Philips, la baisse ici un peu ; pensant sans doute qu’il est temps de se faire connaître de manière plus tangible.

Bien que Black Honey se soit formé récemment, ses membres se connaissent pour avoir joué dans splusieurs groupes auparavant : « On a fait parti de plusieurs combos, tous dans la région de Brighton. On se connaît depuis trop longtemps » annonce-telle platement. « Black Honey est une chose toute nouvelle mais nous ne sommes pas véritablement encore un collectif. »

Le groupe s’est pourtant forgé une image avec soin : visuels très stylisés pour la télé par exemple et ils ont une vision très claire de l’album en préparation et de vers quoi ils souhaitent aller : « Le disque est déjà écrit mais on n’est pas pressé de tout planifier. On ne pense même pas au-delà de l’été prochain alors… L’année prochaine peut-être » ajoute-t-elle avec désinvolture « On prend les choses une par une et on passe avant tout de bons moments. Si ça ne tenait qu’à moi on resterait un groupe caché. »

On peut prendre cette dernière déclaration de la manière que l’on veut, pour l’instant un rêve d’enfance est en phase de se réaliser : « Cela fait des années que je souhaite jouer aux festivals de Reading et Leeds. Je me sens très secouée. J’en ai parfois la nausée et, en un sens, je me fais plaisir de façon frivole », dit-elle en affichant une mine d’ingénue. Comme moi certains ressorts de promo et de jeu avec l’image sont déjà bien en place.

6 juillet 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Everything Everything

Indubitablement Everything Everything ont le vent en poupe. Leur troisième album, Get To Heaven, a reçu des critiques dithyrambiques non seulement pour sa musicalité (riffs effervescents et rythmiques grinçantes) mais aussi pour sa peinture d’une dystopie meurtrière qui n’est pas si éloignée de notre monde. Le tout est marié art et concision, une contradiction que les Mancuniens, sous les explications du vocaliste/guitariste Jonathan Higg et de l’autre préposé à la six cordes, Alex Robershaw, justifient pleinement.

De quoi traite l’album au juste ?

Jonathan : Son thème est que vous ne devez pas être un passager dans votre propre vie. Au réveil, la sensation est qu’il vous faut vous lever de votre siège et confronter vos démons. Tout ce qui consiste à ne pas laisser l’existence vous submerger et vous tirer vers le bas.

Quand un fan se glisse pour que vous autographiez votre disque, qu’est-ce qui se passe dans sa tête à votre avis ?

Alex : Eh bien c’est l’album qui correspond le plus à ce que Everything Everything représente. Il est plus fort et hardi que nos opus précédents ; c’est ce que j’espère nos fans auront à l’esprit.

Avez-vous raisonné en termes de similitudes par rapport aux autres ?

Alex : Quand on s’est mis à y réfléchir, notre but était d’être dans l’énergie la plus brute possible. On voulait s’assurer à ce que tout le disque opère un mouvement vers le haut et soit de plus en plus excitant poutr que notre public ait envie de se bouger. Sur Man Alive nous voulions surtout nous distinguer ; on était jeunes et on souhaitait es singulariser par rapport aux autres. Parfois notre façon de composer laissait trop de place à de la mystification. Ce qui était bordélique et bruyant figurait au centre.

Jonathan : Au cinéma, vous avez une structure qui est utilisée par une bonne raison. C’est pareil pour la musique ; si vous vous amusez trop avec, vous ne vous sentez pas satisfait en tant que public. Et c’est la même chose si vous vous cantonnez à une même formule Il faut donc apprendre comment les choses fonctionnent avant de les tripatouiller ; ce qui constitue un bon chorus ne s’improvise pas.

Puisque vous mentionnez les chorus, « Distant Past » semble être construit autour de cet éléments.

Jonathan : Ça s’est fait au pied levé. Je suis rentré chez mes parents pour enregistrer le vers qui était encore plus invraisemblable que celui de maintenant. C’était stupide, je le trouvais génial et me suis dit que j’allais écrire une chanson marrante. Puis j’ai pensé que j’allais avoir besoin d’un chorus. Je l’ai écrit sans y penser plus que cela et les gens se sont focalisés dessus.

Si le chorus s’est avéré un accident, ça va un peu à l’encontre de ce que vous disiez précédemment.

Alex : C’est comme un footballeur qui marque un but ; je ne crois pas qu’il pense au processus à chaque fois.

Jonathan : Voilà pourquoi il m’a fallu huit ans pour apprendre tout ça. Si j’avais été à la fac pour apprendre comment écrire une chanson pop, ça aurait été nul.

Qu’est-ce que vous a apporté Stuart Price sur ce titre ? C’est un producteur pop et c’est aussi le morceau le plus pop du disque.

Jonathan : Il n’a pas fait grande chose dessus.

Alex : C’était un des titres qu’il aimait le moins.

Jonathan : Il nous a dit : « Pas celui-là les gars. » Il n’a pratiquement rien changé et c’est pourtant le morceau le plus populaire.

Alex : Il souhaitait nous emmener dans ce truc où on danserait, avec un piano à queue. C’était totalement étranger à notre optique.

Jonathan : On voulait tout sauf ça aussi on s’est assurés de bien le jouer à la guitare, avec une vraie batterie ; tout ce qui en faisait une chanson rock auquel on a ajouté quelques rythmes tribaux. C’était bizarre d’aller voir le producteur et de lui dire qu’on voulait sonner comme un artiste dance mais sans en utiliser les éléments.

Vous êtes un groupe très contemporain mais vos disques véhiculent un vrai malaise par rapport au monde moderne. Que pensez-vous de cette contradiction ?

Jonathan : Je crois que beaucoup de gens vivant comme nous, da manière relativement confortable se sentent un peu perdus par rapport à ce q’est le monde aujourd’hui. La presse ne fait que mettre en épingle ce qui est négatif dans la marche du monde et il est assez facile de se faire embobiner, ou alors de faire comme si ça n’existait pas. On est un peu entre les deux ; cela nous consomme certes mais on essaie de s’en affranchir ou de réajuster ce qui ne va pas.

Vous semblez écrire plus à propos d’émotions aujourd’hui.

Jonathan : Exact, et de plus en plus. Au début je ne traitais que d’histoire ou de technologie. Maintenant je veux me concentrer sur les sentiments ; ceux-ci ne sont pas très articulés sont parfois même contradictoires c’est pourquoi parfois je m’exprime en partant d’un point de vue qui est opposé au mien. C’est une façon de vouloir comprendre, de se dire : « Peut-être aurais-je agi autrement dans une situation différente. »

Comment cela s’est-il manifesté sur « Regret » ?

Jonathan : Très simplement ; j’ai des regrets, tout le monde en a. Ça n’a pas été un morceau que je devais écrire, c’était quelque chose que je chantais bêtement chez moi avec ma copine. Elle évoquait le fait d’être assis dans le noir. Un jour j’ai juste éteint les lumières, le truc crétin par excellence qu’on s’est tous mis à faire ensuite.

Vous prétendez être unique et c’est vrai que, depuis vos débuts, aucun groupe ne sonne comme vous.

Alex : Nous n’avons jamais été les préférés de qui que ce soit. On n’appartient pas à cette scène où la mode est aux jeunes chanteuses comme Florence ou Ellie Goulding. Ni à ces groupes indie qu’on a déjà entendus comme Two Door Cinema Club. L’indie pop à la Uber.

Diriez-vous qu’il y a quelque chose de politique dans vos disques ?

Jonathan : Je dirais que j’essaie d’aborder les chose d’un point de vue plus large que les Travaillistes et les Conservateurs. Sur ce disque, il y a des choses qui font allusion à Farage, non pas lui en soi mais à tout ce que son discours peut remuer chez les gens.

2 juillet 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Title Fight.

Au bout de 12 ans de carrière, Title Fight, un groupe d’anciens punks de Philadephie, a enfin, semble-t-il, trouvé une véritable vitesse de carrière avec leur troisième album, Hyperview. Ce disque est sans doute leur meilleur dans sa tentative de trouver un terrain commun entre shoegaze et hardcore. Leur leader, le bassiste et vocaliste Ned Russin, fait le point sur la réaction des fans : « C’est assez controversé et il nous est difficile d’évaluer ce qui sortira de tout ça. Pour l’instant je me plais à penser que c’est le disque qui a eu les accueils les plus positifs mais ça pourrait changer très vite. »

Il est pourtant légitime de se demander comment Title Fight s’en sortira avec ce nouveau répertoire si on considère la différence entre les précédentes productions du groupe : « C’est délicat car ce qui compte pour moi est d’exprimer là où nous en sommes aujourd’hui. Nous ne sommes pas le même groupe qu’il y a deux ans et, même si nous n’avons pas honte de notre vieux matériel, nous souhaitons aller de l’avant. »

Quid, alors, des anciens fans ? « La plupart aimaient bien le « stage diving », pour moi c’est cool mais ils ne doivent pas s’attendre à ce que notre nouveau répertoire les encourage. »

En outre, l’approche lyrique du groupe a, aussi, pas mal évolué et Russin n’hésite pas à se réclamer de Faulkner ou Steinbeck. Les vocaux sont désormais assurés par les guitariste Jamie Rhoden. Cela n’a aucunement été planifié ; « les compositions semblaient avoir besoin d’un autre type de vocaux. C’était une progression inconsciente qui a fait son chemin. Jamais on ne s’estdit qu’on voulait plus de reverb, des notes plus propres ou une autre façon de chanter. »

Hyperview est également le troisième disque d’affilée à bénéficier de la production de Will Yip : « Son rôle a été principalement instrumental. On a ré-arrangé pas mal de choses et il a été là tout le temps. Il nous a donné des idées pour les arrangements, nous a aidé pour les vocaux sur les mélodies et les harmoniques. On s’est totalement mis à la disposition de ses idées et c’était quelque chose d’inédit pour nous. »

22 juin 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de His Name Is Alive.

Tecucitzecatl, le nouvel album de His Name Is Alive célèbre presque les 25 ans du duo expérimental pop. Groupé autour de la chanteuse Andrea Morici et du guitariste Warren Defever, l’ajout de Dusty Jones à la six cordes et de J. Rowe aux percussions a fait du combo un des meilleurs réunis par Defever.

« Tecuciztecatl a été véritablement un effort de groupe et non pas le produit d’un maniaque obsédé par la recherche d’un son et ne faisant qu’embaucher des musiciens pour réaliser un rêve impossible. » Defever se met ainsi un peu de côté tout en ajoutant, « j’avais néanmoins établi une certaine éthique, la même que celle qui avait été la mienne depuis les débuts. Ce disque s’est développé de façon organique, sur la base de quatre amis répétant sans pression. J’ai fait de nombreuses erreurs dans le passé et me sens coupable de ce que j’ai fait subir à des amis quand on était en studio. Au fil des années je pense avoir développé une certaine capacité à savoir commet gérer les attentes et ne pas vouloir outrepasser les limites des musiciens avant que, justement, ils n’arrivent à leur point de rupture. Pour moi désormais, la collaboration ne se résume pas à la relation qu’aurait un vampire à ses victimes ; d’ailleurs peut-on vraiment parler de collaborateurs dans ce cas ? »

Quels qu’aient pu être ses objectifs, Defever a réussi à créer un album qui transcende la culture éphémère du MP3 en donnant à ses auditeurs manière à cogiter dans la mesure où le disque est disponible sous tous les formats, y compris un livre, Book of Tecuciztecatl où figurent textes et diverses illustrations. Il demeure circonspect quant à la définition des variations en termes de sons mais plus disert quand il s’agit d’aborder le concept sous-jacent, la gémellité, qui jalonne un disque où se multiplient une juxtaposition de sujets sérieux et de frivolité ce qui va de pair avec ses nombreuses productions. « Mon véritable défi en écrivant cet opéra rock n’était pas seulement de parler d’une femme enceinte de jumeaux en 1969 mais aussi dans sa réalisation qu’e l’un d’entre eux est un démon. Tout va tourner autour de la relation entre les deux jumeaux et explorer l’imagerie historique et mythologique qui s’est élaborée à partir de cette problématique. Si on va un peu plus profond, on peut y voir une métaphore avec toute relation fusionnelle dans laquelle les deux protagonistes ont une très forte connexion. Mais un des deux absorbe l’autre, comme les jumeaux dans le ventre maternel ce qui engendre sentiments de perte et de regrets. Que se passe-t-il si vous avez non seulement perdu votre âme sœur mais l’avez également tuée ? Un opéra rock traitant de ces tensions dans les relations me semblait représenter un défi pour lequel je me sentais prêt. »

Morici prête sa voix à cet opéra de la terreur et elle y est étincelante. Que ce soit dans le registre de crooneuse charmeuse sur la ballade « I Believe Your Heart Is No Longer In This Room » ou dans celui, plus sépulcral, sur le titre d’ouverture schizophrénique, « The Examination ». Son style s’harmonise à merveille avec l’esthétique tordue de Defevrer ce qui explique sans doute pourquoi, avec dix ans passés au sein de His Name Is Alive, elle détient la palme de la longévité : « Andrea est la personne qui est le plus à même d’exprimer les émotions qui me traversent, et ce y compris les plus personnelles. »

Il ajoute ensuite : « Je crois que son expérience à jouer à Detroit dans les groupes les plus déjantés possible est très proche de la mienne. Elle a travaillé avec des artistes dont je me sens très proche. Nous avons tous deux le même intérêt pour la découverte et l’exploration musicales. C’est vers elle que je me tourne quand j’ai quelque chose à demander que ce soit pour ma musique ou ce que je dois mettre en termes de tenue de scène. »

18 juin 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: « Interview de Holly Herndon »

Son album, Platform, vient de sortir et Holly Herndon est prête à l’évoquer et à la comparer à ses précédentes performances expérimentales , au processus complexe qui vise à traduire une musique complexe comme l’est la sienne dans un environnement « live » et à ce à quoi on peut s’attendre pour sa prochaine tournée.

La musique de Herndon est connue pour sa capacité à brouiller les lignes et ce nouvel opus n’est en rien différent. Elle a travaillé avec plusieurs collaborateurs vocaux et incorporé des processus complexes et des logiciels réalisés par elle pour nous offrir une vision qui transgresse les frontières entre les gens et les ordinateurs ; ce qu’elle envisage de faire pour ses concerts porte la même ambition dans la mesure où « le processus créatif ne s’achève pas avec l’enregistrement. Je considère que Platform est un projet en développement et je souhaite intégrer quelques uns des concepts de l’album dans un cadre « live », en y incluant, par exemple, des personnes qui ne sont pas nécessairement des musiciens ».

Cela ne serait pas le première fois où elle aurait oeuvré avec d’autres artistes ; son pojet Collusion en 2011 ; une collaboration avec le philosophe iranienReza Negarestani et son compagnon Mat Dryhust, avait requis la participation de l’audience en en appelant certains sur leurs téléphones mobiles, en faisant des samples des applaudissements et en les leur rejouant à la fin du show.

Tout atypique que ce soit, pour elle, le côté malicieux d’une performance est important : « Je crois qu’un des rôles de l’artiste est d’être un arnaqueur et c’est un fonction que j’adore. On a fat un spectacle à San Francisco voilà quelques mois et nous avions installé des caméras de surveillance un peu partout. Tout se faisait sous la supervision de l’artiste Michael Guidetti et, à chaque fois que quelqu’un prenait son mobile, on zoumait dessus et on le projetait sur le grand écran. »

Ce côté perturbateur semble vouloir se poursuivre pour sa prochaine tournée sous la forme d’une collaboration avec un artiste digital japonais basé à Tokyo, Akihiko Taniguchi, qui va participer à la vidéos de « Chorus » : « Il a un programme que nous utilisons et, là où je peux créer une audience virtuelle, j’ajoute certains membres dans la vidéo et les y fait bouger. »

Cela fait longtemps qu’elle a intégré une audience à ses spectacles mais ces innovations basées sur la technologie sont également des commentaires sur la problématique de la vie privée dans le monde numérique. Pour Herndon, la technologie est un espace intime et personnel et c’est pour cette raison qu’elle imprègne la base-même de sa musique. Cette technique permet la déconstruction des frontières entre l’interprète et son public, en jouant sur un regard qui peut rendre mal à l’aise et, « en dévoilant le fort attachement que nous avons aujourd’hui avec la technologie,cela nous permet de faire changer la dynamique et de la mettre de notre côté ».

Au-delà d’une conversation un peu abstraite sur l’intimité et l’Internet, Hernedon est parfaitement consciente du contexte localisé où sa musique est interprété : « Je suis vraiment intéressée par l’idée de réaliser mes performances dans des endroits très spécifiques et uniques. Je n’aime pas le concept de brancher mes outils et d’interpréter la même chose partout où je vais. »

12 juin 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de The Darkness.

Quand The Darkness a sorti son premier opus Permission to Land en 2003, il entra directement au sommet du hit-parade anglais grâce au « single » « I Believe In a Thing Called Love ». Le duel de guitares et les vocaux en falsetto de Justin Hawkins contrastaient avec le blabla habituel des radios rock mais les albums suivants n’ont pu renouveler l’exploit en termes de succès. Hawkins est sorti d’une cure de désintoxication qui a failli sonner le mort du groupe et le power rock inspiré de Thin Lizzy semble rallumer, sur Last of Our Kind, une flamme qui avait bien failli s’éteindre.

Quelle perspective s’ouvre pour vous avec ce nouvel album ?

Bonne je crois dans la mesure où il a pu être mené à bien. C’est un peu tôt pour se prononcer mes les retours sont plutôt favorables et on a même pu faire quelques petits concerts de promo à la radio.

Vous avez quelques dates de prévues en Europe…

Une petite tournée mais ensuite on va se poser un peu car nous avons des festivals à assurer et il est donc difficile de planifier des choses pendant cette période. Nous attendrons août ou septembre ; on aimerait aller en Australie et au Japon avec, ensuite, un petit tour aux USA, Los Angeles en particulier.

Vous avez enregistré en Irlande dans le studio de votre frère. Étaitt-ce juste enregistré ou avez-vous composé aussi là-bas ?

On a composé en Irlande et y avons enregistré de manière très primitive. Je ne pense pas qu’il y a des passages qui ont survécu à cette période, en revanche c’était assez inspirant que de vivre et de travailler en studio. La chambre de Dan, mon frère, était là où se trouvait la table de mixage.

Est-ce que cela a affecté le son du disque et votre façon de composer ?

Je suppose que oui. On était dans un environnement où nous étions à l’aise mais nous avons passé un minimum de temps dans la zone d’enregistrement. On a travaillé les ajouts ailleurs dans la maison. Dan nous a permis de nous détendre, il a produit, assuré la guitare, s’est comporté comme un vrai ami. Je pense même qu’il avait la sensation que parfois on abusait ? Je ne peux que le remercier pour les sacrifices qu’il a faits.

L’album a été enregistré avec Emily Dolan Davies à la batterie mais elle vient de quitter le groupe. Aujourd’hui votre nouveau percussionniste est Rufus Taylor, le fils de Roger Taylor batteur de Queen. Comment l’avez-vous approché ?

On a ce problème de batteurs depuis plusieurs années. Rufus est notre quatrième. On a toujours des messages qui nous disent : « Si vous cherchez un batteur, pensez à lui » « ou à un autre ». On a donc jamais été véritablement dans la recherche mais Emily et moi nous sommes séparés alors que nous étions dans l’urgence pour préparer la soirée de lancement. On a appelé Rufus qui était dans notre liste depuis pas mal de temps mais il était en Australie. Finalement il est arrivé au matin du jour où on avait besoin de lui pour le show. On a répété très vite et ça s’est super bien passé. Il va désormais nous falloir réfléchir pour voir comment on pourra fonctionner sur la durée et ceci n’a rien à voir avec son pedigree musical.

Il est talentueux st s’intègre plutôt bien au son que vous mettez en place.

Oui, dans son autre groupe il ne ressemble en rien à Roger Taylor. Incidemment, ce dernier est un cousin éloigné des Hawkins. Presque une famille donc.

Comment le fait d’avoir un enfant a-t-il affecté votre musique ?

Au début je croyais que cela agissait inconsciemment et je crois que, indirectement, c’était vrai. Aujourd’hui je ne peux pas me permettre de faire des conneries car il faut que l’argent soit présent pour son éducation. Il est important pour moi d’avoir une descendance dont je puisse être fier et il faut que votre enfant soit également fier de vous, et surtout qu’il le dise sur votre lit de mort.

10 juin 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Regal Degal.

New York Los Angeles puis l’inverse, il est évident que, Regal Degal sont, à l’image de leur leader Josh Da Costa, en demande de ce surcroit d’adrénaline que nécessite la sortie de leur nouveau disque, Not Now, et de simultanément une vidéo pour « Pyramid Bricks » et dans laquelle on trouve le modèle Abbey Lee. C’est au milieu de cette effervescence que Da Costa nous en dit un peu plus sur ses projets d’un futur qui ne nie pourtant pas le présent.

Vous êtes de retour à Brooklyn, qu’est-ce que ça vous fait d’être chez vous ?

Je fais la navette entre LA et NY depuis des mois. New York est un excellent endroit pour être occupé et faire le plein de plusieurs énergies mais Los Angeles permet de goûter les plaisirs simples de la vie et d’avoir un rapport plus qualitatif en termes d’amitié. J’adore les deux villes et j’apprécie la chance de pouvoir avoir un pied dans chacune.

La vidéo musicale de « Pyramid Bricks » est très inspirée par le psychédélisme et les visuels égyptiens ; qu’est-vce qui vous a poussés vers cette direction artistique ?

La réalisatrice, Lily X, trouvait que les ornements et les éléments mystiques de l’imagerie de l’Égype ancienne servait le titre à merveille. C’était fun et, en plus, on était d’accord.

Il y a cette référence à La Momie quand Abbey Lee se transforme en momie elle-même. Que pensez-vous du film ?

Personnellement je pense que c’est un très mauvais film. Je le compare à la scène dans la salle de bains de The Shining, mais en moins ratatiné.

Not Now semble s’inspirer de chaque décennie musicale, des 60’s à aujourd’hui. Comment avez-vous approché sa composition en tenant compte de ces différents sons ?

On a voulu incorporer des tonalités héritées des musiques que nous aimons et il se trouve qu’elles viennent souvent du rock des années 60 et 70. Je joue beaucoup d’une guitare acoustique à 12 cordes, il n’est pas étonnant que Not Now semble y puiser. Bien sûr tout cela est filtré par des procédés comme le delay et des chorus qui donnent un parfum 80s. Sur un titre en particulier, « Defense », elle se heurte à une boîte à rythme et des lignes de basse influencées par la house. J’ose penser que ça appartient à un territoire que personne n’a pu identifier jusqu’à présent. Je joue aussi d’une guitare peu solide, accordée de façon atypique, sur la plus grande partie du disque ce qui me permet d’avoir des sonorités viriles sans que ça paraisse trop macho. La section rythmique, Jamen et Josiah, maintient les choses très punky sans être dédiée à un style ou un autre ce qui est un atout maître.

Vous avez dit que les titres figurant sur votre EP Pyramid Bricks ont été conçus individuellement plutôt qu’en ayant en tête un véritable disque. Dans quelle mesure vos procédés d’écriture ont changé pour ce Not Now qui sonne comme ayant beaucoup de cohésion ?

Pour le EP, j’expérimentais mon « songwriting ». Chaque morceau était, au départ, une étude de genre mais, au bout du compte, j’ai opté pour ce qui sonnait le mieux sans me soucier des critères d’un genre ou d’un autre. La façon dont nous avons ré-enregistré « Pyramide Bricks » pour l’album était censée lui donner la vibe générale, plus proche de comment nous sonnons sur scène. Le Ep était en fait un tremplin fun qui nous a permis d’aller plus loin dans certaines directions et on a quitté Los Angeles sur cette note assez enlevée qui nous a permis d’enregistrer à Brooklyn dans un esprit détendu et cohérent en effet. J’ai tendance à penser que c’est un assez bon album dans la mesure où il donne une idée de comment nous sommes « live ».

On a dit qu’un des thèmes du disque explore la notion de négation du présent. Pourquoi pensez-vous que nous avons besoin d’y échapper ?

Je crois que l’on a besoin de forcer les gens pour qu’ils agissent en leur parlant d’ambition, d’aspiration, de lutte, de désespoir ou juste de l’envie de se divertir. Les rêves, les désirs, les dangers de la vie de tous les jours sont un moteur et ne penser qu’au présent est une chose si facile. C’est le signe d’une vie sans désir et sans frustration ; c’est une manière de ne rien envisager et de laisser tout et n’importe quoi vous arriver. Les gens ont peur de cela, de cette initiative à prendre, et préfèrent regarder le passé pour modeler leur futur.

Comment la pochette de l’album s’intègre-t-elle à ce que le disque véhicule ?

C’est à un niveau subliminal. Not Now est notre effort le plus collaboratif en termes de personnel. Il y a les membres du groupes mais aussi des invités là où nous avons enregistré, à New York et Berlin. Il en va de même pour le visuel ; en général nous sommes deux à le faire mais cette fois-ci Drew Heffron qui fait tous les graphiques de Terrible Records et David Benjamin Sherry ont participé. On a pu choisir parmi une large sélection de visuels et j’ai cru à un moment que j’allais sélectionner un truc qui serait uniquement de l’art pour l’art. J’ai réalisé ensuite que David B nous offrait un auto-portrait et ça nous a pas mal secoués. Ca représente parfaitement ce qui nous arrivait, un freak regardant d’autres freaks. C’est en ce sens que la pochette s’intègre à l’album, un truc aussi bizarre que l’est je l’espère notre musique.

 

1 juin 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de The Vaccines

Sans doute est-ce parce qu’ils se sentaient coincés dans le registre indie de leurs précédents albums que Árni Hjörvar, le bassiste de The Vaccines, déclare à propos de English Graffiti que c’est « enfin un disque de rock ». Il faut sans doute y voir plus loin qu’un simple déclaration car, pour le combo, le disque doit être également une occasion de se transformer. C’est dans cette optique que Hjörvar et Justin Young (vocaux, guitare) entament la conversation sans éviter les sujets polémiques.

Vous avez dit de cet album que vous vouliez qu’il « vieillisse mal »…
Justin : Je pense que je signifiais le fait que, quand vous écoutez des disques qui ont défini leur époque, Never Mind The Bollocks ou Nevermind, ils ne sonnent pas atemporels mais le fruit de la période où ils ont été enregistrés. Ils ne sonnent pas comme vous vous attendriez qu’ils sonnent si ils avaient été conçus aujourd’hui et j’estime que c’est une bonne chose. Quand j’ai fait cette déclaration je pensais surtout à Nevermind, son doute mon album préféré. Je crois que, dans le passé, nous avons trop proclamé que notre musique aurait pu être réalisée à n’importe quel moment de ces 30 ou 40 dernières années. On a ensuite commencé à penser que ça n’était peut-être pas une si bonne chose et qu’il faudrait mieux que l’on fasse quelque chose qui reflète notre époque si on voulait laisser une trace. Cela est une réflexion qui touche tous les aspects, l’angle sonique, les textes, etc. C’est pour cette raison que j’ai dit cela à propos de English Graffiti. Je voulais que ça devienne une phrase-clé.
« Radio Bikini » fait référence au bombardement de cet atoll il y a 60 ans. Vous y êtes-vous délibérément situé à l’écart de la politique moderne ?

Justin : Je ne mêle jamais la politique à ma musique. Je sais que beaucoup se plaignent du fait que les artistes ne semblent pas avoir une conscience politique mais, honnêtement, je ne pense pas que ce soit notre responsabilité. On se trompe en estimant ça ; pour nous il s’agit d’une expérience personnelle et cathartique et nous voulons qu’elle devient inter-personnelle et universelle.Je crois que ce serait arrogant de ma part si je suggérais que je suis capable d’enseigner aux autres comment vivre leur vie ou leur dire : « Regardez ce qui se passe. » Les gens sont assez intelligents pour y réfléchir par eux-mêmes et j’essaie toujours de m’éloigner de la politique fabriquée au bistrot du coin.

Damon Albarn a parlé d’une « selfie generation » où les artistes d’aujourd’hui n’utilisent la musique que pour parler d’eux-mêmes…
Justin : Oui mais c’est quelqu’un de vieux désormais. Un des meilleurs disques qu’il ait fait concernait une rupture alors il faut toujours faire attention quand on dit des choses comme ça.

Vous aviez une centaine de chansons potentielles pour cet album…

Justin : On n’est pas arrivés avec 100 titres ; on les a écrit durant le processus. Les gagnants ont été sélectionnés assez naturellement chaque jour ou chaque semaine. Le choix a été très vite évident. La moitié du titre a été écrite sur les 8 semaines qui ont mené à son achèvement.

Árni : Le processus qui nous a amenés à écrire tous ces trucs qui, espérons-le, ne quitteront pas nos ordinateurs a, lui, était massivement important. Cela nous a permis de voir le groupe avec une perspective différente et de déterminer vers quoi on voulait s’orienter. Aussi, quand on a commencé à enregistrer, la palette sonique était tout de suite plus claire. Les compositions et ce dont elles avaient besoin sont devenues évidentes et certains titres qui figuraient au départ ne l’étaient plus à l’arrivée.
Ça vous a fait quoi d’en rejeter ?
Justin : Ça faisait partie de tous ces éléments qui étaient difficiles. On s’est donné du temps libre, mais on s’était imposé des limites auxquelles nous nous sommes tenus. On décidait chaque matin de ce que nous allions faire ; c’était peut-être un frein à l’expression libre mais, quand j’arrivais avec une nouvelle chanson, tout le monde devait s’y coller. Notre éthique était : « On prend le chemin numéro un et aucun problème d’égo ou s’identité ne devra interférer car sinon toute se délitera. » Peu à peu, je crois que les gens sont parvenus à s’exprimer un peu plus et à donner une autre personnalité aux morceaux. Freddie (Cowan) est un guitariste de plus en plus inventif et il y a des tas de trucs étranges et merveilleux qui se sont glissés ici et là. J’ai même bossé sur une bande que quelqu’un m’avait envoyée et où il y avait une version rap d’un des titres. C’était devenu un truc hip-hop qui ne m’était pas venu à l’esprit. Vous seriez étonné par la diversité des morceaux qui n’ont pas été pris.
English Graffiti semble être album le plus « produit ». Aviez-vous peur de perdre une certaine dose de rugosité telle qu’elle se manifestait auparavant ?
Árni : Non, car c’était notre but. Je voyais le studio comme un outil plutôt que comme le véhicule de quelque chose. Notre démarche était tout à fait consciente.

Justin : Ironiquement je trouve qu’il y a plus d’énergie qu’avant à certains moments. IL y a une certaine frénésie sur « 20/20 »’ ou « Radio Bikini » que vous ne pourrez pas capturer « live » car vous devez la créer en plusieurs éléments, synthétiquement donc.

Beaucoup des morceaux ont un esprit plus sordide inédit chez vous ; comment allez-vous les interpréter ?

Justin : D’une façon louche et glauque. Je suppose qu’il y a plus de nappes soniques et de perspectives sur des chansons de cette nature . J’apprécie car cela me permet d’avoir une interprétation plus aboutie et cela profite autant à l’audience qu’à nous. On montre ainsi une autre facette de nous. Je ne me sens jamais vulnérable sur scène, au contraire c’est l’endroit où j’ai l’impression d’avoir le plus de pouvoir. Chacun ressens ceci à un moment ou un autre.
Vous avez souvent évoqué le fait que vous vous sentiez déconnecté de tout en raison de la technologie moderne.
Justin : Je pense qu’il y a une certaine ironie au fait que nous soyons tous hyper connectés, que nous allions dans un bar qui passera la même musique partout dans le monde et que nous portions tous le même type de vêtements. Vous pouvez néanmoins vous réunir avec des amis, boire une bière et avoir la sensation que chacun est dans son petit monde. Internet nous construit sa propre réalité et fait de nous des consommateurs d’une autre ère. C’est une réalité dont j’ai du mal à comprendre vers quoi elle nous mène en termes d’attentes. La seule chose dont je sois certain est qu’aucune autre génération avant la nôtre n’a éprouvé ce sentiment de déconnection que je sens aujourd’hui pour des choses comme l’amitié et l’amour.
Est-ce que vous appréciez le style de vie où chaque jour vous ouvrez notre valise qui va avec le fait d’appartenir à un groupe ?
Justin : J’adore ça mais je pense qu’on y devient très vite une institution au même titre qu’à l’armée ou en prison. Chaque nuit, en tournée, l’adrénaline coule de manière incroyable si vous avez assez de chance. Quand elle s’est dissipée, l’absence crée un vide et vous commencez à vous demander ce que vous devez faire pour le compenser.

Vous préoccupez –vous d’avoir un succès qui dure ?
Justin : Dans la musique, le succès ne suit jamais une ligne allant continuellement vers le haut. J’aime penser que je continuerai à en faire indépendamment du nombre de gens qui l’écouteront. Je n’ai jamais passé ma colère sur quelqu’un mais Dieu sait que je l’aurais fait si je n’avais pas cette possibilité de composer. C’est une thérapie ; il y a des interprètes, des musiciens et des « entertainers » mais moi, je suis définitivement un auteur-compositeur.

Vous avez dit que vous ne vouliez plus être un groupe indie mais rock ; où en êtes-vous maintenant ?
Árni : Je crois que nous sommes devenu un groupe rock. Cela nous a pris un certain temps mais je pense que l’axe directeur de cet album était précisément de s’écarter des règles que nous nous étions imposées et qui font partie de l’approche « indie ». Je trouve qu’on a pas mal réussi.
Avez-vous l’impression que vous vous imposiez des barrières auparavant ?
Justin : Oui.
Árni : Oui, tout à fait !
J
ustin : Ça a été une décision prises consciemment car elle signifiait nous libérer de certaines entraves.

Mumford & Sons ont dit des choses très dures à propos de Tidal ; qu’en pensez-vous ?
Árni : Je ne pourrai pas être plus d’accord que je ne le suis.
Justin : Pareil pour moi. Je crois que beaucoup d’artistes ne se rendent pas comptent que si Black Keys peuvent refuser d’être sur Spotify c’est parce qu’ils ont suffisamment de succès pour que vous deviez aller ailleurs si vous souhaitez les écouter. Le modèle Spotify est extrêmement injuste envers les artistes. Mais les grands artistes oublient que Spotify présente aussi une opportunité ; si vous écoutez de la musique de manière informelle, c’est le meilleur endroit où aller. Même pour un groupe ayant notre statut qui n’est pas celui du plus grand groupe au monde, Spotify est le lieu où les gens viennent écouter notre musique. C’est l’endroit où elle est le plus consommée par rapport aux autres plateformes ; elle est incroyablement injuste mais on en a besoin. Il ne faut jamais croire un musicien qui vous dit que si il n’a pas d’argent c’est à cause de Spotify. En effet, même injuste, c’est une compagnie qui vous offre occasion de faire des concerts, trouver une licence pour votre musique ou faire des publicités ou des jeux vidéos. Ça n’est peut-être beau à entendre mais c’est ainsi que vont les choses.
Árni : En outre il est prouvé qu’on a tort de penser que tout se fait au dépend de l’artiste. On s’est aperçu que ça rapportait pas mal d’argent mais ce n’est pas l’artiste qui récupère le plus. Il faut s’en prendre au label mais pas à la plateforme. De toutes façons si on essaie de supprimer ce genre de choses, ça ne sera que nier l’avance technologique. Je suis pour le fait que la musique soit disponible tout le temps quelle que soit la façon dont on l’écoute. Je ne comprends pas que certains s’en plaignent.
Justin : C‘est quand même assez drôle de voir toutes ces stars s’aligner à la conférence de presse de Tidal alors que chacun d’entre eux pourrait arrêter de travailler et se payer une voiture de luxe chaque jour des 300 prochaines années.

1 juin 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Lone Wolf.

« Quand je disais ne pas vouloir faire un autre disque, j’étais vraiment sincère et sérieux » insite Paul Marshall au sujet de son nouvel opus sous le nom de Lone Wolfe, The Lodge. IL est vrai qu’il avait semble couper les ponts avec l’industrie musicale après The Lovers en 2012 et il a peine à l’expliquer : « C’est une chose très difficile et très personnelle et je ne m’attends pas à ce que les gens puissent le comprendre. Je pense être devenu un individu capable de percevoir la complexité de ce que je suis en tant qu’être humain. Le tout est de savoir pourquoi c’est un processus anxiogène pour moi et, de manière surprenante, c’est quand on a diagnostiqué que j’étais un angoissé chronique que tout s’est simplifié. »

Il se rappelle alors l’état dans lequel il se trouvait juste avant le sortie de The Lovers et de ses deux précédents albums, Vultures et The Devil and I : « J’étais au bord de la dépression nerveuse avec cet étrange cocktail de malaise amoureux et de soucis pour la moindre choses. »

Ce qui a changé, poursuit-il, était qu’il était arrivé « à un point où j’ai soudain réalisé que la musique était un élément qui, non seulement ne m’affligeait pas, mais qu’il générait en moi le besoin de créer un quelque chose dont je ne pourrai jamais me débarrasser. »

Sentant « qu’il restait une dernière chose à faire sous le nom de Lone Wolf », il s’est mis au travail avec le producteur James Kenosha et le joueur de trompette David Warnegard afin de réaliser un album qui soit une confession brute, inspirée de Talk Talk, et que celle-ci allait se nommer The Lodge du nom du studio de Kenosha. « C’est une pièce où, hormis la résidence d’été de Sophie ma compagne au nord de la Suède, je peux ôter tout cette enveloppe d’angoisse dont je suis imprégné. »

De là un disque qui ne sera peut-être pas le premier : « Pour une raison ou pour une autre, à chaque fois que je m’installe au piano dans le studio de James, c’est comme si j’avais assez de temps pour enregistrer toutes ces idées qui sont miennes. »

 

25 mai 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire