Gary Olson: « Gary Olson »

5 août 2020

Le nouvel album éponyme de Gary Olson, front-man de The Ladybug Transistor, est un opus de chamber-pop tout aussi élégant que les morceaux de The Clientele et The Left Banke. C’est l’un des véritables joyaux cachés de ce moment, et le genre de sortie qui réaffirme le respect de l’auditeur pour ce genr Gary Olson est, en quelque sorte le mini-metteur enscène d’un petit chef d’peuvre..

Gary Olson laisse ici quelque chose comme un « Giovanna Please » infiltré dans l’éther à l’image de Walker et Michael Brown. « Postcard from Lisbon » sera tout aussi bon et majestueu et si ces morceaux, comme les meilleurs de Gary Olson, ont un ton un peu résigné et fatigué du monde, il y aura d’autres passages qui sont plus enjoués. « A Dream for a Memory » se marie avec les figures de l’indie-pop, tandis que « Afternoon into Evening » est composé de riffs de C86 enroulés autour d’une composition de type Go-Betweens.

On trouvera aussi des titres accrocheurs, tout comme le superbe « Some Advice », une sélection qui suggère des dettes envers Love, Shack et The June Brides. Gary Olson n’a pas un rond mais il maintient une ambiance qui varie juste assez pour qu’un auditeur appréciateur soit enchanté tout au long de cette exécution sans failles.

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S.G. Goodman: « Old Time Feeling »

25 juillet 2020

La chanson titre qui accompagne cet album est un euphémisme. Elle est toujours ancrée dans l’Americana mais se tisse dans le rock psychique et vous savez que vous restez sur vos gardes.

Élevée dans une famille d’agriculteurs stricte du delta du Mississippi, Goodman aborde son éducation dans le Sud avec un désir ardent d’un avenir progressif avec des images vives. Ce premier album ressemble à ce que quelqu’un pourrait faire sur son quatrième ou cinquième album.

C’est un disque d’une créativité débridée et d’une grande expertise de la part d’une auteure compositrice dont on comprend qu’elle figure dans la liste des artistes qu’il sera nécessaire de connaître du magazine Rolling Stone.

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Cherubs: « Immaculada High »

23 juillet 2020

Lorsque les légendaires noiserockers d’Austin, sont arrivés avec leur premier album (2 Ynfynyty) en près de 20 ans en 2014, personne ne savait à quoi s’attendre. C’était leur premier opus complet depuis  leur classieux Heroin Man en 1994. Auraient-ils encore cette distinction ? Eh bien, ceux qui ont écouté 2 Ynfynyty, ont trouvé un groupe toujours au sommet de son art, ne montrant aucun signe de rouille. Ce fut une véritable réintroduction dans le groupe.

Aujourd’hui, cinq ans plus tard, la suite du combo, Immaculada High, est sortie sur un nouveau label, Relapse, et si cela prouve que leur retour n’est pas un hasard, c’est parce que cet album est tout aussi bon que le précédent, preuve s’il en est que The Cheruubs ont toujours ce qu’il faut là où il le faut.

Ils jouent un rock noise grivois et sans membres, qui touche au rock indépendant et n’a pas peur de devenir psychédélique par moments (pensez aux légendes d’Austin Butthole Surfers). Les sons que Kevin Whitley tire de sa guitare sont corrosifs, tandis que le bassiste Owen McMahon et le batteur Brent Prager, martèlent un rythme primaire derrière lui. Leur son est distinctement le leur, et il est tout à fait excellent.

Immaculada High est donc un autre membre du groupe qui devrait plaire aux fans de noise rock et à ceux qui aiment les côtés plus lourds et plus grivois du rock indé (vous savez comme c’était avant).

***1/2


Dumb Things: « Time Again »

15 juillet 2020

Ce deuxième disque des Dumb Things de Brisbane évoque le Queensland brumeux et subtropical dans chaque morceau. « Nights and Crash Barrier » commence sur un rythme légèrement saccadé mais mélancolique. « Suburbs » et « Today Tonight » ont des guitares légères et aigües, tandis que « Carpark Daydream » reste vif avec des touches de fuzz tout au long du mix. « Waiting Out » ressemble au son plus doux de The Goon Sax avec de légères nuances de The Go-Betweens, tandis que « Fade Away » apporte à l’album un élément plus soft-pop. « Easier Said » suit une mélodie de guitare simpliste qui ondulera tout au long de la composition.

Avec leur voix rêveuse et insouciante, les deux derniers titres, « Do It Again » et « Time Again », terminenront l’album avec le même jingle que les titres précédents. L’album est très cohérent et relaxant.

Ce n’est peut-être pas l’album le plus fantastique à sortir du Queensland, mais il capture de manière unique et cohérente les éléments et l’atmosphère du nord-est de l’Australie et, pour chaque habitannt ou tout autre il évoquerar un chez soi électrifié commun à beaucoup.

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Oval: « Scis »

5 juillet 2020

Après avoir pris une pause de neuf ans au début du millénaire, Markus Popp (alias Oval) a poussé son métier dans des territoires plus vastes, s’éloignant de son pépin ambiant initial.

Sur Scis, son neuvième album et le premier en quatre ans, Popp continue de transformer ses sons numériques en rythmes plus audacieux, plus forts et plus ludiques. Sur dix morceaux et 46 minutes, le musicien allemand interpole deux thèmes sonores : des vibrations extraterrestres et des tempos qui s’entrechoquent, comme le démontrent les points forts du LP comme le rythmique erratique « Fluoresso » et le béatifique épars « Cozzmo ».

Bien que Scis soit légèrement normatif dans sa mise en page (chaque morceau contient des éléments sonores similaires et dure entre quatre et cinq minutes), Markus trouve néanmoins de l’espace pour mélanger les accessoires musicaux, en ajoutant des échantillons de voix féminine hachée sur des morceaux comme « Pushhh » et « Mik » ».

Scis démontre qu’après 27 ans de carrière, Markus Popp parvient toujours à se montrer avant-gardiste.

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Alice Boman: « Dream On »

5 juillet 2020

L’auteure-compositrice suédoise Alice Boman apporte une ambiance larmoyante à son premier album, Dream On. Les mélodies basses au piano et au synthétiseur qui y sont exposées trouvent un rare pathos : Un endroit qui se situe quelque part entre The Greatest de Cat Power et Blues de Tom Waits et Tom Traubert, et c’est bien triste. Il suffit de lire les titres des chansons pour se faire une idée de tout cela, mais la construction soignée de morceaux comme « Wish We Had More Time » et « This Is Where It Ends » rend difficile de résister à l’envie de passer du temps avec le chagrin.

Si les rythmes dansants de « Don’t Forget » vous procurent un moment de répit, c’est la pulsation de basse énergie de chansons comme « Who Knows et Everybody Hurts » qui vous mettra à nu. La voix de Boman, doucement accentuée, ajoute un air d’innocence à la procédure, rendant d’autant plus pénible la résignation de lignes comme « Is she everything that I am not ». Dream On est conçu sur mesure pour les jours où il semble que le happy end ne vous est pas destiné.

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Art Feynman: « Half Price at 3:30 »

4 juillet 2020

Art Feynman est l’alter ego plus grand que nature de l’auteur-compositeur-interprète Luke Temple. Sur la pochette de son deuxième album, il se cache coquettement derrière une paire de lunettes de soleil en forme de cœur. La pochette est une copie carbone de Sally Can’t Dance (1974) de Lou Reed, teintée d’une touche de Lolita (1962) de Kubrick – sulfureuse et douce.

Cet album scintille comme un rêve pailleté de lustre et de morosité. Il passe à toute vitesse de la pop synthé sombre et minimaliste au glamour psychédélique en passant par la pop pure – me rappelant tour à tour Kevin Ayers et Bill Nelson. On dirait que le punk n’est jamais arrivé (pour citer Dave Rimmer), une vision tremblante du passé futur. Cependant, malgré toute l’ironie de la chose, cette fabrication rétrofuturiste dégage toujours une véritable chaleur spirituelle.

***1/2


TTRRUUCES: « TTRRUUCES »

28 juin 2020

Le « debut album » éponyme du mystérieux duo nommé TTRRUUCES affiche un concept on ne peut plus grinçant puisqu’il il s’agit, nous dit-on, d’un opéra rock sur deux âmes perdues à la recherche d’une nouvelle drogue psychotrope). Cela ne doit pourtant pas vous décourager. Bien sûr, ses 11 titres sont remplis de fioritures cinématographiques et de pop convenablement bancale, mais le résultat est bien plus charmant et moins dérangé que leur description pourrait le laisser croire.

L’ouverture, « Sad Girl », fait figure de joyau psychique qui se serait égaré dans les années 60, tandis que, tout au long de l’album, on retrouve de la pop française sensuelle (« Sensations of Cool »), du Gloria Estefan pur jus (« The DISCO ») et une étrange pépite bouillonnante (« Evil Elephant ») qui semble devoir figurer sur la bande-son de Fantasia. Ça part dans tous les sens, mais de façon plutôt « fun » ; si  TTRRUUCES a besoin de faire un peu trop long pour s’épanouir, on ne leur en voudra pas pour cette fois. Mais cette fois seulement.

**1/2

 


GoGo Penguin: « GoGo Penguin »

31 mai 2020

L’album éponyme du trio de jazz expérimental de Manchester GoGo Penguin les voit développer leur palette sonore déjà impressionnante. Il y a des enregistrements sur le terrain, des structures rythmiques complexes et des moments épars, souvent au sein d’un même morceau.

Comme un engin de William Heath Robinson, « Signal In The Noise » est un instrumental précis et inventif.

« F Maj Pixie » est flou et délicat, avec des lignes de piano tremblantes de Chris Illingworth, et la basse de Nick Blacka est poussée en avant et au centre, créant un groove irrésistible.

C’est ce « push and pull » qui garde l’auditeur sur ses gardes. Kora fait résonner une musique électronique qui devrait plaire aux fans de Gold Panda et de Four Tet.

Le premier single, « Atomised », avec la batterie de Rob Turner et un piano hypnotique, est plus minimaliste.

L’ensemblel est épique, ambitieux et pourtant spacieux par moments. Nous avons besoin d’une musique aussi belle et rassurante pour ces temps tristes et angoissants.

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The Slow Readers Club: « The Joy of the Return »

13 avril 2020

Depuis que The Arctic Monkeys ont fait irruption sur la scène musicale il y a près de 15 ans, le rock indie britannique a connu une sorte de renaissance. L’histoire de cette musique s’étend certainement au-delà de 2005, mais dès lors qu’Alex Turner et compagnie ont commencé à chanter sur les pistes de danse et les vues d’après-midi,  on compte par flopées les groupes qui surgissent dans leur ombre.

C’est pour cette raison que des albums comme The Joy of the Return, le dernier en date du Slow Readers Club de Manchester, sont si peu fréquents. C’est undisque qui, sans aucun doute, se hisse au-dessus du lot, combinant leurs styles indés et alternatifs caractéristiques avec des compositions plus pop et plus musclées.

Parmi les points forts, citons « Jericho », « All the Idols » et le morceau de clôture « The Wait » » Tout cela fait partie de la pop indie la plus convaincante qui soit sortie depuis longtemps. 

Sortie surprenante et sans effort, The Joy of the Return ressemble à ce que pourrait être un « debut album » prometteur. Reste à espérer qu’ils pourront garder cet élément de surprise dans le futur.

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