Kevin Morby: « Sundowner »

26 octobre 2020

On peut être assez cynique pour le dire tout de suite : Kevin Morby veut désespérément être Leonard Cohen. Il suffit de vous je vous mettre au d’écouter Sundowner, le nouvel album de l’ancien front-man des Babies et de se dire qu’il ne ressemble pas à la dernière légende. Lisez dans cette remarque une sorte de compliment détourné que Morby a presque réussi à faire.

« Valley » et lest un titre simple et puissant, mais « Campfire » va n peu plus loin, avec une légère touche de poésie. Ailleurs, « A Night at the Little Los Angeles » ajoute un travail délicat à la guitare, tandis que l’élégant « Velvet Highway », et un bel instrumental, où il lâche tout pour le ipano.

On aurait pu souhaiter que Sundowner soit plus proche de ce nmorceau mais Kevin Morby est profondément en phase avac sa muse sur ce disque, de sorte que même une excellente composition, comme « Provisions » menace d’être oubliée lorsqu’elle est entendue à côté d’une douzaine d’autres compositions de même facture.

Sunowner n’est pas le genre de chose qur laquelle se précipiterait autant que n’importe quelle autre sortie de The Babies, mais il est assez bien fait dans le registre qui est le sien. Votre degré d’appréciation peut dépendre de la façon dont vous abordez ce disque, et si vous lui accordez toute votre attention il vous permettra de vous y laisser prendre.

***1/2


Supercrush: « SODO Pop »

15 octobre 2020

Mark Palm a fait un tour entier du « bloc musica « ; il a fpassé du temps avec les punks de Vancouver Reserve 34, le groupe de métal Black Breath de Seattle et le groupe de dream-pop Modern Charms de San Francisco, pour n’en citer que quelques-uns Cette éphémère carrière musicale n’a d’égal que son besoin constant de bouger.

La seule constante a peut-être été son dévouement à la chanson, qu’il met en avant dans son dernier projet, Supercrush. Adorant les icônes de la power pop des années 90 comme Teenage Fanclub, les Posies et Velvet Crush, le groupe est un retour en arrière dans presque tous les domaines. Les chansons sont courtes, percutantes et remplies de belles harmonies vocales sur l’amour et le chagrin.

Pourtant, à aucun moment, Palm et ses compagnons d’orchestre, dont Phil Jones de Shook Ones, qui a également coproduit, n’ont l’impression d’essayer de recréer le passé. Au contraire, les chansons du premier opusSODO Pop – le Never Let You Drift Away de l’année dernière était surtout une collection de « singles » – sont comme une continuation, un passage de témoin. Palm utilise les sons d’hier pour explorer son point de vue actuel.

Du rythme lent de « I Didn’t Know (We Were Saying Goodbye) » au flou de « Parallel Lines », la familiarité de ces 10 titres est comme une démangeaison que l’on ne peut pas vraiment gratter ; un riff, une mélodie, même un son de guitare si familier, mais dont la source est difficile à situer.

En ce sens, leur analogue le plus proche est probablement Beach Slang, un groupe dirigé par un bricoleur (James Alex) qui utilise de vieux sons pour exciser les fixations actuelles. Palm n’a pas encore atteint le sublime amalgame de l’ancien et du nouveau que propose Alex. Mais SODO Pop a suffisamment d’idiosyncrasies pour dépasser ses influences et être adopté selon ses propres termes.

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Nick Storring: « My Magic Dreams Have Lost Their Spell »

12 octobre 2020

My Magic Dreams Have Lost Their Spell, du compositeur et violoncelliste torontois Nick Storring, est son sixième album solo. Solo, mais contenant une multitude d’instruments – dont il joue lui-même – et, par conséquent, de sonorités. L’inspiration de l’album est la musique de Roberta Flack, mais toute relation entre la musique de cet album et celle de Flack est obliquement allusive et filtrée par la propre sensibilité de Storring, qui se montre ici romantique, repliée sur elle-même et richement cinématographique.

Écouter l’album, c’est comme écouter la bande-son d’un film se déroulant dans un paysage imaginaire : vif, légèrement hallucinant, et s’éloignant jusqu’à un point juste à la limite de la perception. Bien que le violoncelle de Storring soit le plus souvent la voix centrale ici, la variété même des autres instruments soigneusement stratifiés dans le mixage et la riche gamme de couleurs sonores qu’ils apportent font partie intégrante de la réalisation efficace du spectre émotionnel et de l’étrange labilité de la musique. D’une beauté inouïe.

***1/2


Chronovalve: « Light »

10 octobre 2020

L’un des points positifs de cette année misérable a été la réémergence d’un certain nombre de musiciens qui ont sorti de nouveaux albums pour la première fois depuis longtemps. Parmi eux se trouve Chronovalve, un projet de l’artiste sonore et musicien Mike Engebretson. Présenté une fois de plus par Home Normal, Light est la suite tant attendue de ses débuts sur le label en 2013 et c’est une chose de toute beauté. Prenant son titre très à cœur, il s’agit d’une suite de musique lumineuse débordante d’optimisme.

Fusionnant des atmosphères ambiantes ondulantes avec des synthés orchestraux, des voix de chœur et des mélodies entraînantes, les compositions de Light évoquent une sorte de calme euphorique et de silence aux yeux écarquillés. C’est à cela que doit ressembler le fait de perdre tout son lest et de s’élever dans la troposphère. Dans des temps aussi sombres que celui-ci, une musique aussi claire et ouverte est vraiment la bienvenue.

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Shedir: « Finite Infinity »

17 septembre 2020

Deuxième elbum de l’artiste italienne, Shedir, un dique qui reprend où son album précédent, Falling Time, nous a laissés ; à savoir être à nouveau confrontés à d’épaisses étendues de drones flottants et à une utilisation complexe de « field recordings », exposant des techniques de conception sonore très habiles. Chaque objet, chaque lieu, chaque être contient une sorte de solitude inhérente qui est la pure essence de ce qu’il signifie être.

Lorsque l’essence d’une chose, sa solitude féroce et invisible, émerge, nous sommes confrontés au noyau subtil de l’être, solitaire comme la totalité des étoiles. Et l’effet, être ici, sur lnotre planète, accepter le silence, inscrit quelque chose sur les murs froids et brillants de nos âmes, un scintillement fini à travers l’infini.

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Sarah Davachi: « Cantus, Descant »

13 septembre 2020

Le mot latin « cantus » fait référence au chant, et l’expression qui en descend signifie une mélodie dans le registre aigu, généralement chantée ou jouée sur une mélodie de base. Il s’agit d’un procédé polyphonique à deux voix développé en France et en Italie il y a près de mille ans. Inspirée par ce concept ancien, Sarah Davachi propose 17 pistes qui sont contemplatives, méditatives, sensuelles, propices à la méditation et à la relaxation. À quelques exceptions près, le nouveau projet de la Californienne évoque la musique sacrée des époques baroque et pré-baroque… ou peut-être pas, à y regarder de plus près. L’utilisation fréquente d’orgues à tuyaux conduit à cette perception, mais il apparaît rapidement que la linéarité minimaliste des propositions, la nature de leurs structures harmoniques et la superposition d’autres sources électroniques ou instrumentales (mellotron, piano, synthétiseur modulaire, voix) témoignent d’une pensée compositionnelle véritablement contemporaine.

Cela dit, ces œuvres ne sont pas très dissonantes, s’inscrivant généralement dans des gammes mélodiques pré-contemporaines. Leur traitement textural n’a cependant pas grand-chose à voir avec le Moyen Âge ou la Renaissance. En outre, ces dernières années, il est devenu évident que l’orgue fait un retour en force dans le monde de la musique contemporaine (instrumentale ou électronique), et Sarah Davachi fait certainement partie de ce mouvement, tout comme le compositeur canadien Kara-Lis Coverdale, par exemple. Une fois de plus, nous pouvons constater l’étonnante affinité entre la musique ancienne et la musique contemporaine, et Sarah Davachi en fournit une preuve lumineuse.

***1/2


Coray Flood: « Hanging Garden »

10 septembre 2020

Ce trio indie-pop de Philadelphie Corey Flood, dirigé par Ivy Gray-Klein, aborde ses craintes avec une ambivalence lo-fi.  « Heaven Or », un peu de travers et se dissocie de l’affirmation « Je sais ce que j’ai vu » (I know what I saw), alors que le cacophonique « Slow Bleeder » utilise l’anémie de Gray-Klein comme métaphore de sa peur de l’intimité : « Ça prend du temps / Mais je serai là.» (Takes time / But I’ll be there).

Une certaine nervosité imprègne le premier LP du groupe, qui mène à de nouvelles découvertes musicales – les grooves de samba pulsés, les guitares floues de l’album plus proche « Poppies » – et émotionnelles aussi. Ainsi, comme le chante Gray-Klein sur « Down The Hill » en guise de profession de foi, « Il n’y a pas de honte à l’humilité » (There is no shame in humility).

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The Apartments : « In and Out of the Light »

1 septembre 2020

Cet album du groupe de Peter Milton Walsh se caractérise par une mélancolie profonde, des paroles sincères et une ambiance à la fois feutrée et passionnée. Le son du groupe rappelle une version plus détendue de The Church (The Apartments sont également Australiens), bien que les paroles de Walsh soient nettement plus directes que celles de Steve Kilbey.

Il faudra peut-être s’habituer à la voix usée de Walsh, mais cela vaut la peine de faire un petit effort ; c’est l’instrument parfait pour transmettre le contenu lyrique fatigué, résigné et parfois nostalgique. Le morceau le plus fort de l’album, « What’s Beauty to Do », a peut-être des textures subtilement jangle-pop, mais son ton reste cohérent avec celui des autres albums. « Butterfly Kiss » est sombrement élégiaque, un cousin antipode de « Holocaust » de Big Star, avec trompette.

Une technique intéressante utilisée tout au long de l’album est la voix doublée de Walsh qui chante deux ensembles de paroles différents, parfois avec des mélodies différentes. L’effet de diaphonie est intentionnellement désorientant, mais il a pour effet d’attirer l’auditeur plus loin dans la musique. La musique est déjà invitante, mais ce sont les paroles de Walsh qui constituent le cœur de In and Out of the Light. Le déchirement a rarement été aussi agréable.

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Sweeping Promise: « Hunger For A Way Out »

21 août 2020

Sweeping Promises est un groupe relativement récent puisque formé en 2018 et venu de Boston. Le combo interprète un style de musique tendu, lunatique, entraînant et anguleux qui intègre des éléments de post punk, de punk et de new wave dans leur son. 

En effet, musicalement, Sweeping Promises peut être comparé à des groupes tels que The Wipers, Moving Targets, The Estranged, Slant Six, Airfix Kits et d’autres groupes de même sensibilité.

Hunger For A Way Out est leur premier LP et, sur ledit opus, Sweeping Promises propose dix morceaux de post-punk, de punk et de new wave au son dépouillé, brutal, et epontané promettant une écoute qui ne doit absolument pas être manquée.

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Gary Olson: « Gary Olson »

5 août 2020

Le nouvel album éponyme de Gary Olson, front-man de The Ladybug Transistor, est un opus de chamber-pop tout aussi élégant que les morceaux de The Clientele et The Left Banke. C’est l’un des véritables joyaux cachés de ce moment, et le genre de sortie qui réaffirme le respect de l’auditeur pour ce genr Gary Olson est, en quelque sorte le mini-metteur enscène d’un petit chef d’peuvre..

Gary Olson laisse ici quelque chose comme un « Giovanna Please » infiltré dans l’éther à l’image de Walker et Michael Brown. « Postcard from Lisbon » sera tout aussi bon et majestueu et si ces morceaux, comme les meilleurs de Gary Olson, ont un ton un peu résigné et fatigué du monde, il y aura d’autres passages qui sont plus enjoués. « A Dream for a Memory » se marie avec les figures de l’indie-pop, tandis que « Afternoon into Evening » est composé de riffs de C86 enroulés autour d’une composition de type Go-Betweens.

On trouvera aussi des titres accrocheurs, tout comme le superbe « Some Advice », une sélection qui suggère des dettes envers Love, Shack et The June Brides. Gary Olson n’a pas un rond mais il maintient une ambiance qui varie juste assez pour qu’un auditeur appréciateur soit enchanté tout au long de cette exécution sans failles.

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