No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Porya Hatami / Aaron Martin / Roberto Attanasio: « Sallaw »

Tiré d’un mot kurde qui fait référence au temps qui passe, Sallaw est la réunion de trois artistes, Porya Hatami (électronique), Aaron Martin(violoncelle), Roberto Attanasio (piano), aux cultures et continents distincts, mettant à profit leurs univers respectifs pour une traversée atmosphérique dans les profondeurs de l’introspection.

On est loin du simple concept, tant la musique qui défile ici, fait appel appel à autre chose qu’à l’intellectualisation d’une idée. On est en présence de trois entités qui réunissent leurs personnalités pour en faire profiter les autres et se nourrir de celles qui les entourent.

Le temps défile tout au long des quatre titres, porteurs de cargaisons d’images tranquilles, s’attardant sur chaque secousse et chaque note pour égrener avec parcimonie leur lot de sensations, le violoncelle découvrant ses cordes pour se lover dans les mélodies fantômatiques d’un piano pris par les cambrures de nappes électroniques, nourries de field recordings et de sursauts brouillés. Un opus aux quatre saisons mouvantes, habitées de douceur et de sérénité. Superbe.

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7 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

RF Shannon: « Trickster Blues »

Venu tout droit de Lockhart, dans le Texas, l’auteur-compositeur-interprète est du genre à mêler les influences R&B/soul rétro sur ses compositions blues-folk psychédélique aériennes et ce Trickster Blues ne déroge pas à la règle.

Il n’est que de se laisser mener par la délicatesse des compositions et des arrangements dénués d’artifice dominant sur des titres comme la parfaite entrée en matières qu’est « Tooth Ache » mais également « Cold Spell » et « Gates of Paradise ».

Avec ces huit morceaux, on ferme les yeux et on se laisse emporter par ces morceaux planants menés par la voix douce de RF Shannon qui ne demande que l »uxe, calme et volupté ». Trickster Blues nous mènera tout droit dans un désert comme l’atteste « Badlands », « Black Madonna, So Divine » ou bien même la conclusion nommée « Silver Woman ». Un peu de tendresse qui ne fera aucun mal ne fait pas de mal dans le monde tel qu’il est.

***1/2

6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Mike Donovan:  » How To Get Your Record Played In Shops »

Mike Donovan semble s’éclater depuis la séparation de son groupe Sic Alps. Le musicien a eu le temps de former un autre groupe, The Peacers mais c’est en solo qu’il a l’air de mieux s’épanouir et c’est d’ailleurs à ce titre qu’il revient avec How To Get Your Record Played In Shops.

S il est clair que l’on sent une influence digne de The Peacers sur des titres résolument garage-rock comme l’introductif « Great Unknowing », pour le reste, Mike Donovan se contente d’arpenter différents chemins comme les accents bluesy spleenesques de « Sadfinger » et de « Sugar Shaker » ou plus grungy avec « 3 Track Seizure » et « Top Shop » avec ses accords rappelant quelque peu les heures de The Peacers.

Avec son esthétique lo-fi, Mike Donovan ne révolutionnera peut-être pas la donne avec son dernier album mais saura la faire résonner plaisamment à toute oreille attentive.

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6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Turtlenecked: « High Scores Of The Heart »/ « Springtime In Hell »

Après Vulture ce combo de Portland n’avait pas l’intention de s’arrêter en chemin. Le voici de retour avec High Scores Of The Heart / Springtime In Hell, huit titres Turtlenecked continue à faire muer son art-pop comme l’atteste des morceaux comme « Knocked Down By Another Ghost », « Underwear » ou encore « To-day » où les synthés priment abord sur les guitares.

Le groupe de Portland est du genre à mêler emo et influences plus synthétiques sans que cela choque qui que ce soit et le fait plutôt bien sur « Friends, Romans, Countryboyz » ou bien même sur les vibes 80’s de « Centerfold ». Ça peut choquer les aficionados mais au final, High Scores Of The Heart étonne pour son inventivité

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6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Canterbury Girls: « Lily & Madeleine »

Canterbury Girls est l’album de l’équilibre pour les sœurs Jurkiewicz. En six ans, Lily & Madeleine ont pris de l’assurance non seulement dans l’alliage très fin de leurs voix, mais aussi dans la philosophie de leur genre. Ce quatrième album réussit un jeu intéressant : les airs pop, folk, indie rock ou rythm and blues, déjà savamment construits sans excès dans le lustre, gagnent en cohésion grâce aux variations bien plus audacieuses de leurs harmonies vocales (surtout sur « Just Do It »).

C’est un album de textures, de mouvement, de fluidité, de grâce plus ronde ; « Bruises » est la plus éloquente à cet égard. Dans l’étude de leurs relations (amicales comme amoureuses) et des conséquences intérieures de les découvrir insuffisantes, Lily & Madeleine apparaissent en parfait contrôle, fragiles mais fortes — un signe peut-être que leur première collaboration avec les producteurs Daniel Tashian et Ian Fitchuk a été majeure dans la construction de cette unité nouvelle.

***1/2

5 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Krimewatch: « Krimewatch »

Il existe des groupes qui sont capables de foutre délivrer l’essentiel et le lourd mais de façon elliptique. C’est le cas du groupe punk hardcore new-yorkais Krimewatch qui est composé de Rhylli (chant), Emma Hendry (basse), Sean Joyce (guitare) et de Shayne (batterie) et qui nous présente un premier album d’une durée de 12 minutes !

Donc courte chronique pour ce court album qui nous met KO sur place. Entre riffs tapageurs et section rythmique qui galope sans oublier l’interprétation bien agressive de Rhylli, tout est au programme. Comme quoi il ne suffit pas de faire un disque de 40 minutes pour bien nous mettre à terre et Krimewatch l’a bien compris. Sinon, ne restera qu’à réappuyer sur la touche lecture.

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1 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Hauschka: « A Different Forest »

Hauschka délaisse pour un temps ses pianos préparés pour revenir à quelque de chose de plus traditionnel avec un travail en solo sur son instrument de prédilection.
Cet album rassemble des titres assez sobres, avec des tonalités différentes de titre en titre. Pas forcément ce qu’on a entendu de plus saisissant dans le genre, mais on passe malgré tout un agréable moment en compagnie de cet excellent pianiste allemand.
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13 février 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Ghost Music: « I Was Hoping You’d Pass by Here »

Un peu Velvet, un peu americana, un peu indie rock tendance Yo La Tengo, en tout cas parfaitement affuté, ce duo (Matthew Randall  et Lee Hall) n’est pourtant pas américain mais anglais.

Ce que le tandem délivre est une suite de titres qui nous ramènent par leur style et leurs références, à l’imaginaire des musiques indé du pays de l’oncle Sam. C’est simple, classique, et excellement exécuté.

***1/2

13 février 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sarah Louise: « Nighttime Birds and Morning Stars »

Ceci n’est certainement pas une musique terrestre. Nighttime Birds and Morning Stars est plutôt l’étonnant voyage spirituel de la guitariste américaine Sarah Louise, grande fresque stellaire qui n’a rien à voir avec ses albums précédents. Son folk des Appalaches n’est plus qu’un vague souvenir ; la musicienne fait ici une expérience glissante aux attributs new age et psychédéliques, où perce la lumière faiblarde d’un lointain cosmos.

Voyez : sa guitare acoustique à 12 cordes a été rangée au profit d’une guitare électrique imprévisible et de manipulations synthétiques d’intensité variable — les essais sonores génèrent des grincements, des filets incantatoires, des courants rapides comme une rivière au printemps. Sur « Rime », on croirait même entendre (fugitive illusion) le son étouffé d’un gamelan, cet orchestre indonésien de percussions. Dépaysant, assurément. Et sa voix : comme un ange qui évacuerait sa douleur. Toute l’étrangeté de cet album lui confère, à terme, une beauté paradoxale — car on flotte, toute structure ayant disparu.

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10 février 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Andrew Wasylyk: « The Paralian »

Après Themes For Buildings And Spaces Out Now inspiré l’architecture de la ville de Dundee, Andrew Wasylyk rend, cette fois, hommage au Comté d’Angus en Ecosse dans un superbe nouvel album.

Multi-instrumentiste, scénariste et producteur, Andrew Wasylyk (de son vrai nom Andrew Mitchell) propose asur cet opus, inspiré par sa région de naissance, de nous faire voyager dans cette contrée et de nous faire découvrir les régions côtières de la mer du Nord au travers de sa musique.

Pour cela, il a rassemblé une somme d’instruments les plus divers (piano, trompette… hautbois, cordes, Fender Rhodes…) plus une harpe du XIXe siècle. Le résultat donne un disque très cinématographique aux ambiances nocturnes et parfois mystérieuses ou mélancoliques.
A la fois, Jazz, Modern Classical ou Ambient, The Paralian berce l’auditeur avec ses mélodies suaves et ses rythmes langoureux et confirme Andrew Wasylyk comme un grand compositeur doublé d’un arrangeur hors-pair.

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8 février 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire