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J. McFarlane’s Reality Guest: « TA DA »

Martin Frawley de Twerps s’est lancé en solo ; Julia McFarlane, la guitariste du groupe,a, elle aussi, quitté le navire, en proposant son premier album sous le nom de J McFarlane’s Reality Guest.

Un point est à souligner, l’ex-Twerps s’éloigne de la jangle-pop qui a fait la renommée du groupe australien. Ici, J McFarlane’s Reality Guest s’aventure vers des contrées art-pop et proto-pop avec une dose de post-punk digne de Kleenex, Oh-Ok ou encore de Confetti. Il n’y a qu’à juger l’introduction instrumentale bien incongrue nommée « Human Tissue Act » avant que la voix de l’Australienne ne prenne le dessus sur les arrangements DIY de « What Has He Bought » et de « Do You Like What I’m Sayin’ ? ».

Avec une production technique et des compositions inventives mais joueuses, TA DA s’avère être une prise de risque menée avec précaution. Lorsque des titres à l’image de « Alien Ceremony » et de « My Enemy » surgissent, J McFarlane’s Reality Guest établit une frontière entre l’accessible et l’expérimental. Le contraste est bien défini jusqu’à la fin du disque avec « Heartburn » et « Where Are You My Love » qui ont de quoi rappeler Tamsen Hopkinson dans sa démarche.

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9 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Die ! Die ! Die !: « Promises Promises »

Le power-trio Die ! Die ! Die ! porte bien son nom, et pas seuelement parce qu’il s’agit d’un combo composé de trois membres. Un batteur, Michael Prain, qui malmène ses futs, un bassiste, Lachlan Anderson, qui fait ronfler son instrument comme jamais et un Andrew Wilson qui cogne ses cordes et débite des textes bouillonnants et incendiaires inarrêtables sur fond de distotion suraiguë ; Promises Promises fait montre d’un opus canalisé par un sentiment d’urgence et de fulgurance électrique.

Si « Blinding » ne vous laisse pas groggy d’entrée de jeu, « Britomart Sunset « vous achèvera avec son intro où l’on peut entendre une basse que n’aurait pas reniée le Peter Hook des débuts de Joy Division. Le reste est à l’avenant de cette guérilla sonore, et, c’est seulement quand le power-trio ralentit le rythme que l’on peut reprendre son souffle, heureux d’entendre ce bruit qu’on peut qualifier de magnifique.

Sur « Whitehorses » la propulsion sonique laisse place à une mélodie intens car Die ! Die ! Die ! est toujours porté par une batterie insatiable, une basse prognathe et une guitare distordue. Mais le groupe nous racontera aussi une belle histoire et se laissera aller à quelques élans power-pops que l’on découvre en de trop rares occasions. Raison de plus pour ne pas craindre les acouphènes.

***1/2

9 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Wilful Boys: « Life Lessons »

La vie, selon les Wilful Boys, c’est moche ; d’où cet album en mode rouleau compresseur qui écrase tout, consciencieusement, en balançant ses giclées corrosives partout. Punk à tous les étages, éclats métalliques dans les interstices, grosse vibration hardcore tout du long, c’est un nouveau pavé dans la mare, un brûlot qui ne concède aucune minute de répit.
En même temps, étant donnée leur configuration, difficile de s’attendre à autre chose.
The Wilful Boys vient peut-être de New-York mais son leader est australien. Il est derrière la batterie mais il chante/éructe aussi. Devant lui, on trouve deux guitares barbelées et gémellaires (Johnny Provenzano et Nick Isles) agrafées à une basse-enclume (Eric Lau, déjà croisé chez Child Abuse mais aux claviers) et tout ce petit monde met sur pied des bombinettes rugueuses qui amalgament à la truelle quelque chose comme l’urgence furieuse de Bad Breeding et l’exécution plombée des Cosmic Psychos. C’est dire si c’est abrasif. Et jubilatoire surtout.
Oui, parce que tout ça a beau être tangentiellement moche, rares sont les moments où l
on ne se retrouve pas au garde-à-vous lsous l’avalanche de décibels. Les Wilful Boys ne s’embarrassent jamais de bifurcations et digressions inutiles : pulvérisation systématique de tout ce qui peut faire obstacle entre leurs doigts et nos tripes et donc, plaisir maximum. Et cette façon de donner du souffle à la rugosité, de la rendre tellement implacable, de la faire déborder tout en la maintenant dans le cadre. C’est féroce tout le temps même quand ça lève (très) légèrement le pied (le dangereux et merveilleux « Bad Guy » par exemple) et tout est généralement dit en trois minutes, souvent moins, rarement plus. Du coup on passe de bourre-pifs en uppercuts sans forcément s’en rendre compte et la fin arrive presque par surprise, bien trop vite en tout cas. De ci-de là quelques soli de guitares aussi courts qu’efficaces, la basse qui laboure, la batterie qui fracasse et à la fin, un champ de ruines. Sans doute sont-ce là les fameuses leçons de vie promises par le titre : pas de quartier et droit dans le mur.

Life Lessons est ainsi dans l’exacte lignée du précédent, le déjà très excellent Rough As Guts (2016) même si on compte un changement de bassiste dans l’intervalle. On y retrouve les mêmes chœurs, l’efficacité maximum et aussi, ce qui est assez nouveau, quelques titres où Wilful Boys oublient d’appuyer sur l’accélérateur pour goûter aux joies de la conduite sur terrain mouvant : le très chouette « Both Ends » voit par exemple le groupe explorer la répétition pour un résultat tout à la fois déviant et impeccable.
Partout ailleurs, c’est droit devant et le plus vite possible : « 
Head Check » en ouverture, le très hardcore « Der Brain, Summer’s Over » plus loin, « Waiting » et plein d’autres morceaux où ne subsiste que la guerre : du riff en veux-tu, en voilà, les deux guitares qui se complètent merveilleusement, la voix qui transmet son coffre à tout ce qui l’entoure, des mélodies simples que le groupe prend plaisir à saccager et l’urgence. C’est bien ça la grande affaire des Wilful Boys : chaque note donne l’impression d’être balancée comme si elle était la dernière et cela confère un aspect définitif aux morceaux, comme si le groupe à la fin de chacun d’eux allait avoir du mal à se relever. Pourtant, c’est bien ce qu’il fait, douze occurrences durant et on le sent passer. Life Lessons est bien parti pour nous donner une leçon de vie et, à ce titre, il ne fera pas mentir son intitulé.

***1/2

9 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Camp Counselor: « scabs »

En 2017, un one-man-band a réussi à sortir de l’ordinaire de l’underground ; il s’agit de Camp Counselor qui n’est autre que le projet musical de Mickey Yacyshyn qui nous vient tout droit de St. Louis et qui avait publié un premier EP de bedrom-pop lo-fi cette année. En ce début d’année, le projet revient avec son successeur intitulé scabs.

Composé de six titres uniquement, la musicienne de St. Louis nous cajole avec ses compositions intimistes et touchantes telles que « museum of broken relationships » en guise d’introduction mais également de « cotton mouth » et de « black crayon » qui font office de thérapie pour elle.

Camp Counselor chasse les vilains nuages qui la pourchassent grâce à sa plume réaliste sur « devil’s advocate/apathy » et « turning songs into rituals ». Il ne manquera plus qu’un touchant « when it counted » pour synthétiser l’univers chatoyant de cette compositrice mesurée et subtile.

***1/2

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Shay Park: « I’m Not What You Expect »

Depuis qu’elle a quitté sa formation de Pittsburgh, Soda Club, Shay Park connduit une bonne carrière en solo. L’auteure-compositrice-interprète et musicienne venue de Boston a réussi à se réinventer et tente à nouveau de se démarquer avec son nouvel EP intitulé I’m Not What You Expect.

Avec cinq morceaux inédits, Shay Park poursuit son bonhomme de chemin avec sa twee-pop fuzzy loin d’être naïve. Elle débute sur les chapeaux de roue avec un « Birthday Song » rempli d’ironie avant d’enchaîner avec l’hypnotique « Supermarket Sushi ». Ses influences bedroom-pop sont toujours aussi prononcées sur « If I Were Beautiful » et sur les allures 80’s « Only Child » tandis que la musicienne de Boston peint sa vie de façon convaincante, cohérente et concluante.

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The Mekons: « Deserted »

Ce groupe britannique existe depuis plus de quatre décennies et, après huit années de silence, nos vétérans effectuent leur grand retour avec leur 22ème opus intitulé Deserted.

Sur celui-ci, le combo s’aventure dans ce qu’il sait faire de mieux. Deserted est, en effet, une autre preuve de la manière dont il parvient à faire cohabiter alternative country et post-punk sur les morceaux inventifs comme « Lawrence In California » mais également « Into The Sun / The Galaxy Explodes » et « In The Desert » qui se complètent afin d’en faire une sorte de disque concept.

Entre ballades contemplatives (« How Many Stars ? ») et morceaux expéditifs (« Mirage », « After The Rain »), Mekons saura également fait parler son imagination. On saura ainsi apprécier sa fougue toujours aussi juvénile tout au long de neuf titres qui se clôturent avec un « After The Rain » des plus éloquents.

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9 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Day: « Midnight Parade »

The Day avait publié un premier album intitulé Strangers With Familiar Faces il y a environ quatre ans. Le duo mi-hollandais mi-allemand a, par la suite, marché sur les pas de Mazzy Star et de Cocteau Twins avant de se démarquer avec ce nouveau disque, Midnight Parade.

Composé de treize titres dont trois interludes instrumentaux The Day possède d’innombrables qualités pour cette secondeproduction aérienne et céleste. Il n’y a qu’à juger les écoutes de l’introduction intitulée « Island » où la voix de Laura Loeters et les instrumentations épurées de Gregor Sonnenberg ne font qu’un mais également les éruptions spontanées que sont « Where The Wild Things Are » qui suit et « Yet To Come ».

Midnight Parade ira chercher du côté de Simple Minds et de Death Cab For Cutie pour les influences avec sa pop à guitare fleur bleue mais la tandem restera tout de même enivrant sur « Exit Sign », « We Killed Our Hearts » et surtout le lancinant « Berlin ». The Day arrive tout de même à séduire son auditeur avec ces compositions nostalgiques que sont « The Years » et « Illuminate » qui mériteront qu’on s’attarde dessus plus qu’on ne le fait d’ordinaire sur de semblables efforts.

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9 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Shana Falana: « Darkest Light »

Imaginons, un rock genré shoegaze nimbé de lourdes guitares grasses et qui flirteraient avec un chant et des ambiances carrément gothique ? C’est le parti pris de cet album qui s’épanouit dans le mélange des styles et régale avec son de cloches et autres petits détails caché ici et là au seins des compositions.

Le résultat est résolument triste, voir dépressif. La musique de Shana Falana porte en elle la marque de la douleur, hautement porte  par un chant habité et hanté, c’est selon. Une pointe de psychédélisme pour finir en beauté, sur quelques grosses basses et des  percussion tribale, il n’en faut pas plus pour séduire. Sachons, toutefois, que tout n’y est pas si noir et que l’album apporte son lot de lumière avec quelques pistes résolument dans le halo lumineux d’un trip sous acide.

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8 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Black Beach: « Tapeworm »

Black Beach est une formation de Boston, Massachusetts, qui donne dans le punk et ses différents sous-genres. Le trio, composé de Steven Instasi, Ben Semeta et Ryan Nicholson, fait à peu près toujours autant de vacarme que peuvent le faire cinq musiciens enragés. Lancée au début du mois d’octobre dernier, leur plus récente offrande intitulée Tapeworm saura combler les amateurs de punk abrasif.

Dans une atmosphère tendue du début à la fin, Black Beach nous enfonce sans retenue dans les oreilles une douzaine de solides morceaux. Passant du punk au noise-rock, puis du post-punk au sludge, Black Beach nous livre ici un joyeux bordel sonore de quarante-cinq vigoureuses minutes.

Au fil que les chansons s’enchaînent sur l’album, le trio conserve sa passion pour les riffs qui martèlent et qui font aussi mal que de se cogner les orteils sur la table de chevet à quatre heures du matin.

Sachez, en effet, que cet album n’a rien pour vous réchauffer le corps avec de douces mélodies contagieuses. À l’aide d’une guitare qui, la plupart du temps, est grinçante et bruyante, une basse bien présente et fort efficace, une batterie qui pioche en masse et une voix parfois salopée par de la distorsion, la bande nous prouve qu’ils ne sont pas de fins mélodistes, mais plutôt une force de frappe brute. D’ailleurs, des titres de la nature « Sometimes This Body Lets Me Down », « Broken Computer », « Positive Feedback Loop », « Nervous Laughter » et « Southern State « vous le prouveront assez rapidement ;’assourdissant trio bostonnais ne fait pas dans la dentelle ni même dans le coton ouaté. À l’aide d’une réalisation simpliste et de chansons qui vont droit au but, ce Tapeworm est une véritable succession de déflagrations punk qui devrait plaire aux fans de Metz, Jesus Lizard, Pissed Jeans et Big Ups.

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7 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Art Nation: « Transition »

Après Revolution en 2015, Liberation en 2017, voici venir Transition le troisième album de Art Nation, combo suédois de hard rock mélodique né de l’ambition de son chanteur Alexander Strandell qui rêve d’en faire , sic!, « un des plus grands groupes de rock/metal de tous les temps ». Le combo n’en est pas encore là, mais il est déjà fort connu dans son pays au vu du nombre non négligeable de festivals et d’événements publics dans lesquels le quintet s’est récemment produit et au constat des prix qu’il a remportés dans sa contrée. Le peuple suédois est réputé pour être précurseur dans de nombreux domaines. On sait aussi qu’il phagocyte le petit monde du hard rock mélodique.
Les deux premiers efforts du combo avaient, il est vrai, recueilli quelques lauriers au-delà des frontières du nord de l’Europe.
Le premier et son hard rock très mélodique avait plutôt bien marché et le suivant, qui avait pris un tournant plus metal mélodique, avait enfoncé le clou… Transition, lui, ne fait pas mentir son intitulé car il emprunte un virage pop metal mélodique symphonico-alternatif façon ses copains scandinaves comme H.E.A.T. et Eclipse notamment.
Toutefois, les influences du combo ne s’arrêtent pas là puisqu’elles prennent également racine dans des terres toutes autres comme celles où voyagent
Within Temptation et ses suiveurs que sont Delain et The Dark Element. La faute à cet Alexander Strandell qui se plaît à mélanger les genres tout en puisant en eux leur substantifique moelle. A la fois vampire et Docteur Frankeistein musicien des temps modernes, il conserve le meilleur de chacun et crée un concept protéiforme qui trouve ici un étonnant équilibre, grâce, en particulier, à son génie mélodique.
Question hits, c’e sera la parade. Les cinq premiers morceaux, particulièrement, sont tout bonnement parfaits. Les amateurs des combos précités vont adorer pour peu qu’ils apprécient de tous les croiser au sein d’un même titre. Mis à part le génial et plus calme « The Cure » où on découvre la magnifique voix de Rebecca Hasko et les autres partitions sont par ailleurs plus musclées que ce que proposaient les Suédois jusque-là. Chercheraient-ils ainsi à se faire pardonner leurs approches mélodiques qui pourraient être jugées trop mainstream pour quelques esprits chagrins ? Ils seront pourtant certainement peu nombreux après avoir écouté et réécouté, sans atteindre la satiété, « Fallen Worlds », « Tick Tock », « Firefly » et « Infected » par exemple.


Doté d’une production d’une clarté absolue, quasi-clinique, d’une puissance porteuse digne d’un shoot d’adrénaline, d’envolées mélodieuses effarantes, ce
Transition pourrait gêner par ses côtés synthétiques dus au son des claviers, à tendance limite électronique parfois. Mais aussi par sa propension à virer vers la pop pure par fulgurances. Il sera pourtant bel et bien un des albums de rock/hard rock/metal mélodique de l’année.
La progression de ce groupe est à suivre avec attention et qui sait, peut-être le père Strandell ne prend-il pas tant que ça ses désirs pour des réalités. Pour peu que les radios tombent sur son combo par hasard – il ne faut pas délirer, leurs découvreurs de talents sont bien incapables de les repérer autrement, en tous cas chez nous – l’histoire pourrait bien s’accélérer pour
Art Nation.

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7 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire