No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Ahio: « Outlands »

Ahio est un intéressant duo de compositeurs/musiciens venu de Finlnde qui s’amuse  à mélanger la musique électronique de chez eux (entendez par là, quelques chose d’assez froid, lent et contemplatif) avec des sonorité venue d’Afrique , mixés à des bruits de machines, dans des boucles obsédantes. Mais le résumé ne rend pas honneur  à un disque qui est une curiosité musicale.

Une rythmique machinique étrange semble soutenir l’album, comme les ronflement d’un moteur, ou le cadencement d’une machine outil. Pourtant, derrière, c’est bien de longue plages de synthé, organique, qui façonne le reste des morceaux.  Cette dualité est présente durant tout l’album ou presque, obligeant l’auditeur à prendre son mal en patience, à écouter attentivement la musique pour y déceler tout ce qui s’y cache, à savoir un univers. Alors simple album ? musique de film ? De jeu vidéo ? C’est un peu tout à la fois, et plus encore.

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12 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Massage: « Oh Boy »

La scène jangle-pop ne s’exporte pas qu’en Australie. la preuve en est le combo Massage qui vient tout droit de Los Angeles. Le quintet nous offre une twee-pop innocente et ensoleillée comme le montre leur premier album intitulé Oh Boy.

C’est un opus qui ombe à pic pour les saisons estivales : riffs jangly,rythmes entraînants et radieux qui baignent les compositions comme « Lydia » qui ouvre le bal mais également « Gee », « Couldn’t Care Less » et autres « Under ». Tout suivra cete même humeur à l’écoute de morceaux comme « Kevin’s Coming Over », « Crying Out Loud » ou « Liar ».

Avec un nom de groupe qui leur va à merveille, le quintet californien nous relaxe comme il se doit avec des morceaux somptueux jusqu’au final intitulé « At Your Door ». Avec son contenu plus qu’homogène, le groupe ne révolutionnera pas la jangle-pop mais nous offre un moment doux et relaxant comme un massage.

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11 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Moses: « New Mood »

Ce disques de 2017 était injustement passé sous les radars. New Mood est un opus de tradition rock et post rock, d’honnête facture, et tout emprunt de cette mélancolie qui colle à la peau des groupes du genre.

Chansons un peu triste sans être larmoyantes, gimmicks dignes de Foals, ceux de la bonne période, et indubitablement, une envie certaine, qu’on retrouve sur toute la longueur de l’album.

Celui-ci n’est, certes pas, l’étendard du renouveau de genre, mais il n’en ai pas moins un disque de bonne facture porté qu’il est par des musiciens inspirés. Très voisin de l’ambient, il prodiguera une pause de tranquillité tout aussi nécessaire que bienvenue.

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10 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Holy Similaun: « Hegenrax »

De son passé punk, Alberto Bertelli alias Holy Similaun a gardé l’attitude, celle de faire comme bon lui semble et de créer un univers loin des standards.

Avec Hegenrax, il allie percussions déstructurées sur « Expell » pour bifurquer par la suite vers des contrées nues, où le classicisme de « R-E-S » vient clore en beauté son quatre titres.

Adoubé par Aphex Twin qui a intégré ses tracks dans ses DJ sets, Holy Similaun n’est pas sans évoquer un mélange de Lotic et de Arca, dont les atmosphères abstraites s’élèvent de terre, pour s’enfoncer dans des suaires maculés du rêve de machines, cherchant à se muer en être de chair et de sang.

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10 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Kin Hana: « Au Sable »

Personne ne connaît réellement Kin Hana ; ce musicien de Brooklyn trace sa route de façon tranquille et nous offre toujours des disques émouvants et sensationnels. Cette année, Aaron Hodges présente un de ses plus beaux albums de sa discographie nommé Au Sable.

Pour ce disque, Kin Hana est parti à la rencontre de ses racines pour nous donner un aperçu des plus envoûtants. Le voyage débute avec un harmonieux et mélancolique « Wernechor » où son indie folk prend des allures spirituelles mais encore « The Mountain » et « Generations » qui valent leur pesant d’or.

Au Sable est une méditation musicale de la part de son auteur qui creuse un peu plus sur ses origines afin de nous faire frissonner comme jamais. On ne sera pas au bout de nos surprises car, à l’écoute d’autres perles comme « Johnny » et « Long Hair », on planera sans la moindre envie de redescendre de notre petit nuage. Au Sable est bien plus qu’une excursion musicale ; c’est une expérience spirituelle à laquelle chaque auditeur doit se prêter au jeu.

***1/2

9 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sean Henry: « Fink »

Dans le rayon des nouvelles révélations bedroom-pop américaines, on peut citer le nom de Sean Henry. L’artiste nous vient tout droit de New York et a baigné dans des influences bedroom-pop et soft-grunge pour un résultat plutôt convaincant. Après plusieurs sorties sur son Bandcamp en format lo-fi, il passe au format studio avec son premier album nommé Fink. En dix titres, Sean Henry nous invite dans son univers faussement désinvolte mais riche en questions existentiels qui le tourmentent.

Du titre introductif nommé « Imperfection » à « Virgo » en passant par les implacables « Party Fiend », « The Ants » et autres « Gum In Hair », le new-yorkais va droit au but et remplit le contrat avec brio.

Même si il ne révolutionne rien dans le genre, on appréciera tout de même des morceaux où il s’ouvre à nous sur « Are We Alive? » ou bien même sur « No More Feelings ». Avec Fink, Sean Henry se fait une place timide mais sûre sur la scène soft-grunge américaine.

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9 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Wabi Experience: « Wabi Experience »

Association des artistes tchèques Tomislav Federsel et Jára Tarnovski (Gurun Gurun), Wabi Experience décrit cet album comme une série de remixes de chansons de l’artiste country Wabi Daněk (décédé en 2017), sans que l’on puisse déceler la moindre trace apparente des titres originaux.

Il aura fallu 17 ans pour que l’album aboutisse. Une éternité à couper, coller, déconstruire et composer 11 titres à la beauté ensorcelante, electronica volante chargée d’effluves industrielles et de basses profondes, de matière insaisissable et d’expérimentations tournoyantes, de grésillements souterrains et de décharges électrifiantes.

Wabi Experience est la déformation d’un matériel brut, disparaissant sous les mains de sorciers désirant inventer un langage hérité d’une idole. Un voyage dense dans un dark ambient aux couches superposées, matière en fusion glissant sur une tôle martelée, construit autour de loops haletants aux mélodies rampantes, hérissées de bruissements glaciaux et de craquements fiévreux.

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7 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

DJ Haram: « Grace »

Découverte via le projet 700 Bliss aux cotés de Moor Mother, Zubeyda Muzeyyen alias DJ Haram propose un concentré d’expérimentations qui voient s’entrechoquer culture moyen-orientales et technologie occidentale, le tout sonnant résolument organique, de par l’utilisation de darboukas, flutes et percussions diverses.

Pour un premier album, l’artiste originaire de Philadelphie, installe les bases d’un travail redoutablement efficace, axé autour de l’énergie dégagée par l’accumulation de rythmiques aux contorsions guerrières, appuyées par des synthés surfant sur vagues bruitistes en arrière plan.

Puisant son inspiration dans les djinns, créatures issues de la culture musulmane et de monstres surgies de sa propre imagination, DJ Haram propose avec Grace, un album qui voit s’affronter des forces luttant pour l’instauration d’un équilibre précaire, pris entre les affres terrestres et des cieux au borde de la rupture. Intense.

***1/2

6 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Hania Rani: « Esja »

Un premier album comme Esja se célèbre. Fluide, harmonieux, très intuitif, il nous habite aussitôt — et, après, il se fait aussi insistant qu’un aimant. C’est d’autant plus étonnant que la musicienne polonaise Hania Rani, une habituée des projets et des collaborations, n’avait pas prévu de produire un album solo, pas plus que de le consacrer au piano. Mais ses bases en musique, classiques, se sont naturellement imposées. Esja incarne ainsi pour la jeune compositrice une étude de ce qui la fascine et la constitue — les sons, les harmonies, leur langage capable de traduire une partie du monde.

Enregistrées à la fois dans un studio en Islande et dans son appartement de Varsovie, ces dix plages sont un ravissement de rythmes et de climats ; leur rondeur grave rappelle parfois Nils Frahm, les séquences répétées ont un écho de Max Richter. En mêlant une organisation serrée et une liberté de mouvement, Hania Rani exprime brillamment la tragédie, la résilience, la volupté, parfois dans un même morceau (« Eden »). Que sa main ne perde jamais cette grâce.

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5 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

A.A. Bondy: « Enderness »

Les chansons de A.A. Bondy ressemblent à des vieux slows tendance fin de soirée, alors que tout le monde ou presque a quitté la piste de danse. Des chansons lentes et dépressives qui évoquent aux entournures celles tout aussi mystérieuses et sombres du duo Timber Timbre, mais aussi celles de certains albums de Johnny Jewel ou Ray Lamontagne.

C’est tellement triste, mais tellement beau et touchant, qu’il est bien difficile de résister à ce  tendre Enderness.

***1/2

3 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire